CHAPITRE IV
Les collections artistiques appartenant à la ville de Moulins et au département de l'Allier sont, depuis 1910, concentrées dans l'élégant Musée construit par l'architecte Baër, qui a utilisé le Pavillon d'Anne de Beaujeu comme façade et entrée principales des nouveaux bâtiments. Ce musée, départemental, est relié par des arcades, au sud, à la « Maison Mantin », œuvre de l'architecte René Moreau, léguée, avec tout son mobilier, à la ville de Moulins, en 1905, par le généreux Mécène dont elle porte le nom.
La « Maison Mantin », qui constitue une annexe du musée départemental, renferme des collections assez hétéroclites, de valeur très inégale. La plupart des meubles sont d'exécution moderne. I^a salle à manger et la chambre à coucher présentent un aspect original : la première est tapissée de cuir de Cordoue, la seconde est décorée de faïences et d'émaux. On y remarquera aussi une quantité de pièces de ferronnerie.
Mais l'objet, précieux entre tous, qui retiendra l'admiration du visiteur ne faisait point partie de la succession Mantin. C'est la fameuse Bible qui figurait, avant la Révolution, dans la Bibliothèque des Bénédictins de Souvigny et qui, de la Bibliothèque de la ville où on l'avait recueilhe, a été transportée dans le cabinet aménagé pour elle, où elle se trouve aujourd'hui. La « Bible de Souvigny » est un volume en parchemin grand in-foUo de 392 pages, enveloppé dans une couverture de velours pourpre (refaite vers 1834) munie d'un fermoir et garnie d'appliques en bronze ajouré et ciselé et d'émaux cloisonnés sur fonds d'or. Quelques-uns de ces ornements, détachés lors de la restauration de la couverture, n'ont pas été remis en place et ont disparu. Il y manque ainsi, d'une part, deux plaques de bronze, dont l'une, figurant un oiseau à tête cornue, a été acquise récemment par ^L Figdor, de Vienne, et, d'autre part, selon MM. Bertrand et de Lasteyrie, cinq émaux sur sept. Deux des
émaux manquants, qui devaient s'appliquer entre les nervures au dos du volume, étaient des plaques carrées de o™,io de côté, représentant, l'une un personnage à longue barbe, vêtu en ermite et tenant deux colombes blanches et un cierge allumé (peut-être Joachim ?), l'autre saint Paul enseignant ses disciples. La première de ces plaques, seule, a été retrouvée. Elle est exposée dans une des vitrines du Musée. ^«s^ ■ ^ ^
Cette Bible, à laquelle l'exactitude de son texte valut, paraît-il, l'honneur d'être envoyée en 1415 au Concile de Constance où elle fit autorité, est un chef-d'œuvre de calligraphie et d'enluminure, que l'on j^eut attribuer à quelque atelier monastique limousin de la fin du xii*^ siècle. Elle offre de nombreuses analogies avec la Bible de Clermont, mais elle lui est supérieure au point de vue artistique. Elle est illustrée de superbes miniatures : cinq grandes compositions, entre autres la Création du Monde, l'Histoire de David, l'Histoire de Tobie, V Ascension du Christ, et cent dix-sept grandes letrest richement ornées d'entrelacs, de feuillages, d'animaux, le plus souvent fantastiques,
tels que la guivre, ou de véritables « liistoires » mettant en scènes des personnages, comme les légendes d'Esther et Assuérus, de Judith et Holopherne, de Moïse, des Prophètes, des Quatre Evangélistes, etc. I^es premiers mots de chaque chapitre sont écrits en onciales d'or sur fonds bleus ou rouges et les « explicit », à la fin des livres, en onciales bleues et rouges. I^es couleurs et notamment les ors, ont conservé tout leur éclat, toute leur fraîcheur primitive. Elles sont parfois rehaussées de blanc ou de semis d'étoiles rouges. lyC dessin est précis et aisé. I^es petits personnages vont et viennent, parlent
La Création (Bible de Souvigny. xii° siècle. Musée de Moulins).
MOULINS
et agissent, sans embarras, sans tumulte, avec une spontanéité délicieuse. Certaines figures isolées, comme celles de Salomon, de David, de Jérémie ou d'Esther, si gracieusement coiffée et drapée, la tête couronnée, les pieds chaussés de sandales d'or, sont des évocations idéales d'un caractère puissant.
C'est en 1842 et en 1853,
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que la ville de Moulins, d'une part, et la Société d'Emulation de l'Allier, d'autre part, ont commencé à réunir les premiers éléments des collections artistiques qui constituent aujourd'hui le « Musée Départemental ». Ces collections, très variées, bien classées, sont intéressantes. Sans prétendre à une étude complète, nous voudrions signaler du moins, dans chaque section, quelques-unes des pièces qui nous paraisssent les plus remarquables.
Iv'art égyptien est représenté par un sarcophage en bois de sycomore, provenant de la nécropole d'Akmin; l'art grec et l'art étrusque, par quelques vases de la collection Campana. I^es monuments gallo-romains sont assez nombreux. On notera plusieurs bornes milliaires, l'une d'elles, en pierre calcaire, trouvée à Pérignat et datant du règne de l'empereur Hadrien. Un cippe, trouvé en 1867 dans la nécropole de Vichy et élevé à L. FVFIVS, porte une inscription indiquant qu'il existait un atelier monétaire à Lyon au i^^r siècle. Mais la série la plus curieuse et la plus précieuse au point de vue local est cette quantité de figurines en terre blanche provenant de Vichy, de Toulon près Moulins, de Saint- Pourçain-sur-Besbre, etc., produits d'art populaire fabriqués dans la région même par des modeleurs gallo-romains,
Esther se présente à Assuérus. Châtiment d'Aman. A droite, portrait d'Esther. (Bible de Souvigny, xii" siècle. Musée de Moulins).
Collier gaulois en bronze. (Musée de Moulins)
statuettes de divinités, entre autres
un Apollon -enfant, aux cheveux
frisés, la tête couronnée de lotus,
placé sur un socle à tirelire, puis, la
Vénus Anadyomène, la Minerve
casquée, la Maternité, la Fortune ;
idoles et ex-votos ; reproductions
d'œuvres célèbres de l'antiquité,
comme le Tireur d'épine ; bustes de
dames romaines et d'enfants ; statues de magistrats gaulois, à côté
de ligures grotesques, de poupées,
de vases à parfums, de rythons et
de toute une faune amusante, chevaux, taureaux, chiens, singes,
poissons, paons, colombes, etc. Il y
a aussi quelques jolis spécimens de cette vaisselle en terre rouge, décorée
d'ornements en relief, dite « samienne ». Dans une vitrine , voisine sont exposés plusieurs objets en bronze trouvés également dans le Bourbonnais, entre autres des statuettes de Mercure et de Jupiter, une tête d'Hercule, un taureau, une monture d'étendart en forme de sphère aplatie, des haches, des fers de lance, deà bracelets, des fibules et des agrafes, des clochettes et des timbres. Tous ces bronzes sont de fabrication locale et datent de l'époque gallo-romaine. Il en est deux autres, un râteau à sacrifices et une grande passoire, qui proviennent d'Herculanum. Mais l'objet le plus rare est d'origine gauloise, c'est une originale chaînette en bronze ayant servi de collier ou de ceinturon, composée d'anneaux reliés par des chaînons aplatis et ornés de huit pendeloques triangulaires et striées. I^a vitrine consacrée aux monuments préhistoriques n'a rien de particulièrement remarquable. I^e médaillier, en revanche, contient plusieurs pièces assez précieuses, notamment des deniers de Souvigny et de Montluçon, des jetons de la ville de
Moulins et des méreaux en étain de la collégiale.
l'holo J. I..
Statuette en marbre noir, xiv" siècle. (Musée de Moulins).
MOULINS
l'iiulo Nuuril..Mu.
Buste de saint Mayeul. xv'' siècle.
(Musée de Moulins).
