ET ARS
— une diminution lente et progressive de la vision avec scotome central ;
— une Céphalée du type syphilitique sans douleurs au niveau du globe ;
— l’absence de lésions ophtalmoscopiques au début ;
— enfin il s’agit d’une affection bilatérale.
En réalité, toutes ces notions n’ont rien de particulier à cette forme et il semble d’ailleurs que ce tableau soit plutôt celui d’une méningite chronique SPACUETP que d’une névrite rétro-bulbaire.
Peu d'observations ont été suivies d'examens anatomopathologiques en rapport avec cette éliologie. On a admis qu’il s'agissait d’une méningite chronique de la gaine du nerf avec sclérose des vaisseaux, ce qui montrerait la nécessité d’un traitement précoce et énergique.
En réalité, souvent l’étiologie spécifique ést difficile à affirmer en dehors d’antécédents nets ou une réaction sérologique positive.
M. le Pr Terrien, sur deux cents cas de névrite rétrobulbaire, incrimine douze fois la syphilis. [l s’agit d’ailleurs le plus souvent d’hérédo-syphilis et le diagnostic est d’autant plus difficile.
Dans ces formes hérédo-syphilitiques, le pronostic serait moins bon et l’évolution plus lente. L'amélioration progressive reste souvent incomplète et laisse persister une diminution des perceptions des couleurs dans
Ja zone antérieurement atteinte par le scotome,
PART ne
D'ailleurs, le fait de frouver dans les antécédents d’un sujet atteint de névrite rétro-bulbaire aiguë, des sligmales de syphilis acquise ou héréditaire, ne suffit pas à affirmer la corrélation entre les deux ordres de faits, élant donnée la fréquence de la syphilis. L'épreuve thérapeutique elle-même n’est pas toujours un argument car d’une part, nombre de névrites rétro-bulbaires guérissent spontanément sans qu'aucune thérapeutique ne | soit pratiquée, et d’autre part, on peut admettre que le mercure et l’arsenic ont une action anti-infectieuse générale et non pas seulement anti-tréponémique, comme l’ont déjà soulignée divers travaux.
Névrite rétro-bulbaire et sclérose en plaques
Mais en réalité c’est la sclérose en plaques qui constitue la plus grande difficulté du diagnostic.
On sait combien sont fréquentes les névrites rétro-bulbaires au cours de cette affection (c’est la plus fréquente des manifestations oculaires).
La névrite rétro-bulbaire est, soit unilatérale, soit bilatérale avec prédominance d’un côté. |
Il est en général facile d’en faire le diagnostic lorsque le tableau de sclérose en plaques est net : devant ces troubles moteurs à forme paraplégique, ces troubles cérébelleux nets, le diagnostic n’hésite pas.
Il est plus difficile dans les formes oligo-symptomatiques et l’on a récemment insisté sur certaines formes où les troubles optiques sont les seuls décelables. Dans certains cas même, la névrile rétro-bulbaire précède les
hp
symptômes généraux de plusieurs mois ou de plusieurs années.
On a ainsi rättaché à la sclérose en plaques (Weill, de Strasbourg) de nombreuses névrites rétro-bulbaires considérées par d’autres comme relevant de sinusites latentes.
Dans son rapport sur la sclérase en plaques, Guillain a insisté sur les formes à début oculaire déjà signalées par Welter, dans sa thèse. Dans 75 % des cas (P* Terrien), il s’agit d’une névrite unilatérale, On voit donc la difficulté d’un tel diagnostic et il faut toujours penser à la sclérose en plaques en présence d’une névrite rétrobulbaire et en réserver le pronostic éloigné.
On recherchera de petits signes qui peuvent parfois mettre sur la voie : diffusion des réflexes, réflexe médiopubien conservé avec abolition des réflexes abdominaux, abolition du réflexe nauséeux du voile, etc...
Enfin nous avons vu au cours de l’historique, que l’on a discuté sur l’unité de l’étiologie de certaines névrites rétro-bulbaires et que si, pour certains, la sclérose en plaques préparant le terrain, une affection nasale déclanche la névrite rétro-bulbaire, pour d’autres la sclérose en plaques est seule en cause.
(Dans l'observation de Rollet et Sargnon, d’un malade atteint de sclérose en plaques avec scotome central, porteur de volumineux cornets moyens, leur ablation fut faite sans résultat).
Dans tous les cas, la ponction lombaire, les examens sérologiques (sang, liquide céphalo-rachidien), un examen neurologique très complet seront toujours indis-
pensables pour rechercher la part qui peut revenir, dans l’étiologie d’une névrite rétro-bulbaire, à la syphilis ou à la sclérose en plaques.
Névrite rétro-bulbaire héréditaire
Quant à la névrite rétro-bulbaire héréditaire ou maladie de Leber, son évolution est assez spéciale.
Elle s’observe chez les jeunes gens, frappant les membres mâles d’une même famille, épargnant les femmes, sa transmission se fait par la lignée féminine.
Des douleurs violentes profondes, des photopsies précèdent le trouble visuel qui survient brusquement.
Après une phase aiguë variant de deux à quatre semaines, l’affection devient chronique et la vision centrale diminuée à son maximum ne subit plus de grosses modifications. Il s’agit d’une affection bilatérale atteignant simultanément ou successivement les deux. yeux, s’accompagnant de scotome central. Son caractère héréditaire permet assez souvent de poser le diagnostic.
Il s’agit d’une affection à peu près incurable et son évolution non régressive viendra encore l’opposer aux formes qui nous intéressent d’un pronostic plus favorable.
/ LES LÉSIONS RHINO-SINUSIENNES ET DENTAIRES CAUSES DE NÉVRITE RÉTRO-BULBAIRE
Nous venons de voir un certain nombre des causes plus ou moins évidentes de névrite rétro-bulbaire suivant les cas. Il nous reste à examiner les cas où la névrite rétro-bulbaire peut relever d’une affection rhinosinusienne ou dentaire. |
Souvent ces affections ne s’extériorisent pas. Nous savons en particulier, que la névrite rétro-bulbaire est rare au cours des formes ouvertes de sinusites qui détermiuent plus souvent des papillites.
Nous décrirons successivement les diverses étiologies que l’on peut trouver, en rappelant rapidement dans chaque cas l'historique et les observations qui s’y rap-
portent.
Sinusites maxillaires
Malgré la fréquence considérable des sinusites maxillaires ilsemble qu’elles nese compliquent que très rare: ment de névrite rétro-bulbaire.