‹ Neuvaine populaire en l'honneur du Saint-Esprit [microforme]Chapitre 17 sur 30 · È TOM LAN · texte numérisé non relu

È TOM LAN

CO Ch De DS De. où Se Che

A fs)

Deuvième Jout. — La Peniscôte et

ses merveilles.

Re ee LL LP LS POS PONS LS LL SLT LCL SSL S

IX jours s'étaient écoulés depuis l'Ascension de Jésus. Les apôtres. par crainte des Juifs, s'étaient retirés au Cénacle

avec la très sainte Vierge, pour y attendre dans la prière l'Esprit-Saint, que leur Maitre avait promis de leur envoyer. Tout à coup, disent les Actes (Chap. 71), 11 se fit un grand bruit, semiblable à celui d’un vent violent, qui agitait toute la maison et semblait vouloir la détruire. En même temps apparurent des langues de .?u qui vinrent se reposer sur la tête de Marie et des disciples. Aussitôt ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et commencèrent à parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit les leur inspirait.

Ce grand mystère que nous appelons la Pentecôte ou la Descente du Saint-Esprit.fut l’achevement de l’œuvre de Jésus-Christ sur la terre : c'est en ce jour, en effet, que l'Eglise a été définitivement fondée. Nous y voyons aussi la double

6o Meuvaine populaire en l'honneur

mission du Saint-Esprit : Sa mission visible et sa mission invisible. La flamme ardente qui vint reposer surla tête des disciples,était un symbole des effets admirables que le Saint-Esprit pro duisit dans les apôtres, €t qu'il produira aussi en nous. Si nous le laissons agir en toute lhiberté: la flamme éclaire et échaufte, le Saint-Esprit éclaire nos intelligences et fortifie nos CŒUTS.

1. jamais l Esprit de Dieu ne s'était manifesté d'une manière aussi sensible. Mais Ja merveille des merveilles, c'est la transformation des apôtres en hommes nouveaux:

C'est qu'ils avaient rec Esprit de science et de sagesse. À peine l'ont-ils reçu, d'ignorants ils deviennent les plus éclairés des hommes : vérités les plus sublimes,mystères les plus profonds, is pénètrent tout ; s'expriment dans n'importe quelle langue, avec une facilité, une logique qui confond les docteurs de la loi. ferme la bouche aux philosophes, dissipe les téntbres du paganisme et convertit l'univers.

C'est qu'ils avaient recu l'Esprit de co#ruse et de force. Ces apôtres, auparavant si faibles, deviennent forts et EOUrasEUux : ces disciples qui avaient abandonne leur Maitre, le prêchent en toute liberté ; ils méprisent les défenses de la Synagogue, SE rent de ses menaces €t de ses châtiments, Jui reprochent d'avoir trempé Îles mains dans le sans d'un Dieu. Ce Pierre qui avait tremblé devant une misérable servante, parle ouvertement au nom de ses collègues et marche à leur tête ; convertit les Juifs par milliers : passe de Jérusalem x Antioche ; d’'Antioche à Rome ; y porte le flambeau de la foi,

jasque dans le palais de l'empereur, gagne à

du Saint-Esprit. 61 Jésus-Christ ses officiers, plante le signe de la Rédemption sur les débris des idoles, et pose, dans le centre même de l'erreur, le centre de la vérité !

Douze hommes du peuple, sans autre science que celle du crucifix, sans autres armes que la parole du Saint-Esprit, parcourent la terre, ruinent les temples du paganisme, en dissipent les ténèbres, et font régner à leur place les pures lumières de la justice chrétienne, malgré mille obstacles suscités contre eux par le monde et ‘enfer :

2. Le Saint-Esprit ne s'est pas seulement communiqué aux Apôtres, il se communique aussi à chacun de nous par la grâce dont nous avons besoin et principalement dans le sacrement de Confirmation.

ILopère en nous tantôt des effets EXTÉRIEURS, tantôt des effets INTÉRIEURS.

Les effets exférieurs dans les apôtres furent le don de prophétie, le pouvoir de guérir les malades, de chasser les démons, d'opérer des miracles, d'entendre toutes les langues sans les avoir étudiées, l'intelligence des Ecritures, et la science de convaincre et de persuader.

Après avoir subsisté durant quelque temps dans les apôtres et dans leurs successeurs, ces grâces extérieures cessèrent, ou mieux,devinrent plus rares, parce qu’elles leur avaient été accordées pour autoriser leur prédication et affermir l'Église naissante. Ainsi, lorsque le besoin de l'Église le demande, Dieu ne manque pas de susciter encore de temps en temps des prophètes, des docteurs et des thaumaturges. Ce n’est donc pas pour l'avantage de celui qui reçoit ces

nan

62 Peuvaine populaire en honneur

grâces que Dieu les lui accorde, mais uniquement pour la gloire et l'édification de l'Eglise, et l'utilité spirituelle du prochain. Aussi les accorde-t-il quelquefois à des pécheurs, quand par leur moyen il accomplit mieux ses desseins que par le moyen des justes.

