‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 175 sur 241 · DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX

(Puncta et canaliculi lacrymales.)

Points lacrymaux. — Ces petits orifices, connus déjà par Gallien, qui disait que, par eux, les corps étrangers et les excréments de l'œil passaient dans les fosses nasales, sont placés au centre du tubercule situé vers l’angle interne des paupières, sur le bord libre de chacune delles. Toujours béants, plus visibles sur le vivant que sur le cadavre, ils sont disposés de telle sorte que, méme par le rapprochement des paupières, il ne se correspondent pas et ne sont pas contigus au globe de l’ceil. En effet, le supérieur regarde en bas et en arrière, l'intérieur en haut et un peu en arrière, et ils sont maintenus dans cette position par un muscle particulier, le muscle de Horner, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure. Les points lacrymaux sont les orifices externes des conduits lacrymaux. Sur le vivant, ils plongent dans le /uc ou sinus lacrymal.

D’après Janin et Pappenheim, il existerait des fibres musculaires circulaires autour des points lacrymaux, et qui agiraient à la manière de sphincters. Cependant des recherches ultérieures n'ont pas confirmé l’existence de ces fibres.

Conduits lacrymaux. — Ceux-ci, au nombre de deux, un pour chaque paupière, s étendent des points lacrymaux au sac lacrymal et parcourent ainsi un trajet de 7 à 9 millimètres de longueur. Ils sont placés dans l'épaisseur de chaque paupière, en arrière du muscle palpébral, et embrassent la caroncule lacrymale ; leur calibre est plus considérable que celui des points lacrymaux. Le supérieur se dirige d'abord verticalement en haut, dans l’étendue de 2 à 3 millimètres, puis il s'élargit un peu, se recourbe en bas et en dedans en formant un angle droit avec la portion verticale, et va s'ouvrir au côté externe du sac lacrymal ; l’inférieur, qui descend d’abord verticalement, se recourbe bientôt aussi à angle droit et remonte un peu en dedans jusqu’au côté externe du sac lacrymal, dans lequel il s'ouvre. Presque toujours ces deux conduits se comportent comme on vient de le dire,

mais il arrive quelquefois que, tout près du sac lacrymal, ils se rejoignent à angle aigu, et forment un conduit unique qui s'ouvre dans le sac par un orifice commun. Le conduit supérieur est plus long et affecte une direction plus oblique que Vinférieur, surtout lorsque la paupiére supérieure est élevée.

Les conduits lacrymaux sont formés de fibres élastiques et de deux couches concentriques de tissu conjonctif, dont l’externe se compose de fibres circulaires, et l’interne de fibres longitudinales. En dedans, ils sont tapissés par un prolongement de la conjonctive, pourvue ellemême d’un épithélium pavimenteux ; en dehors, ils sont revétus par le muscle de Horner.

Muscle lacrymal (muscle de Horner ou de Rosenmiiller). — Ce petit faisceau grêle, long d’un demi-pouce environ, s’insère à la lèvre postérieure de la gouttière lacrymale ; de là, il se dirige horizontalement en avant et en dehors et ne tarde pas à se diviser en deux languettes, l’une supérieure, l’autre inférieure, dont chacune s'attache sur le conduit lacrymal correspondant. C'est à tort qu’on le décrit habituellement comme un muscle particulier ; il n’est qu’une dépendance de l’orbiculaire : on peut s’en assurer facilement en décollant ce dernier et en l’examinant par sa face interne. Nous avons déjà dit que le muscle de Horner a pour usage de tirer en dedans et en arrière les conduits et les points lacrymaux, c’est-à-dire vers le lac lacrymal pour y absorber les larmes,

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