NERFS DORSAUX OU THORACIQUES
(Nervi dorsales s. thoracici.)
(Prancnes LI, LII et LIN.)
Préparation de la planche LE. — On peut la faire de deux manières différentes : 4° Sur un sujet frais, ouvrez largement les cavités thoracique et abdominale, renversez d’un côté les viscères qu’elles contiennent; puis, sur le côté opposé, détachez la plèvre en la tirant légèrement avec les doigts, et poursuivez les nerfs intercostaux de dedans en dehors, par l’ablation des muscles intercostaux internes, sous-costaux, diaphragme et transverse de l’abdomen.
2° Si l’on veut étudier ces nerfs à partir de leur origine, comme ils sont représentés sur la planche, il est nécessaire d’avoir un sujet dont les os soient devenus flexibles par une macération suffisamment prolongée dans l’acide chlorhydrique ou azotique étendu d’eau. Il faut alors diviser verticalement le sternum et la paroi abdominale antérieure sur la ligne médiane, puis ouvrir dans le même sens la cavité thoraco-abdominale, en arrière, mais en dehors de la ligne médiane, de manière à conserver sur une des moitiés les régions dorsale et lombaire de la colonne vertébrale. Débarrassez cette moitié de tous les organes qu'elle contient, décollez la plèvre pariétale, découvrez la moelle par l’ablation des corps des vertèbres et des méninges ; incisez quelques muscles intercostaux internes sur le trajet des nerfs; détachez peu à peu le muscle transverse, afin de voir les rameaux nerveux qui rampent entre lui et l’oblique interne; fendez de haut en bas la gaine du muscle droit, pour mettre à nu les nerfs qui s’y ramifient et ceux qui le traversent avant de se perdre dans les téguments : vous verrez ainsi tout le trajet des nerfs interéostaux et leurs connexions avec les ganglioas du grand sympathique.
Préparation de la planehe Liz. — 1° Pour découvrir les branches perforantes antérieures, disséquez la peau de la poitrine le long du bord externe du sternum, et celle de la paroi abdominale le long de la ligne blanche, en allant de jedans en dehors. 2° Les rameaux (perforants moyens) qui trayersent la paroi abdominale au niveau du bord externe du muscle droit, offrant deux
ramuscules, dirigés l’un en dedans, l’autre en dehors, doivent être suiy is dans ces deux sens; on incisera donc la peau le long du bord ‘externe du muscle droit, on l’enlèvera lambeau par lambeau, en dedans et en dehors, et on laissera iH nerfs appliqués surl’aponévrose. 3° Pour trouver les rameaux cutanés (perforants latéraux), qui percent les muscles intercostaux externes entre les digitations du grand dentelé supérieurement et celles du grand oblique inférieurement, on fera à la peau une incision curviligne à convexité antérieure
NERFS DORSAUX. 281 étendue depuis le creux axillaire jusqu’au quart postérieur de la crête iliaque, et l’on rabattra les lambeaux en dehors et en dedans, afin de poursuivre, de l'origine vers leur terminaison, les filets antérieurs et postérieurs. On prolongera la dissection, en haut, du creux de l’aisselle jusqu’à la partie interne et postérieure du bras, après avoir écarté celui-ci du tronc; en bas jusqu’à la région fessière, pour mettre à nu, d'une part, les rameaux des seconde, troisième et quelquefois quatrième intercostales , qui se rendent dans les téguments du bras, d’une autre part les rameaux fessiers de la douzième intercostale.
Préparation de la planche Lai. — Après avoir mis à nu les nerfs soustanés, comme on l’a indiqué dans la planche précédente, enlevez avec précaution, et sans couper les nerfs qui les traversent : d’un côté, les muscles grand et petit pectoral, intercostaux externes et grand oblique, ainsi que l’aponévrose qui recouvre le muscle droit; de l’autre côté, les mêmes muscles, plus le grand dentelé, le petit oblique et les trois quarts antérieurs de l'épaisseur du grand droit. Vous découvrirez, de cette manière, les nerfs qui rampent entre ces différents plans musculaires, et leurs connexions avec les branches superficielles; mais comme les rameaux intercostaux se trouvent placés en avant dans l’épaisseur des muscles intercostaux internes, il faut échancrer ceux-ci, pour les voir dans leur entier.
Les nerfs dorsaux ou thoraciques sont au ndmbre de douze paires distinguées par les noms numériques de première, seconde, etc., en comptant de haut en bas. La première paire sort du canal vertébral, entre la première et la seconde vertèbre dorsale, la dernière entre la douzième vertèbre dorsale et la première lombaire, et les autres par
“les trous de ‘conjugaison intermédiaires. Quelques anatomistes, et
entre autres Haller, qui regardaient la douzième comme la première lombaire, ne comptaient que onze paires dorsales.
Ces nerfs, comme les nerfs cervicaux, naissent de la partie latérale de la moelle par deux groupes de racines, les uns antérieurs, les autres postérieurs, avec cette différence, que ces racines sont moins nombreuses et plus déliées, et que les intervalles qui les séparent sont plus grands et irréguliers. A l'exception de la première paire, qui a quelque ressemblance avec la dernière cervicale, toutes ces racines marchent obliquement en bas et en dehors, et offrent d'autant plus de longueur et d’ obliquité qu'on les examine plus inférieurement, de telle sorte que, dans une certaine étendue de leur trajet, elles sont appliquées contre la moelle ; enfin, il y a presque égalité de volume entre les racines antérieures et les postérieures. Au niveau du trou de conjugaison, chaque gr oupe de racines postérieures converge, au delà de son ganglion, vers le groupe antérieur, avec lequel il constitue un tronc commun, d’où émanent deux branches : une postérieure, trèspetite ; l’autre, antérieure, plus considérable, ©