ROUE
En effet, le sinus maxillaire est plus en rapport avec la cavité orbitaire et le globe qu'avec le canal orbitaire et le nerf optique. Nous savons d’ailleurs que les complications les plus fréquentes des sinusites maxillaires sont les complications orbitaires et lacrymo-nasales. Déjà au xvmr siècle, Hunter prétendait que les symp-. tômes d’irritation de Pœil dépendent surtout des inflammations de l’antre d'Highmor.
En 1882, Jungken admet que l’amblyopie et lamaurose peuvent être un symplôme de sinusite maxillaire.
En 1889, Pasquier publie une observation détaillée d’amaurose par sinusite maxillaire.
Mais bientôt, avec les progrès de l’ophtalmoscopie, les lésions du fond d’œil ont pu être étudiées avec précision et l’on à pu constater la fréquence relativement faible des névrites rétro-bulbaires par rapport aux papil- ‘ lites et aux lésions chorio-rétiniennes.
Cependant les cas de Germanp, de Trousseau, de Morax (observalion rapportée dans thèse Lenoir) et de Gervey sont iadiscutables. D’autres observations ont d’ailleurs été signalées.
Dans ces cas, après cureltage du sinus, la guérison est de règle.
Sinusites frontales
Il semble que l’on trouve un peu plus fréquemment l'étiologie frontale du fait sans doute de la participation de l’ethmoïde.
si
James Russel a trouvé à l'’autopsie d’un malade
RE tres
frappé de cécité unilatérale une sinusite fronto-ethmoïdale suppurée. En 1876, Béthume publie un cas de cécité intermittente. Cependant la névrite rétro-bulbaire resle rare et nous rappellerons les observations de Black et Stoerk, l’observation de Colrat (0obs, I), celle de Walter Deichler, .
Sinusites ethmoïdales
De même la sinusite ethmoïdale peul être incriminée dans certains cas.
La névrite rétro-bulbaire est très rare au cours des sinusites ethmoïdales suppurées. La plupart des faits se rapportent à des cas de sinusiles latentes ou de lésions endo-sinusiennes (polype ethmoïdal par exemple).
H est d’ailleurs difficile de séparer l’ethmoïde postérieur ét le sphénoïde. Comme nous l’avons déjà dit, la polysinusile est plus fréquente que la sinusite localisée. I s’agit le plus souvent de sinasite cthmoïdo-sphénoïdale.
Ïl y a peu d'observations où les lésions ethmoïdales paraissent isolées. Nous rappellerons les cas de : Sluder, Burger, Knapp, Krauss, Haren et Meyer ayant évolué
ers la guérison post-optratoire. Le cas de Duverger où, malgré une intervention précoce, l'évolution s’est faite vers la cécilé unilatérale, Dans le cas de de Stella, il s’agissail d'une névrite rétro-bulbaire dans laquelle Pintervention a montré une grande cellule ethmoïdale pleine de pus et ce cas doit plutôt être rangé dans Îles empyèmes clos.
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Sinusites sphénoïdales suppurées
Les névrites rétro-bulbaires sont rares au cours des sinusites sphénoïdales suppurées, contrairement à ce que l’on pourrait croire (à condition de ne considérer (avec Rollet) que les cas où la sinusite est indiscutable).
Nous citerons les cas de Schmiegelow et Posey, les cas douteux de Pelloquin, lesobservations de Hoffmann et Gavin-Young.
Certains faits opératoires (par la méthode de Segura) ont permis de rattacher à une sinusite suppurée plus ou moins latente, des névrites rétro-bulbaires unilatérales dont l’étiologie paraissait imprécise. Tels sont les cas de Christiana Holmès, Baldenweck, Davis, White, Citelli, de Stella, l'observation de Colrat.
Mais c’est essentiellement au cours des sinusites latentes que l’on trouve beaucoup plus fréquemment des névrites rétro-bulbaires.
Sinusites postérieures latentes
Nous avons vu l’historique et les discussions que celte conception a soulevées. |
Sluder considérait trois types de lésions en relation avec des sinusites postérieures latentes :
— le syndrome du « vacuum sinus » ; — la névralgie du ganglion sphéno-palatin ;
— la sphénoïdite hyperplasique.