I^es sculptures du moyen âge sont relativement nombreuses. La plupart sont des œuvres du xv^ siècle. Nous signalons cependant, pour l'époque romane, trois statues très archaïques de la Vierge, et le tympan de l'ancienne église d'Ebreuil, qui montre le Christ bénissant assis entre deux apôtres.
lyC xiv<^ siècle est représenté par une exquise statuette de femme en marbre noir, la tête couverte d'un voile coquettement ramené sur son front et sur ses épaules, le menton pris dans une guimpe, le corps vêtu d'une ample robe qui laisse deviner la gorge et dont les pans, retenus des deux mains, retombent en larges
plis. Du xv^ siècle on remarquera plusieurs morceaux d'un beau caractère
et d'abord, le saint Mayeul du prieuré de
Veurdre, portrait si réaliste, si sincère qu'il
semble un moulage pris sur le vif, puis le buste
de saint Maurice, d'un type très personnel, avec
ses épais cheveux bouclés rétombant sur son
cou et son espèce de chapeau garni de feuilles
de laurier ; un saint Martin à cheval ; une
sainte Barbe polychrome ; deux jolis petits
pleurants en albâtre, provenant du tombeau
du duc Charles I^'^, à Souvigny, œuvres fines
de Jacques Morel ; une statue en terre cuite
émaillée, trouvée dans le cimetière de Lier-
nolles et représentant saint Louis, vêtu d'une
tunique bleue, d'un manteau vert fleurdelisé
et coiffé d'un chapeau de même couleur. Parmi
les sculptures du xvi*^ siècle, il faut citer une
statuette en albâtre de la Vierge portant l'enfant sur son bras gauche, la tête couronnée,
les yeux mi-clos, et retenant avec une certaine
affectation son ample robe ; une autre statue de la \'ierge , encore plus
Wiolo J. L.
Buste de saint Maurice.
Pierre, xv*^ siècle.
(Musée de Moulins).
maniérée, donnant le sein à son enfant ; une jolie tête de femme, trouvée à Varennes-sur- Allier, coquettement coiffée d'un bonnet de toile et de dentelle ; enfin, une Piéta en terre cuite polychrome, sortie de quelque atelier italien inspiré par les délia Robbia. On remarquera aussi, en passant, quelques beaux coffres en bois, et un lutrin formé d'un aigle perché sur un globe, qui sont d'excellents produits de l'ébénisterie française au xvi^ siècle. Et
i'iioto Sfhark'wski.
Tapisserie flamande, xvi'' siècle. (Musée de Moulins).
puisque nous sommes dans l'art décoratif de cette époque, signalons trois curieuses tapisseries flamandes portant dans la bordure le monogramme <1>A et des S barrées. Elles représentent un combat naval, peut-être la fameuse bataille de Lépante. L,es galères portent l'aigle impériale à double tête. Indépendamment de leur valeur artistique, ces tapisseries offrent un intérêt historique. Ce sont des documents qui nous renseignent sur les engins et la tactique de la guerre maritime au xvi'' siècle. On observera la manière originale dont les arbalétriers juchés en haut des mâts, dans des hunes d'osier, prenaient part à la bataille.
MOULINS
La section de céramique renferme des pièces précieuses : un plat en terre incrustée d'émaux champlevés, qui est peut-être un ouvrage oriental du xiif siècle ; une remarquable série de faïences de Nevers, entre autres un grand vase sphéroïdal à long col, à décor bleu et jaune, de tradition italienne (no 347), des pots de pharmacie à décor vert et blanc (nO" 334 et 596), une buire à décor bleu (n^ 540), un grand plat, à décor bleu et manganèse, figu-
Ecole de Souabe. — Invention des corps de saint Etienne et saint Laurent (xv" siècle).
rant, au centre, la fable de l'Oie et le Cygne (no 344), une petite coupe en blanc fixe (n° 339), de très belles statues polychromes, notamment un saint Jean-Baptiste et une Vierge agenouillée, provenant sans doute d'un calvaire, en émail blanc rehaussé de jaune (n"" 345-346), et un saint Henri (n° 342) signé H. Borne 1689 ; des faïences de Rouen, entre autres un grand plat rond décoré de fleurs et de grillages (n" 630) ; un beau spécimen de faïence lustrée de Deruta ; différents échantillons de la faïence fabriquée à Moulins, au XYiii*^ siècle, par Chollet, Chambon, etc. On trouvera aussi dans la même section plusieurs émaux de lyimoges et des albâtres de Lagny.
Les peintures se réduisent à peu de chose. A côté de primitifs anonymes des écoles italienne et flamande, on remarquera pourtant quelques tableaux du xv^ siècle provenant de l'ancienne collection Campana : une Présentation au Temple, attribuée à lo Zingaro, une Adoration de l'enfant Jésus, qui semble avoir été exécutée par un élève de Botticelli, une Crucifixion de l'école flamande (n^ 94), un Ccuronnement de la Vierge, attribué à Neri di Bicci : la reine des Cieux apparaît dans une gloire d'or, entourée d'anges musiciens ; elle est accompagnée, à gauche, d'un évêque ou père de l'église portant une crosse et un livre, et, à droite, d'un jeune homme aux cheveux blonds bouclés, à genoux, tenant un poisson et sur la tête duquel un ange pose la main.
Huit peintures sur bois, dont quatre à fonds dorés et gaufrés figurent des épisodes de la Légende de saint Etienne, et, les quatre autres, des scènes de la Passion, méritent de retenir particuHèrement l'attention du visiteur. On a longtemps cherché à quelles écoles ces deux groupes de panneaux se rattachaient. I^' attribution qui nous semble la plus plausible vient d'être faite par M. André Girodie. Selon lui, ces peintures, de la deuxième moitié du xv^ siècle, seraient, les quatre premières, des œuvres de l'école de Souabe, exécutées sous l'influence des frères Paclier, et les quatre autres des œuvres de l'école du Haut-Rhin. L,es figures, traitées avec un accent très réaliste, sont animées. Quelques-unes poussent même l'exagération du mouvement jusqu'à la contorsion, et la recherche affectée des raccourcis, ainsi que la précision du dessin et la vivacité du coloris, sont remarquables.
IvC n° 72 est également une œuvre du xv'^ siècle, mais plus intéressante au point de vue iconographique et local qu'au point de vue artistique, car elle est d'une exécution médiocre. Elle représente sainte Colette (1380-1447), fondatrice du couvent de Sainte- Claire à Moulins, soutenue par saint François d'Assise et recevant de Dieu le Père et de la Vierge les règles de son Ordre.
Parmi les œuvres modernes, nous relevons d'abord deux beaux portraits, l'un, exécuté en 1741 dans la manière de Rigaud, par un peintre du nom de lyatinville et représentant Geneviève-Elisabeth de La Chaze ; l'autre, par Horace Vernet représentant un Prêtre Arménien; puis quelques grandes compositions historiques, Damoclès, par lyéon Viardot (1842), la Mort de Berwick, par Alfred Decaen, la Mort du duc d' Anjou, ^ax Marins Abel; enfin, deux petits Paysages à l'huile de Harpignies, une Marine à la cire de Nanny Adam, un beau dessin de J.-F. Millet représentant une Jeune couturière, sans oublier une série d'eaux-fortes et de croquis par M. Queyroi, ouvrages particulièrement précieux pour les Bourbonnais.
Photo Neurdein.
Vue générale de Bourbon-rArchambauit.
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
I,a petite ville de Bourbon-I'Archambault est située à vingt-six kilomètres à l'ouest de Moulins. Sa fondation remonte à la plus haute antiquité. I,es Gaulois connaissaient apparemment la vertu curative de ses eaux. Borvo, d'où dérive le nom de Bourbon, était, en effet, dans leur mythologie, la grande divinité des sources vives. Après la conquête, les Romains firent dans la localité d'importants travaux. Ils construisirent des routes, un temple, un amphithéâtre et installèrent des Thermes, dont on a retrouvé les substructions, en 1872, sur l'emplacement de l'Hôtel Montespan. La piscine de ces bains était citée par Vitruve comme la plus vaste de celles de son temps.
