‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 147 sur 241 · PORTION CÉPHALO-CERVICALE · texte numérisé non relu

PORTION CÉPHALO-CERVICALE

les ganglions céphaliques, la petite proportion des éléments accessoires, comparée à la petite quantité des corpuscules dans les ganglions des nerfs viscéraux, relativement à la grande proportion des éléments accessoires ; ces faits, disons-nous, montrent que les ganglions des nerfs de la tête ne peuvent pas être considérés comme les analogues des ganglions du système nerveux dit de nutrition. 2° Les faits indiqués précédemment prouvent que l'on peut comparer les ganglions crâniens aux ganglions rachidiens, puisqu'ils contiennent les mêmes éléments fondamentaux et accessoires. »

L'existence constante de liens qui les fixent aux nerfs médulloencéphaliques, la communauté d'aspect et de texture, m’autorisent à supposer une communauté de fonctions dans les ganglions crâniens et dans les ganglions rachidiens. Si donc les idées d’ Arnold sont fondées, relativement à l'usage des ganglions crâniens comme organes de sensibilité spéciale, les ganglions rachidiens (intervertébraux) devront aussi être considérés comme des ganglions sensoriaux, avec cette restriction, toutefois, que les ganglions crâniens ont sous leur dépendance les quatre sens spéciaux qui ont leur siége à la téte; tandis que les ganglions intervertébraux, étant situés sur le trajet de toutes les racines sensitives, auront pour usage de modifier la perception des sensations générales, et de rendre les nerfs sur le trajet desquels ils sont placés aptes à transmettre les sensations spéciales du tact et du toucher.

Après avoir démontré que les ganglions de la tête ne peuvent, anatomiquement parlant, être considérés comme la portion céphalique du grand sympathique, il nous reste à parler du prolongement crânien du ganglion cervical supérieur, qui, à raison de ses nombreuses connexions avec les nerfs craniens, de ses divisions, de ses anastomoses, de ses plexus multiples et de ses ganglions (ganglion carotidien et peut-être ganglion pituitaire), peut être avec raison envisagé comme l’origine céphalique du grand sympathique.

A la région cervicale, le grand sympathique est situé au devant des muscles grand droit antérieur de la tête et long du cou, qui le séparent de la face antérieure de la colonne vertébrale; derrière les artères carotides interne et primitive, la veine jugulaire et le nerf pheumogasirique, auxquels il est uni par un tissu filamenteux trèslâche. Il se compose ordinairement de trois ganglions distingués en supérieur, moyen et inférieur, qui communiquent entre eux par deux cordons offrant quelquefois de petits renflements sur leur trajet. Nous verrons plus loin qu'il existe aux régions dorsale, lombaire et sacrée,

presque autant de ganglions sympathiques qu'il y a de nerfs rachidiens. Cette différence de nombre entre les deux ordres de renflement tient, en général, à ce que souvent plusieurs ganglions sympathiques sont confondus en un seul, et qu'au cou, particulièrement, le ganglion cervical supérieur, mesurant la hauteur de trois ou quatre vertebres, pourrait être considéré comme représentant à lui seul plusieurs ganglions. D’après les recherches sur l'anatomie comparée de de Blainville, il résulterait qu'il existe surtout chez les oiseaux, dans le canal de l'artère vertébrale, sur le trajet du nerf vertébral (émanation du ganglion cervical inférieur), des ganglions en nombre égal aux vertèbres, et par conséquent aux ganglions rachidiens (intervertébraux), ganglions qu'il considérerait comme la véritable continuation du grand sympathique. Mais si cette disposition anatomique et l'interprétation qui en découle ont une apparence de vérité pour les oiseaux, il n’en est pas de même pour l’homme, chez lequel je n’ai jamais vu ces ganglions ; aussi ne décrirai-je dans la portion cervicale du grand sympathique que trois ganglions : supérieur, moyen et inférieur,

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