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MEMBRANE TEGUMENTAIRE EXTERNE, OU PEAU

(Cutis seu integumentum commune externum.)

(Prancue XCII.)

Préparation. — Je renvoie, pour les différentes préparations, aux ouvrages des savants micrographes Todd et Bowman, Kôlliker et Henle, auxquels j'ai emprunté la plupart des figures de cette planche, en leur faisant subir seulement quelques modifications.

La peau est une membrane fibreuse étendue à la périphérie du corps, auquel elle constitue une sorte d’enveloppe générale ou de limite extérieure qui en arrête la forme et en suit toutes les inégalités, provenant des organes placés plus,profondément.

Interrompue au niveau des ouvertures naturelles, elle ne s’y termine pas, mais se réfléchit en changeant de nature, et se continue avec les membranes muqueuses qui tapissent l’intérieur des cavités du corps; mais les limites de cette réflexion sont toujours fixées par une ligne de démarcation plus ou moins rosée.

La peau, qu'on regarde comme l'organe du tact et du toucher, n'est pas pourvue de la même dose de sensibilité dans toutes les portions de son étendue, et, d’après M. Sappey, cette sensibilité serait en raison directe de l'éloignement du centre de circulation. Ainsi la peau est plus sensible à la tête qu'au tronc, et possède encore un plus haut degré de sensibilité aux parties terminales des extrémités que partout ailleurs. La main possède, il est vrai, une sensibilité beaucoup plus marquée que le pied ; mais cette supériorité est due à celle de sa construction et à la délicatesse plus grande de toutes ses fonctions : aussi la main a-t-elle reçu le nom d’organe du toucher. Celui-ci doit être distingué du tact, dévolu à toute la peau, en ce qu’il constitue une partie active, puisque, guidée par l'intelligence et excitée par les impressions des autres sens, la main se porte au-devant des agents extérieurs, se moule sur eux, les explore, et acquiert les notions les plus exactes de toutes leurs qualités extérieures ; le tact,

au contraire, est entièrement passif, par la raison qu’il ne recherche

pas les impressions, mais qu il les regoit plus ou moins complétement, telles qu’elles lui arrivent. La densité, la résistance et l’élasticité de la peau en font un puissant organe de protection ; enfin elle est le siége d’absorptions et d’exhalations continuelles.

Ses dimensions varient suivant les individus ; sa superficie dépend évidemment de la taille et de embonpoint. M. Sappey l’a évaluée en moyenne à 105 décimétres carrés pour l’homme et à 63 ou 84 pour la femme. L’épaisseur, moins considérable chez la femme et l’enfant que chez l’homme et le vieillard, présente des différences notables sur la mème personne, suivant les points où on l’examine. Ainsi la peau est fine, lâche et mobile aux paupières, à la verge et au scrotum; elle est au contraire épaisse, ferme et adhérente, au crâne, à la nuque, au dos, à la paume des mains et à la plante des pieds, plus épaisse dans le sens de l’abduction et de l'extension des membres, que dans l’adduction et la flexion. Aux endroits où s’exercent habituellement des pressions ou des frottements, elle est calleuse et presque cornée.

La couleur de la peau diffère suivant les races d'hommes. Blanche ou rosée dans la race caucasique, elle est jaune dans la race mongole, rouge ou cuivrée chez les Indiens, noire chez les nègres, etc. Dans la même race, elle offre des variations d'autant plus tranchées, que sa nuance est plus claire. Ainsi, pour la race blanche, on la trouve moins foncée sous les latitudes du Nord que sous les latitudes du Midi, moins foncée chez la femme que chez l'homme, chez l’enfant que chez l'adulte; dans la vieillesse, elle devient sèche, aride et un peu jaunâtre. Sur le même individu, quel que soit son sexe, elle est toujours plus ou moins brunâtre aux parties génitales externes et autour des mamelons, basanée aux endroits continuellement exposés à l'air. Enfin, on peut dire que sa coloration dépend encore des tempéraments ; généralement blanche chez ceux d’un tempérament lymphatique, elle est d’un rose plus ou moins foncé, surtout à la face, chez les individus sanguins. ‘

La couleur de la peau a un rapport plus ou moins direct avec celle des cheveux : ainsi les personnes brunes ont généralement les cheveux plus ou moins noirs ; les individus à cheveux blonds ont le plus souvent la peau blanche; les individus à cheveux rouges possèdent à la peau des taches roussâtres, et les albinos ont les cheveux et la peau complétement décolorés.

Nous étudierons dans la peau: 1° sa surface extérieure ; 2° sa surface intéerieure; 3° sa structure.

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