I. — MEMBRANES FIBREUSES
2° Sclérotique.
(Sclerotica.)
(Prancue LXXVIII.)
Préparation. — Pour obtenir la face extérieure de la sclérotique, il suffit de couper, en rasant, les insertions des muscles sur le globe de l'œil, et de détacher celui-ci des parties molles qui l’environnent. On aura la surface intérieure, en faisant une section horizontale ou verticale du globe oculaire, en débarrassant sa cavité de son contenu, et en enlevant avec des pinces les membranes qui tapissent la face intérieure de la sclérotique.
La face extérieure de la choroïde se prépare de la manière suivante : On saisit la sclérotique avec le mors d’une pince, en tenant le globe oculaire suspendu ; on incise la portion pincée; puis, introduisant la pointe mousse des ciseaux entre la sclérotique et la choroïde, on coupe la première de ces membranes circulairement, dans le sens vertical ou horizontal, en ayant soin de ne pas déchirer la choroide, sans quoi les humeurs de l’œil s’échapperaient. On enlève ensuite avec précaution le lambeau de la sclérotique, en coupant les vaisseaux et les nerfs qui retiennent les deux membranes, et l’on redouble d'attention au niveau du ligament ciliaire où ladhérence est plus intense.
Pour la surface intérieure de la choroide, la préparation est la méme que pour la surface intérieure de la sclérotique, seulement on n’enléve pas les humeurs et la rétine.
La sclérotique (cornée opaque, tunique albuginée) forme avec la cornée l'enveloppe la plus extérieure de l’æil, et en constitue à elle seule les cinq sixièmes postérieurs, tandis que le sixième antérieur est formé par la cornée transparente. Elle s'étend depuis l’entrée du nerf optique, où elle se continue avec un prolongement de la dure-mère, jusqu'au pourtour de la cornée à laquelle elle adhère intimement. Dure, inextensible, d’une couleur blanchâtre et nacrée à sa surface et dans ses différentes couches, la sclérotique qui détermine le volume et la forme du globe oculaire, est plus épaisse que les autres membranes de l’œil, à l’exception de la cornée. Son épaisseur n’est pas uniforme et décroit d’arrière en avant ; les points où elle est le moins prononcée ne correspondent pas toutefois au bord antérieur, mais à une ligne circulaire située au niveau des tendons des muscles droits, de sorte qu'à partir de cette ligne elle va en augmentant en arrière et en avant. Cette disposition résulte sans doute de l'union des tendons des muscles entre eux et avec la sclérotique au voisinage de sa circonférence antérieure. Vers le milieu de sa convexité, la sclérotique présente une épaisseur qui peut être évaluée à 1 ou 2 millimètres; au
niveau de la ligne circulaire dont nous avons parlé, cette épaisseur est réduite de moitié.
Nous considérerons à la sclérotique une surface extérieure, une surface intérieure, et- deux ouvertures, l’une destinée au passage du nerf optique, l’autre beaucoup plus grande, qui reçoit la cornée.
La surface extérieure, lisse et blanchatre, répond en arrière à l’apo- : névrose orbito-oculaire dont elle est séparée par un tissu cellulaire séreux ; en avant, dans une étendue de 8 à 9 millimètres, elle est recouverte par la conjonctive qui se réfléchit des paupières sur elle à une hauteur variable, selon les individus.
On a vu, dans la myologie de l’œil, que cette surface donnait insertion aux muscles droits et obliques.
La surface intérieure, tapissée par un tissu (lamina fusca), sur la nature duquel nous reviendrons tout à l'heure, est d’un aspect lisse et brunâtre. Placée immédiatement en dehors de la choroïde, elle présente de légers sillons antéro-postérieurs destinés aux vaisseaux et nerfs ciliaires qui se dirigent entre elle et cette dernière membrane.
Des vaisseaux, ainsi qu'un tissu conjonctif délicat et lâche, unissent la sclérotique à la choroïde, et particulièrement vers la partie moyenne, où le nombre des vaisseaux est le plus grand.
