PORTION CÉPHALO-CERVICALE
(Portio cephalico-cervicalis.)
( Ptaxcue LXXIIL.)
Préparation. — Nous renvoyons à celle de la cinquième paire (planche 29), à celles du pneumogasirique (planches 32 et 33, 34 et 55) et à celle du plexus cervical (planche 40).
Depuis la découverte des ganglions ophthalmique, sphéno-palatin, otique, etc., l'existence de la portion céphalique du grand sympathique est devenue un sujet de controverse parmi les anatomistes. Les uns, rattachant au système ganglionnaire de la vie organique tous les ganglions, quel que soit le lieu qu’ils occupent, admettent que le grand sympathique s étend à la tête, comme au thorax et à l'abdomen ; de la la dénomination de trisplanchnique sous laquelle ils Font désigné. Les autres, au contraire, soutiennent, mais sans faire connaître leurs motifs, que les ganglions de la tête appartiennent à une tout autre catégorie que ceux du grand sympathique, et que celui-ci n'a pas de portion céphalique.
D’après M. Longet, la partie céphalique du grand sympathique est représentée par les ganglions de la tête et par les nombreuses irradiations du ganglion cervical supérieur qui accompagnerait soit la carotide interne, soit la carotide externe, ainsi que la plupart de leurs branches. M. Arnold considère les ganglions. de la tête comme constituant un petit système à part destiné aux organes des sens. M. Blandin, tout en admettant la distinction spéciale aux organes des sens, des ganglions crâniens, les rattache à la série des autres ganglions sympathiques : selon lui, la portion céphalique du grand sympathique se composerait surtout des ganglions ophthalmique, sphénepalatin, otique, sous-maxillaire et sublingual; le ganglion cervical supérieur concourrait aussi à sa formation.
Pour mon compte, les ganglions de la tête n’appartiennent nullement au système ganglionnaire du grand sympathique, mais ils forment un petit appareil de ganglions à part qui dépendent des nerfs craniens (cinquième paire), de la même manière que les ganglions intervertébraux dépendent des nerfs rachidiens. Les raisons anatomiques qui m'ont fait adopter cette manière de voir sont les suivantes : 1° Lorsque quelques-uns des ganglions craniens manquent, les rameaux qui en proviennent habituellement émergent du trijumeau. Ainsi, les ganglions sphéno-palatin, otique, sublingual et
sous-maxillaire, manquent quelquefois chez l’homme; le ganglion sphéno-palatin n'existe pas chez les ruminants, les rongeurs; il manque aussi chez le chat : alors les rameaux qui en naissent ordinairement viennent du trijumeau. On a vu aussi le ganglion ophthalmique manquer dans quelques espèces, et les nerfs ciliaires tirer leur origine, soit de la cinquième paire, soit de la troisième. 2° Les liens qui rattachent les ganglions de la tête à l'appareil ganglionnaire du grand sympathique (racines végétatives) manquent assez souvent, et mème on pourrait contester l'existence des racines végétatives des ganglions otique, sous-maxillaire, sublingual ; tandis que j'ai toujours constaté la présence: des filets (racines sensitivo-motrices) qui les fixent aux nerfs craniens. 8° Ces ganglions, quelquefois rougeatres, ont souvent un aspect aussi blanc que celui des nerfs craniens, ce qui s'explique parce qu'ils renferment beaucoup moins de substance grise que les ganglions sympathiques. 4° Si l'on examine enfin la texture des ganglions craniens, on voit qu’elle est tout à fait analogue à celle des ganglions intervertébraux, tandis qu'elle diffère de celle des ganglions sur-vertébraux splanchniques.
Des recherches pleines d'intérêt de M. le docteur Ch. Robin viennent pleinement confirmer cette dernière assertion; voici ses propres paroles : «Il entre dans la constitution des ganglions nerveux craniens les mêmes corpuscules ganglionnaires (cellules nerveuses de beaucoup d'auteurs) que dans les ganglions rachidiens. Quelques-uns de ces corpuscules correspondent aux tubes nerveux minces, ils sont moins nombreux que ceux de mème nature existant dans les ganglions du grand sympathique. Celui des ganglions qui ea renferme le plus est le ganglion de Gasser, qui certainement ne sera pas comparé aux ganglions du grand sympathique. Les ganglions craniens (ophthalmique, géniculé, sous-maxillaire, etc.) sont, comme les ganglions rachidiens, remarquables surtout par abondance des corpuscules ganglionnaires, comparativement au tissu cellulaire et à la matière amorphe granuleuse; c'est à cette prédominance des corpuscules qu'est due la couleur blanche des ganglions nerveux céphaliques qui les distingue déjà à l'œil nu des ganglions sympathiques, différence qui coïncide avec une différence de structure intime, puisque dans les ganglions nerveux viscéraux on trouve, au contraire, une grande proportion de cette substance amorphe et aussi de tissu conjonctif et d'éléments fibro-plastiques, comparativement à la masse des globules ganglionnaires.
» Ainsi done : 4° La proportion considérable des corpuscules dans