SA VIE
{ Saint Hyacinthe, l’un des plus illus- 4 tres apôtres des contrées du Nord et le 4 Thaumaturge de son siècle, était issu de 4 la maison des Comtes d’Oldrovans, l’une 4 des plus anciennes de la Silésie, alors { province de la Pologne. Il était fils du 4 Comte de Konski, et naquit en 1185, au {chateau de Saxe, dans le Breslau en {4 Silésie.
{ [1] Cette notice a été faite d’après les Bollandistes, la vie des Saints du Père Giry, l’histoire de la vie des Saints, composée par { une société d’ecclésiastiques et de gens de
4 lettres sous la direction de M. l’abbé Juste et 4 M. l'abbé Caillau, et un panégyrique dé Saint
Bien que l’histoire nous dise peu de chose de la première partie de sa vie, on sait, cependant, qu’il montra, dès sa plus tendre jeunesse, de grandes dispositions pour la vertu ; à cet âge il aimait à fréquenter les pélerinages consacrés à Marie et à psalmodier les prières et les hymnes que la piété populaire avait composés en son honneur. Ces heureuses inclinations ne se démentirent pas, par la suite du temps, et l’on raconte que, tout jeune homme, il consacra à Marie dans un acte héroïque, son corps et son âme, devant une statue que les Comtes d’Oldravans lui avaient élevée dans la chapelle de leur manoir.
Attentifs à cultiver les germes consolants qu’ils voyaient naître dans l’âme de leur enfant, ses parents prirent un soin tout particulier de son éducation, et
Hyacinthe par le R. P. Girard, des Frères Prêcheurs, publié dans l’année Dominicaine, (1867 1868.)
Nous avons aussi inséré dans la neuvaine | qui suit de longs extraits de cet excellent |!
discours ; la piété des fidèles ne peut que nous savoir gré de leur présenter sous leur forme délicate et onctueuse les pensées si élevées ou les récits si pathétiques du religieux écrivain.
ils eurent la joie de voir leurs efforts couronnés d'un plein succès Etudiant tour à tour dans les Universités de Cracovie, de Prague et de Bologne, le jeune Hyacinthe se distingua partout par la plus tendre piété, et la plus parfaite assiduité au travail et les plus éclatants succès. Aussi quand après avoir pris les grades de Docteur en Droit et en Théologie, il fut de retour dans sa patrie, et qu’il eût été élevé à La dignité du sacerdoce, -Vincent, Evèque de Cracovie, fut-il heureux de lui donner une prébende dans sa Cathédralo | et de l’associer au gouvernement de son Diocèse. Dans les différentes fonctions qu’il exerça sous la conduite de ce pasteur, distingué lui-même par ses vertus, Hyacinthe se fit remarquer par sa capacité, son zèle et sa prudence ; en même temps que, par son esprit de recueillement, d’austérité et de prière, ik continuait à s’attirer l'admiration qui n'avait cessé de s'attacher à ses vertus.
= Vers l'an 1218, Yves de Konski son oncle ayant été appelé par la mort de l'évêque de Cracovie, sur le siège de cette ville, et s'étant rendu à Rome avec Hyacinthe, ils y rencontrèrent Saint
Dominique dont le nouvel institut, à ir à sa naissance, commençait à briler d’un vif éclat dans le monde chrétien, et furent témoins de la résurrection d’un jeune homme obtenue par les prières du Saint Patriarche. “L'Evèque “touché de la grâce de Dieu à la vue de “tant de sainteté, pria aussitôt Domini- “que de lui donner quèlques Frères “ Prècheurs pour les emmener avec lui ‘en Pologne, mais le Saint lui ayant ‘“objecté qu'il n’en avait aucun qui füt “initié à la langue et aux mœurs polo- “ Jaises, etque si quelqu'un de sa suite “voulait prendre l’habit, ce serait le “meilleur moyen de propager l’ordre en “ Pologne et dans les contrées du Nord, “ Hyacinthe s'offrit de son propre mouve- “ment et reçut l’habit des mains du “Saint Fondateur dans le Couvent de ‘ Sainte Sabine, de concert avec son frère Ceslas, préfet ou prévôt de l’église ‘““de Sandomir, et deux autres compa- ‘“gnons de leur voyage, connus dans “l'histoire Dominicaine sous le nom ‘d'Henri le Morave, et d'Herman le “'eutonique.
