ANATOMIE NORMALE
Avant de décrire les lésions qui nous intéressent, il est capital de décrire rapidement l’anatomie normale des différentes cavités entourant l'orbite, ce que Lemaïtre à appelé : « l’encerclement sinusal de lPorbite ».
C’est en effet, le plus souvent, par l'intermédiaire de ces sinus, que se propage l'infection qui détermine la névrite rétro-bulbaire.
Sans reprendre une étude anatomique complète de chacun d'eux, ce qui nous entrainerait loin du cadre de celte étude, il nous faut néanmoins résumer sommairement certains caractères anatomiques particuliers dont Pimportance apparaîtra nettement, tant au point de vue pathogénique, qu’au point de vue thérapeutique.
Nous décrirons rapidement le sinus frontal, les cellules ethmoïdales ; nous insisterons plus sur le sinus maxillaire et surtout nous rappellerons certaines notions
précises au sujet du sinus sphénoïdal.
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Anatomie du sinus frontal
Le polymorphisme de ce sinus explique la difficulté
d’une description schématique.
IEse développe dans un dédoublement de l’os frontal.
On a pu le définir «une cellule ethmoïdale insinuée entre les deux lames du frontal ».
Il apparaît en général après sept ans, n’alteignant sa dimension définitive que vers 20 ans. À
Il est formé de deux cavités paires non symétriques (la cloison intermédiaire est médiane seulement en bas).
Son extension est très variable ; on trouve des grands sinus et des pelits sinus.
On le décrit comme une pyramide dans laquelle la paroi antérieure frontale est ja paroi d'accès. La paroi inférieure est orbilaire dans sa partie externe, nasale dans sa partie interne. Elle forme le plancher du sinus. La paroi postéro-supérieure est cranienne, très mince, elle répond aux méninges, à l’origine du sinus longitudinal supérieur et au lobe frontal. La paroi interne correspond à la cloison médiane.
Le canal fronto-nasal part du plancher du sinus près de la cloison médiane. Il descend en arrière et s'ouvre à la partie supérieure de l'hialus semi-lunaire.
Ceci explique-la coexistence possible de sinusite frontale avec d’autres sinusites (ethmoïdale et maxillaire).
Ces notions anatomique mettent en évidence certaines circonstances défavorables facilitant l'infection et gênant l'intervention : asymetrie, prolongement, recessus, carrefour nasal expliquant les risques de polysinusite,
Mais il existe un caractère extrêmement favorable à la guérison rapide, c'est la situation déclive du canal “fronto-nasal.
à Ë Cellules ethmoïdales
L’ethmoïde est formée par la réunion de cellules osseuses dont l'ensemble forme le labyrinthe ethmoïdal. Il est intermédiaire aux fosses nasales el à l'orbite correspondante. Il est situé entre trois grands sinus, sinus frontal en haut, sinus maxillaire en bas, sinus sphénoïdal en arrière. |
Il participe donc aux infections de ces cavités et peut leur servir d'intermédiaire.
Il représente la plus grande partie de la paroi interne des fosses nasales. Parmi les différents reliefs qu’il détermine, au niveau de cette paroi, le cornet moyen est cerlainement le plus important. L’ethmoïde est formé d’une dizaine d’alvéoles s’ouvrant dans lé méat moyen par une série d’orifices. 3
On distingue deux grands groupes de cellules ethmoïdales : le groupe antérieur et le groupe postérieur. Ces deux groupes restent indépendants, le postérieur étant en connexion intime avec le sinus sphénoïdal, constituant avec lui le groupe des « sinus postérieurs ».
Les cellules antérieures sont groupées autour de l’hiatus semi-lupaire ; celui-ci étant compris entre la bulle ethmoïdale en haut et en arrière et l’apophyse uniforme en bas et en avant.
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Elles sont en relation intime avec le sinus frontal en haut‘et le sinus maxillaire en bas, les orifices de ces diverses cavités étant d’ailleurs voisins.
Les cellules ethmoïdales postérieures sont plus volumineuses et moins nombreuses ; elles contribuent à former la bulle ethmoïdale ; elles affectent des rapports souvent intimes avec le canal optique, d'autant plus que le sinus sphénoïdal est moins développé. Elles débouchent dans le méat supérieur au voisinage de l’orifice du sinus sphénoïdal. L'étude de leur anatomie est intimement liée à celle de l’antre sphénoïdal que nous décrirons plus en détail.
Sinus maxillaire et dents
Le maxillaire supérieur entre pour une grande partie dans la constitution de la cavité orbitaire. Il donne, d’autre part, inserlion aux dents de la mâchoire supérieure, Il est recouvert de périoste qui, au niveau de la face orbitaire, est très adhérent au rebord de cette cavité. Au niveau des arcades dentaires le périoste participe à la formation des gencives (il est contigu aux ligainents alvéolo-dentaires).