On ignore à quelle époque et par qui fut élevé le premier château fort. On peut supposer que c'est au x'' siècle. Mais il n'est pas resté de traces de cette construction primitive. Les plus anciens vestiges qu'on ait retrouvés ne remontent pas au delà du xii^ siècle. Ils se réduisent d'ailleurs à un pan de mur et à quelques chapiteaux engagés dans les maçonneries près de la Tour
BOURBON-L'ARCHAMBAULT 147
dite M Amirale » (H). Pourtant, si nous en croyons le roman de Flamenca, dès le XII'' siècle le château de Bourbon-l'Archambault passait pour une des plus merveilleuses résidences féodales du royaume, les sires de Bourbon y menaient une existence somptueuse, ils y recevaient, à l'occasion, le roi et la reine de France, et, toute part faite à l'imagination du trouvère, ils n'étaient pas embarrassés pour offrir, dans la Grand'Salle, un banquet à dix mille convives et plus. Au XIII'' siècle, on y fit d'importants travaux, qu'attestent les bases des trois grosses tours du Nord (A, B, E) et de la tour Amirale (H). lyorsqu'en 1310, du vivant même de son père alors atteint de démence, lyouis I^"" devint sire de Bourbon (il allait recevoir le titre de duc en 1327), il songea à doter le château d'une Sainte Chapelle, pour y placer les reliques de la vraie Croix et de la couronne d'Epines que son grand-père, le roi saint I^ouis, avait confiées à Robert de Clermont. Cette Sainte Chapelle fut fondée en 1315. Mais il est probable que la citadelle ne put résister aux assauts répétés que lui livrèrent bientôt les bandes déchaînées par la guerre de Cent ans et qu'elle fut incendiée et démantelée entre 1356 et 136g. En 1369, le « bon duc lyOuis II «, retour de captivité, se préoccupe de remettre Bourbon l'Archambault en état de défense et de réaménager les appartements, oîi il fera d'assez longs séjours. Mais ses successeurs Jean I"'' et Charles I''' ne s'y plaisent pas, et ils confient pendant un demi-siècle la princière demeure à la garde d'un capitaine. Le château ne retrouva un peu d'animation qu'après la guerre de Cent ans. Les ducs Jean II (1456-1487) et Pierre II (1487-1503) y ajoutèrent plusieurs constructions considérables, entre autres une seconde Sainte Chapelle, dont ils ne profitèrent d'ailleurs guère, car ils préféraient malgré tout habiter Mouhns et Chantelle. Pierre II fut le dernier des ducs de Bourbon qui s'intéressât à la conservation de l'antique berceau de la famille. Après la confiscation des biens du connétable en 1521, le château tomba peu à peu en ruines, faute d'entretien. En 1793, on mit en adjudication les matériaux et la démolition commença. Il fut préservé d'une destruction complète par l'intervention d'Achille Allier et de Dufour, qui obtinrent du duc d'Aumale, vers 1835, l'abandon de ces ruines majestueuses à la ville de Bourbon-l'Archambault.
De cette colossale forteresse qui pouvait rivaliser avec celle de Coucy, il ne reste plus que quelques pans de murs et cinq grandes tours, qui ont bravé les siècles, mais du plus loin qu'on les aperçoit, ces énormes tours, à bossages de grès rouge qu'on prendrait pour de gigantesques rivets de cuivre, s'imposent à l'imagination, et, dans leur isolement mélancolique et formidable, elles sufiîsent à évoquer l'aspect grandiose qu'offrait le château de Pierre II.
Il occupait à lui seul toute la colline escarpée qui règne au nord-ouest de la ville entre l'étang et la vallée sinueuse de la Burge. Fortement protégé par
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
ces défenses naturelles, il affectait la forme d'un long parallélogramme entouré de hautes murailles crénelées et flanquées de dix-sept tours. Grâce aux savantes études de MM. Barbier de Montault, Gélis-Didot et Grassoreille, nous pouvons nous le représenter à peu près tel qu'il était au début du
xvi^ siècle.
ly' entrée principale était au nord. Dominée par le groupe des trois tours encore debout, elle était précédée d'un pontlevis et la porte s'ouvrait entre deux tours couronnées de créneaux et de mâchicoulis. Iv'étroitcouloir dans lequel on s'engageait ensuite était muni de trois herses. En continuant, on passait derrière la Sainte-Chapelle de lyouis I*^"" (6) et sous la Sainte - Chapelle de Jean II et de Pierre II (7). En F se trouvait une seconde porte fortifiée donnant accès à la « Basse-cour ». A l'angle sud-est, en Y, se dressait la Tour « Qui qu'en grogne ». En O, s'ouvrait une poterne uniquement réservée aux piétons et à laquelle on accédait de l'extérieur par un escaUer mobile. En X, étaient les communs, celliers, etc. ; en G, le « Logis neuf », construit à la fin du xv^ siècle. Il était lui-même séparé de la Basse-cour par un fossé rempli d'eau (J). Le passage JK, pratiqué sous les appartements, était protégé par un pont-levis et des herses. Ce passage franchi, on se trouvait dans une seconde cour, autour de laquelle se concentrait toute la vie du château. On avait à sa droite les deux Saintes-Chapelles ; à sa gauche, en Z,
Le château au début du xvi" siècle.
(D'après une restitution idéale de M. Gélis-Didot.)
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
les maisons des chanoines dont quelques-unes sont encore visibles ; en face, le puits (4) et le «Logis Vieux » (2), encadré de cinq tours, dont l'une, en H, de diamètre supérieur et appelée l'Amirale, servait de Donjon.
lyC « lyOgis Vieux » datait du xiii^ siècle. Il comprenait un rez-de-chaussée et un étage. I^e rez-de-
chaussée, construit sur des caves, était couvert d'un plancher de bois soutenu par des poutres. Il était chauffé par deux cheminées dont les hottes subsistent, l'une au nord, l'autre au sud. C'était là que se tenaient les hommes d'armes. I^e premier étage , beaucoup plus élevé, était occupé par la « Grande vSalle », la salle d'apparat, où se déroulaient les épisodes les plus graves et les plus brillants de la vie féodale.
Cette pièce, voûtée sur des nervures dont on distingue encore les retombées au sommet des colonnes engagées dans les pans de murs, avait près de 32 mètres de long sur 6 m. 50 de
large. Elle était divisée en sept travées inégales et chauffée par deux cheminées superposées à celles du rez-de-chaussée. Au-dessus des voûtes s'étendait une terrasse crénelée. La Grande Salle communiquait de plain pied avec les chapelles. Chaque tour était divisée en un rez-de-chaussée et un premier étage correspondant à ceux de la Grande Salle. Mais comme elles étaient plus élevées, elles comprenaient un second étage entre le premier et la plateforme. l,e rez-de-chaussée et le second étage étaient réservés aux défenseurs.
Le château au début du xvi° siècle.
(Plan restitué par M. Gélis-Didot.)
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
V étage intermédiaire seul était réservé au seigneur. Il était pourvu d'une cheminée. Dans le sous-sol de chaque tour étaient aménagées des citernes (que l'on a prises pour des « oubliettes »), où l'on recueillait l'eau de pluie. Nous pouvons nous rendre compte de la construction et de l'agencement de ces tours en examinant celles qui subsistent. La tour A, par exemple, a 22 mètres de hauteur. Son diamètre intérieur est de 4^,80. ly'épaisseur des murs, qui diminue à mesure qu'on s'élève, varie de 2'",30 à i'",52. I,es salles du rez-de-chaussée
Pholo Neurdein.
Le château. — Façade septentrionale du plan. (Tours A, B, E.)
et du premier étage sont voûtées sur six nervures retombant sur des culs-delampe de feuillages sculptés et rehaussées de traits jaunes, rouges et noirs. La voûte du premier étage, peinte en ocre jaune, est semée d'étoiles rouges. Les parois de l'escalier menant à la plate-forme sont décorées d'une fresque du xv^ siècle, d'ailleurs assez médiocre, où l'on voit une jeune femme dansant devant deux musiciens. La « Qui-qu'en-grogne », au faîte de laquelle on a ajusté un campanile au début du xyiii^ siècle, servait de prisons. De là, sans doute, son sobriquet. Les trois gargouilles destinées à rejeter les eaux au dehors soutiennent des écussons aux armes du duc Louis IL
Une annexe curieuse du château était le moulin (M). Il occupait l'emplacement de celui qui existe encore aujourd'hui et dans lequel on distingue, sous
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
les restaurations modernes qui l'ont défiguré, quelques parties des xiv<= et XV'' siècles. Ce moulin constituait par lui-même une sorte d'ouvrage avancé, complétant le système de défense du côté de l'étang. Pour y pénétrer, il fallait passer par le pont-levis du château. L'entrée se trouvait en N. Au témoignage de Nicolay, qui écrivait en 1569, ce moulin était « une forteresse de très grand artifice et entreprise ». L'assaillant se trouvait exposé, de tous les
Photo Neurdein.
