DU GLOBE OCULAIRE
L’axe de l’œil est encore appelé axe optique ou physiologique, parce que la direction de l’œil est suivant cette ligne lorsque les objets sont le plus nettement perçus.
L’axe physiologique est encore partagé en intérieur et en extérieur. L'intérieur répond, par son extrémité antérieure, au centre de la face postérieure de la cornée, et par son extrémité opposée, au centre de la rétine; l'extérieur s'étend du centre de la face antérieure de la cornée à la convexité postérieure de la sclérotique, en passant en dedans de la tache jaune de la rétine ; la longueur de ces deux axes est à peu près de 24 millimètres. La courbure plus ou moins prononcée de la cornée doit nécessairement modifier cette dimension.
L’axe du nerf optique ou anatomique est étendu du centre de la cornée au point où le nerf optique pénètre la sclérotique. Son extrémité postérieure est située en dedans et au-dessous de l'extrémité correspondante de l’axe visuel, avec lequel il forme par conséquent un angle ouvert en arrière et d'environ 20 degrés.
Situation et moyens de fixité. — Le globe de l'œil est logé dans l'orbite ; il occupe la partie antérieure de cette cavité et se rapproche plus de la paroi interne que de la paroi externe, du plancher que de la voûte. Un intervalle de 2 centimètres à 2 centimètres et demi sépare sa région postérieure du trou optique. Sa circonférence antérieure déborde la base de l'orbite, surtout en dehors, à cause de l’obliquité de cette base. Il est maintenu en position en avant par les paupières et les muscles obliques; en arrière, par les muscles droits, le nerf optique et l’aponévrose orbito-oculaire. Aucun de ces moyens de fixité n’entrave les mouvements que l’œil est susceptible d’exécuter ; les uns au contraire facilitent ces mouvements, d’autres les déterminent : aussi l'œil peut-il se mouvoir autour de ses axes, se porter en avant, en haut, en bas et même en arrière.
Volume et poids. — Le volume de l'œil est ne one plus grand chez le fœtus et le nouveau-né que chez l'adulte. Les variations individuelles, peu marquées, ne sont le plus souvent qu’apparentes; elles tiennent principalement à la largeur de l'ouverture palpébrale, et à la longueur du repli de la conjonctive qui atteint la sclérotique sur un point pire ou moins éloigné de la cornée. C’est à ces dernières conditions qu’on doit donc rappor ter les dénominations de grands et petits yeux.
Le volume de l’œil a été porté par Krause à 1/3 du pouce cube (6 à 7 centimètres cubes), et son poids à 6 ou 7 grammes. En général, il est plus petit chez la femme que chez l'homme. Il diminue chez les
vieillards, par suite de son atrophie, surtout dans le diamètre antéropostérieur, de manière que ce diamètre devient plus petit que le. transversal. Chez les enfants, il est aussi proportionnellement plus petit que chez l'adulte, puisque tous ses diamètres qui sont égaux, mesurent de 20 à 21 millimètres, et restent invariables jusqu’à l’âge de quinze ans. Suivant quelques anatomistes, le poids et le volume de l'œil seraient un peu plus grands chez l'habitant des pays chauds que chez l'habitant des contrées qui possèdent un climat tempéré.
Rapports. — En avant, le globe oculaire est en rapport avec les paupières qui le protégent et l’abritent contre l'action trop vive de la lumière ; en arrière, avec le nerf optique, une épaisse couche graisseuse, les muscles droits et obliques, les vaisseaux et les nerfs de l'orbite. Il est séparé de ces derniers organes par l’aponévrose orbitooculaire qui se moule sur lui et lui fournit un point d'appui trèsrésistant. Un tissu cellulaire séreux analogue à une membrane synoviale et destiné à faciliter les mouvements de l'œil, s’interpose entre la convexité de cet organe et l’aponévrose orbito-oculaire. Une disposition semblable, mais encore plus apparente, existe au niveau de la conjonctive.
Structure. — L'œil étant à la fois un instrument d'optique et un organe de sensibilité spéciale présente dans sa structure des parties en rapport avec le double usage auquel il est destiné. Plusieurs membranes qui sont d'autant moins épaisses qu’elles sont plus profondes, se superposent pour circonscrire un espace divisé en deux portions et rempli par des humeurs transparentes.
Des membranes, les unes fibreuses, déterminent et maintiennent la forme de l’œil : ce sont la sclérotique et la cornée ; les autres vasculaires, également au nombre de deux, répondent plus particulièrement, la choroïde à la sclérotique, l'iris à la cornée; enfin une dernière membrane (la rétine), de nature nerveuse et destinée à recevoir impression de la lumière, est appliquée à la face interne de la choroïde.
Les humeurs ou milieux réfringents sont d'avant en arrière, l’humeur aqueuse contenue dans une membrane particulière (membrane de Demours), le cristallin et sa capsule, l'humeur vitrée et son enveloppe ou membrane hyaloïde.
C'est dans cet ordre d’énumération que nous allons décrire les caractères extérieurs, la nature et les usages de ces différentes parties.