‘“ Hyacinthe et ses compagnons ne ‘“ demeurèrent que peu de temps à
{Sainte Sabine, et dès qu'ils furent l'sufflisamment instruits des règles do 1: l'Ordre, ils partirent avec l'évêque de ‘Cracovie. n passant à Friesach, t'ville de l’ancienne Norique, ils furent ‘poussés par l’Esprit-Saint à y anuoncer ‘la parole de Dieu. Leur prédication f‘remua ce pays de fond en comble, si “bien qu'Hyacinthe qui était le Supé- {rieur de la mission, résolut d’y fonder f‘un monastère de son Ordre. Il y l'réussit en six mois et le laissa sous la f' direction d’Ierman-le Teutonique, peu- “plé déjà d’un grand nombre «a’habi- {'tants.”(1) Puis il partit avec ses autres compagnons pour le terme de son royage, traversant la Styrie, l'Autriche, A1 Moravie et la Silésie, et annonçant Partout la parole sainte avec un merfcilleux succès.
1 l’arrivée en Pologne des zélés mis- Hiounaires répandit une grande joie chez des peuples de cette contrée. De toutes arts on s’empressa de témoigner à ces Æænvoyés de Dieu une profonde véuéra- Lion. La prédication de Saint-Hyacin he surtout produisit les fruits les plus
[1] Lacordaire, vie de St. Dominique.
abondants dans la ville de Cracovie. En | peu de temps cette cité changea entièrement de face. On y vit disparaitre les & vices, les haines s'apaiser, et renaitre | cet esprit de prière et de charité qu'on admirait chez les fidèles de la !
primitive église. Il ne fut donc pas.
difficile à l'Ordre de s'établir dans un # terrain aussi bien préparé, et trois mai- | sons fondées l’une à Cracovie, l’autre à Sardomir, la troisième à Plosko, sur la | Vistule dans la Moravice, furent le point | de départ de l'évangélisation permanente | du pays par la parole Dominicaine.
Depuis le jour où il s'était donné à | l'Ordre de St. Dominique, et où il avait | compris les intentions du saint fonda- | teur, Hyacinthe n'avait eu qu’un désir L etune ambition! celle de parcourir le !
monde et d'annoncer à tous les peuples | du Nord, par lui, et par de dignes co- ff opérateurs, la bonne nouvelle de Jésus- Christ. La Province de Pologne une# fois constituée, il put se livrer à touto À l’ardeur de son zèle et songea à mettre # À exécution 8-8 généreux desseins. Dès ce moment en effet, l’histoire nous le montre livré aux labeurs d’un üpustolat
äucessant. On le vit parcourir tour à tour a Prusse, la Poméranie, le Danemark, 1a ÆSuède, la Gothie et la Norvèce, Dans toutes ces contrées, il publiait à haute voix le mystère d’un Dieu mort sur la fKroix, et l'immense bienfait de la réfemption accordée aux hommes. Les {peuples accouraient en foule pour lentendre et s’en retournaient émerveillés de ses discours. Dans toutes ces conitrées, il fonda partout des monastères et daissa de dignes ouvriers, afin de persétuer le bien qu'ilavait commencé. Ce
fut de ces Couvents que partirent #plus tard beaucoup de ces frères voyageurs our l'amour de Jésus-Christ chez les inji-
Aèles, parmi lesquels un si grand nombro Monnèrent leur sang pour Celui qu’ils fllaicnt prêcher (1)
[1] En mémoire des nombreux martyrs fournis sà l'Eglise par la congrégation des frères ‘‘pérégrinauts’”’ recrutée en grande partie parmi les 4 disciples de St. Hyacinthe les religieux de la Province Dominicaine de Pologne ont reçu qdu Saint Siège le privilége de porter une ceinture rouge, symbole du zèle héroïque de leurs pères. Ce privilége existe encore auourd’'hui et au chapitre général de l’Ordre éuni à Rome en 1862, on put en voir les représentants revêtus de ce glorieux symbole du martyre.
