BRANCHES ANTÉRIEURES DES NERFS DORSAUX OU NERFS INTERCOSTAUX
Les nerfs intercostaux ont des caractères généraux qui les font connaître, quel que soit le nerf qu'on examine; ils présentent aussi des caractères particuliers qui les différencient les uns des autres. Aussi, pour avoir une Connaissance exacte de ces nerfs, il faut éxaminer d’abord dans une description générale ce qu'ils ont de commun dans leur ensemble, et faire ressortir ensuite dans une description particulière ce qui est spécial à chacun d’eux.
1° Description générale.
Les douze nerfs intercostaux sont aplatis, rubaniformes, et offrent à peu près tous le même volume; ils sortent par la partie antérieure du trou de conjugaison, communiquent chacun, par un ou plusieurs filets, avec la chaîne. ganglionnaire du grand sympathique, et s’engagent aussitôt dans l’espace intercostal correspondant, excepté le dernier, qui longe le bord inférieur de la douzième côte, Placés d’abord à égale distance des deux côtes, entre le muscle intercostal externe et ’aponévrose, qui est pour ainsi dire, en arrière, la continuation du muscle intercostal interne, ils pénètrent au niveau de : l'angle des côtes, entre les deux muscles intercostaux, en se rapprochant du bord inférieur de la côte supérieure. Vers le milieu de la paroi latérale du thorax, ils se divisenten deux rameaux : l’un externe perforant ou cutané, V autre intercostal. '
4° Le rameau perforant externe ou cutané traverse le muscle intercostal externe, sort entre les digitations du grand dentelé supérieurement, et du grand oblique inférieurement, puis se divise en deux filets qui se dirigent l’un en avant, l’autre en arrière, pour se perdre tous deux à la peau.
2° Le rameau intercostal continue le trajet primitif du nerf, longe le bord inférieur de la côte et du cartilage qui sont au-dessus, puis se place en avant entre le muscle intercostal interne et une aponévrose qui continue intercostal externe, assez souvent mème dans | épaisseur du muscle intercostal interne, Arrivé sur les côtés du sternum, il perfore l’aponévrose et le muscle grand pectoral, se réfléchit en dehors pour se perdre à la peau, et forme le perforant antérieur.
Les nerfs intercostaux sont en rapport avec les artères intercostales et leurs veines satellites, qui sont situées au-dessus d'eux, dans la
NERFS DORSAUX. 283 gouttière même des côtes. Ils répondent médiatement à la plèvre dont ils sont séparés, en arrière, depuis le trou de conjugaison jusqu’à l'angle des côtes, par une lame aponévrotique très-mince : en avant, par quelques fibres des muscles intercostaux internes ; dans F le reste de leur trajet, par toute l'épaisseur de ces derniers muscles.
Ils donnent dans toute leur longueur des rameaux destinés aux muscles intercostaux. Parmi ces rameaux, quelques-uns se détachent du nerfintercostal avant sa bifurcation, pour se porter le long du bord supérieur de la côte qui est au-dessous ; d’autres vont former des arcades qui s’anastomosent avec les nerfs voisins sur la face interne des côtes.
2° Description particulière.
Branche antérieure de la première paire dorsale. — Elle se divise aussitôt son origine en deux rameaux : l’un, beaucoup plus volumineux que les autres nerfs intercostaux, se dirige en haut, contourne le bord supérieur de la première côte derrière l'artère sous-clavière, s’anastomose avec la branche antérieure de la huitième cervicale, et concourt à former le plexus brachial; l’autre, trés-gréle, se porte en bas sous la face inférieure de la première côte, longe son bord interne donne des branches musculaires aux muscles intercostaux, et devient superficiel sur les côtés de la première pièce du sternum.
Branches antérieures des deuxième et troisième paires dorsales. — Leur trajet dans les parois de la poitrine n’a rien de remarquable, mais leur rameau perforant externe mérite une description particulière. Le rameau perforant de la seconde paire, après avoir traversé le deuxième muscle intercostal externe, au niveau de la digitation correspondante du grand dentelé, se dirige en arrière du grand dorsal, vers le creux de l’aisselle, où il s anastomose avec l'accessoire du cutané interne et un filet de ce dernier nerf, pour se distribuer à la peau de la partie interne et postérieure du bras, jusqu'au coude. Le 7ameau perforant de la troisième paire a le même trajet, mais est un peu moins volumineux ; il sort par le troisième espace intercostal, va s’anastomoser avec l'accessoire du cutané interne, descend à la partie interne du bras un peu plus haut et plus en arrière que le précédent.
Branches antérieures des quatrième, cinquième, sixième et septreme paires dorsales. — Elles offrent ceci de particulier, que la qua- | triéme et la cinquième donnent au muscle triangulaire du sternum,
à la peau de la mamelle et à celle de la partie postérieure de l'épaule ; que la sixième et la septième se ramifient à la partie supérieure des muscles grand droit et grand oblique. .
, Br anches antérieures des huitième, neuvième, dixième et o onzième paires dorsales. — Elles sont destinées surtout aux parois de l’abdomen. Leurs rameaux internes croisent la face profonde des cartilages des fausses côtes au moment où ceux-ci changent de direction pour devenir ascendants ; ils s'engagent dans les parois de l'abdomen, la plupart entre les muscles transverse et petit oblique, quelques-uns entre ce dernier et le grand oblique. Après avoir donné des branches multiples à tous ces muscles, ils se divisent au niveau du bord externe du muscle droit en deux rameaux : l’un perforant, qui va se perdre à la peau de abdomen; l’autre qui pénètre dans la gaine du muscle droit, marche dans l'épaisseur de ce muscle près de sa face postérieure, et se divise en plusieurs ramuscules dont la plupart restent dans ce muscle, tandis que les autres traversent l’aponévrose au niveau de la ligne blanche et se distribuent à la peau. Les rameaux perforants externes deviennent superficiels au niveau de l'entrecroisement des digitations des muscles grand oblique et grand dentelé, donnent quelques filets à ces muscles et se perdent dans la peau voisine. oo | enr err02 à Branche antérieure de la douzième paire dorsale. — Cette branche, que quelques anatomistes rangent dans le plexus lombaire, diffère beaucoup des précédentes ; elle n’est pas logée dans un espace intercostal, mais sous la douzième côte. À la sortie du trou de conjugaison, elle envoie un rameau de communication à la branche antérieure de la première -paire lombaire, puis se dirige en bas et en dehors au devant du muscle carré des lombes, et au niveau de son bord externe se divise en deux rameaux, l’un abdominal, l’autre perforant. Le rameau abdominal à un trajet parallèle au rameau abdominal des derniéres branches intercostales ; il perfore le transverse pour se placer entre lui et le petit oblique, leur fournit des rameaux, s’anastomose presque toujours dans leur épaisseur avec la branche abdominale du plexus lombaire, et se comporte comme les branches précédentes. Le rameau perforant, - tres-considérable, traverse obliquement les muscles petit et grand obliques, croise per pendiculairement la crête iliaque, et va se distribuer à la peau de la région fessière. Quelquefois cette branche fessière manque, elle est alors remplacée par la branche abdominale de la première lombaire.