‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 105 sur 241 · RP PE · texte numérisé non relu

RP PE

Ww = hw

USAGES

L’anatomie, les expériences physiologiques et les faits pathologiques démontrent que l’hypoglosse est éminemment moteur. La section de ce nerf à son origine n’est pas douloureuse : lorsqu'elle est faite vers l’os hyoïde, elle occasionne une faible douleur, qui est probablement due à la sensibilité récurrente provoquée par les anastomoses avec le trijumeau, le pneumogastrique et le plexus cervical ; tous les mouvements de la langue sont détruits du côté opéré, mais la sensibilité tactile et gustative persiste, étant sous la dépendance des nerfs lingual et glosso-pharyngien. M. Budge pense que la branche du nerf hypoglosse qui se rend au ganglion cervical supérieur du grand sympathique exerce une influence sur les mouvements de la pupille, et unit les nerfs de Viris au centre cilio-spinal.

La paralysie d'un des nerfs hypoglosses sur l’homme entraine la paralysie des mouvements de la langue du côté correspondant a la lésion encéphalique. Aussi quand le malade montre la langue, celle-ci est déviée du côté opposé a cette lésion. Quelques anatomistes ont cherché à expliquer cette circonstance en admettant que les nerfs moteurs de la langue ne s’entrecroisent pas dans le centre encéphalique, comme le font les autres nerfs.

M. Schiff cependant soutient que cette apparence exceptionnelle provient plutôt de la prépondérance du muscle génio-glosse de la moitié saine, lequel tire le bout de la langue en avant, et sur le côté qui lui est opposé (probablement par suite de l’entrecroisement de ces deux muscles dans l'épaisseur de la langue). On comprend de la même manière que c'est seulement par l’action commune des deux

muscles génio-glosses qu'on peut tirer la langue dans la direction -

rectiligne.

La paralysie des deux nerfs hypoglosses prive entièrement la langue de mouvement. |

La manière d’être des branches nerveuses des vaisseaux (nerve vasorum) provenant du nerf hypoglosse, mérite une attention spéciale. Après avoir coupé le tronc du nerf hypoglosse, on n’aperçoit aucune dilatation des vaisseaux de la langue : c’est seulement par la section simultanée de ce nerf et du nerf lingual du côté correspondant que s’augmente la lumière des vaisseaux (/umen vasorum) de la partie inférieure des deux tiers antérieurs de la langue.

M. Schiff s'efforce d'expliquer ce fait en rappelant que les ramuscules nerveux des vaisseaux de la langue proviennent de nombreux

ganglions microscopiques, auxquels aboutissent également les fibres des nerfs de la cinquième paire, ainsi que celles provenant de la douzième paire.

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