GANGLION ET PLEXUS CARDIAQUES
(Ganglion et plexus cardiaci.)
(23, Praxcaz LXVIII.)
Le ganglion et le plexus cardiaques forment un centre nerveux thoracique auquel aboutissent les nerfs cardiaques droits et gauches, émanés des ganglions cervicaux sympathiques, du pneumogastrique et du récurrent, et duquel partent un grand nombre de rameaux qui se distribuent particulièrement au cœur.
Le plexus cardiaque résulte de la réunion et de l’entrelacement des différents nerfs cardiaques ; il offre généralement dans son milieu un ou deux renflements grisatres, signalés par Wrisberg et connus sous le nom de ganglions cardiaques, ou ganglions de Wrisberg.
Ganglion cardiaque. — H se rencontre très-fréquemment ; son aspect est grisâtre, sa consistance molle, sa forme allongée (4 à 6 millimètres de longueur et 2 de largeur) ; il est situé au milieu du plexus cardiaque. D’après les physiologistes qui admettent pour chaque ganglion trois racines, il ne ferait pas défaut à la théorie générale : en effet, les nerfs cardiaques des ganglions cervicaux constitueraient ses racines végétatives, les cardiaques du pneumogastrique représenteraient ses racines sensitives, et les cardiaques du récurrent seraient ses racines motrices. Impair, et situé sur la ligne médiane, il communique par des racines multiples avec les nerfs placés du côté droit et du côté gauche, entre lesquels il établit une anastomose médiane: les
ganglions latéraux, au contraire, ne reçoivent de racines que des nerfs moteurs, sensitifs et végétatifs de leur côté.
Plexus cardiaque. — Le plexus cardiaque est placé au devant de la division de la trachée, derrière la crosse de l’aorte, entre la concavité de ce vaisseau et langle de bifurcation de l’artére pulmonaire, * immédiatement à droite du canal artériel ; il fournit un grand nombre
de rameaux que l’on peut distinguer en antérieurs, postérieurs et.
inférieurs.
1o Rameaux antérieurs. — Peu nombreux, ils occupent surtout la face antérieure de la portion ascendante de la crosse aortique et la face antérieure de l'artère pulmonaire, immédiatement derrière le feuillet séreux du péricarde, par la transparence duquel il est facile de les apercevoir. [ls sont destinés en partie aux parois des vaisseaux précédents et au péricarde, et forment pour la plupart le plexus cardiaque antérieur.
2 Rameaux postérieurs. — Plus nombreux que les antérieurs, ils se dirigent à droite et à gauche vers les poumons, et se jettent dans le plexus pulmonaire. Pour y parvenir, ceux. du côté droit rampent entre la branche droite et la branche correspondante de l'artère pulmonaire, ceux du côté gauche accompagnent la branche gauche de l'artère pulmonaire et l'entourent de leurs divisions.
On peut encore diviser les rameaux antérieurs et postérieurs en {rois plans, qui sont, de la superficie vers la profondeur : 4° un plan superficiel placé au devant de la crosse de l’aorte ; 2° un plan moyen situé entre la crosse de l'aorte et la branche droite de l'artère pulmonaire: 3° un plan profond que l’on trouve entre la branche droite de l'artère pulmonaire et la bifurcation de la trachée. Ces trois plans ne forment pas de plexus isolés, mais sont les radiations du plexus et du ganglion cardiaques.
&° Rameaur inférieurs. — Ces rameaux, plus multüpliés et plus volumineux que les précédents, sont essentiellement destinés au cœur ; ils se partagent presque aussitôt en deux faisceaux et constituent les plexus cardiaques antérieur et postérieur.
Plexus cardiaque antérieur, ou coronaire gauche. — 1. est formé par l'entrelacement des filets nerveux autour de l'artère cardiaque antérieure. Les rameaux inférieurs du plexus cardiaque passent entre la trachée et l'artère pulmonaire, sur le côté gauche de cette dernière, gagnent le sillon antérieur du cœur, s'étendent sur l'artère cardiaque antérieure et ses divisions, et se distribuent au côté gauche du cœur et à l'oreillette correspondante.
GANGLIONS LATERAUX. 353
Plexus cardiaque postérieur, ou coronaire droit. — 11 longe le côté droit de l'artère pulmonaire, entre elle et l'aorte, gagne le sillon circulaire du cœur, parvient à la face postérieure de celui-ci en accompagnant l'artère cardiaque postérieure et ses divisions, et se ramifie dans le ventricule droit et l’orcillette correspondante.
Les nerfs de ces deux plexus s’enfoncent dans la substance du cœur, les uns en suivant le trajet des artères dont il est assez facile de les reconnaître, vu la disposition flexueuse des artères et la direction rectiligne des rameaux nerveux, les autres dans l'intervalle des divisions artérielles ; ils se perdent tous dans les fibres charnues. Ces-rameaux contractent de fréquentes anastomoses sur les bords et à la pointe du cœur; ils offrent, d'après quelques anatomistes, de petits ganglions sur leur trajet.