Avec Canuyt, Ramadier et Velter, on peut distinguer trois types de lésions anatomiques ;
— l'empyème clos ; — Ja sinusite catarrhale ; — Ja sinusite byperplasique.
EMPYÈME CLOS :
Il s’agit de suppurations encloses ne trouvant pas d’issue par suité d’une anomalie de l’orifice sinusal (souvent oblitéré par des lésions muqueuses inflammatoires).
Cctte lésion peu, soit rétrocéder, soit rester latente avec de temps en temps des décharges purulentes, soit augmenter (absorbant les cavités voisines) et finir par se rompre : il s’agit alors d’un empyème ouvert, d’une sinusite suppurée franche.
Les premiers cas de sinusite latente ayant donné lieu à des névrites rétro-bulbaires diagnostiquées ont été des empyèmes clos. |
La tendance à la localisation et au passage à la chronicité de ces formes explique que cet empyème se localise souvent à un sinus sphénoïdal ou à une cellule ethmoïdale (le plus souvent la postéro-supérieure). Les rapports anatomiques expliquent la possibilité de complications vers le nerf optique. Quant aux lésions, elles sont de même nature que dans les sinusites ouvertes (pus, lésions muqueuses, lésions osseuses).
Mais assez souvent, cet empyème clos se reconnaît
cliniquement :
— soit par des modifications visibles de la muqueuse nasale ; — soit par des émissions transitoires de pus;
— soit par l’histoire de la maladie et la recherche de signes plus précis.
SINUSITE CATARRHA LE :
C’est la sinusite catarrhale qui répond le mieux à la conception de sinusite latente et c’est dans son cadre que rentrent la majorité des cas publiés.
Is’agit de lésions infectieuses de faible intensité, soidisant muettes à l'examen physiqué ou ne donnant que quelques signes inflammatoires légers du côté de la muqueuse nasale qu’il faudra rechercher et interpréter.
Certaines conditions anatomiques expliquent la possibilité de complications graves malgré la légèreté de Pinfection. s
Les lésions observées sont celles de toute infection aiguë ou subaiguë.
Macroscopiquement, on constate soit un étal cong'estif ou œdémateux, soit une dégénérescence granuleuse de la muqueuse parfois des sécrétions muco-purulentes accumulées sur le plancher du sinus. D’autres fois, la lésion n'apparaît que par comparaison avec le côté opposé (la muqueuse ayant un aspect légèrement différent).
SINUSITE HYPERTROPHIQUE OU HYPERPELASIQUE.
Cette forme a été isolée par Quix et étudiée ensuite par Sluder et J. Wright.
Il s'agirait d’un processus anatomique caractérisé par une inflammation chronique de la muqueuse formant des masses plus ou moins volümineuses à aspect de po-
lypes emplissant les cavités para-nasales et pouvant s'accompagner d’une hypertrophie de l’os sous-jacent. Celui-ci présenterait simultanément des lésions d’ostéite raréfiante.
Souvent ces lésions prennent un aspect de polype banal. Parfois un aspect plus tomentueux. Dans les cas avancés, les cavités cellulaires sont agrandies refoulant les parois, rétrécissant parfois le couloir olfactif.
Dans ces cas, c’est l’ethmoïde qui est le plus souvent atteint et les lésions s'étendent tout aussi bien aux cellules antérieures que postérieures. Elles peuvent d’ailleurs déborder les limites sinusiennes donnant alors, soit des polypes muqueux discrets des fosses nasales, soit une dégénérescence hypertrophique de la tête ou de la queue du cornet moyen. k
Histologiquement, ces lésions sont identiques aux polypes des fosses nasales : infiltration œdémateuse le plus souvent (parfois afflux leucocytaire montrant un degré inflammatoire de plus) distendant le tissu conjonctif sous-muqueux avec multiplication fréquente des éléments cellulaires et fibrillaires. La fermeté, la couleur rougeâtre de ces lésions endo-sinusales diffèrent un peu de la consistance molle et de la couleur claire rosée des polypes nasaux. Ces caractères sont dus à une densification plus grande des éléments conjonctifs et à une réaction inflammatoire plus marquée.
