‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 107 sur 241 · A. — DIFFERENCES AU POINT DE VUE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

A. — DIFFERENCES AU POINT DE VUE ANATOMIQUE

1° Origine apparente (mode d’ émergence).— Tandis que les racines postérieures s’insèrent régulièrement dans le sillon collatéral postérieur de la moelle épinière, les antérieures naissent irrégulièrement le long du sillon collatéral antérieur. Chacune de ces dernières présente, à son point d’émergence, une houpe de trois à quatre filets éparpillés sans ordre sur une petite colonne de 2 à 3 millimètres de largeur ; en outre, elles se rapprochent d'autant plus du sillon médian antérieur, qu’on les examine plus inférieurement.

2° Origine réelle. — Elle est encore un sujet de controverse parmi les anatomistes. Quelques auteurs prétendent que si lon poursuit l'origine des racines, tant antérieures que postérieures, dans I’ épaisseur de ia moelle, on voit que les premières se continuent avec la substance blanche, tandis que les derniéres se confondent avec la substance grise, D’après M. Cruveilhier, ces racines traversent la substance grise centrale, et arrivent jusqu'aux cordons médians postérieurs ; il est tenté de regarder la commissure blanche comme la commissure de ces nerfs. S'il faut en croire Valentin, aucune de ces racines ne se terminerait dans la moelle, toutes iraient jusqu'à l'encéphale. Külliker, dont l opinion dans ces matières a un grand poids, soutient que les racines antérieures, comme les postérieures, pénètrent dans la profondeur de la moelle épinière, jusqu'aux cornes correspondantes de la substance grise, comme nous l'avons déjà mentionné.

3° Volume et nombre. — Les racines postérieures sont plus volu-

mineuses et plus nombreuses que les racines antérieures ; les troncs aplatis qu’elles forment en convergeant sont plus gros que ceux formés par les racines antérieures, à l'exception cependant de celui de la première paire cervicale. M. Blandin a voulu établir le rapport réciproque de volume de ces racines dans les différentes régions, et suivant lui, à la région cervicale ces racines sontentre elles :: 2 : 1; à la région dorsale, :: 1 : 1; aux régions lombaire et sacrée, :: 1 1/2 : 1. Suivant M. Cruveilhier, ces rapports seraient :: 3 : 4 à la région cervicale: ::14/2 : 1àlarégion dorsale ; :: 2 : 1 aux régions lombaire et sacrée. k° Ganglions des racines postérieures. — La principale différence qui existe entre les deux ordres de racines est la présence d’un ganglion olivaire sur chacun des troncs formés par les racines postérieures. Tous les anatomistes s'accordent à dire que ce ganglion est formé uniquement par les racines postérieures : les racines antérieures n’entrent pour rien dans sa composition. Ges dernières présentent assez généralement une espèce de gouttière dans laquelle se loge le ganglion, et se réunissent aux racines postérieures, au delà des ganglions. Alors Punion est intime ; il est impossible, dans le tronc qui en résulte, de séparer les racines antérieures des postérieures, et les branches qui en naissent contiennent chacune des fibres motrices et des fibres sensitives.

Le nombre des ganglions, de chaque côté de la moelle, est égal au nombre des paires rachidiennes ; cependant la première paire cervicale en manque quelquefois. Ges renflements sont placés dans les trous de conjugaison, excepté à la région sacrée où on les trouve dans le canal sacré.

5° Texture. — D'après Ehrenberg et Remak, la forme des fibres primitives servirait à la distinction des nerfs de mouvement et de sentiment ; les fibres motrices primitives seraient des tubes uniformément cylindriques, et les fibres sensorielles des tuyaux variqueux. Nous avons vu plus haut que ce caractère différentiel n’a pas été confirmé par les recherches ultérieures.

Une autre opinion plus vraisemblable consiste à distinguer les tubes sensitifs des tubes moteurs, en ce que les premiers ont des cellules ganglionnaires sur leur trajet, tandis que les seconds sont dépourvus de ces cellules ; cependant il faut ajouter que cette différence n’existe qu'au niveau des ganglions, partout ailleurs ces tubes ont une conformation identique.

Selon M. Mandl, les fibres antérieures seraient plus grosses que les postérieures ; ce serait surtout ce caractère qui distinguerait les fibres primitives dans les racines antérieures et postérieures.

Quant aux ganglions, Kélliker, après de longues recherches, a acquis la conviction que les racines sensitives qui s’y trouvent ne sont nullement en liaison avec les corpuscules ganglionnaires.

Les fibres qui composent les racines sensitives traversent les ganglions en formant un ou plusieurs faisceaux réunis entre eux. Au delà des ganglions, elles forment un tronc dont les fibres se mêlent aux racines motrices. De chaque corpuscule ganglionnaire émergent une ou deux fibres appelées par Külliker fibres ganglionnaires, et qui s'unissent aux fibres des racines traversant les ganglions.

Il en résulte que chaque ganglion peut être considéré comme une source d’où jaillissent de nouvelles fibres nerveuses,

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