‹ Névrites Optiques: Consécutives à des Intoxications ExogènesChapitre 7 sur 17 · APE · texte numérisé non relu

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diffèrent en somme que par la prédominance d'un symptôme sur un autre.

M. X.., âgé de cinquante ans, garçon de café, constate que sa vue baisse et que la lecture lui fatigue les yeux. Il vient consulter pour choisir des verres. Il présente un léger tremblement des doigts et depuis longtemps il souffre de troubles gastriques; son sommeil est agité, fréquemment troublé par des cauchemars.

Examen des yeux : Acuité OD=1/6, OG=1/8.

Sectome central pour le vert; à l'ophtalmoscope : ODG, papilles légèrement pâles du côté temporal. Le malade n’est pas revenu consulter.

Des recherches histologiques ont été faites pour l'étude des lésions de ces névrites optiques toxiques : le faisceau maculaire seul est lésé, ce que confirme la perte de la vision centrale; Nuel situe le début de la lésion dans la rétine.

Le pronostic de la névrite alcoolique est, dans l'immense majorité des cas, très favorable (85 % D’ Terrien), dans les cas chroniques comme dans Les cas aigus, mais à la condition d'instituer un traitement intensif et suffisamment précoce. La base de la médication repose avant tout sur la suppression absolue et définitive dé l'alcool ou des boissons trop alcooliques; le traitement consiste en bromure de potassium pour calmer le système nerveux, ou des petites doses d'opium, puis de la strychnine en injections sous-cutanées ou en pilules. Les courants continus ont aussi une action très favorable (P. De Lapersonne). Evidemment, il sera préférable de prévenir l'apparition de cette névrite en évitant l'intoxication alcoolique dans l'intérêt de l'individu et de la société. À cet effet, la propagande antialcoolique et autres moyens sociaux, en montrant les innombrables dangers résultant de l'abus de

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l'alcool, formeront en quelque sorte la thérapeutique préventive.

Comme nous le voyons, la névrite alcoolique est intéressante à beaucoup de points de vue : par sa fréquence, son importance sociale et sa très grande curabilité.

Intéressante également est la névrite nicotinique. Mackensie et Desmarres, les premiers, signalent l'influence nuisible du tabac à fumer sur la vue; mais c’est Sichel qui donne en 1863 la description de l’amblyopie nicotinique. Puis sont publiés les mémoires de Woodworth, Hutchinson (Ophtalmie Hospital reports, 1876) sur ce sujet.

L'influence du tabac seul sur la vision a été très discutée; on relève, en effet, dans les statistiques, peu de cas que l’on puisse attribuer exclusivement à l’intoxication nicotinique : en onze ans, sur 46.000 individus examinés aux Quinze- Vingts, Fienzal a compté 104 amblyopies nicotiniques. Galezowsky a observé sept cas. L'un de ces cas concerne un capitaine de Saint-Malo qui buvait peu, mais fumait beaucoup (200 grammes de tabac par jour). Depuis deux mois, sa vue était voilée par un léger brouillard ; cependant, au moment d'entrer à Saint-Malo, il est incapable de diriger son bateau, ne distinguant plus suffisamment le lieu d'abordage. Il ne présentait pas de lésion du fond d'œil; champ visuel normal. Guérison en quatre mois de traitement avec abstention complète de tabac.

En général, on observe ces troubles visuels chez les fumeurs, mais très rarement dans les manufactures de tabac par absorption des poussières.

De même que pour la névrite alcoolique, il existe des causes accessoires favorisant la névrite nicotinig ue : troubles digestifs, névropathies, privations.

D'autre part, il a été remarqué qu'elle se développe aussi en général entre quarante et cinquante ans, et toujours chez les hypermétropes (Prof. De Lapersonne) pour la même raison donnée au chapitre de la névrite alcoolique.

En outre, les premiers auteurs avaient déjà insisté sur l'analogie des symptômes et des signes objectifs. Ici nous retrouvons en effet : l’asthénopie, la dyschromatopsie, la nyctalopie, la diminution de l’acuité, le scotome paracentral, la persistance de la vision périphérique, ces deux derniers étant pathognomoniques de l'atteinte du faisceau maculaire, car

ici encore c'est ce faisceau seul qui est lésé. À l’ophtalmoscope, on constate de mème une décoloration de la zone temporale de la papille ; pas de modifications vasculaires.

En réalité, dans la pratique, nous avons affaire à une névrite d’origine mixte : alcoolo-nicotinique, l'alcool, bien entendu, ayant une action prédominante.

Quoi qu'il en soit, le pronostic est également bénin et lon observe aussi la rétrocession rapide des lésions dès la suppression du toxique, à moins que le scotome soit absolu ou que l’acuité soit très diminuée ; cependant même dans ces cas la cécité ne sera jamais complète.

Nous concluons donc en disant que cette névrite, bien qu'étant peu fréquente, est cependant remarquable par la similitude de symptômes et de signes objectifs qu'elle présente avec la névrite alcoolique, et également par la facilité

avec laquelle elle disparaît après traitement.

Nous venons de voir les deux principales névrites que l’on rencontre dans la pratique ordinaire.

Mais certaines substances, employées dans l'industrie, ou utilisées en thérapeutique, peuvent donner lieu également à des troubles oculaires du même genre : el est le cas du sulfure de carbone, du plomb, du mercure, de l'iodoforme, de la thyroïdine, du sulfate de baryum.

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