DES NERFS CARDIAQUES
(Nervi cardiaci.)
(Praxcne LXVIIT.)
On désigne sous ce nom les nerfs qui se distribuent au cœur, au commencement des gros vaisseaux qui en émanent, et au péricarde. Ces nerfs, qui ne sont bien connus que depuis les belles recherches de Scarpa (en 1794), ont été, avant lui, une source de discussions, parmi les auteurs les plus compétents ; ceux-ci n'étant point d'accord, non-seulement sur leur nombre et leur origine, mais encore sur leur destination. Ainsi, Behrends et Scemmerring soutenaient que le cœur était complétement dépourvu de nerfs, et que ceux qui paraissent y aboutir étaient exclusivement destinés aux tuniques des artéres coronaires.
De nos jours on est presque généralement convenu que les filets nerveux qui enlacent les artéres coronaires abandonnent ces vaisseaux après un court trajet, pénètrent dans le tissu charnu du cœur et s’y distribuent.
Les nerfs cardiaques viennent de deux sources, du grand sympathique et du pneumogastrique.
Les cardiaques sympathiques, ordinairement au nombre de trois de chaque côté, émergent des ganglions cervicaux sympathiques et sont distingués comme eux, d'après leur position, en supérieur, moyen et inférieur. Ils s'associent aux trois cardiaques du même côté du pneumogastrique et aux six cardiaques du côté opposé, fournis à la fois par le grand sympathique et le pneumogastrique, convergent vers la base du cœur, et constituent par leur réunion et leur
NERFS CARDIAQUES. 319 entrelacement le plexus et le ganglion cardiaques. De ce plexus émergent ensuite les plexus coronaires droit et gauche, destinés aux tissus du cœur.
Les nerfs cardiaques offrent de nombreuses variétés dans leur origine, leur volume, leur nombre, leur trajet, leurs anastomoses et leur distribution. Ils n’affectent pas non plus la même disposition à droite et à gauche : ordinairement plus prononcés à droite, ils ne semblent être à gauche qu'à l’état rudimentaire ; quelquefois le contraire a lieu.
Il résulte de là un grand embarras, pour étudier ces nerfs avec des livres, dont le texte est souvent loin de répondre a ce qu’on trouve dans ses propres dissections.
(Les cardiaques du pneumogastrique ayant été déjà décrits plus haut, jusqu’au plexus cardiaque, il ne nous reste qu'à compléter leur histoire. Les cardiaques sympathiques vont seuls nous occuper spécialement ici, et nous ferons ressortir dans la description collective les différences que ces nerfs présentent à droite et à gauche.)
1° Nerf cardiaque supérieur (cardiaque super ficiel de Scarpa). — Il naît ordinairement, par une seule racine, de la partie interne et inférieure du ganglion cervical supérieur, souvent aussi du cordon de communication de ce ganglion avec le moyen, ou bien de l’un et de l’autre à la fois, par deux ou plusieurs racines qui se réunissent en un seul rameau. Celui-ci, d'une teinte grise bien prononcée, descend obliquement en dedans, derrière l'artère carotide primitive, le long de la trachée à droite et de l’œæsophage à gauche, tantôt devant, tantôt derrière l'artère thyroïdienne inférieure, et pénètre dans la poitrine en passant par l'ouverture de cette cavité. Arrivé la, Je cardiaque supérieur se porte, à droite, derrière l'artère sous-clavière, appliqué à la face postérieure du tronc brachio-céphalique ; à gauche, il passe entre les artères sous-clavière et carotide primitive, au devant ce l'œsophage, de la trachée et ordinairement derrière la crosse de l'aorte. Les deux cardiaques droit et gauche, parvenus près de l'origine de l'aorte et de l'artère pulmonaire, se terminent au ganglion ou au plexus cardiaque.
Dans son trajet, le long du cou, ce nerf communique avec le rameau cardiaque du pneumogastrique et avec le nerf récurrent; il contribue aussi à la formation du plexus laryngé et du plexus de l'artère thyroïdienne inférieure. Dans la poitrine, il s’anastomose surtout à droite, avec les cardiaques moyen et inférieur, ainsi qu'avec le nerf récurrent,
2° Nerf cardiaque moyen (grand cardiaque, ou cardiaque profond de Scarpa). — Il tire son origine du ganglion cervical moyen,
et dans les cas rares où celui-ci manque, du cordon qui fait communiquer le ganglion supérieur avec Vinférieur. Ce nerf, le plus volumineux des cardiaques lorsque le supérieur et l’inférieur sont peu développés, est quelquefois à l’état de vestige ; dans le cas contraire, il descend en dedans, derrière l’artére carotide primitive, et pénètre dans la poitrine, à droite derrière lartére sous-clavière et le tronc brachio-céphalique, à gauche entre la carotide primitive et artère sous-clavière correspondante. Des deux côtés, il parvient généralement au devant de la crosse de l'aorte et se termine au niveau de sa concavité, dans le ganglion ou le plexus cardiaques.
Dans son trajet descendant, le cardiaque moyen s’anastomose avec les cardiaques fournis par les nerfs grand sympathique, pneumogastrique et récufrent.
3° Nerf cardiaque inférieur (cardiacus minor, petit cardiaque de .
Scarpa). — Tantôt plus, tantôt moins volumineux que les deux précédents, assez souvent simple, quelquefois aussi double, ce nerf émerge de la partie interne du dernier ganglion cervical, ou du premier ganglion thoracique, et descend en dedans, accolé à la partie postérieure de l'artère sous-clavière.
A droite, il passe derrière le tronc brachio-céphalique et la crosse de l'aorte, au devant de la trachée, s’anastomose avec le nerf cardiaque moyen et avec les filets cardiaques du nerf récurrent, et se termine dans le plexus cardiaque et dans le plexus pulmonaire antérieur.
A gauche, le cardiaque inférieur, placé d’abord derrière l'artère sous-clavière, se porte bientôt en avant de celle ci, et, après s'être anastomosé avec le cardiaque moyen et le récurrent, parvient tantôt en avant, tantôt en arrière de la crosse de l’aorte, où il se jette dans le plexus cardiaque.
2° PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE, (Portio thoracica nervi sympathici magni.)
(Prancue LXIX.)
Préparation. — Les parois antérieures des cavités thoraco-abdominale et pelvienne étant enlevées, débarrassez ces cavités de tous les viscéres, moins la rate et un des reins coiffé de sa capsule surrénale. A cet effet, incisez l'estomac près du cardia, incisez aussi les mésocôlons, le mésentére et les autres replis péritonéaux vers le milieu de leur longueur, afin de conserver