Au milieu des nations barbares qu’il # évangélisait, malgré la rigueur du cli-| matet los fatigues de son ministère, le saint religieux ne diminuait rien des | austérités de sa règle ou de celles qu'il s'était lui-même imposées : ses jeùnes étaient presque continuels ; il couchait # sur la dure, et souveit au milieu des champs. La faïm, la soif, l’intempérie des saisons étaient comptées pour rien } par ce véritable apôtre, dès qu'il s'agis- | sait de gagner des âmes à Jésus-Christ. | IL était humble, charitable, compatissant et avait des entrailles de père pour tous les hommes. Il ne pouvait voir des !
malheureux sans verser des larmes. I] | aimait alors à les consoler dans leurs | souffrances, et les exhortait à les sup-| porter avec une patience chrétienne. |
Il scrait trop long d'énumérer tous les | lieux où le fervent disciple de Saint | Dominique porta ses paset vint annoncer la parole du salut. La Basse Russie, les îles de l’Archipel, et le grand duché | de Moscovie furent successivement le k théâtre de ses travaux ; c’est-à-dire qu'il parcourut en l’'évangélisant toute l’Europe Orientale, combattant tour à tour | suivant les circonstances, les Idolûtres,
les Mahométans et les Grecs schismatiques, et là, comme ailleurs, un grand {nombre frappés de sa doctrine et de ses
miracles, ouvrirent les yeux à la vérité.
{ Ilsemble que cet immense apostolat eût dû suffire au zêle du glorieux misfsionnaire, et que, rentré à Cracovie, {après avoir fourni une si vaste carrière, il pouvait se reposer dans l'attente de la récompense à venir. Il n’en futrien cependant. L'Asie à son tour sollicitait son ardeur, et nous le voyons, après fs'être arrêté quelques mois seulement et avoir fait la visite des monas- {tères qu'il avait fondés en Danemark, en Suède, en Prusse, en Moscovie, et dans les autres contrées où il avait prèché l'Evangile, nous le voyons, dis-je, s’élan- 4er jusqu'aux plus lointaines régions de d'Asie. Ce fut alors qu'il pénétra chez les Tartares, et dansce pays des Cu- Mnans dont la conversion avait été la Adernière et généreuse envie du zèle de Saint Dominique, et où il eût voulu consommer par le martyre les travaux de {son apostolat. Hyacinthe plus heureux itraversa plusieurs fois ces régions barbares, livrées à tous les vices et promptes
à toutes Îles cruautés. Rien ne
vait l'arrêter ou l’effrayer : ni les dif£cultés des chemins ni les fatigues do la parole, ni les insultes des peuples, ni les persécutions de leurs différents chefs.
Il triompha de tout, et telle fut la force de sa parole et la bénédiction do Dieu sur elle, que. là où il avait trouvé l’idolâtrie, l'ignorance absolue de la foi et toutes les formes du péché, il laissa une chrétienté florissante, des mœurs pures et douces encouragées par l'exemple de plusieurs princes convertis. Bien plus, comme si Dieu avait voulu faire de lui le précurseur de ce magnifique mouvement des missions mo ‘ernes dont le spectacle e-t sous nos yeux, nous le voyons ensuite s’avance” jusqu’à la Chine, et franchir le premier cette fameuse muraille qu'elle avait élevée pour se défendre contre les incursions de l'ennemi: rempart immense qui pouvait peut-être arrêter une armée, mais ne devait point faire obstacle au zèle de l’apôtre. Malgré les vastes :'éserts qui coupaient la gran de Tartarie, dit son histoire, Hyacinthe les parcourut, annonçant partout la foi de Jésus-Christ. Il pénétra jusqu’au Thibet, près des Indes Orie tales e
jusques dans le Kathiay, la province la plus septentrionale de la Chine.