Le château. — Les ruines du « Logis Vieux » vues de l'intérieur.
côtés à la fois, aux coups des défenseurs avantageusement postés dans les tours ou massés sur la plate-forme.
Nous ne quitterons pas le château sans revenir aux saintes-Chapelles- Elles ont entièrement disparu, mais les descriptions de Dubuisson-Aubenay, jointes aux croquis du Fonds Clairambault, aux dessins d'Israël Silvestre et aux quelques fragments recueillis à l'église paroissiale, nous permettent de nous faire une idée de leur physionomie.
La Chapelle Vieille (6), fondée, comme nous l'avons dit, en 1315, était étroite et basse. vSur l'autel, entourée des statues en pierre peinte de saint Jean et de saint Paul, était placée la grande Vierge de marbre, qu'on a transportée à l'église. A la clef de voûte était sculptée la « Ceinture d'Espé-
BOURBON-L'ARCHAMBAULT-
rance ». La Chapelle Neuve (7) était de proportions beaucoup plus vastes et beaucoup plus richement décorée. Pour donner à l'édifice plus de légèreté, les maîtres d'œuvre, Gilbert Marquât et Clément Mauclerc, avaient eu soin de construire les voûtes en pierre ponce d'Auvergne. L'entrée était précédée d'un petit portique soutenu par deux piliers où l'on voyait les statues d'Adam et d'Eve « au naturel, en nudité ». Aux piédroits du portail étaient adossées les statues des fondateurs, le duc Jean II et sa femme, Jeanne de France, en costume ducal ; au trumeau, celle du roi saint Louis, l'ancêtre des Bourbons.
La Sainte Chapelle Neuve au xvii'' siècle. (D'après le dessin d'Israël Silvestre gravé par Pérelle.)
A l'intérieur, contre chaque pilier, se dressait une statue d'apôtre.' L'autel était entouré de piliers de bronze portant des statuettes d'anges : Les fenêtres étaient garnies de splendides vitraux, représentant différents épisodes de l'histoire de la Sainte Croix et la généalogie de la maison de Bourbon depuis Robert de Clermont jusqu'à Charles IL C'étaient, successivement, le Sacrifice d'A brahani (Isaac, portant sur la montagne le fagot de bois qui devait servir à allumer son propre bûcher, annonçait la montée au calvaire de Jésus-Christ) ; la Guérison du Paralytique à la piscine (symbolisant le miracle) ; la Crucifixion (au pied de laquelle on voyait Pierre II et Anne de Beaujeu en prière) ; V Apparition d'un ange qui présente la sainte Croix à Constantin ; l'Invention de la sainte Croix par Sainte Hélène; Sainte Hélène ressuscitant une femme morte, en la faisant placer sur la vraie Croix ; l'Exaltation de la vraie Croix
BOURBON-LARCHAMBAULT
par Héraclius ; Hémclius en chemise portant la sainte Croix à Jérusalem. Sous le chœur était aménagée une crypte où l'on conservait, dans un reliquaire d'or, le fragment de la vraie Croix et la sainte Epine. Derrière l'autel, à gauche, s'ouvrait l'oratoire particulier des Dames (8).
Photo Neurdein.
L'église.
A l'extrémité opposée de la ville, sur une autre colline, s'élève l'église paroissiale de Saint-Georges, dont la fondation remonte au xii<^ siècle, mais qui a subi de très profondes restaurations dans le cours du xix''. I,e plan est en forme de croix latine. Sur la croisée du transept s'élève une tour lanterne dont le clocher a été entièrement reconstruit en 1866. lyC style de la façade est assez fruste. I<es voussures du portail se composent de cinq lourdes archivoltes retombant sur des colonnes. L'arcade extérieure, qui repose sur des colonnes plus grosses, est formée de claveaux à arête rectangulaire, sans autre
154 BOURBON-L'ARCHAMBAULT
décoration qu'un bandeau de triangles alternativement en creux et en relief. De chaque côté et au-dessus du porche, entre les contreforts, s'ouvrent trois étroites fenêtres surmontées d'un simple cordon billetté.
I^a nef, voûtée en berceau brisé, offre un coup d' œil assez disgracieux. Les rehauts de couleurs vives et criardes qui soulignent les divisions de l'édifice sont modernes et de mauvais goût. Les chapiteaux romans sont grossièrement sculptés. Le plus curieux se trouve dans le bas côté gauche : il représente un groupe de musiciens jouant de divers instruments. Les chapelles sont au nombre de sept. Les deux premières, à droite et à gauche, datent de la fin du xv^ siècle. Elles spnt voûtées d'ogives à liernes. Celle de gauche renferme les reliques de la Vraie Croix et de la Sainte Epine provenant de la chapelle du château. Les beaux reliquaires en argent doré ont été ciselés en 1874 par un orfèvre lyonnais, Armand Calliat. Dans la verrière, on a inséré les seuls fragments conservés des vitraux de la Chapelle Vieille et où l'on distingue les figures de Pierre II et d'Anne de Beaujeu. Les cinq autres chapelles ont été refaites ou ajoutées au xix^ siècle. Elles sont décorées de peintures modernes à la cire, exécutées, celle du transept gauche par le R. P. Desrosiers, celles du chœur, par Anatole Dauvergne, celle du transept sud, ou chapelle Notre- Dame, par l'abbé Taconnet. C'est dans cette dernière que se voit la grande Vierge en marbre blanc autrefois placée sur l'autel de la Chapelle Vieille du château. Assise sur un trône, elle présente l'enfant Jésus bénissant qu'elle retient sur ses genoux dans l'attitude des madones hiératiques du xii« siècle. Elle est vêtue d'une robe de lin serrée à la taille par une chaînette. Un fin manteau recouvre ses épaules et ses bras. Les pans de la robe retombent sur ses pieds, en formant une série de plis souples et logiques. C'est une œuvre intéressante du xiv^ siècle, sauf, pourtant, la tête de la \'ierge, qui, brisée en 1793, a été entièrement refaite en 1850. Au quatrième pilier de la nef, à droite, est adossée, sous un dais de pierre ajourée, une jolie statuette de la Madeleine provenant du même endroit et qui faisait autrefois partie d'un Saint Sépulcre de la fin du xv^ siècle. Au dossier d'un des bancs d'œuvre est suspendu un petit tabernacle en bois sculpté, du xvii^ siècle. Il renferme un tableau représentant l'Adoration des mages. Le lutrin, en fer forgé, peint et doré, de la même époque, est un don de M'"<^ de Montespan. A l'entrée de la nef sont placés deux bénitiers des xvii^ et xyiii^ siècles. Le dernier, de forme ovale, décoré de godrons, est d'un galbe très élégant.
En dehors de son château et de son église, Bourbon-l'Archambault n'a gardé que de rares vestiges des édifices anciens, qui. par leur caractère artistique et monumental, contribuaient à donner à l'antique ville d'eau sa physionomie particulière.
BOURBON-L'ARCHAMBAULT 155
Iv'ancien Etablissement thermal, qui prit tant de vogue au xvi^ et surtout au XVII*' siècle, après que Gaston d'Orléans y eut ajouté le « Logis du Roi », se trouvait alors au centre de la localité. On aime à retrouver dans son cadre original, sur le pittoresque croquis d'Israël Silvestre gravé par Pérelle, la piscine historique, qui attira tant de personnages illustres sous le règne de Louis XIV. Le souvenir de M"'^ de Montespan et du maréchal de La Meilleraie accompagne toujours le promeneur sous l'ombre deux fois séculaire des
Les bains de Bourbon-l'Arcliambault au xvii^ siècle. (D'après le dessin d'Israël Silvestre,
gravé par Pérelle.)
avenues de maronniers et des beaux arbres du Parc. Cependant, le Vieux- Bourbon s'en va... La chapelle Saint-Lazare a été transformée en grange et c'est tout ce qui subsiste de la grande léproserie du xiv^ siècle. Disparu l'Hôtel-Dieu, disparu le Couvent des Capucins, disparues les Halles, et la chapelle de vSaint-Pierre, et la chapelle de Toussaint, et l'église Saint-Germain, et l'abbaye des Bénédictines. On reconnaît bien encore, çà et là, quelques pans de mur, quelque façade, quelque fenêtre ou quelque porte des xvie, xvii'^ ou xviiie siècles. Ainsi, l'Hôpital civil, l'ancien « Hôpital des pauvres » ou « de la Charité » construit en 1604, a conservé son portail primitif, de même que la chapelle, qui fut élevée en 1754. Mais ce sont là, il faut l'avouer, de minces reliques d'art pour une ville qui devrait être le joyau du Bourbonnais.