Il était intéressant d'étudier l’état de l’os sous-jacent, D’après Sluder, il présenterait une hyperplasie avec lésion d’ostéite raréfiante. Cette lésion aurait un gros intérêt pathogénique pouvant expliquer par une compres-
sion directe au niveau du canal optique, les complications névriliques observées. |
Divers auteurs mentionnent des lésions osseuses histologiques. Skillern décrit une hypertrophie du périoste avec dégénérescence fibreuse le long de l’os.
La nature osseuse primitive de ces lésions a été contestée par tous les examens ultérieurs. D’ailleurs le plus souvent, il n’existe pas de lésions osseuses et les cas d'épaississement de l’os sont exceptionnels.
Hs’agit donc essentiellement dans la sinusite hyperplasique d’un processus banal atteignant la muqueuse pituitaire etayant son départ dans sa portion endo-sinusienne, soit que ses lésions restent localisées au sinus, soit qu’elles s’extériorisent plus nettement.
Enfin il est de nombreux cas où l’on ne décèle aucune lésion ni par l’examen clinique, ni par l’intervention.
Peut-on parler d’une sinusite dans ces cas ?
C’est l’histologie et Panatomie pathologique de la muqueuse qui nous renseignent alors.
L'étude détaillée de Canuyt et de Terracol montrent sur 26 cas:
6 fois un état normal ;
7 fois des lésions simples (bypersécrétion muqueuse avec turgescence des cellules caliciformes) ;
6 fois une infiltration œdémateuse (lymphoplasmocyloïde) légère avec épaississement et sclérose du chorion muqueux ;
d’autres fois des lésions complexes de nature diffi-
cile à interpréter :
hypersécrétion muqueuse avec sclérose du choriOn, Le
métaplasie pavimenteuse stralifiée avec infiltration ou sclérose du chorion suivant les points,
existence de baguettes calcifiées dans le chorion sclérose.
Mais assez souvent les sinus ne peuvent êlre mis en cause et alors la névrile rétro-bulbaires reste sans étiquette étiologique. :
Nombre de ces cas gagneraient alors à un examen complet du malade eten particulier à des investigations portant sur les cavités de la bouche, du pharynx et des fosses nasales.
Les travaux concernant l’origine focale (dentaire ou tonsillaire en particulier) de certaines affections oculaires sont très nombreux en Amérique.
D'ailleurs, un examen local bien conduit des fosses
nasales révèle souvent des lésions diverses.
Lésions nasales
Celles-ci peuvent avoir un rôle important,comme l'ont démontré de très nombreuses obervations de névrite rétro-bulbaire.
Il s’agit le plus souvent d’une hypertrophie du cornet et en particulier du cornet moyen. Nous avons vu déjà que de nombreux rhinologistes adinettent que. Phyper-
Dumont 7
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irophie de ce cornet et sa dégénérescence polypoïde est souvent en rapport avec une sinusite ethmoïdo-sphénoïdale catarrhale.
Mais une lésion nasale pure peut suffire.
Déformation de la cloison (épine, déviation).
Lésions du cornet moyen et surtout de sa partie postérieure (polype ou hypertrophie gênant la ventilation du sinus). |
Ce sont ces cas qui sont justiciables d'interventions endo-nasales économiques dont Sargnon s’est fait le défenseur et dont de nombreuses observations ont été rapportées récemment.
On a observé également des névrites rétro-bulbaires chez des malades atteints d’ozène.
Lésions dentaires
Les relations pathologiques entre les dents et l'œil sont connues depuis de longues années (nous rappellerons le rôle néfaste que l’on attribuait dans les affections oculaires à la canine supérieure, la dent de l’œil, dansla médecine populaire).
En Amérique, divers auteurs ont insisté sur l’importance des foyers d'infection dentaire.
En France, après Dor, c’est surtout le rapport de Fromaget (Société d'ophtalmologie 1924) qui attire l’attention sur les relations entre les infections dentaires et l'œil. Dans certains- cas de névrite rétro-bulbaire d’origine dentaire on relrouvait des-lésions nettes :