‹ Neuvaine en l'honneur de St Hyacinthe [microforme]Chapitre 2 sur 12 · PREMIER JOUR · texte numérisé non relu

PREMIER JOUR

e la prédestination de Saint-Hyacinthe.

La première origine des vertus héroîues des saints, se trouve dans leur préestination, c’est-à-dire dans un admiable ensemble de faits et de grâces préaré en leur faveur par la Providence c Dieu et qui les achemine vers les auts sommets auxquels ils doivent ariver. Cette élection par laquelle Dieu boisit l’un, de préférence à l’autre, par quelle il se communique plus abonamment à celui-ci qu’à celui là, est sans oute bien incompréhensible ; mais elle

est incontestable. Dieu agit avec les hommes, comme un architecte avec les pierres qui doivent entrer dans l'édifice qu'il construit. Parmi toutes les pierres vivantes qui doivent composer la cité divine, il en prépare quelques unes pour briller avec plus d'éclat dans ce monurment surnaturel. Sans doute à toutes les âmes il donne une mesure de grâces qui sauvegarde sa justice et honore sa bonté; mais toutes ne la reçoivent pas avec la même plénitude, et il en est à qui, dès la première heure de leur existonce, il prodigue ses faveurs. (‘omment par exemple ne pas voir le résvltat d'une action merveilleuse de la grâce

dans ces instincts étranges qui devan-

çaient dans quelques saints l'éveil de la

raison ? N’était-ce pas Dieu qui agissait

dans ces admirables pénitentes qui, dès

la première année de leur vie, s’abste-

naient, à certains jours, de puiser au

sein de leur mère la nourriture si néces-

gaire à l’enfant ? N'était-ce pas Dieu qui

poussait Saint Dominique, à peine âgé

de trois ans, à sortir en secret de son

berceau et à étendre sur la terre ses

membres fragiles ? ou qui initiait Sainte

Rose de Lima aux secrets d’une austerité précoce ?

Il est facile de comprendre Îx raison générale de cette inégalité dans la distribution de la grâce; la variété est un élément de la beauté; et l’harmonie de la Jérusalem céleste se composera de l'éclat divers des mérites récompensés. Mais il n’est pas si facile de pénétrer les secrets de l’application particulière qui en est faite à chacun, et il faut s'incliner en l’adorant devant le mystère de la liberté divine. O homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Un vase d’argile dit-il à celui qui l’a fuit: Pourquoi m'avez vous fait ainsi ? et le potier n’a-t-il pas le pouvoir de faire de la même masse d'argile un vase destiné à des usages honorables, et un autre à une moindre utilité ! (1)

Saint Hyacinthe reçut de Dieu, dès 8a plus tendre enfance, les grâces les plus signalées, et il faut reconnaitre en elles la première cause de sa sainteté.

Dieu le regarda avec une spéciale complaisance, à son entrée dans la vie, et il semble qu’il lui adressa avec un accent plus marqué de tendresse ces paroles qu’il dit à toute âme revêtue de l’inno-

(1) St. Paul Romains, IX.

cence de son baptême: “ Vous êtes ma fille bien aimée en qui je mets tous mes | plaisirs.” Plusieurs signes témoignent de cette C‘vine prédilection ; c’est d’abord le pays de sa naissance, puis qu'il reçut le jour dans une province de ce royaume de Pologne toujours si dévot à Marie, dans la province de Silésie qui s’honorait d’être appellée la barome de la Très Sainte Vierge; entouré ainsi des souvenirs de la protection de la Reine du Ciel, des hommages publics et officiels qui montaient sans cesse jusqu’à elle, et des mille sanctuaires qui s’élevaient de toutes parts en son honneur, dans les villes et jusque dans l'épaisseur des forêts. (C’est ensuite la piété de la famille à laquelle il appartenait; les vertus chrétiennes s’y transmettaient d'âge en âge, comme un héritage précieux, en sorte que le jeune Hyacinthe se trouva dès l’abord enveloppé par une sorte d’atmosphère de pureté, où son âme puisa les germes les plus heureux et les plus sanctifiants exemples. C’est en troisième lieu la salutaire influence exercée sur son esprit et sur son cœur par son oncle, ce pieux et savant personnage qui devait plus tard monter sur le siège

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de Cracovie, et être pour St. Hyacinthe l’occasion providentielle "de son accession à l'Ordre de"St.i Dominique ; mais par dessus tout, c'est cette piété prématurée qui lui faisait trouver toutes ses délices aux pieds des autels. Rien n'était suave comme de voir ce jeune enfant déxerter les jeux de son âge et venir s’agcnouiller devant le tabernacie du Dieu vivant où quelque statue de Marie et y prier avec la ferveur d’un ange descendu du ciel. Aussi ceux qui le contemplaient dans cette attitude revueillie, ou qui étaient les témoins de ces douces habitudes, ne pouvaient-ils s'empêcher de dire, comme autrefois la parenté de Saint Jean-Baptiste, en regard des prodiges qui accompagnaient sa naissance. Qui pensez-vous que sera cet enfant ? —Quis putas puer ste erit ?— Qu'est-ce done que Dieu réserve à sa maturité, puisque son amour repose sur lui dès maintenant d’une manière si surprenante ?

Dieu qui ne nous destine pas à une sainteté aussi éminente que celle de Saint Hyacinthe, ne nous a pas accordé les mêmes grâces de préparation. Combien cependant sa miséricorde n’a-t-elle

pas été généreuse pour nous! Tout ce qu'ila fait pour Saint-Hyacinthe, il l’a!

fait aussi par mesure, en notre fa7eur.

Pays, famille, maitres chrétiens ; tout cela nous a été donné. De préférence à un si grand nombre de pauvres âmes qui vivent dans les ténèbres, Dieu nous a inondés de lumière, ct assistés des plus efficaces secours ; et si les vertus de notre premier âge n’ont pas été si éclatantes que celles du jeune Hyacinthe, il n’a pas dépendu de lui du moins que nous puissions conserver sans tache l’innocenso de notre baptème. Remercions donc Dicu de toutes ses grâces et demandons lui par l’intercession de Saint-Hyacinthe, de nous en faire cette nouvelle application, qui nous aide à réparer par la pénitence les infidélités des premiers Jours.

Notre père. Je vous salue Marie.

Gloire soit au Père.

v. St. Hyacinthe priez pour rous, R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

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