Quelques années se passent où Hya.
cinthe échappe à l’histoire qui perd ses traces ; et tout à cuup elle nous le inontre au nord, près du pôle, au milieu des glaces et des frimas, parcourant en tous sens une vaste région, alors inexplorée, hérissée de montagnes nues et arides. sillonnée de vallées sauvages, entrecoupée ça et là par d’affreux précipices, et devenue tristement célèbre sous le nom funèbre de Sibérie. Etrange prédestination de la Providence qui a voulu faire d'un Dominicain Polonais le premier apôtre de ces pays désolés qui devaient devenir l'exil, le cachot et le tombeau de tant de ses compatriotes ét de ses frères en Jésus-Christ, et en la Sainte Eglise !.…
C’est à cette dernière période de lu carrière apostolique de Saint Hyacinthe que 8e rattache un des miracles les plus surprenants parmi ceux qui sont racontés dans l’histoire de l’église.
‘ Les Tartares, dit la légende, avaient.
fait irruption de leurs déserts et envahi la ville de Kiew où se trouvait IHyacinthe avec quelques-uns de ses frères.
Déjà ils approchaicnt de l'église où le
Saint t’était réfugié ; déjà on entendai leurs cris de mortet leur appel au pil lage. Encore quelques instants, et I:
plus horrible profanation sera accomplie l’église deviendra la proie des flammes les vases sacrés seront brisés, les sainte:
hosties foulées aux pieds, et la belle sta tue de la Vierge qui dominait le taber nacle, sera précipitée de son piédestal e mutilée à coups de hache. Le Saint frémit à la pensée de cet horrible sacri lége. Eperdu, tremblant pour son Diet menacé, il monte à l'autel, il ouvre avec respect le Tabernacle, il prend le ciboir qui contient les espèces sacrées, et il s’e va, emportant avec lui, le divin trésor.
Mais avant de quitter le sanctuaire, i se retourne pour saluer une dernière foi la statue de la Vierge, comme il e avait la pieuse habitude. O prodige la Statue s'incline comme pour répon re A son salut, une voix sort. de 8e lèvres de marbre ; et Ia voix dit ‘ Hyacinthe ! Quoi! Vous emportez | fils et vous laissez la mère ! Ne m’aban donnez pas ; et comme autrefois Josepl mon époux, prenez-moi avec Jésus, pou nous sauver l’un et l’autre des même ennemis ! Accipe puerum et matrem ejus.
Hyacinthe à entendu la voix et il en êté troublé. Que faire ?La statue est ourde, les instants sont précieux. Le noindre retard expose sa vie À'une nort certaine et déjà l'ennemi est aux Jortes, hurlant ses cris féroces. Le aint n'hésite pas, il obéit sur le champ la voix du ciel ; et, tenant d'une main e saint cCiboire, il saisit de l’autre la statue qui avait parlé. Il franchit ainsi es degrés du sanctuaire, et, chose mor- ‘cilleuse, il ne sent pas le poids de son louble fardeau. Il avance ainsi revêtu l'une force surnaturelle, qui se répand ntous ses membres ; et telle est la apidité de sa marche que ses pieds ef leurent à peine le sol, Il traverse ainsi a foule interdite qui s’était réfugiée dans église et la horde des barbares qui en vait déjà forcé l'entrée ; et profitant du lésordre et de la stupeur générale il sort le la ville et arrive dans la campagne.