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
A 4 ou 500 mètres au delà de l'étang se trouvent les ruines de l'ancien prieuré de Vernouillet, dont on relate l'existence dès le xiii^ siècle et qui est aujourd'hui occupé par une ferme. On y conserve une madone en bois polychrome très vénérée, œuvre curieuse du xii© siècle. La vierge tenant l'enfant est assise sur une sorte de tabouret garni d'arcatures trilobées et cintrées, et décoré de motifs rouges et verts sur fond blanc. Elle est vêtue d'une robe et d'un manteau rouge à manches tombantes. La tête est prise dans une capeline également rouge. Les cheveux sont noirs. Nous connaissons peu de statues romanes qui aient autant de caractère que celle-ci.
Plioto Scharlowski.
Vierge de Vernouillet, près Bourbon-l'Archambault.
L'église. — Façade septentrionale.
SOUVIGNY
Modestement dissimulée, à flanc de coteau, derrière le rideau de peupliers qui borde la Queune, la petite ville de Souvigny, absorbée dans ses pieux et lointains souvenirs, semble s'être vouée à un éternel recueillement. Son histoire se confond avec celle du prieuré bénédictin, fondé en 916, dix ans seulement après Cluny, par l'abbé Bernon lui-même, au village de Silviniacum (littéralement « Boisé »), qu' Adhémar, sire de Bourbon, venait de donner, dans cette intention, au dit abbé. Il ne reste absolument rien des bâtiments primitifs, qui devaient être peu considérables. Le monastère ne commence à prendre de l'importance que du jour où le célèbre abbé de Cluny, Mayeul ou Mayol, se trouvant de passage à Souvigny, y tomba malade et y mourut, le II mai 994. L'abbé Mayeul avait la réputation d'un saint. La population de Souvigny se joignit aux religieux pour garder son corps et il fut inhumé, en grande pompe, dans l'église du prieuré. Ses reliques attirèrent bientôt une foule de pèlerins. Il eut pour successeur Odilon, qui devint à son tour l'objet
SOUVIGNY
d'une vénération profonde. Comme il était allé à .Saint-Denis pour y établir la règle bénédictine, Odilon eut maintes fois l'occasion de voir le roi Hugues Capet, alors malade, et il réussit à le convaincre qu'il obtiendrait la guérison s'il faisait un pèlerinage au tombeau de saint Mayeul. Hugues Capet vint donc à Souvigny et y vécut dans la retraite, sous le froc des religieux, pendant plusieurs semaines. I,e nombre des pèlerins s'accrut dès lors à tel point qu'il fallut bientôt agrandir l'église. L'entreprise fut confiée à Mauguin, moinearchitecte, et Odilon, le grand bâtisseur, tout en s'occupant d'embellir Cluny,
Souvigny. — Ruines du château des ducs de Bourbon.
venait fréquemment à Souvigny pour se rendre compte de l'état des travaux. Il n'eut malheureusement pas la joie d'en voir l'achèvement : le i*^"" janvier 1049, au cours d'un de ces voyages, il mourut, comme saint Mayeul, au prieuré de Souvigny, et fut, comme lui, enterré dans le chœur de la nouvelle église. Celle-ci ne devait être consacrée que quinze ans plus tard, en 1064, par Pierre Damien. C'est cette église, croyons-nous, qui constitue la partie la plus ancienne et comme le noyau de l'édifice actuel. Elle ne comprenait que trois nefs. Vers la fin du xii" siècle, devant l'affluence croissante des pèlerins, on dut l'élargir de deux autres collatéraux.
De la fin du xii*^ à la fin du xiv*' siècle, la basilique reste en l'état. En 1376, le « bon duc Louis II » de Bourbon y fait aménager une chapelle pour sa sépulture. Au début du siècle suivant, l'église menaçant ruines, Dom Chollet,
SOUVIGXY
prieur de 1424 à 1454, se met en devoir de la restaurer à fond et passe à cet effet un contrat notarié avec Maignon, maître des œuvres du duc. Les travaux devaient durer douze ans, de 1432 à 1444. Le mémoire s'éleva très haut, mais Dom Chollet sut obtenir du pape Eugène IV, par l'intermédiaire du duc et de
L'église. — Façade ouest.
la duchesse de Bourbon, quatre années d'indulgences qui lui permirent de solder les frais. Un peu plus tard, entre 1448 et 1453, Charles I<^'' et Agnès de Bourgogne couronnèrent l'œuvre en faisant élever, sur le côté gauche du chœur, la magnifique chapelle où repose leur tombeau. Puis, à la brillante administration de Dom Chollet, succède une longue période de torpeur et d'inactivité. Le prieuré, tombé en commande, périclite jusqu'en 1640, époque où . Nicolas de Mesgrigny en prend la direction et lui rend, momentanément, son
SOUVIGNY
lustre. Au cours du xviii^ siècle, les travaux d'embellissement exécutés dans l'église, ainsi que les bâtiments ajoutés au prieuré, attestent qu'à la veille de la Révolution la petite colonie bénédictine était encore vivante, sinon prospère. De nos jours, Souvigny a retrouvé, sous une nouvelle forme, son ancienne réputation. Elle ne possède plus les reliques de saint Mayeul et de saint
Photo Bcharlowski.
L'église. — Transept sud.
Odilon, mais chaque année, comme autrefois, elle attire des foules de visiteurs : L,e Saint-Denis des ducs de Bourbon est devenu le rendez-vous des pèlerins de l'art.
I/'église a des proportions imposantes. Elle mesure 84 mètres de long sur 28 de large et 17 de hauteur. Vue de l'extérieur, elle paraît presque tout entière du xye siècle. I,e flamboyant l'enveloppe de sa paru.re élégante. I^a façade d'entrée actuelle n'est qu'un placage de renfort exécuté à l'époque de Dom Chollet et destiné à consolider la façade romane primitive, qui était
SOUVIGNY ï^i
alors « si ruineuse qu'il n'était sûr à personne d'en approcher ». A cet effet, l'architecte supprima le porche ou narthex du xi" siècle, qui était de tradition clunisienne et dont on aperçoit encore, sur la droite, trois arcades engagées dans la muraille. Il ne conser\'a de la façade romanesque le sommet des deux clochers qui émergent au-dessus de la galerie ajourée et qui étaient alors surmontés de hautes flèches de pierre. Ces deux clochers portent eux-mêmes la mar(iue de deux époques différentes. Celui du nord, appelé clocher de Saint-
l'iioto Neurdein.
L'église. — Bas côtés nord vus du transept.
Odilon, est du xii*^ siècle, tandis que l'autre, à peine éclairé de ses étroites baies géminées, est certainement du xi<^. Un troisième clocher, une tour lanterne qui s'élevait sur la croisée du transept, a été démoli en 1793. I,es façades latérales ne laissent voir qu'une courte portion du xi" siècle : les bas côtés. Presque tout le reste, à partir du transept, date du xv''. Au nord, la silhouette extérieure de la nef est alourdie par la chapelle de Charles I'^'', qui monte comme une" excroissance au flanc du chœur et juxtapose un pignon supplémentaire, et inutile, au pignon du transept.
