‹ Névrites Rétro-Bulbaires Et Affections Rhino-SinusiennesChapitre 19 sur 50 · FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE

Il est très difficile de préciser la fréquence des névrites rétro-bulbaires d’origine rhino-sinusienne. Trop de documents manquent de précision et il faut grouper de nombreuses statistiques antérieures pour se faire une idée de la question. D’ailieurs, toutes ces statistiques montrent des divergences considérables suivant les auteurs.

Est-il possible de tirer une conclusion dela fréquence relative des affections sinusiennes et des troubles oculaires ? Certainement non.

Dans leur statistique, Bruckner et Weingaertener ne trouvent pas une seule névrite optique sur 300 blessés porteurs de sinusites purulentes. |

Dans une autre statistique, sur 100 malades atteints d’affections sinusiennes, on ne trouve que deux malades oculaires.

On ne peut cependant écarter létiologie rhino-sinusienne des névrites par le simple examen de ces statistiques. D’ailleurs, la fréquence des lésions sinusiennes n’est pas si grande que l’on a voulu le dire ; et si dans

la statistique de Lichwitz, cet auteur‘ déclare avoir trouvé à l’autopsie des lésions sphénoïdales dans 30 % des cas, on ne peut se baser sur ce chiffre. En effet :

L'aspect macroscopique des muqueuses est souvent trompeur. Frazer, sur un grand nombre de sujeis,trouve dans 27 9% des aulopsies des apparences d’allération, alors qu’après contrôle microscopique, 6 % seulement des sujets présentent des lésions inflammatoires nettes.

Inversement, l'examen systématique des cavités sinusiennes n’est en général pas pratiqué, de telle sorte que de nombreuses lésions discrètes passent inaperçues.

Quelle est la fréquence relative des différentes variétés de sinusites ?

Sur {or cas de sinusites, Lapalle établit d’après des statistiques de Harké, Fraenkel et Hicer ajoutées à la sienne, les résultats suivants : |

60 % de Sinusites maxillaires ; 25 94 de sinusites sphénoïdales ; 9 % de sinusites frontales ;

6 % de sinusites elhmoïdales.

Fraser, sur 370 cas opérés, donne ;

82 % de sinusites maxillaires ; 15 % de sinusites frontales ; 5 % de sinusites sphénoïdales.

Et cependant, dans un temps égal, un de ses confrères pratiquait 2600 opérations sur le sinus sphénoïdal,

Ceci montre combien ces statistiques seules dépendent des idées personnelles des opérateurs,

En ce qui concerne la fréquence de origine rhinôsinusienne de la névrite rétro-bulbaire par rapport aux autres étiologies nous observons les mêmes variations suivant les auteurs. Nous ne pouvons apporter que des statistiques anciennes.

Sur 54 cas de névrile rétro-bulbaire, Davis trouve quatre fois une sinusite sphénoïdale suppurée.

Sur 26 cas, Woods et Dunn incriminent quatre fois les sinus.

Lindemeyer sur 18 cas, trouve trois fois des lésions sinusiennes.

Ségura estime que 4o % des névrites rétro-bulbaires sont d’origine sinusienne.

Et à l'opposé, Morax déclare qu’il ne connaît pas de cas probant den évrite rétro-bulbaire due à une sinusite sphénoïdale.

Sur douze cas personnels, Lenoir ne trouve qu’une seule fois des lésions sinusienues (obs. 11).

Sans tomber dans de tels excès contraires, Santori, sur 105 observations, trouve :

3 fois une étiologie sinusienne nette ; 3 fois une origine nasale (hypertrophie du cornet moyen) ; 2 fois une angine tonsillaire ; 13 fois la grippe.

On voit donc par ces quelques chiffres combien fl'appréciation de cette fréquence est difficile, s’il existe des cas où l’étiologie semble nette et où l’on peut rattacher la névrite à une sclérose en plaques, à une syphilis ou à

une lésion sinusienne nelle, il en existe d’autres (ce sont malheureusement les plus nombreux) dans lesquels les investigations les plus minutlieuses ne permettent pas de déceler avec certitude la cause des accidents. Chaque auteur, suivantses lendances, fera rentrer ces faits dans tel ou tel chapitre de sa statistique.

Pratiquement, ce n’est qu’en multipliant les examens, en recherchant avec soin une lésion possible, que l’on pourra compléter ces données. C’est donc un travail long et minutieux qui demandera une étude complète de chaque malade au point de vue ophtalmologique, rhinologique, sérologique, neurologique, stomatologique et radiologique.

Quelle est la fréquence des cas de névrite rétro-bulbaire d’origine rhino-sinusienne suivant les individus ?

On constate que les névrites rétro-bulbaires sont plus fréquentes pendant les premières années de la vie et dans les statistiques de Wilbrand et Saenger rapportées par Santori, ces auteurs donnent comme fréquence :

30 % entre 12 et 22 ans; 30 ”, entre 22 ei 32 ans ; - ko % au-dessus de 33 ans.

la fréquence diminuant rapidement avec l'âge. Dans sa statistique, Santori donne :

20 9% au-dessous de 22 ans ; 30 % de 22 à 4o ans ;

bo 4 au-dessus de 4o ans.

La fréquence semble un peu plus grande dans le sexe féminin :

65 % de femmes; 35 % d'hommes.

Mais ces statistiques se rapportent à l’ensemble des névrites rétro-bulbaires sans préjuger de leur étiologie. En ne considérant que celles qui nous intéressent ici, le nombre des observations publiées par Santori se rapportent aux âges extrêmes, au-dessous de 25 ans et audessus de 4o ans. Il estle même pour les hommes que - pour les femmes (sept observations de chaque).

Grosz (Hongrie), étudiant l'étiologie de la névrite rétro-bulbaire, expose les résultats obtenus sur le chiffre considérable de 27.000 malades soignés à sa clinique.

Il estime que dans 15 % des cas de névrite rétro-bul-

baire on peut établir avec certitude l’origine rhino-sinusienne.

Dumox' : L

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