La foi. — Par foi, nous entendons ici, avec
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saint Anselme, la véracité et la fidélité de l’homme dans ses promesses et ses discours par rapport à la fraude et la ruse. Le mensonge, la duplicité, la trahison lui font horreur. L’Esprit- Saint est stable, certain et sûr, et par conséquent fidèle dans ce qu’il fait ; voilà pourquoi, lorsqu’il entre dans une âme, il la rend stable, véridique et fidèle comme lui-même. Par là on se fie aisément au prochain, parce que loin de soupçonner les autres de duplicité, on ne fait que penser du bien d'eux. Cependant cette crédulité simple et candide n’exclut pas la prudence : la simplicité de la colombe laisse intacte la prudence évangélique du serpent.
10. La modestie. — La modestie est un des plus beaux et des plus agréables fruits du Saint- Esprit. Il consiste à composer décemment son extérieur. Saint Thomas dit que la modestie est une vertu par laquelle nous devons régler tout l'extérieur de notre corps : nos yeux,notre visage, notre langage, nos rires, notre démarche, nos vêtements et autres choses semblables, de telle sorte que rien en nous n'offusque aucun des reuards qui peuvent tomber sur nous, suivant cet avis de l’Apôtre : que votre modestie soit connue de tous. (Phil., IV.) La modestie est un indice de la modération intérieure de l’âme et du bon gouvernement des passions. Elle est, par conséquent, un fruit du Saint-Esprit qui provient de la sanctification de l'âme, sanctification qui passe jusque dans le corps et dans ses actions.
11. et 12. La sontinence et la chasteté. — Voilà les deux derniers fruits du Saint-Esprit. Ils ne sont ni moins nécessaires pour nourrir notre âme, ni moins délicieux que les premiers.
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11 faut les réunir à cause de la grande liaison qu’ils ont ensemble.
La continence est une vertu austère qui renonce à tous les désirs déréglés et qui se prive de tous les plaisirs sensuels : c’est, dit S. Bernard, un amour jaloux, qui veut se conserver pour Dieu seul dans une pureté et dans une intégrité parfaites. Mais ce fruit précieux en produit un autre qui en est la perfection : c’est la chasteté, qui est une vertu plus angélique qu'humaine, qui préserve le corps et l’âme de toute souillure, qui fait régner la pureté dans lun et dans l’autre, et qui s’effraie de la moindre pensée contraire à cette grande vertu. Par elle le corps passe, pour ainsi dire, dans un ordre supérieur à la chair ; en approchant de la nature angélique, il devient un vrai temple du Saint- Esprit, qui est l’auteur et le principe, comme il est le rémunérateur de la chasteté.
PRATIQUE. — Demandons avec ferveur ces fruits si délicieux, afin de donner partout le bon exemple et de faire apprécier la Religion de Jésus-Christ.
EXEMPLES.— /a Prédication de l'Exemple. — Il est rapporté dans la vie de saint François d'Assise qu'il prit un jour un jeune religieux et l'emmena avec lui en disant :
« — Mon frère, nous allons prècher ! »
Ils sortirent. Après de longues courses dans la ville, ils rentrèrent au couvent.
&« — Mon Père, dit le jeune religieux au Saint, vous avez dit que nous allions prêcher, et je ne vois pas que nous l’'ayons fait.
— Mon fils, répondit saint François, nous avons cependant prêché.
— Comment, mon Père? dit le religieux étonné.
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