Du portail occidental on descend par cinq marches dans l'intérieur de l'église, qui offre cinq nefs inégales, divisées en six travées. I,es parties
SOUVIGNY
basses de la grande nef jusqu'au-dessus des arcades appartiennent à la première église romane. La voûte, soutenue par sa fine armature de nervures et partagée en deux par une arête feuillagée qui ressemble à une vertèbre, est une réfection du xv*^ siècle. Les deux nefs collatérales voisines sont voûtées en berceau et elles paraissent d'autant plus élevées qu'elles sont plus étroites. Les deux nefs extrêmes, postérieures de plus d'un siècle aux précédentes, .sont voûtées d'arêtes, à l'exception des quatre travées de celle du sud qui ont été voûtées d'ogives au xv^ siècle. La nudité du mur du bas côté nord a été ingénieusement marquée par une .i^ série d'arcades aveugles en plein
cintre abritant tout le long de la nef un banc de pierre. Les chapiteaux d'origine romane sont d'un travail assez lourd. L'artiste s'y montre bien mal habile surtout à interpréter la figure humaine. Le plus connu de ces chapiteaux, mais non le moins barbare, est celui du septième pilier du collatéral nord. Le sujet dont il est orné se rapporte au privilège de frapper monnaie que possédaient les moines de Souvigny et dont ils usèrent dès la fin du XI"? siècle. On y distingue trois scènes : En présence du prieur, deux moines assis, tenant des lingots et des coins, frappent avec des marteaux. A droite, c'est le pesage des pièces. A gauche, la mise en sac. La région du transept et du chœur n'a pour ainsi dire rien conservé de l'époque romane, même pas ses fondations. C'est par là que dom Chollet commença la reconstruction de l'église. Nous sommes en plein xv^ siècle. Les quatre collatéraux de la nef se réduisent à deux au delà du transept pour former le déambulatoire. Des cinq chapelles rayonnantes primitives Maignon n'en a maintenu que trois. Elles ont gardé leurs baies en plein cintre. Le sanctuaire est surélevé de quelques degrés. Le 21 mars 1439, dom Chollet passait un marché avec le maître-verrier Jean Château, aux termes duquel celui-ci s'engageait à refaire « toutes les vitres du chœur » et à y figurer la Vierge, saint Michel, les douze apôtres, saint Mayeul et saint Odilon, moyennant vingt-sept écus neufs, quatre septiers de blé, moitié fro-
l'holo Marlia-Salum.
Chapiteau des Monnayeurs.
SOUVIGNY
ment et moitié seigle et un tonneau et demi de vin. Il ne reste malheureusement plus de l'œuvre de Jean Château que quelques débris enchâssés dans les vitraux modernes.
Au milieu de la nef, à l'entrée du chœur, s'élevaient autrefois les tombeaux
Photo Neurdein.
Transept sud. Dans le fond, la Chapelle- Vieille où est le tombeau de Louis II et d'Anne d'Auvergne ; à droite, l'armoire aux reliques.
de saint Mayeul et de saint Odilon, avec leurs effigies « crossées et mitrées ». A chaque extrémité du transept s'ouvre une porte en anse de panier surmontée d'une accolade et flanquée de pinacles. A droite de la porte du sud, qui donne sur le cloître, est adossée une sorte d'armoire en pierre, œuvre monumentale originale du xv® siècle. Un croisillon orné de colonnettes et de pinacles ménageant des niches à statuettes la divise en quatre compartiments. Un fin réseau d'arcatures tapisse la partie haute que couronnent une corniche et une
164 SOUVIGNY
toiture en pente. Les compartiments sont garnis de panneaux de bois, dont deux ont gardé des traces de peintures représentant saint Mayeul et saint Odilon.
C'est à gauche de cette poite que s'ouvre la « Chapelle Vieille » construite, en 1376, sur l'emplacement de la primitive chapelle des Bourbons par ordre du duc lyouis II, qui, rompant avec la tradition de ses ancêtres, dont les corps reposaient à Paris aux Jacobins, voulut avoir sa sépulture, en Bourbonnais, dans l'église de Souvigny. La chapelle, entourée d'une fine et légère clôture de pierre quadrilobée, comprend deux travées ; l'une, voûtée d'arêtes et offrant à droite trois arcs en mitre soutenus par des colonnettes, appartient sans doute à la chapelle romane antérieure ; l'autre est couverte d'une voûte à nervures prismatiques retombant sur quatre consoles décorées des symboles des EvangéHstes, dont les statues devaient occuper les niches aujourd'hui vacantes. Une large baie vitrée s'ouvre dans le mur du fond. Entre deux piliers, au sud, est aménagé une sorte de petit oratoire fermé d'une clôture de pierre ajourée et qui doit être une addition du xv<= siècle, de même que le haut relief, encastré dans le mur, représentant la Mise au tombeau, d'un stjde un peu épais et lourd qui porte l'empreinte de quelque ciseau flamand. Le tombeau ducal occupe le milieu de cette travée. Sa structure très simple répond aux goûts de modestie manifestés par le « bon duc Louis II » dans son testament. Il se compose d'un soubassement en pierre, surmonté d'une épaisse et large dalle moulurée formant corniche, sur laquelle reposent les effigies en marbre blanc de Louis II (-f 1410) et de sa femme, Anne d'Auvergne {-f 1416). Les parois de la cuve sont ornées de dix écussons armoriés et de « ceintures d'Espérance », emblèmes de Louis IL Le duc et la duchesse, étendus sur le dos, les mains jointes, ont la tête appuyée sur des coussins fleurdelisés. Le duc est nu-tête, les cheveux bouffants, couronné de feuillages et de fleurs, et, sur son armure, il porte une cotte d'armes, qui lui descend aux genoux. Son épée et sa dague sont fleurdelisées, le pommeau et la garde sont ornés d'un chien et on y lit la devise « Espérance ». Un chien au collier fleurdelisé est couché à ses pieds. La duchesse porte une chevelure en bourrelets qui lui couvre les oreilles et une couronne perlée, elle est vêtue d'une robe serrée à la taille par une ceinture enrichie de pierreries et d'un surcot échancré. Deux chiens, dont un lévrier, sont couchés à ses pieds. Au-dessus de la tête des gisants sont deux dais en marbre ajourés, offrant, à l'extérieur, de fins bas-reliefs, oti l'on distingue encore la Vierge et saint Jean au pied de la croix et la Vierge couronnée par Jésus-Christ entre deux anges. Ce tombeau a souffert de cruelles mutilations. Il a perdu une partie de sa parure, dont un dessin du fonds Clairambault, conservé à la Bibliothèque nationale, nous donne un aperçu : les effigies du
SOUVIGNY
duc et de la duchesse étaient encadrées de trois plates-bandes offrant des niches dans lesquelles étaient disposées neuf statuettes ; les armoiries étaient peintes en rouge, bleu et jaune.
lyC nom de l'artiste qui a « taillé les ymages » vigoureuses de Louis II et
Photo Neurdein.
La Chapelle-Neuve. — Tombeau de Ciiarles I'-'' et d'Agnès de Bourgogne, par Jacques Morel.
d'Anne d'Auvergne ne nous est pas parvenu. On connaît, au contraire, celui du sculpteur qui, en 1448, fut chargé de l'exécution du tombeau du duc Charles I^r et de sa femme Agnès de Bourgogne. Il était de Lyon et s'appelait Jacques Morel, pour lors un des meilleurs « ymagiers «de France. La « Chapelle Neuve », édifiée sur le bras nord du transept, pour recevoir ce magnifique tombeau, n'est pas inférieure à celui-ci par l'ampleur des proportions et la richesse du décor. On y peut voir une œuvre de l'architecte attitré du duc Charles, Jean Poncelet. Des faisceaux de colonnettes prismatiques, entrecoupés
SOUVIGNY
de niches à statues, montent en fusées jusqu'aux voûtes, où ils s'épanouissent en un réseau de nervures et de liernes. De tous côtés, apparaissent des écussons armoriés sur des consoles de feuillages. De larges fenêtres, qui ont malheureusement perdu leurs vitraux anciens, projettent des flots de lumière. Une élégante clôture en pierre ajourée, semée d'une quantité de petites grenades d'où jaillissent des flammes, sépare la chapelle du déambulatoire. Dans la deuxième travée, sous un grand arc en accolade, s'ouvre une porte qui donne accès à un oratoire privé. Au fond de la chapelle, sur un petit autel, on remarquera une statue en pierre de Madeleine, œuvre bourbonnaise du xye siècle, pleine de naïveté et d'émotion, ainsi qu'un groupe anecdotique, de la même époque, représentant la Vierge, largement drapée, assise, et tenant sur ses genoux l'enfant Jésus, auquel le petit saint Jean présente un agneau.