Mais voilà qu’un nouvel obstacle se résente ; un fleuve large, rapide et proond, lui ferme le passage,et l’arrête dans a fuite. Il regarde ; point de pont à istance, point de barque au rivage, ni ur les flots ; et les ennemis, revenus de eur première stupeur, $e sont mis à sa
te
poursuite, et ils approchent ! Que faire en cette extrémité. Hyacinthe se souvient des promesses de la Sainte Ecriture ; ilregarde la statue, il regarde le ciboire ; et se fiant à celle qui est l’Etoile de la mer, et à celui à quiles Vents et les Océans obéissent, il s'engage au milieu du fleuve. O prodige | la foi le soutient à la surface ; les eaux semblent prendre de la solidité sous ses pieds ; il avance comme sur la terre ferme, et il arrive ainsi, sain et sauf, à l’autre rivage avec son précieux fardeau |
Là, un nouveau miracle sans précédent dans l’histoire s’accomplit encore.
Quand le discip'e essaya de marcher sur le lac de Génésareth à la rencontre de son divin maître, le lac ne s’en émut pas davantage, et ses eaux oublieuses laislèrent s’effacer les rides qu'avaient formées à leur surface les pas miraculeux du maître et du disciple. La traversée d'Hyacinthe fut plus merveillouse et laissa des traces sur l'élément le plus mobile. fe fleuve conserva l'empreinte de ses pieds; et, par un prodige unique dans l'histoire, on voyait encore deux cents ans après l'événement, ainsi que le déposèrent quatre cent huit témoins
ans le procès de la canonisation, des estiges d'homme d'un rivage du fleuve l'autre, à l’endroit même où le saint ait passé, et formant comme un sener immobile au milieu de la perpétuelle ccession des flots; c'est ce que le uple qui a reçu, en même temps que foi la plus vive, le don de nommer mirablement les choses, appelle encore 1jourd’'hui le chemin de Saint Hyacinthe.
Après cette fuite et cette traversée nt tous les pas avaient été marqués r des prodiges, l'apôtre arriva enfin à emberg et il déposa, dans l’église du uvent qu'il y avait fait construire, le boire et la statue si miraculeusement ‘éservés par sa foi et son courage. (1) Tele est la courte esquisse des imenses travaux de ce grand homme, qui, rant sa vie, sembla toujours devoré do généreuse ambition de parcourir le onde entier pour achever de le soucttre à la loi de Jésus-Christ.
Après avoir ainsi pieusement erré de ntrée en contrée, à travers un espace quatre mille lieues, il revint en
@ P. Girard, Panégyrique de Saint Hyanthe. |
Pologne, et arriva à Cracovie, en 1257 dans la soixante douzième année de s vie, qui fut la dernière de son péleri nage. Il tomba malade le 14 août, c Dieu lui fit connaître qu’il mourrait | lendemain, fête de l’Assomption de 1 Sainte Vierge, qu'il avait toujour honorée comme sa patronne. Hyacin the, rassemblant alors ses religieux a tour de lui, ler exhorta à la pratique d Ja douceur, de l'humilité et de la pa vreté. Le lendemain, il reçut dévot ment l'extrème onction et le saint viat que au pied de l'autel; et quelque heures après, tandis que la foule de fidèles célébrait ici-bas les louanges de mère du Christ, il expira tranquillemen et alla mêler sa voix aux saints concer des anges qui fêtaient aussi, par d chants d’allégresse, le glorieux triomph de la Reine du Ciel.
Il fut canonisé par Clément VIII, € 1594 ; ses reliques se gardent à Cracovi dans une magnifique chapelle élevée son honneur. Anne d'Autriche, mèà de Louis XIV, en obtint une portion roi Ladislas. Ces reliques, déposé chez les Dominicains de la rue Sai Honoré, à Paris. ont péri avec la m son qui avait eu l'honneur de les recevoi
ms