‹ Névrites Optiques: Consécutives à des Intoxications ExogènesChapitre 8 sur 17 · LE · texte numérisé non relu

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Delpech, le premier, en 1856, décrit l’amblyopie par le sulfure de carbone : « La vue s’affaiblit à un haut degré sans que rien dans les milieux de l'œil explique cette altération. » Puis Galezowki, en 1878, parle de troubles visuels sans lésions disparaissant par cessation du travail. Plus tard divers travaux: Bonnet th. Paris 1892, Verniolle th. Toulouse 1900, etc., ont été publiés sur le même sujet.

Ces accidents oculaires sont observés principalement dans les ateliers de vulcanisation du caoutchouc où les ouvriers sont constamment exposés aux vapeurs sulfo-carbonées. En examinant leurs yeux, on constate une diminution de l'acuité visuelle beaucoup plus considérable que dans

l'intoxication alcoolo-nicotinique ; cette acuité peut, en effet,

être inférieure à 1/10; les doigts ne sont comptés qu'à très faible distance, de 1 mètre à 3 mètres. Au début, les malades ne perçoivent qu'un brouillard devant les yeux, puis ils ne distinguent rien, de près comme de loin, tout est flou, les personnes leur semblent des ombres, et bientôt ils se conduisent avec la plus grande difficulté.

Le centre du champ visuel présente un scotome relativement petit, non en rapport avec la diminution énorme de l'acuité visuelle. La périphérie du champ au contraire est intacte pour le blanc, mais peut être rétrécie pour les couleurs ainsi que le montre l'observation ci-après ;

M. J..., 35 ans, ouvrière dans une usine de caoutchouc, aurait été intoxiquée il y a trois mois par le sulfure de carbone.

16 novembre rg21. — Examen : ODG, Va=r:/10 sans verres ; non améliorables.

Pupilles réagissent lentement.

Champ visuel très rétréci pour les couleurs.

Papilles un peu pâles.

26 novembre 1921. — ODG, V=r/r0 8. v.

Champ normal pour le blanc, rétréci pour le vert surtout OG. Papilles pâles, légère cupule ; artères rétrécies et veines légèrement distendues.

L'ophtalmoscope ne nous révélera rien de bien différent de ce que nous ayons vu pour la névrite alcoolo-nicotinique, c’est-à-dire peu de lésions ; pas de modifications des vaisseaux, papille décolorée seulement dans la région temporale. Des symptômes subjectifs s'ajoutent à ces signes objectifs : une emélicration de la vue au crépuscule ou par le port de verres fumés, de la confusion dans la détermination des couleurs, surtout le vert et le rouge, ces symptômes étant déjà mentionnés pour l’alecol.

L'étiologie de cette amblyopie nous est fournie, après avoir éliminé bien entendu la cause habituelle : alooolo-nicotinisme, par la notion du métier exercé. Les troubles généraux : excitation nerveuse, amnésies, névrites périphériques,

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