‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 232 sur 241 · PIGMENT · texte numérisé non relu

PIGMENT

(Pigmentum.)

La coloration noire du négre et la teinte brune de quelques régions de la peau du blanc sont dues à un appareil particulier, le pegment, répandu dans la partie la plus profonde de I’ épiderme.

Le pigment est constitué par des cellules renfermant au centre un noyau clair et transparent, autour duquel viennent se grouper les

granules pigmentaires, qui remplissent plus ou moins complétement la cavité cellulaire.

Ces granules sont de petites lamelles de forme ovalaire, transparentes, si on les voit isolées les unes des autres, mais d’une couleur jaunatre, jaune rougeâtre ou noirâtre, lorsqu'il y en a plusieurs ensemble. Elles s’amassent autour du noyau, de manière à l’envelopper de toutes parts et à le cacher complétement; une substance visqueuse sert probablement à les maintenir en place, et constitue plus tard la membrane cellulaire et le liquide qui sépare celle-ci des granules. Cependant, le plus souvent le liquide manque, et la membrane cellulaire, très-mince, est confondue avec son contenu. Cette disposition des cellules pigmentaires, admise par Henle et la plupart des micrographes, est contredite par Purkinje, suivant lequel les granules seraient placés à l'extérieur de la cellule. Ces petits corps, quand on les sépare les uns des autres, sont animés d’un mouvement moléculaire trés-vif; d’après Schwann, ils seraient même susceptibles de se mouvoir dans le liquide de la cellule. ;

Les cellules ont une forme arrondie, lorsqu'on les examine dans les régions colorées de la peau du blanc, où elles sont en petite quantité; mais chez le nègre, où elles existent en grand nombre, superposées les unes aux autres, elles s’aplatissent, se déforment, deviennent hexagonales ou polyédriques.

Elles ne constituent pas une couche parfaitement distincte entre le derme et l’épiderme, ainsi que l'avait pensé M. Flourens : on les trouve, il est vrai, en majeure partie à la surface du derme, et principalement dans les sillons interpapillaires, mais elles se placent aussi entre les jeunes cellules de l’épiderme.

G. Breschet et Roussel de Vauzème croyaient que la matière colorante de la peau était fournie par des organes glanduleux particuliers (appareil chromatogène), mais les recherches ultérieures ont démontré qu'il n’en est pas réellement ainsi. Les cellules pigmentaires se reproduisent et se transforment comme les cellules épithéliales. Les plus jeunes repoussent les plus anciennes ; à mesure que celles-ci s’éloignent du derme, elles s’aplatissent davantage, leurs granulations palissent, puis disparaissent tout à fait, et il ne reste plus qu’une lamelle analogue aux lamelles épidermiques.

Cette régénération continuelle du pigment peut être entravée, lorsqu’a la suite d’une blessure, le derme a été détruit trop profondément: c'est ce qu’on observe chez les nègres, dont les cicatrices, d’abord blanches, ne revêtent qu’à la longue la couleur noiratre.

GLANDES SEBACEES. 573 Chez les individus de la race caucasique, les taches de rousseur (éphélides) sont dues à la présence du pigment, mais on ignore s'il en est de méme pour la teinte basanée de ceux qui sont sans cesse exposés aux ardeurs du soleil; peut-être n’y a-t-il là, comme le dit Henle, qu’une modification chimique de l’épiderme. Simon, Krause, Barensprung et Külliker soutiennent que la cause de la teinte basanée, aussi bien que des éphélides, est due à des dépôts plus ou moins considérables de pigment.

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