‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 176 sur 241 · SAC LACRYMAL ET CANAL NASAL · texte numérisé non relu

SAC LACRYMAL ET CANAL NASAL

(Sacus lacrymalis et canalis nasalis.)

Sac lacrymal. — C'est un réservoir en partie osseux, en partie membraneux, ovalaire, allongé de haut en bas, aplati transversalement et situé derrière le tendon direct du muscle orbiculaire. Le sac lacrymal est formé en dedans par la gouttière lacrymale de los unguis, qui répond au méat moyen des fosses nasales, et par l'apophyse montante de l'os maxillaire supérieur; en dehors, c'est-à-dire dans sa portion membraneuse, il est formé par les attaches du muscle orbiculaire, dont le tendon direct vient se fixer au devant de lapophyse montante de l’os maxillaire supérieur, tandis que le tendon réfléchi s’insère sur la crête de l’os unguis; l’intervalle compris entre ces deux tendons est complété par des expansions fibreuses de lorbiculaire. L’extrémité supérieure du sac lacrymal, évasée et terminée en cul-desac arrondi, déborde un peu, en haut, le tendon direct de l’orbiculaire ;

SAG LACRYMAL ET CANAL NASAL. MAA l'extrémité inférieure se rétrécit et se continue avec le canal nasal. Son diamètre vertical est de 14 à 43 millimètres, et son diamètre transversal de 5 ou 6 millimètres.

Structure. — A l'intérieur, le sac est tapissé par une membrane muqueuse, pulpeuse et rougeâtre, qui se continue en haut avec la conjonctive, et en bas avec la membrane pituitaire. Cette muqueuse, trés-adhérente aux parois du sac, présente, vers le milieu de la paroi externe de celui-ci, les orifices des conduits lacrymaux; à l'endroit ou le sac se continue avec le canal nasal, elle forme assez souvent une valvule, tantôt semi-lunaire, tantôt circulaire, qui correspond à un léger rétrécissement; cette muqueuse est revêtue d’un épithélium vibratile qui se continue, d’une part, avec l’épithélium pavimenteux des conduits lacrymaux et de la conjonctive, et d'autre part, avec l’épithélium vibratile des fosses nasales.

L’extérieur de cette membrane est recouvert d'une couche de tissu conjonctif entremélé de fibres élastiques, qui sont des deux sortes : les unes, les plus extérieures, sont circulaires ou spirales ; les autres, intérieures, sont longitudinales, Ges deux sortes de fibres ont été considérées par les anatomistes comme étant d’une nature musculaire.

Canal nasal. — Le canal nasal est un conduit osseux de 13 à 48 millirnètres de long et de 2 à 3 millimètres de large, qui s'étend de l'extrémité inférieure du sac lacrymal à la partie supérieure du méat inférieur, en dedans de l’extrémité antérieure du cornet inférieur. Il est, en grand partie, creusé dans l’apophyse montante de los maxillaire supérieur, et complété en dedans par l'extrémité inférieure de la gouttière de l’os unguis et par une petite lame légèrement excavée qui s’élève du bord supérieur du cornet inférieur; de cette manière, il répond, en dehors, au sinus maxillaire, dont il est séparé par une lame très-mince de tissu osseux compacte; et en dedans, au méat moyen et au cornet inférieur. Sa direction est un peu oblique en bas; en dehors et en arrière, il décrit une légère courbure à convexité antérieure, et il est plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses extrémités ; enfin il est un peu aplati sur les côtés.

Structure. — Ge canal est revêtu par le périoste, très-adhérent aux OS, et par une muqueuse très-adhérente elle-même au périoste; cette membrane, qui est la continuation de la pituitaire, présente à la partie interne de l'ouverture inférieure du canal nasal un repli semilunaire qui simule une valvule. Sur plusieurs pièces, et plus particulièrement sur une que j'ai présentée à la Société de biologie, on a pu constater dans l’intérieur du canal nasal et sur sa paroi interne

l'existence de trois valvules ayant à peu près la forme des valvules sigmoides de l'aorte, mais à cul-de-sac ouvert en bas. Ces valvules étaient situées, l’une sur la limite du sac lacrymal et du canal nasal, l’autre à la partie moyenne du canal, et la troisième vers sa partie inférieure.

