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USAGES DE LA LANGUE

La langue est douée de contractions volontaires, de sensibilité tactile et de sensibilité gustative, et c’est au moyen de ces trois propriétés qu’elle sert à la gustation, à la succion, à la mastication, à la formation du bol alimentaire, à la déglutition et à la parole.

Considérée comme organe de motilité, elle peut se porter en haut, en bas, en avant, en arrière, à droite ; à gauche, exécuter des mouvements de circumduction ; incliner un de ses bords et relever l’autre ; se creuser en gouttière sur l’une ou l’autre de ses faces ; soulever sa base, comme dans les mouvements de déglutition ; s’allonger ou se raccourcir ; augmenter son diamètre transversal, tandis qu’elle diminue son diamètre vertical, et vice versd. Enfin, elle est encore entraînée par la mâchoire inférieure et los hyoide, auxquels elle s'attache, et qui lui font subir des déplacements en masse. Je ne me propose point d'examiner ici quelles sont les fibres musculaires mises en jeu dans

ces divers mouvements, ce serait sortir du cadre que je me suis tracé et empiéter sur la physiologie; je crois d’ailleurs qu’il suffira de se reporter à la description des muscles intrinsèques et extrinsèques de la langue pour s’en rendre compte.

Au point de vue de la sensibilité tactile, la langue est parfaitement organisée, à cause de la grande quantité de papilles qui la recouvrent et des petits filaments (/idaments qustatifs) dont celles-ci sont surmontées. Toutes ces éminences sont pourvues de rameaux nerveux ; elles ont pour usage d'augmenter d’une manière considérable la surface sentante, de multiplier les points de contact, d’emprisonner, pour ainsi dire, les substances les plus ténues, afin de les forcer à se dissoudre dans les liquides qui les baignent et de les rendre aptes à être goutées. La sensibilité tactile s’exerce sur toute la surface de la langue, mais elle est moins vive à sa face inférieure qu'à sa face supérieure, où elle est principalement dévolue aux papilles filiformes.

La gustation paraît limitée, sur la langue, à la base, aux bords et à la pointe, là où existent les papilles caliciformes et fungiformes, avec le nombre et le volume desquelles elle est en rapport direct. J'ai déjà dit qu'elle ne se borne pas à la langue, qu'une portion peu étendue du voile du palais est aussi susceptible de percevoir les saveurs, c'est-à-dire qu'elle possède la propriété spéciale d’être impressionnée par les substances amères et âcres ; mais il ne faut pas oublier qu'un grand nombre de sensations savoureuses passeraient inapercues, si nous ne trouvions pas un auxiliaire puissant dans Volfaction, qui apprécie l’arome et le bouquet. Dans ces derniers temps, on a prétendu que le mélange entre les impressions gustatives et olfactives s’opérait à la base de la langue.

Suivant Brillat-Savarin, le goût et l'odorat ne forment qu'un seul sens, dont l’un est le laboratoire et l’autre la cheminée. Ges deux sens se perfectionnent l'un par l’autre : tous deux nous invitent, par l'appât du plaisir, à réparer les pertes de notre individu ; tous les deux nous aident dans la recherche des substances propres à nous servir d'aliments, et nous indiquent en quelque sorte à distinguer celles qui sont nuisibles de celles qui ne le sont pas. Qui ne sait, en effet, que la plupart des poisons joignent à une odeur nauséabonde une saveur désagréable, et que certains d’entre eux produisent sur la langue une sensation de brûlure. À

Cette dernière remarque nous montre que la langue perçoit la douleur; j’ajouterai qu’elle est encore sensible aux impressions de température et au chatouillement.

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