‹ Neuvaine en l'honneur de St Hyacinthe [microforme]Chapitre 4 sur 12 · DEUXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DEUXIÈME JOUR

De la Virginité de Saint-Hyacinthe.

Parmi les vertus qui sont l’ornement d’une âme chrétienne,l’une des plus belles est sans contredit la sainte Virginité.

Dieu a tant d'amour pour ceux qui portent sur leur front ce signe sacré, qui se séparent pour lui de toutes les jcies périssables et s'efforcent à réaliser sur la terre la vie des anges, qu'il ne peut s'empêcher d'exprimer le bonheur qu’ils lui font éprouver. O combien est belle, s'écrie-t-il, {a resplendissante famille des âmes chastes ! Lui qui est si sobre d’ad-:

miration la fait éclater, cependant en leur présence dans un accent plein d’émotion. Combien est belle ! O quam pulchra est ! ”

Notre-Seigneur partage avec son Père cette haute appréciation de la virginité.

Il a voulu que sa vie brillât, par son doux éclat, comme un rayon de soleil ; et tous ceux qui l'ont approché ont dû participer à cette suave beauté. Sa mère aëété vierge ; que dis-je? la vierge des vierges, c’est-à-dire d’une virginité excellente, unique, incomparable parmi les créatures humaines. Celui à la garde duquel avait été confiée son enfance a été vierge comme sa mère, et les disciples qu'il a le plus aimés rayonnent de cette gloire.

Sur la terre ia virginité est pour les autres vertus comme un arôme délicat qui leur donne un charme mystérieux et attrayant, et ce je ne sais quoi d’achevé dont parle Bossuet et qu'elles n’ont pas sans elle. Il semble que tout fleurisse sur son passage et qu’elle communique à tout ce qui l'approche l’ineffable blancheur du lis. Au ciel elle est une auréole pour ces mêmes vertus, et ceux-là seuls chanteront autour de l’agneau le

cantique des privilégiés qui en porteront l'empreinte. “ Je vis ensuite l’agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante quatre mille personnes qui avaient Son nom et le nom de son Père écrit sur le front, ils chantaïient comme un cantique nouveau devant lo trône, et nul ne pouvait chanter ce cantique que ces cent quarante quatre mille qui ont été rachetés de la terre.” (1) C’est donc une admirable vertu que celle qui jouit de telles prérogatives au ciel et sur la terre, et qui reçoit avec l'approbation des hommes les louanges du Très-Haut lui-même. Aussi comme il n’est pas surprenant que depuis la révélation qui a été faite de sa beauté, des milliers d'âmes ferventes en aient convoité la poxs-ssion et recherché les delices. Grâce à Dieu la générosité neo saurait être bannie du cœur des hommes et toute noble sollicitation trouvera toujours des adhérents et des disciples. Il convenait que Saint-Hyacinthe qui devait porter dans les régions du nord l'Ordre et les vertus de Celui dont le symbole avait été une étoile, appartint à ce groupe des âmes chas-

[1, Apoc. Chapitre XIV.

tes et. brillât lui aussi d’un éclat immaculé. Cette gloire ne lui a pas manqué, et ses historiens sont d’uccord à nous dirc qu'il porta devant Dicu la double innocence de l’âme, celle qui résulte de la sainteté baptismale conservée, et celle qui est la pleine donation de soi-même au Dieu de toute pureté. Si un signe célèbre ne manifesta pas dès son berceau pour lui comme pour Saint-Dominique, ce qu'il devait être en ce sens, il parut bientôt cependant qu'une touche secrète de la grâce agissait sur son âme, et il nous est donné d'apprécier la grandeur de sa vertu par l'étendue de son sacrifice.

Enfant, nous dit l’histoire, Hyacintho aimait déjà à se livrer aux pratiques de la piété chrétienne et à celles surtout qui avaient Marie pour objet. Jeune homme, il voulut faire davantage et reconnaitre par un acte héroïque, ses droits de souveraine sur son âme et sur son corps. Un jour donc il alla se-jeter au pied de la statue de Marie, et là, dans ce sanctuaire que lui avait élevé la piét6 de sa famille, seul en présence de Dieu, il jura de garder une virginité perpétu-

lle. Ilne pouvait sans doute faire un plus glorieux et plus agréable hommawo à celle qui est la Reine des Vierges, et qui eût préféré la blancheur immaculée de leurs lys à l'honneur de la materpité. Mais combien cet hommage nous garantit Îa perpétuelle virginité d'Hyacintho ! car Hyacinthe n'était pas de ceux qui peuvent resarder en arrièra et qui reviennent sur leurs sacrifices.

Non, si grand qu'ait été ce sacritice qui contraignait toute une vie d’homme à des abnégations alors peu connues et encore moins pratiquées, Saint-Hyacinthe y a été fidèle jusqu’à la fin, et lorsqu’après des années, de longues années passées au service. de son Dieu dans la ferveur ds son âme, il jeta les yeux en arrière, il put dire comme St. Paul, j'ai combattu un bon combat, j'ai fourni ma carriére..… Il n'avait pas connu les honteuses défaites, et sa vie avait été une succession croissante d'efforts et de vertus.

Pourrions-nous ne pas admirer le merite de cette générosité ? Ilest facile dans un élan de ferveur et d’enthousiasme de faire un vœu, de dire à Dieu: je serai vierge. Il est facile même,—je le dirai avec Tertullien,—il est facile à un

moment donné de mourir pour la chasteté et de s'en faire le martyr | Mais être fils de grands seigneurs, jouir de tous les avantages du nom et de la fortune, avoir toutes les séductions de l’âge et du rang, être sollicité par les invitations du monde et les dissolutions de son temps, et au milieu de ces charmes et de ces périls demeurer fidèle à une promesse quin’a eu que des témoins invisibles, Dieu et la conscience, et conserver jusqu'à la mort l'intégrité de sa virgini té ; voilà ce qui est généreux, voilà ce qui est plus héroique que le martyre

Et voilà ce qu'à fait Hyacinthe. Vainement pressé par les fascinations redoutables de la tentation, il fut plus fort qu'elles, et ne se laissa ni séduire par la mollesse, ni décourager par la fatigue. (1)Comme Papôtre il châtinit ©son corps pour obtenir la liberté de l’âme et triompher sans cesse des ennemis extérieurs qui lassaillaient ou le menagçaient, et, aidé de la mème grâce que lui, il put avec lui se réjouir des mèêmes succès et des mêmes joies.

O ion Dieu, qui vous plaisez à noux

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(1) P. Girard Panégyrique de St. Hyacinthe.

Cr

montrer dans vos Saints les merveilles de votre puissance et de votre amour, nous recevons de vos mains l’admirable spectacle que nous présente le grand Saint que nous honorons. Nous nous réjouissons de la pure splendeur dontil est environné, et nous vous demandons d'imiter autant qu'il nous est possible; la vénérosité qui vous a consacré et son corps et son âme. Préservez-nous des dangers qui nous entourent de toutes parts, otne permettez pas que négliveant les ressources de sainte violence que vous nous avez apprises, nous perdions dans la mollesse notre force de résistance et de solidité, Aidez-nous, protégez-nous, sauvez-nous.

Notre Père. Je vous salue, Marie.

(loire soit au Père. Versets et Oraison comme au premier jour.

PRATIQUE

Demander souvent à Dieu la grâce de nous préserver de tout pêché mortel — coopérer à cette grâce par la fuite des OCCASIONS.

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