‹ Névrites Optiques: Consécutives à des Intoxications ExogènesChapitre 6 sur 17 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous commencerons par la névrite alcoolique, la plus importante étant donné sa fréquence.

| Déjà, dans l'antiquité, l’action néfaste de l'alcool sur les yeux avait été constatée : Sénèque parle de troubles visuels et même de cécité pouvant résulter de l’abus de boissons alcooliques. co

En 1837, Sichel, dans son « Traité de l’ophtalmie, de la cataracte et de l’amaurose », mentionne l’amblyopie toxique, mais ne parle pas du fond d'œil. Desmarres, le premier, faisant l'examen ophtalmoscopique, remarque l'absence de toute lésion. Puis Daguenet, Apostoli, Herschler, Galezowsky «mémoire présenté en 1873 à l'Académie de Médecine), publient de nombreux travaux. Le xx° siècle continue, tout en l'éclaircissant, l'étude de la névrite optique toxique.

Cette affection est très fréquente : le professeur De Lapersonne a relevé une moyenne de un cas sur 200 adultes examinés. Galezowsky, sur 36.000 malades, en dix ans, avait compté 393 cas d'amblyopie alcoolique. Mais la proportion augmente notablement si les sujets sont des nerveux, ou des sédentaires, ou encore des individus soumis à des privations prolongées. Ce dernier cas a été mis en évidence par l'observation de Panas : durant le siège de Paris en 1870, les gardes nationaux, mal nourris et buvant beaucoup, ont présenté un grand nombre de cas d’amblyopie toxique; Parias, pendant

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cinq mois, a constaté cinquante de ces cas. L'insuffisance de nourriture avait donc favorisé en quelque sorte l’action toxique de l'alcool sur le système nerveux.

D'autre part, certaines professions présentent un nombre plus grand d’intoxiqués. Cette amblyopie trouve également un terrain favorable pour son développement chez les sujets ayant des troubles digestifs, ou ayant eu, soit une grippe ou une fièvre typhoïde (De Lapersonne, Progrès médical, 1902).

En examinant la réfraction des malades présentant de l'ambiyopie alcoolique, le professeur De Lapersonne a remarqué, en outre, ainsi que le D' Terson, que rares étaient les cas où l'on avait affaire à des yeux émmétropes, la presque totalité étant hypermétropes. En effet, ces derniers, en constante hyperémie par une accommodation permanente (leur axe antéro-postérieur étant trop court) offrent ainsi une circonslance favorable à l’action du toxique.

Enfin des individus jeunes, consommant une quantité excessive d'alcool, ne présentent cependant aucun signe de névrite optique alors que les sujets de quarante à cinquante ans sont le plus souvent frappés. Scalnici de Naples attribuerait ce fait à la fréquence de l’artério-sclérose chez ces derniers dont le système vasculaire ainsi altéré serait plus vulnérable.

Généralement les intoxiqués, ne pouvant plus lire facilement comme auparavant, portent des lunettes ; mais, constaant qu'ils n'en retirent aucune amélioration, ils viennent consulter.

On remarque alors une acuité visuelle réduite à 1/5, 1/6; la vision de près est presque impossible, la vision de loin au contraire peu troublée. Dans le champ visuel un scotome paracentral est mis en évidence, bilatéral dans tous les cas : la couleur disparaissant la première est le vert, hientôt le rouge;

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puis longtemps après, lorsque les lésions sont plus accentuées, le bleu et le jaune ne sont plus perçus; le blanc en dernier, le scotome est alors absolu. Par contre, le champ visuel périphérique est entièrement conservé.

Nous faisons ensuite un examen ophtalmoscopique indispensable. Bien que dans beaucoup de cas au début, il ne nous révèle rien, par la suite il est caractéristique. En effet, la papille présente, dans sa portion téemporale, une zone décoiorée de teinte blané-bleuâtre correspondant au faisceau maculaire atrophié. La portion restante de la papille est hyperémiée: les vaisseaux ont cependant conservé leur aspect normal.

Résumant les examens précédents, nous avons : diminution de l’acuité, existence d’un scotomé paracentral débutant au point aveugle qui s'agrandit, champ périphérique nermal, décoloration dans la portion téemporale de la papille, tout cela réuni impose le diagnostic de névrite toxique. |

Outre ces signes importants, les malades ont présenté, parfois longtemps avant, quelques autres symptômes : nyctalopie ; asthénopie accommodative, qui explique lés troubles de la vision de près; dyschromatopsie, dont ils se rendent compte lorsqu'ils confondent des pièces d'or et d'argent, ou ne distinguent plus un feu vert d'un feu rouge, ceci d'une imporlance capitale pour les mécaniciéns ou les marins.

L'origine de tous ces troubles nous sera donnée par l'étude des symptômes généraux : troubles gastriques, pituites au réveil, tremblement presque imperceptible des doigts, rêves, zoopsies ; la notion de la profession pourra parfois encore aider dans cette recherche.

Nous donnons ici une observation personnelle, schéma en quelque sorte de toutes les névrites alcooliqtes qui ne

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