CORPS MUQUEUX
(Corpus mucosum s. rete Malpighi.)
On décrit, sous ce nom, une couche gélatiniforme, blanche chez les blancs, noire chez les nègres, intermédiaire au derme et à l’épiderme, et moulée sur les papilles, qui lui donnent l'aspect d'un réseau.
Cette couche, découverte par Malpighi sur la langue du bœuf, avait été considérée par lui comme un mucus concret sécrété par les papilles et destiné à les conserver dans l’état de souplesse nécessaire à l'exercice de leurs fonctions.
Depuis, certains anatomistes l'avaient regardée tour à tour comme la partie superficielle du derme, ou comme la couche la plus profonde de l’épiderme. Bichat y placait avec le pigment un réseau de capillaires sanguins. Gall la croyait formée par de la substance nerveuse grise. Gaultier la subdivisait en quatre couches distinctes, savoir : 1° les bourgeons sanguins, dépendance des papilles : 2° au-dessus, la couche albide profonde, formée principalement de vaisseaux séreux; 3° les gemmules, qui contenaient la matière colorante ; 4° la couche albide super ficielle, analogue à la couche albide profonde. Dutrochet, considérant les bourgeons sanguins comme une dépendance des papilles, n’admettait que les trois dernières couches de Gaultier, sous les dénominations de : 1° membrane épidermique, 2° couche colorée, et 3° couche cornée.
De nos jours, le corps muqueux n’est plus une couche particulière, c'est la partie la plus profonde de l’épiderme (épiderme descendant), moins dense que la partie superficielle ou premier épiderme, dont or peut le séparer par la macération. Il doit son aspect gélatiniforme aux jeunes cellules épithéliales qui le composent. Ces cellules, qui sont allongées et polygonales, ont une longueur et une largeur variables et constituent plusieurs couches superposées,