Huschke a également signalé une valvule placée immédiatement au-dessous des conduits lacrymaux. Cette valvule, d’une hauteur de 2 à 3 millimètres, a la forme, tantôt d’une petite lame à bord libre tournée en haut, tantôt d’un petit diaphragme percé d’un orifice central qui embrasse l’ouverture commune des conduits lacrymaux ; elle semble avoir pour effet de fermer cette ouverture et de s’ opposer ainsi au passage des larmes dans le sac.

M. Béraud a montré à la Société de Biologie de Paris une autre valvule qui se trouve sur la limite du sac et du canal nasal, et qu'il appelle, par opposition à la valvule de Huschke, valoule inférieure du sac lacrymal. Gette dernière, qui, suivant l’aveu de M. Béraud même, n'est pas constante, se détache de la paroi externe du sac et se dirige obliquement en haut, en mesurant de 3 à A millimètres.

Finalement, quel que soit le nombre de ces valvules, tout ce que jen puis dire, c’est qu’elles n’ont rien de constant dans la forme, dans la position respective, dans la direction ni dans l'étendue.

La membrane muqueuse du canal nasal est tapissée en dedans par l’épithélium à cils vibratiles, et en dehors, par deux couches de fibres de tissu conjonctif, dont l’externe est longitudinale, et l’interne, circulaire.

Trajet et usage des larmes. — Les larmes sécrétées par la glande lacrymale, et versées à la surface de la conjonctive, sont étendues uniformément sur la face antérieure du globe de l’æil par le clignement, c’est-à-dire par les mouvements alternatifs d'élévation et d’abaissement de la paupière supérieure. Pendant le jour, lorsque les paupières sont ouvertes, une partie des larmes est soumise à l’évaporation, une autre est absorbée; enfin, la majeure partie passe dans les fosses nasales. Dans le clignement, le tendon de l’orbiculaire tire un peu en dedans la paupière supérieure ; ce mouvement dirige les larmes vers le grand angle de l'œil, où elles s’accumulent en plus ou moins grande quantité dans la petite cavité que nous avons décrite sous le nom de lac ; les points lacrymaux plongent dans cette cavité, et soit qu'ils agissent comme siphons, soit qu’ils agissent par leur capillarité, ou bien soit qu’on invoque la pression atmosphérique et

APPAREIL DE LOCOMOTION DE L'ŒIL. 448 le vide qui se fait dans les fosses nasales au moment de l'inspiration, les larmes traversent ces orifices, arrivent dans le sac lacrymal, et enfin dans le canal nasal, qui le verse dans le méat inférieur.

Les larmes entretiennent la souplesse des parties qu’elles humectent, favorisent leurs mouvements, préviennent les effets nuisibles du frottement continuel des paupières sur l’œil, et empêchent les petits corps étrangers de rester collés à la surface du globe oculaire. Certaines circonstances augmentent bien vite leur sécrétion : ainsi, la présence d’un corps étranger sur le globe oculaire, l’action de quelques substances comme l'acide nitrique, l’'ammoniaque, un oignon qu’on pèle, un trouble des mouvements respiratoires, l’éternument, la toux, le rire ; enfin les émotions morales gaies ou tristes, et surtout ces dernières, font couler les larmes en très-grande abondance.

Composition chimique. — Les larmes constituent un fluide limpide, inodore et légèrement salé. Elles renferment environ 99 pour 100 d’eau, un peu de chlorure de sodium, du phosphate de soude et de chaux, des traces de quelques autres sels, et une petite quantité de substances animales.

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