Le sinus maxillaire est creusé aux dépens de cet os, il constitue le plus volumineux sinus de la face.
Il se développe aux dépens d’une dépression du méat moyen, Apparaissant à la naissance, la dépression s'agrandit par résorption du tissu spongieux situé entre le rebord alvéolaire et le plancher de l'orbite. Il atteint ses dimensions définitives à l’âge adulte.
PSE ee
: Les alvéoles de première et de deuxième dentition diminuent sa cavité remontant plus où moins haut (la canine surtout). Parfois existe un canal alvéolaire pouvant remonter jusqu’à l'orbite. |
La paroi supérieure de ce sinus est mince et fragile, encore plus affaiblie au niveau du canal sous-orbitaire, pouvant parfois élablir une communication entre l’orbite et le sinus.
Au niveau du plancher, irrégulier, le sinus s'étend plus ou moins loin en avant. La dent de six ans est en rapport presque constant avec la cavité du sinus. La canine est inconstlamment comprise dans celle cavité, elle n’amène que rarement des complications antrales mais plus souvent lacrymo-nasales.
Les racines dentaires peuvent être soit isolées de la cavité sinusienne, sgit y faire saillie,
Nous avons vu que le sinus maxillaire forme le plancher des cellules ethmoïdales antérieures pouvant parfois communiquer-avec elles.
L'orifice du sinus maxillaire est haut silué loin du point déelive, ce qui explique le mauvais drainage physiologique de cetie cavité, la fréquence de son infection. [Fest voisin de ceux des cellules ethmoïdales antéricures et du sinus frontal. Toutes ces cavités sont donc solidaires et comme le dit Worms, « la polysinusite est la règle, la monosinusite Pexception ».
Il existe des connexions vasculaires entre les vaisseaux du sinus maxillaire et les vaisseaux orbitaires. Leur étude a une grosse importance lorsqu'il s’agit d'ex-
Dumont 3
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pliquer la pathogénie de la complication oculaire d'uné sinusite maxillaire. |
Connexions artérielles entre les branches de la maxillaire interne et les terminales de l’artère ophtalmique.
Connexions veineuses surtout : les veines alvéolaires se rendent à la veine faciale, les veines dentaires se rendent au plexus ptérygoïdien et se joignent aux veines de la cavité sinusienne pour former la veine maxillaire interne; d'autre part, les veines vorticineuses drainent le sang du globe pour se rendre aux veines ophtalmiques et se jeter dans le sinus caverneux. Malgré les anastomoses unissant ces deux systèmes, le sarg venu des dents et du sinus n’emprunte jamais la voie de la veine ophtalmique.
Des connexions nerveuses'ont une grosse importance: un même tronc nerveux, le trijumeau, dispense à l’œil et aux dents leur sensibilité générale.
La branche ophtalmique de Willis lient sous sa dépendance la sensibilité de l'appareil visuel. Elle donne en outre, des filets cutanés, muqueux et glandulaires,
Le nerf maxillaire supérieur, après avoir fourni les filets du ganglion sphéno-palatin, donne le nerf dentaire postérieur et dans le canal sous-orbitaire il détache le nerf dentaire antéricur. Une anasiomose importante relie ces deux branches du trijumeau.
Le grand sympathique forme un vaste réseau périartériel autour de lParlère ophtalmique, des artères ciliaires, de Partère centrale de la rétine l’accompagnant jusqu'aux capillaires des membranes de l’œil.
De son côté, le ganglion ophtalmique reçoit une racine
du moteur oculaire commun, une racine de la branche de Willis, la racine ganglionnaire du plexus carotidien. Il donne les nerfs ciliaires.
Le sympathique forme donc un vérilable filet jeté sur toutes les branches artérielles et nerveuses, chargées d'assurer la nutrition et le fonctionnement du globe et -du nerf optique.
Sinus sphénoïdal et cellules ethmoïdales postérieures
Sinus sphénoïdal.
Développé aux dépens d’une dépression située au niveau des cornels sphénoïdaux peu après la naissance. Il se développe progressivement aux dépens du sphénoïde et atteint ses dimensions définitives vers 20- 25 ans. Parfois son développement est arrêté plus précocement (il dépend de la soudure des correts de Bertin au sphénoïde) ; il en résulte deS différences considérables de volume. Le développement de sa cavité n’atteint donc que tardivement la paroi des organes voisins (les complications de sinusile sphénoïdale sont exceptionnelles avant 15 ans).