RADIOGRAPHIE
La radiographie peut-elle donner des précisions au point de vue du diagnostic ?
Très employée à l'étranger, elle n’est entrée en pratique en France que ces dernières années.
Dans les premières années,on n’obtenail que des images souvent imparfaites par l'emploi de méthodes au-
jourd’hui périmées, Toutes les difficultés provenaient, en effet :
d'une difficulté de lecture des radiographies du crâne, de l’imperfection des techniques.
En effet, les sinus, cavités aériennes, qui devraient être d’une exploration facile par leur visibilité aux rayons X, sont dans la pratique dans des conditions -défavorables à l'examen. [l existe des superpositions de plans osseux souvent difficiles à discriminer, Il fallait chercher à obtenir pures les images des sinus et pour cela trouver des incidences convenables. C’est par de telles incidences que Hirtz, qui en a donné la description en 1922, est parvenu à obtenir de très beaux clichés. Worms, Reverchon ont repris cette élude avec Chaumet d’une façon systématique. Il faut donc obtenir de bons clichés par une technique rigoureuse el savoir ensuile les interpréter correctement. D’alleurs, lPexamen clinique devra toujours venir à l'appui des résultats fournis par la radio.
En pratique, tout malade suspect de sinusite postérieure doil être aussitôt que possible soumis à l’exploralion radiologique. Ce n’est pas dans les sinusites suppurées dont le diagnostic est souvent évident qu’elle sera le plus utile mais bien dans les formes latentes. C'est l’empyème fermé avec peu ou pas de signes rhinologiques qui fournit les plus belles observations montrant un sinus sphénoïdal ou une cellule ethmoïdale obscure.
À propos de la radiographie, il faut citer les travaux
de White. Cet auteur s’est attaché à mesurer les dimensions transversales du canal optique (mesurables sur les clichés) et il attribue une grosse valeur à un rétrécissement du diamètre transversal posant même parfois des indications opératoires.
Cependant la radiographie n’est pas exempte d'insuffisance. Dans les sinusites purement catarrhales, elle peut être trompeuse, montrant parfois de grands sinus clairs. Inversement il est des cas (sept cas de de Weckers) où l'intervention ne confirme pas les renseignements donnés par la radio : on ne trouva aucune lésion muqueuse alors que la radio montrait des sinus postérieurs obscurs.
Mais quoi qu’il en soit, même si la radio ne permet pas de mettre en évidence une lésion nette, elle permet de se rendre compte dans une certaine mesure de l’anatomie des sinus, sur lesquels on pourra avoir à intervenir (au point de vue dimensions, rapports, étc.).
Rappelons rapidement les différentes techniques et les résultats que donnent les différentes incidences.
a) L'épreuve de face postéro-antérieure (Lannoiset Arcelin) est beaucoup plus souvent employée que l’antéropostérieure préconisée par Marseblick et Schülier qui n’a aucun intérêt pralique.
La face du malade repose sur la pau par deux points d'appui : front et nez.
Le rayon normal passe par la glabelle en symétrie absolue avec immobilité du patient.
On distingue sur le cliché les deux cavités orbitaires
2 yes Fe
et les deux fosses nasales, en haut l'éventail frontal, latéralement en bas les sinus maxillaires ; au-dessous de l’éventail frontal, le bloc sphéno-ethmoïdal en forme de « gueule de four » où la superposition des images avec le prolongement inférieur du sinus frontal ne permet pas d'examiner les sinus postérieurs. |
Dans l'épreuve de profil, la face repose sur le côté opposé à celui examiné.
Le rayon normal pénètre au niveau de l’arcade zygomatique, tombant au point opposé, traversant la selle turcique. : -
On met ainsi en évidence l’antre sphénoïdal et la selle turcique (les deux antres sphénoïdaux sont superposés). On a également de profil une vue des sinus frontaux et maxillaires. |
C'est la radiographie, dansles incidences de Hirtz, qui dégage le mieux les sinus postérieurs. On emploie soit l'incidence vertex-menton-plaque, soit l'incidence inverse menton-vertex-plaque.
La première présente un intérêt surtout pour les sinus antérieurs. C'est la seconde qui fournit la meilleure vue des sinus postérieurs.
La radiographie de la base du crâne, ainsi realisée, « a pour but d'obtenir une projection horizontale du plancher cranien en défléchissant la tête du sujet au maximum pour éviter l’ombredes vertèbres craniennes » (Reverchon et Worms).
On peut, soit utiliser des rayons mous, soit des rayons plus durs avec temps de pose plus court grâce à l’em-
ploi du diaphragme anti-diffuseur. Les contrastes obtenus sont alors meilleurs.
Nous voyons donc que la radiographie, et en particulier les incidences de Hirtz, fournissent les renseignements les plus complets et les plus précis sur tous les sinus,
Elle ne peut certainement pas apporter la certitude du diagnostic. ;
Elle permet d'apprécier les limites des lésions.
D'ailleurs, c’est souvent elle qui montre la fréquence des lésions étendues à plusieurs sinus et des périsinusites. |
Elle a toute sa valeur dans lPexploration des sinus postérieurs où elle permet de déceler des lésions que la clinique seule aurait ignorées. Les images sont, dans ces cas, assez souvent caractéristiques : zone floue homo-
gène ou avec des plages plus denses.
Dans certains cas, il peut y avoir avantage à utiliser le film intra-buccal. I ne donne cependant qu'une vue fragmentaire des sinus mais permet d'obtenir des détails nets. Cette radiographie ne doit pas remplacer l'incidence menton-vertex-plaque mais doit la compléter. Quant aux autres incidences préconisées par divers
autéurs, nous n’insisterons pas.
Nous n’omettrons pas de signaler la radioscopie qui, pour certains, donnerait des renseignements au moins aussi précieux que le cliché radiographique.
et
En résumé, quelle que soit Ja obtenus, il faut
Et l’on devra !
valeur des résultats Savoir qu’ils peuvent être trompeurs.
Oujours ne poser le diagnostic qu’avec l’intime collaboration des différents procédés cliniques el spéciaux (exploration, radiographie),