Quant aux effets zu/érieurs et invisibles, 11s sont toujours les mêmes et ne subissent pas de suspension, parce qu’en tout temps ils sont nécessaires au salut, et que ce sont les seuls qui puissent nous rendre agréables à Dieu, aux yeux de qui, dit saint Paul, tout est sans mérite, même le don de prophétie et le don des miracles, s'ils ne sont pas unis à la charité: € Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien ! » (7 Cor., XIN, 2.)

Pendant cette neuvaine, nous avons fait quelques courtes considérations sur Îles dons, les béatitudes, les fruits, les sacrements, la prière, autant de moyens par lesquels le Saint-Esprit communique à nos âmes la lumière, la force, l’onction, la consolation et la sainteté.

Terminons par la belle pensée de saint Alphonse : { Sachons,»> dit cet illustre docteur, « que toutes les lumières, les inspirations. les vocations divines, ainsi que tous les actes de vertus que nous avons faits dans nntre vie,actes de repentir de nos péchés, de confiance en la divine miséricorde, d’amc r, de résignation, ont été autant de dons de l'Esprit-Saint. }

PRATIQUE. — I est certain que le Saint-Esprit vient dans une âme que le Père et le Fils honorent de leur présence : ces trois personnes étant inséparables l'une de l’autre, et nulle ne pouvant se rendre présente en un lieu, que les autres ne s'y trouvent pareillement. Mais il ne faut pas croire que le Saint-Esprit ne vienne

du baint-Esprit. 63

dans l'âme que par l'etfusion de ses dons : 11 y vient par sa propre personne, Se rendant de nouveau présent à l'ame qui passe de l'état du péché à celui de la grâce, ou d'une grâce faible et languissante à une grâce plus noble et plus vigoureuse, Il est dans cette âme, comme lun soleil dans le monde pour l'éclairer : comme un roi dans ses États pour les gouverner ; COMINE un père de famille dans sa maison pour la régler ; comme un précepieur dans son école pour l'instruire, et comme un jardinier dans son parterre pour le cultiver. [1 yest encore comme un monarque sur SON trône pour y faire paraitre Sa magnificence et l'éclat de sa majesté ; comme un Dieu dans son temple pour recevoir des adorations et des prières. C'est mi qui, s'insinuant doucement dans nos CŒurs, nous donne du dégoût pour toutes les choses de la terre, et de l'amour pour toutes Îles choses du ciel, qui nous fait aimer ce que nous avions Île plus en horreur, et haïr ce que nous aimions le pius passionnément ; qui éteint nos convoitises, réforme nos appétits, règie nos Sentlments et gouverne toutes nos pulsSANCes.

Possédant un directeur, infiniment aimant et infiniment sage, oserions-nous dire: «Je dois devenir un dint ; c'est ampossible !D

EXEMPLE. — C'est impossible! — Une charrette s'embourba un jour d'hiver, Sous mes veux, dans une ornière profonde. Le conducteur, après avoir fait des eftorts prodigieux pour dégager son véhicule, y renonça en disant : 4 C'est impossible !»

Survint un passant, qui dit :

«— De la façon dont vous vous y prenez, En effet, c'est impossible. » 11 alla chercher un levier, le plaça sous une des roues, le fit jouer et dégagea charrette et chevaux.

Cette petite anecdote me revient en mémoire toutes les fois que je songe à la conduite de certains chrétiens.

J1s essaient d'éviter les sept péchés capitaux, de pratiquer le Décaiogue, n'y réussissent pas, et y renoncent à tout jamais, sous prétexte que c'est impossible. C’est impossible sans levier, oui : avec un levier, c'est parfaitement possible. Quel est donc le levier nécessaire pour soulever le fardeau de la loi divine? C'est la priere, ce sont les

64 pPeuvaine en phonneur du St-Esprit.

gacrements, C'est la fuite des rochaines et volontaires du péché, cest la dev vers la sainte Vierge, c'est le recours au ant uns ce levier, la charrette reste embourbée dans 1

Non!non! la morale évangél pas ‘mp9ssible, et la preuve c'est que, dep du rnristia nisme, des millions d'hommes, (7: de vieillards, de riches, de pauvres, 1: -norants, l'ont pratiquée, et beaucoup jusqu id: 6, jusqu à l'héroïsme. Seulement ils employerent le

Nous pouvons ce que les Saints ont pu, à dition de prendre les moyens dont ils se sont servis. là priere, les sacrements, la fuite des occas ons volontaires et prochaines du péché, Ja dévotion envers la sainte Vierge, l'invocation du Saint-Esprit ; avec Ces moyens, non seulement la loi divine ne nous sera pas impossible, mn is elle nous sera {acile, douce et agréable.

PRIÈRE DE LA NEUVAINE, page 11:

RADAR LR D LE CT D A US CR ONCE PROS te Sn

Page 1