ORIGINE ET TRAJET INTRA-RACHIDIEN
(Prancnes XXXVIII et XXXIX.)
Préparation. — Ficure 4. — Ayant retiré la moelle, le bulbe rachidien et la protubérance du canal osseux qui les contient, par le procédé déjà indiqué, incisez sur la face antérieure et sur la ligne médiane la dure-mère ; renversez le lambeau de chaque côté; enlevez complétement l’arachnoïde pour mettre à nu l'origine des racines antérieures des nerfs rachidiens; fendez quelquesunes des gaînes qui les entourent, et poursuivez les prolongements de ces racines sur le ganglion. Sur l’un des côtés, coupez les racines à leur point d’émergence et au niveau du ganglion; vous mettrez à nu le ligament dentelé, le ligament coccygien et une partie des racines postérieures.
Ficure 2. — Faites sur la face postérieure de la moelle la même préparation que pour la figure précédente; coupez seulement les racines plus près de la moelle, pour montrer le sillon collatéral postérieur qui est représenté ici par une ligne ponctuée. Cette préparation montre encore l’origine du nerf spinal.
Ficure 3. — Conservez la dure-mère dans son tiers supérieur; incisez et érignez-la dans le reste de son étendue ; enlevez aussi l’arachnoïde pour voir à la fois l’origine des racines antérieures et postérieures et leurs rapports avec les ganglions spinaux. Inférieurement on a enlevé les ganglions par une section faile sur les racines antérieures et postérieures pour démasquer le ligament dentelé.
On désigne sous le nom de nerfs spinaux ou rachidiens ceux qui tirent leur origine de la moelle au-dessous du bulbe crânien, et sortent par les trous de conjugaison de la colonne épinière (colonne vertébro-sacrée). On les distingue en cervicaux, dorsaux, lombaires et sacrés ; leur nombre est variable suivant les espèces animales, mais toujours en raison directe du nombre des vertèbres (en y comprenant les fausses vertèbres sacrées). Chez quelques mammifères, on compte jusqu'à soixante paires de nerfs, chez les serpents jusqu'à cent : chez l’homme, on trouve de chaque côté de la moelle trente et un nerfs placés symétriquement, et répartis de la manière suivante, savoir : huit cervicaux, parmi lesquels on place le nerf sous-occipital ; douze dorsaux, céng lombaires et six sacrés,
Tous ces nerfs naissent de la moelle par deux ordres de racines : les unes, postérieures, viennent de la partie latérale et postérieure de
la moelle ; les autres, antérieures, émergent de sa partie latérale et antérieure. Ces racines sont superposées et séparées les unes des autres par le ligament dentelé. Les antérieures, comme les postérieures, se séparent en autant de groupes que nous avons compté de paires rachidiennes ; ces groupes se dirigent en convergeant vers les trous de conjugaison, et forment deux troncs aplatis, l’un antérieur, l’autre postérieur; ce dernier présente, dans le trou qui lui correspond, un ganglion olivaire au delà duquel il se confond avec le groupe des racines antérieures pour former un seul tronc arrondi.
Les racines des nerfs rachidiens, avant de gagner les trous de conjugaison, ont dans le canal vertébral un trajet plus ou moins long, suivant les régions dans lesquelles on les examine. A la région cervicale, elles marchent presque horizontalement, et toutes, à l’exception de la première qui remonte un peu, s'engagent dans les trous situés vis-à-vis de leur point d’émergence, Ala région dorsale, elles parcourent un trajet d'autant plus oblique qu’elles sont plus inférieures et finissent par pénétrer dans les trous situés à deux vertèbres au moins au-dessous de leur origine. Aux régions lombaire et sacrée elles descendent encore davantage, et presque verticalement ; leur parcours est mesuré par la longueur de trois à quatre vertèbres. Ce trajet des racines dans le canal rachidien s'explique parfaitement par la brièveté de la moelle qui finit au niveau de la première vertèbre lombaire.
Au moment de quitter la moelle, les racines sont enveloppées par une gaine de la pie-mère, continuation de la pie-mère médullaire. On peut s’en assurer de deux manières : ou bien en dépouillant la moelle de ses enveloppes, comme on dépouille une anguille, on entraîne avec la pie-mère toutes les racines des nerfs rachidiens ; ou bien en détruisant la moelle dans une dissolution de potasse, on obtient par Vinsufflation un boyau formé par la pie-mère, qui présente latéralement les gaines névrilématiques qui enveloppaient les racines. L’arachnoide entoure chaque groupe de racines jusqu'au trou de conjugaison au niveau duquel elle se réfléchit sur la dure-mère pour former le feuillet pariétal ; enfin la dure-mère forme un canal distinct pour les racines antérieures, un canal distinct pour les postérieures, jusqu'au moment où elles sont réunies en un tronc commun au delà duquel cette membrane se confond avec le névrilème.
Les troncs, formés par le mélange intime des racines antérieures avec les postérieures, ne tardent pas à se diviser chacun en deux branches, l’une postérieure, l’autre antérieure.
Les branches postérieures, généralement moins volumineuses que
les antérieures, se distribuent aux muscles et aux téguments de la partie postérieure du tronc, à la peau du segment postérieur de la tête et de la région fessiére.
Les branches antérieures se rendent aux parties latérales et antérieures du tronc, et aux extrémités supérieures et inférieures ; quelquesunes vont jusqu’à la peau du crâne et de la face.
Chaque nerf rachidien fournit encore des filets qui se rendent aux ganglions du grand sympathique, de manière qu'on peut dire en quelque sorte que chaque tronc fournit trois branches : antérieure, postérieure et moyenne ou sympathique.
Jusqu'ici nous avons étudié les caractères communs aux racines antérieures et postérieures; mais elles présentent entre elles des différences nombreuses au point de vue anatomique et au point de vue physiologique.