A l'entrée de la chapelle se trouve le tombeau. Dans le curieux contrat qu'il passa en 1748, avec le « tailleur d'ymages « Jacques Morel, le duc Charles I*''" trahit son ambition qui était d'avoir une sépulture aussi fastueuse que celle que Claus Sluter et Jean de Marville avaient élevée, au début du siècle, dans l'église de la Chartreuse de Champmol, pour le grandpère de sa femme, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. (( . . . C'est assavoir, y est-il expliqué, que la dite sépulture sera toute carrée, de dix piez de long et six piez de large, et de la haulteur de la sépulture de feu Mgr le duc de Bourgogne estant à Dijon. Et sera la tumbe de dessus la dicte sépulture où les personnages de mesdis seigneur et dame gerront, de marbre noir, de quatre piesses, et l'embassement de la dicte sépulture dessouls sera semblablement de marbre noir de quatre piesses... Item, dessus la dicte tumbe de marbre noir, aura deux ymages d'albâtre blanc de Salins, représentant les personnages de mesdits seigneur et dame.... et soubs la teste de chacun yniage aura ung aurillier... et à la teste de l'ymage de mondit seigneur aura deux anges
Photo Neurdein.
Fût de colonne décorée des signes du Zodiaque. (Conservé à l'église de Souvigny.)
SOUVIGNY
d'albâtre tenans ung bassinet d'albâtre ; derrière ladicte teste et aux piez dudit ymage aura un lion d'albâtre. Et derrière la tête de l'ymage de ma dicte dame aura deux autres anges d'albâtre qui tiendront ung escu aux armes de madicte dame; et aux piez dudict ymage deux petites chiennes d'albâtre ou ce que bon semblera à ma dicte dame. Item, tout à l'entour de la dicte sépulture aura vint tabernacles d'albâtre, encors plus que moins, que grands que petits, assis sur pilliers... Et sur chacun pillier aura un angelot d'albâtre, chacun angelot tenant un escusson d'albâtre aux armes de mondict
Wiolo Scliarlowski.
La sacristie.
seigneur et de ma dicte dame. Et dedans le diz tabernacles aura quarante et (quatre personnages d'albâtre, ou plus ou moins, plorans et portant dueil... Et seront les esles de tous les anges et angelots estans en la dicte sépulture, de cuivre doré... » I^e prix stipulé était de trois mil cinq cents écus d'or et l'ouvrage devait être terminé en l'espace de cinq ans.
Jacques Morel remplit ponctuellement toutes les conditions du contrat et la brillante « sépulture » de Charles I'''' de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne prit place dans la chapelle à la date fixée. Telle qu'elle se présente à nous aujourd'hui, malgré l'état de dévastation déplorable où nous la voyons ',
' Un dessin du xvii'' siècle, appartenant à l'ancienne collection Gaignières, prouve qu'à cette époque le tombeau avait déjà été dépouillé de ses statuettes de pleurants.
SOUVIGNY
l'ceuvre témoigne encore, par l'ampleur et la souplesse du modelé, particulièrement admirable dans les draperies, de la souveraine maîtrise de son auteur.
L'église renferme un certain nombre d'autres sculptures intéressantes. A gauche de la porte d'entrée principale, entre deux piliers, on a placé quatre statues de saints et deux groupes d'arcatures en plein cintre toutes tapissées de feuillages, et reposant sur de jolies colonnettes torses, cannelées ou guillochées. Ces fragments, de provenance inconnue, paraissent remonter au
Façade du prieuré.
xii*^ siècle. Par-devant, est un autre fragment curieux, qu'on peut rapporter à la même époque. C'est un fût de colonne octogonale orné d'entrelacs et de rinceaux et offrant, en bas-reliefs animés, cinq signes du Zodiaque, les travaux des mois correspondants et divers animaux empruntés au bestiaire. A droite de la même porte d'entrée, dans un enfeu, on a réuni les débris d'un tombeau d'évêque du xiii^ siècle et un délicieux bas-relief du xiv^ représentant six pleurants abrités sous de fines arcatures. Au cinquième pilier du bas côté nord est adossée une statue charmante de la Vierge tenant l'enfant sur son bras, œuvre nettement inspirée de l'école bourguignonne. Le xviii*" siècle aussi a laissé son empreinte à Souvigny. Dans le chœur de l'église, on remarquera un superbe chandelier en bois sculpté, formé d'opulentes palmes taillées en
SOUVIGNY 169
« panaches » par quelque émule de Meissonnier ou des Slodtz. lye buffet d'orgues, exécuté par Clicquot en 1778, est d'une belle envolée, avec son décor discret d'écussons, d'urnes et d'anges musiciens. I,a sacristie a reçu, vers le même temps, de fines boiseries, offrant des bustes en bas-relief et des trophées entourés de guirlandes de laurier.
Les bâtiments du prieuré s'étendaient au sud et à l'est de l'éghse. Il n'en reste que des vestiges. I,e plus important est la façade monumentale qui se dresse sur la place et qui, dans sa fine élégance, est du meilleur « Louis XVI >>. La porte s'ouvre sous un arc en plein cintre. Elle est encadrée de quatre pilastres doriques cannelés supportant un entablement orné de triglyphes et une corniche surélevée, dont les extrémités sont amorties par des urnes. Elle est surmontée d'une sorte de belvédère à pans éclairé d'un œil-de-bœuf et flanquée de deux ailes légèrement en retraite. Cette porte donne accès à l'ancien cloître, refait au xv'' siècle, dont il ne subsiste plus que cinq travées. On notera la disposition originale des clefs de voûtes groupant trois par trois les nervures et alternant sur deux rangs. De là, un escalier conduit à l'ancienne salle capitulaire, qui est une construction assez soignée du xiii"^ siècle. Le logis du prieur était à l'est. L'entrée principale se trouve derrière l'église. C'est une porte monumentale, datée de 1670, flanquée de pilastres ioniques et surmontée d'un édicule carré couvert d'une toiture à côtes que domine un lanternon. Une chambre a conservé sa belle boiserie d'alcôve du xvii^ siècle.
En dehors de l'église et du prieuré, Souvigny ne possède plus que des débris qui ne permettent pas de reconstituer la ville telle qu'elle était au moyen âge. Nicolay nous apprend qu'au xvi^ siècle elle était encore « enceinte de hautes et vieilles murailles hors d'échelle fondées sur arcades et environnées de fossés secs », qu'elle avait sept portes et que beaucoup de maisons bourgeoises étaient munies de « tours carrées » à la mode italienne. Mais ces fortifications ont été rasées. De l'ancien château des ducs de Bourbon, qui s'élevait au nord de la basilique, il ne subsiste qu'un pan de mur et une tourelle carrée, sans caractère. La vieille église paroissiale construite au xii^ siècle et dédiée à saint Marc a été convertie en grange et dénaturée. La chapelle Saint-Eloi et l'Hôtel- Dieu, situés dans la partie haute du bourg, ont disparu. Quant au bâtiment où s'installèrent, en 165 1, les Bénédictines et qui appartient aujourd'hui à M. Dousson, notaire, il n'a conservé de curieux que ses immenses caves, qui ont fait donner à l'immeuble le nom de « Maison des Voûtes ».
Moulins. — La rue de l'Horloge.
Photo Xeurdein.
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Nevers.
l'holo .M. s.
Lucarne du Palais Ducal.
Photo Berthau.l.
Nevers. — Intérieur de l'hospice.
Le Palais ducal l
L'ancien Beffroi au début du xix" siècle d'après une lithographie du commandant
Barat • 2
La Tour Goguin et le pont du chemin de fer 3
Vue générale de Nevers 5
Nevers au xvii'^ siècle, d'après un grand dessin à la plume rehaussé de crayon
noir conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale 7
Les bords de la Nièvre à Nevers 9
Eglise Saint-Etienne. — Abside 11
Eglise Saint-Etienne. — La façade 13
Eglise Saint-Etienne. — La nef 15
Eglise Saint-Etienne. — Façade nord 17
Restes de l'église Saint-Sauveur. 19
Ancienne église Saint-Genest 21
Le mauvais riche dans la gueule de l'Enfer. Chapiteau de l'ancienne église Saint- Sauveur. (Musée de la Porte du Croux) 25
Mise au tombeau. (Crj'pte de la cathédrale) 26
Cathédrale Saint Cyr : L'abside romane Sainte-Julitte et les piliers du transept
primitif .... 27
La Cathédrale. — Façade sud 29
La Cathédrale. — La nef 31
La Cathédrale. — Chapiteau décoré de nénuphars 32
La Cathédrale. — Détail du triforium : 33
Grille en fer forgé et doré, datée de 1770, autrefois dans le chœur de la cathédrale.