Le nerf optique aboutit à la région postérieure de la sclérotique, un peu au-dessous et en dedans de l'extrémité postérieure de l'axe visuel. Cette disposition, qu’on peut constater sur un œil détaché de l'orbite et maintenu dans la situation qu’il affecte à l’intérieur de cette cavité, est rendue encore plus manifeste par une expérience facile à exécuter. Si l’on divise en deux parties latérales le globe oculaire, à l’aide d’une coupe perpendiculaire qui passe par le centre de la cornée et le milieu de l’extrémité terminale du nerf optique, on voit qu’il existe une différence entre les deux moitiés, que l’interne, ou celle qui répond à la paroi nasale de l'orbite, est bien moins grande que l’externe. Si, d'une autre part, on taille dans la sclérotique, préalablement isolée de la cornée, deux bandelettes de la largeur du nerf optique et suivant le prolongement de ce nerf, l’une sur la face supérieure, l’autre sur la face inférieure de la membrane, et qu’on vienne à comparer leur longueur en les rapprochant l’une de l’autre, il est aisé de constater que la première surpasse la seconde de 2 ou 3 millimètres. De cette double inégalité il résulte nécessairement que l’union de la sclérotique avec le nerf optique se fait en dedans et au-dessous du centre de sa circon-
MEMBRANES FIBREUSES. 427 férence postérieure, ou ce qui revient au même, au-dessous et en dedans de l'extrémité postérieure de l’axe visuel.
La sclérotique présente en cet endroit une surface criblée dune multitude de petits trous à travers lesquels s’engagent les divisions filamenteuses du nerf optique. Quelques anatomistes admettent au contraire, pour le passage de ce nerf, une ouverture unique, infundibuliforme, à grande circonférence extérieure, et considèrent la lame criblée dont nous venons de parler comme une dépendance du névriléme optique. D’après cette manière de voir, les pertuis qu'offre en arrière la sclérotique, à la suite d’une macération suffisamment prolongée, ne seraient pas creusés dans l'épaisseur même de cette membrane, mais représenteraient les orifices des gaînes longitudinales que fournit aux filets du nerf optique son névrilème interne.
A la région antérieure de la sclérotique se trouve une ouverture de 41 à 12 millimètres de diamètre, dans laquelle s’encastre la cornée. Cette ouverture est taillée en biseau aux dépens de la surface interne, ce qui permet de tui considérer deux lèvres ou circonférences concentriques, visibles toutes les deux en arrière, tandis qu’en avant on ne peut apercevoir que la circonférence intérieure. Ces deux lèvres n’ont pas la même forme: la plus petite, ou antérieure, représente à peu près un ovale à grosse extrémité tournée vers le nez; la plus grande ou postérieure, est au contraire circulaire, et cette différence s’explique par la disposition du biseau, qui est plus large en haut et en bas que sur les côtés. C’est à cette même disposition que la cornée doit sa forme à peu près ovalaire quand on la regarde en avant, tandis qu’elle est circulaire lorsqu'on lexamine en arrière. La cornée et la sclérotique ne sont pas simplement accolées, elles s'unissent d’une manière intime et ne semblent être que les modifications d’une seule et même membrane ; cependant on peut les séparer par la coction ou la macération prolongée, et lorsqu'on les examine comparativement, la première est plus épaisse et transparente, tandis que la dernière est moins épaisse et opaque.
Indépendamment des ouvertures que nous avons décrites, il existe, pour le passage des vaisseaux et nerfs ciliaires, un grand nombre de canalicules dont les-orifices apparaissent à l’intérieur et à l’extérieur de la sclérotique. Ces canalicules, très-courts, sont obliquement creusés dans son épaisseur et aboutissent aux légères dépressions qui sillonnent sa surface intérieure. Moins nombreux et plus petits en avant, où ils livrent passage aux artères ciliaires antérieures, ils sont en arrière circulairement disposés autour de linsertion du nerf
optique et offrent une issue aux nerfs ciliaires et aux vaisseaux ciliaires postérieurs.
