‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 129 sur 241 · DES NERFS SACRES ET DU PLEXUS SACRÉ · texte numérisé non relu

DES NERFS SACRES ET DU PLEXUS SACRÉ

(Prancie LVII.)

Préparation. — La dissection de ce plexus est difficile, parce qu'il est toujours incommode de porter les instruments dans le fond du bassin : aussi est-il nécessaire de partager celui-ci en deux moiliés verticales. Pour cela incisez, d’une part, le corps de l’un des pubis à un pouce de la symphyse, ou bien désarticulez celle-ci en ayant soin de laisser intacts les organes génitaux externes, afin d'étudier le nerf honteux interne; d’une autre part, coupez la symphyse sacro-iliaque du côté où a été faite la section du pubis, ou bien sciez sur la ligne médiane la colonne sacro-coccygienne et les dernières vertèbres lombaires, en conservant les organes génitaux internes et le rectum pour étudier les branches viscérales. Divisez les replis péritonéaux, débarrassez l’excavation du bassin du tissu cellulaire adipeux et des nombreuses ramifications vasculaires hypogastriques, renversez et érignez en avant les organes qui s’y trouvent contenus.

C’est alors seulement qu'il est aisé de suivre la marche des branches fournies par le plexus sacré, branches dont les unes se distribuent dans les organes contenus dans le bassin, dont les autres sortent de celui-ci pour se ramifier à l'extérieur, dont les dernières enfin sortent du bassin pour y rentrer après un

court trajet. Le muscle pyramidal peut servir de guide dans la dissection de ces deux derniers ordres de branches; c’est, en effet, au niveau de son bord supérieur que sort le nerf fessier supérieur, tandis que la majeure partie des autres nerfs se dégage au-dessous de son bord inférieur. Pour découvrir tous ces nerfs, retournez la pièce, disséquez avec soin le muscle grand fessier, en ménageant autant que possible les nerfs cutanés que vous rencontrerez vers le milieu de son bord inférieur, lieu de sortie du petit nerf sciatique ; renversez le grand fessier en haut et en arrière, après l'avoir détaché du fémur et de la partie postérieure du grand ligament sacro-sciatique; disséquez et délachez de la même manière le moyen fessier, mais sans couper les branches cutanées et musculaires du petit nerf sciatique, placées les unes vers le bord inférieur du moyen fessier, les autres à sa face interne, par laquelle elles pénètrent dans son épaisseur.

Cela fait, découvrez, après avoir enlevé le tissu cellulaire graisseux, les nerfs fessiers supérieur et inférieur, grand sciatique, honteux interne, nerf du muscle obturateur interne, qui sortent du bassin au-dessus et au-dessous du muscle pyramidal ; vous érignerez le grand sciatique à sa sortie du bassin, pour voir le nerf du muscle carré; vous suivrez enfin la distribution de ces nerfs en coupant le moins possible leurs ramifications.

La préparation du nerf honteux interne demande beaucoup de soin et de lenteur ; il faut le suivre, d'abord, depuis son origine jusqu'à sa sortie du bassin par le grand trou sacro-sciatique, ensuite depuis ce trou jusqu'à sa rentrée par le petit trou sacro-sciatique ; à cet endroit, il est masqué par le grand ligament sacro-sciatique, qu'il est bon de couper; au dela il se place dans l'excavation ischio-rectale, que vous ébarrasserez du tissu adipeux qui la remplit, C'est à ce moment qu'il convient de procéder à la dissection des muscles de la région ano-périnéale, et de suivre les divisions du nerf honteux interne, qui vont aux muscles et à la peau du périnée et de l'anus, et aux parties génitales

externes.

Les nerfs sacrés, généralement au nombre de six paires, naissent de la partie inférieure de la moelle épinière (renflement inférieur) par deux faisceaux ou groupes de racines, l'un antérieur, plus petit, et l’autre postérieur, plus considérable. Les groupes des racines sacrées renferment en général d'autant moins de filets radiculaires qu'ils sont plus inférieurs; ils descendent perpendiculairement dans le canal sacré et constituent avec ceux des dernières paires lombaires ce que lon designe sous le nom de queue de cheval. Les racines postérieures se renflent, dans le canal sacré même, en ganglions qui sont d'autant plus éloignés des trous sacrés et d'autant plus petits, qu'ils sont plus inférieurs; le ganglion de la sixième paire est à peine marqué. Les groupes des racines postérieures se réunissent, après la formation de leurs ganglions, avec ceux des racines antérieures, pour produire les troncs nerveux qui se partagent, après un court trajet, en branches

antérieures et postérieures.

Page 1