(Entrée du Musée municipal) 34
La Cathédrale. — Retable en pierre. Vie de saint Jean-Baptiste 35
La Cathédrale. — L'abside 37
La Cathédrale. — La Tour 39
Vierge provenant de Nevers. Pierre peinte, xiv" siècle. (Musée du Louvre). ... 40
La Tour Saint-Eloi , 41
La rue de Loire - 43
La Porte du Croux et son Avant-Porte (xiv^-xv" siècles) 45
Le Palais ducal. Tour de Tescaher d'honneur 47
Ancienne Chambre des Comptes, rue de l'Oratoire 49
Ancien Hôtel des Monnaies, rue des Récollets 51
Maison du .xv" siècle, rue de la Parcheminerie 53
La fontaine de l'ancienne Place Dticale 54
Eglise Saint-Pierre (xvii" siècle) 55
Eglise Saint Pierre. — Intérieur 56
Ancienne église des Minimes (xvn" siècle) (détruite par décision municipale en 1895). 57
Chapelle de la 'Visitation (xvii" siècle) 58
Ancien Hôtel Andras de Marcy (.xvi° siècle) 59
Cour de maison du xvi'' siècle, 3, rue Maubert 61
La Porte de Paris 63
La Préfecture 64
Cour de l'ancien hôtel du Grand Monarque 65
Une manufacture de fa'iences à Nevers. Le tour 69
Fa'iences de Nevers, i'''-' série (xvii" siècle) (Musée municipal) 71
'Vase en fa'ience de Nevers daté de 1734. (Musée municipal) 73
Musée municipal Frédéric Blandin. (Ancien évêché. .xviii"' siècle) 74
Terre cuite (xviii'' siècle). (Musée municipal) 75
Jean Gautherin. La Tzarine Maria Feodorovna. (Musée municipal) 75
Jean Bafîier. — Marat. (Musée municipal) 76
Alix Marquet. — Fin de Labeur. (Musée municipal) 77
Torse d'Ephèbc. Marbre grec. Ecole de Praxitèle. (Musée de la Porte du Croux) . 78
Tète d'ange de l'Annonciation (xiii" siècle). (Musée de la Porte du Croux) .... 78 Distributeur de récompenses (?). Marbre grec, (m" siècle avant J.-C.) (Musée de
la Porte du Croux) 7g
Cheminée de l'ancien château des évêques d'Auxerre à Varzy. (Musée de la Porte
du Croux) 80
LA CHARITÉ-SUR-LOIRE
La cour de l'ancien prieuré 81
'Vue générale de l'église et des bâtiments de l'ancien prieuré 83
L'église. — Restes de l'ancien triforium 84
L'église. — Chœur 85
L'église. — Chapiteau du chœur 86
L'église. — Transept sud 87
L'église. — Le clocher et l'ancien portail 88
Tympan d'un des anciens portails ouverts dans la base du clocher. ...:... 89
Les anciennes Halles 91
SAINT-PIERRE-LE-MOÛTIER
L'église. — Tympan du portail latéral nord 93
L'église. — Façade ouest 94
L'église. — La nef qe
Pieta (fin xv" siècle) conservée dans l'église de Saint-Pierre-le-Moûtier 07
Colonne en bois, provenant de l'ancienne salle capitulaire. {Musée de Clun}-, Paris). 98
Porte de l'escalier de l'ancien Baillage (xV' siècle) oo
MOULINS
Château de Moulins (d'après un dessin d'Israul Silvestre, gravé par Pérelle) . . . loi
Moulins. — Vue générale. Le pont Régesmortes 103
La ville et le château de Moulins (1460) d'après une miniature de V Annorinl
manuscrit de Guillaume Revel 104
Plan général du château de Moulins relevé en 1777. (Archives de l'Allier) .... 105
Pavillon d'Anne de Beaujeu 107
Le Jacquemart .' 108
La rue de l'Ancien Palais loo
La rue des Orfèvres Ho
Maison du doyenné (xv^' siècle) m
Maison du xv" siècle (rue d'Allier, n° 57) 112
La Cathédrale. — Façade latérale nord 114
Cathédrale. — Vitrail de Sainte-Catherine 117
La Cathédrale. — Nef centrale no
Le '. Maître de Moulins *. — La Vierge glorieuse avec Pierre, duc de Bourbon, la
duchesse Anne de France et leur fille. (Cathédrale de Moulins) 121
L'hôtel Moret et la chapelle Babute 123
L'église Saint-Pierre 124
Le Palais de Justice (ancien collège des Jésuites) 126
L'hôtel de la Ferronnaye 127
Ancienne chapelle de la Visitation. (Lycée Banville) 129
Ancienne chapelle de la Visitation. Tombeau du duc de Montmorency 130
La Charité. — Bas-relief par Poissant. (Ancienne chapelle de la Visitation). . . . 131
Ancienne halle au blé 132
Le boulevard de la Préfecture 133
La place d'Allier et l'église du Sacré-Cœur 134
L'Hôtel de Ville 135
Le Théâtre 136,
La Création (Bible de Souvigny, xii" siècle. Musée do Moulins) 13g
Esther se présente à Assuérus. Châtiment d'Aman. (Bible de Souvigny) 140
Collier gaulois en bronze. (Musée de Moulins) 141
Statuette en marbre noir, .\iv" siècle. (Musée de Moulins) 141
Buste de saint Mayeul, xv° siècle. (Musée de Moulins) 142
Buste de saint Maurice. Pierre, xv" siècle. (Musée de Moulins) 142
Tapisserie flamande, XVI" siècle. (Musée de Moulins) 143
BOURBON-L'ARCHAMBAULT
Ecole deSouabe. — Invention des corps de saint Etienne et saint Laurent (xv" siècle) . 144
Vue générale de Bourbon-l'Archambault . 146
Le château au début du .wi'^ siècle. (D'après une restitution de M. Gélis-Didot) . 148
Le château au début du xvi" siècle. (Plan restitué par M. Gélis-Didot) 149
Le château, façade septentrionale 150
Le château. — Les ruines du « Logis Vieux * vues de l'intérieur 151
La Sainte Chapelle neuve au xvn° siècle. (D'après le dessin d'Israël Silvestre) . . . 152
L'église 153
Les bains de Bourbon-l'Archambault au xvii° siècle. (D'après le dessin de Silvestre). 155
Vierge de Vernouillet, près Bourbon-l'Archambault 156
SOUVIGNY
L'église. — Façade septentrionale 157
Ruines du château des ducs de Bourbon 158
L'église. — Façade ouest 15g
L'église. — ■ Transept sud 160
L'église. — Bas côtés nord vus du transept 161
Chapiteau des Monnayeurs 162
Transept sud. Dans le fond la Chapelle Vieille où est le tombeau de Louis II et
d'Anne d'Auvergne ; adroite, l'armoire aux reliques 163
La Chapelle Neuve. — Tombeau de Charles I"'' et d'Agnès de Bourgogne, par
Jacques Morel 165
Fût de colonne décorée des signes du Zodiaque. (Conservé à l'église de Souvigny). 166
La sacristie 167
Façade du prieuré 168
Moulins. — La rue de l'Horloge 170
Nevers. — Lucarne du Palais Ducal 173
Nevers. — Intérieur de l'hospice 174
La mort de saint Martin. Chapiteau de Garchizy. (Musée de la Porte du Croux) . 177
Bourbon-l'Archambault. — L'étang et les ruines du château 178
Plat en faïence lustrée de Deruta. (Musée de Moulins) 180
l'iioto il'-'s .Muuuiiu'Uls Ilist')l*ir|ues.
La mort de saint Martin. Chapiteau de l'église de Garchizy. (Musée de la Porte du Croux).
Bourbon-l'Archambault. — L"étang et les ruines du château.
Photo iSeurdeia.