Structure. — On peut considérer la sclérotique comme formée de deux membranes: l’une fibreuse, très-épaisse et trés-résistante, c’est la sclérotique proprement dite des auteurs ; l’autre, d’une minceur extrème, appliquée à la surface interne de la précédente, et sur l’origine et la nature de laquelle les anatomistes sont encore loin de s'entendre.
4° La première est composée de faisceaux fibreux d’un blanc nacré qui se superposent en plusieurs couches. Les fibres de ces faisceaux sont plus ou moins rectilignes, et après s'être réunies entre elles, forment des espèces de couches aplaties. Par suite de cette disposition, en examinant des fragments isolés de la sclérotique, on leur trouve une apparence stratifiée ; mais le nombre et l'épaisseur relative de ces couches n’ont pas encore été nettement déterminées.
Ces faisceaux sont composés d’un tissu conjonctif entremélé de nombreuses fibres élastiques avant de l’analogie avec celles des tendons et des ligaments, c’est-à-dire qu’elles constituent une sorte de réseau composé de fibres de différente grosseur, entrecroisées dans toutes les directions, mais dont le plus grand nombre affecte un trajet alternativement longitudinal et transversal. Ces fibres sont pourvues de renflements considérés comme des débris de cellules qui, par leurs prolongements, ont formé ce réseau.
Pendant la vie, ce dernier paraît posséder une disposition canaliculée, et contient une espèce de liquide; en effet, après l'avoir soumis à une dessiccation, on trouve de l'air dans toutes les cellules d’un segment quelconque de la sclérotique ; ces renflements et leurs prolongements sont appelés corpuscules blancs ou étoilés de Huschke. D'après Virchow, ces canalicules serviraient comme de voie pour la nutrition, ce qui est d'autant plus vraisemblable que les vaisseaux de la sclérotique sont très-peu nombreux.
La sclérotique est regardée comme un épanouissement de la gaine que fournit la dure-mère au nerf optique ; cette gaîne, en elfet, se continue sans ligne de démarcation avec la sclérotique et se confond entièrement avec elle. Cependant d’après les résultats de mes investigations, je dirais que la gaîne du nerf optique ne forme pas entièrement la sclérotique, mais qu’elle ne fait que renforcer en arrière une membrane fibreuse que je regarde comme la sclérotique proprement dite.
En effet, si l’on fait une coupe horizontale ou verticale antéropostérieure, qui intéresse à la fois la sclérotique et la gaine du nerf optique, on voit que la sclérotique est formée en arrière par deux
MEMBRANES FIBREUSES, 429 lames confondues intimement jusqu’au niveau du crible, et qui s’écartent l’une de l’autre à cet endroit, en interceptant un espace triangulaire. La lame superficielle se continue sans interruption avec la gaine du nerf optique ; la lame profonde (sclérotique proprement dite) s'incurve en arrière pour constituer le crible. Par l’adhérence des deux lames, l'enveloppe extérieure de l’œil acquiert en arrière une épaisseur deux fois plus considérable que celle de la gaîne du nerf optique ; quant à l’épaississement qu’elle offre au devant des insertions des muscles droits, il serait formé par les faisceaux de renforcement fournis par les aponévroses de ces muscles.
2 La seconde lame (/4me brune, lamina fusca) est moins une membrane distincte qu'une couche de tissu cellulaire imprégnée de pigment. Elle communique sa couleur brunâtre à la surface interne de la sclérotique, à laquelle elle est solidement unie. L’adhérence qu elle présente est si intime qu’elle se déchire en lambeaux lorsqu’on cherche à la détacher. Nous n’avons pas considéré avec quelques anatomistes la fame brune comme une membrane parfaitement distincte et de nature séreuse; mais comme étant formée de fibres celluleuses et de pigment qui se compose de granulations renfermées dans des cellules et pourvues de trois ou quatre prolongements réfléchis sous forme de triangles. Quant au prolongement de l’arachnoïde qui lui donnerait naissance, c’est un fait anatomique qui reste encore à démontrer.
VAISSEAUX ET NERFS
Artères. — Elles proviennent principalement des artères ciliaires, lesquelles, après avoir traversé la sclérotique autour du nerf optique et y avoir laissé quelques petits ramuscules, se rendent à la choroide. D'autres artères naissant des branches musculaires, traversent la sclérotique près de la cornée, et après lui avoir fourni de petits filaments minces, se terminent dans le grand cercle iridien.
D'après l'opinion de Brücke, ces rameaux forment un réseau capillaire d’un ordre inférieur et difficile à injecter, à cause de la densité du tissu de la sclérotique.
Veines. — On peut les diviser en antérieures et en postérieures. Les antérieures se rendent aux veines ciliaires antérieures, et les postérieures aux veines choroïdiennes, en formant des vaisseaux tourbillonnés (vasa vorticosa) au point où elles sortent du globe oculaire.
Nerfs. — Bochdalek et Rahm ont décrit chez les lapins les nerfs de
la cornée. Külliker, Arnold et Huschke pensent que ces nerfs sont plutôt des filaments qui se rendent aux ligaments ciliaires, après avoir rampé le long de la face intérieure de la sclérotique. Usages. — La sclérotique, qu'on peut comparer à la dure-mére et à la tunique albuginée du testicule, tant à cause de sa texture que de ses usages, constitue en grande partie l'enveloppe extérieure de I’ cil, dont elle détermine et maintient la forme. C'est à elle que l’œil doit sa consistance et l'intégrité des rapports des parties qui entrent dans sa composition. Elle forme, en outre, une espèce de voile obscur qui empêche le passage des rayons lumineux, lesquels se concentrent sur la surface de la cornée.
2° Cornée transparente.
(Cornea translucida.)
La cornée fait suite à la sclérotique dont elle paraît être la continuation et complète l’enveloppe extérieure de l'œil constituant le cinquième ou le sixième antérieur d’après Cloquet, et le onzième, d’après Sappey. C’est une membrane transparente, convexe et libre en avant, concave en arrière, où elle répond à l'humeur aqueuse. Son diamètre transversal, de 10 à 42 millimètres, l'emporte sur son diamètre vertical, qui est de 9 à 44 millimètres ; aussi en avant paraîtelle ovalaire et un peu plus large du côté nasal que du côté temporal, ce qui s'accorde avec les dimensions que nous avons trouvées à l’ouverture scléroticale dans laquelle elle est comme enchassée. La grandeur de la cornée peut varier, mais les différences, d’ailleurs assez légères, qu'elle présente, ne sont pas toujours en rapport avec le volume de l’œil entier. Son épaisseur surpasse celle de la sclérotique ; elle est moins marquée au centre que vers la circonférence, d’après plusieurs anatomistes. Meckel a parfois observé le contraire ; quant à nous, nous l'avons constamment trouvée plus mince vers la circonférence que vers le milieu.
Parmi les modifications que la cornée présente, il en est qui méritent plus particulièrement de fixer l’attention; ce sont celles qu'elle offre aux différentes époques de la vie humaine.
Chez le fœtus, la cornée est proportionnellement plus épaisse que chez l'adulte; elle est aussi moins convexe et moins transparente, et possède une couleur rosée semblable à celle du corps vitré dans les premiers mois de la vie intra-utérine; son tissu est moins dense, et partant plus facile à être divisé en lamelles.
Chez l'adulte, la cornée se distingue par sa transparence, sa densité
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MEMBRANES FIBREUSES. A34 et sa dureté. Dans un âge avancé, la transparence diminue graduellement: cette transformation progresse dela circonférence vers le centre, demanière que la cornée devient quelquefois presque opaque, vers l’âge de 80 à 85 ans; c'est alors aussi que la circonférence de la cornée forme un anneau blanchâtre, appelé annulus senilis ; lequel est surtout prononcé du côté de la sclérotique.
En général, cependant, cet anneau est rarement complet; le plus souvent, il occupe seulement la moitié supérieure de la cornée transparente : c'est pour cette raison que quelques anatomistes le considérent comme une production pathologique. à
Nous allons examiner successivement la face extérieure de la cornée, sa face intérieure et sa circonférence; nous parlerons ensuite de sa structure.
Face extérieure. — Convexe, elliptique, à diamètre transversal prédominant, saillante au devant de l'œil, elle est comprise dans l'ouverture des paupières, qui la recouvrent complétement pendant le sommeil et le clignement ; la conjonctive se réfléchit de la sclérotique sur elle et la revêt dans toute son étendue. Cette portion de conjonctive est très-mince, très-délicate et adhère solidement à la cornée ; sa présence, niée par quelques anatomistes, peut être démontrée cependant à la suite d'une macération prolongée et par le concours du microscope, mais avec cette restriction toutefois, qu'elle est réduite, au devant de la cornée à sa membrane intermédiaire recouverte de lépithélium.
La convexité de cette face est plus ou moins prononcée, selon les individus, l’âge, certains états pathologiques, et même l'habitude de regarder les objets de près ou de loin. Chez les myopes, la cornée est très-bombée ; chez les presbytes, au contraire, elle est légèrement aplatie.
Face intérieure. — Concave, circulaire, et plus étendue que la face extérieure, elle est tapissée par la membrane de Demours, et baignée par l'humeur de la chambre antérieure, qu’elle limite en avant.
Circonférence. — De forme elliptique, elle est taillée en biseau aux dépens de la face extérieure, et s'applique exactement sur le biseau de la face interne de la sclérotique. Le biseau de la cornée présente également deux lèvres : l’une est elliptique, se continue avec la convexité de la cornée, et se trouve un peu plus large vers le nez que vers la tempe ; la seconde, circulaire, se continue avec le côté concave de la cornée. L’intervalle compris entre les deux lèvres est plus grand
à la partie supérieure qu'à la partie inférieure, et offre une étendue moindre sur les côtés : ce rapport de largeur peut s'exprimer par les nombres suivants : en haut, où les lèvres sont le plus éloignées l’une de l’autre, — 2 millimètres; en bas, où la circonférence est moins oblique, et partant, les lèvres plus rapprochées, — 1 millimètre ; en dedans et en dehors, où la coupe est le moins oblique, — 0"",5. Ces différences dans l'étendue de la circonférence sont la cause de la forme différente de la cornée en avant et en arrière,
Canal de Schlemm. — A la surface interne du point de contact de la cornée transparente avec la sclérotique, se trouve un sillon circufaire parcouru par une petite veine : ce sillon s'appelle canal de Schlemm, et la veine sinus veineux circulaire ou canal de Fontana.
Cependant le canal de Schlemm n’empéche pas l’adhérence intime entre ces deux membranes, qui ne sont susceptibles d’être isolées l'une de l’autre que par la coction ou la macération ; et c’est cette disposition qui a conduit plusieurs auteurs à considérer la sclérotique et la cornée comme une seule et même membrane.
Structure. — Comme à la sclérotique, nous trouverons ici deux couches : lune, /ibreuse ou lamelleuse, forme la presque totalité de la cornée; l’autre, séreuse, tapisse la face postérieure de celle-ci, et y adhère fortement : c’est la membrane de Demours ou de Descemet.
Quelques auteurs admettent dans la cornée trois couches, en ajoutant aux deux couches que nous venons d’énumérer la couche conjonctivale.
D'après Külliker, cette dernière et la membrane de Demours se composeraient d’un épithélium et de la membrane intermédiaire amorphe ; au contraire, la couche moyenne, ou cornée proprement dite, serait composée d’un tissu fibreux particulier.
4° Couche conjonctivale de la cornée. — Elle se compose de la membrane intermédiaire et de l’épithélium stratifié ayant un volume de 0"",05 à 0"",4. La membrane intermédiaire constitue une couche élastique, homogène, sans texture (/amina elastica anterior de Bowman), qui adhère très-intimement au tissu propre de la cornée, au moyen de faisceaux de filaments très-minces, se confondant obliquement avec ce tissu.
2° Couche fibreuse. — Elle est regardée par un grand nombre d’anatomistes comme la continuation de la lame fibreuse de la sclérotique; elle en diffère toutefois par son épaisseur plus grande, sa parfaite transparence et les modifications qu’elle subit sous l'influence de l’ébullition et de certains agents chimiques.