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ENCÉPHALE

forme le bord inférieur de cette portion de la fente cérébrale de Bichat, dont le bord supérieur est constitué par la couche optique et la face externe du pédoncule cérébral correspondant à la partie postérieure et inférieure duquel sont contigus les corps genouillés, la bandelette et l’entrecroisement des nerfs optiques.

Les portions antéro-postérieures de la fente cérébrale de Bichat conduisent aux étages inférieurs des ventricules latéraux la pie-mère, qui s y continue avec les plexus choroïdes.

Scissure interlombaire. — Sur la ligne médiane, les deux lobes sont séparés, en avant et en arrière, par la grande scissure verticale antéro-postérieure ou scissure interlombaire. En écartant les lobules frontaux, on aperçoit (pl. 47, fig. 3) l'extrémité antérieure du corps calleux se réfléchir de la convexité vers la base, et former le genou et le bec de cette commissure. Immédiatement en arrière est le chiasma des nerfs optiques. Si on le renverse d'avant en arrière, on reconnait que le bec du corps calleux se compose de trois parties : deux latérales et une moyenne. Les latérales, cylindriques, portent le nom de pédoncules du corps calleux de Vicq d’Azyr, se dirigent en dehors, chacune vers l’espace perforé latéral correspondant, où elles se terminent insensiblement. La partie moyenne se confond avec l’entrecroisement des nerfs optiques par l'intermédiaire d’une lamelle légèrement grisâtre appelée sus-optique, quelquefois perforée, qui concourt à former la partie antérieure, ou plancher antérieur d'une cavité nommée troisième ventricule. Derrière le chiasma des nerfs optiques se trouve (pl. 24, fig. 2) une substance grise appelée {uber cinereum, laquelle se continue avec une petite tige grisâtre, nommée infundibulum ou tige pituitaire, qui communique avec la glande pituitaire. On remarque, plus en arrière, deux éminences blanchâtres du volume d’un pois: ce sont les fubercules mamillaires ou pisiformes; derrière ceux-ci sont les lamelles triangulaires perforées : c’est la substance perforée médiane ou espace perforé moyen. Toutes ces parties énumérées occupent une excavation hexagonale limitée, en avant, par les portions les plus reculées des lobules frontaux ; sur les côtés, par les lobules sphénoïdaux ; en arrière, par un renflement considérable , appelé protubérance annulaire ou pont de Varole. Cette excavation est l’excavation médiane du cerveau qui circonscrit l'hexagone artériel.

Les six angles de cette excavation répondent à autant de sillons ou scissures, à savoir: 1° langle antérieur à la grande scissure interlobaire ; 2° langle postérieur au pont de Varole et à l’espace perforé

moyen; 3° les angles latéraux antérieurs aux scissures de Sylvius ; L° les angles latéraux et postérieurs aux extrémités antérieures de la fente cérébrale de Bichat. C'est cette excavation hexagonale tapissée par la pie-mère, et que nous venons de décrire, qui forme, avec l’arachnoïde, l’espace sous-arachnoïdien antérieur.

Des parties latérales et antérieures de la protubérance émergent deux grosses colonnes blanches, fasciculées, qui se dirigent en avant et en divergeant vers les lobules du cerveau où elles pénètrent : ce sont les pédoncules du cerveau; il sont croisés obliquement par deux lamelles médullaires, minces et blanches, appelées bandelettes des nerfs ‘optiques, lesquelles naissant en arrière de chaque côté de deux renflements appelés corps genouillés se dirigent en avant, en conververgeant, pour former le chiasma.

Les pédoncules et les bandelettes interceptent un espace losangique dans lequel on voit, d'avant en arrière, le tuber cinereum et son infundibulum, les tubercules mamillaires et les lamelles perforées médianes. L'ensemble de toutes ces parties constitue la parot inférieure ou plancher du ventricule moyen du cerveau.

Sur les côtés du pont de Varole, et un peu en arrière, on distingue deux parties hémisphériques : ce sont les lobes latéraux du cervelet. Un examen attentif de la portion antérieure de la circonférence permet de reconnaître qu'ils tiennent à la protubérance au moyen de deux prolongements fasciculés et blanchâtres : se sont les pédoncules moyens du cervelet ou processus cerebelli ad pontem Varoli.

Derrière la protubérance, entre les hémisphères du cervelet, on remarque : le bulbe rachidien ou crânien, séparé de la protubérance par un sillon superficiel, transversal et curviligne, dans lequel s’insère la sixième paire des nerfs crâniens. Du millieu de ce sillon part à angle droit un autre sillon, qui se continue avec le sillon médian antérieur de la moelle épinière. Les côtés de ce sillon sont bordés par les pyramides. En dehors de celles-ci est un autre sillon qui se continue avec le sillon collatéral antérieur de la moelle et dans lequel s’insère le nerf grand hypoglosse. Plus en dehors, on rencontre les olives, et enfin, plus en dehors encore, et un peu en arrière, se trouvent les corps restiformes, qui reçoivent l'insertion de la huitième paire de nerfs. Un sillon sépare les olives des corps restiformes et semble se continuer avec le sillon collatéral postérieur de la moelle épinière. En écartant le bulbe crânien du cervelet, on voit sur celuici une scissure médiane qui le divise complétement en arrière, et lui forme, en avant, une large gouttière qui loge le bulbe crânien. Si l'on

ENCEPHALE. 49 écarte l’un de l’autre les deux lobes du cervelet, on remarque au fond une éminence pyramidale, sillonnée transversalement et connue sous e nom de vermis inferior, laquelle constitue en partie le Jobe moyen du cervelet.

On distingue entre le vermis inferior et le bulbe crânien soulevé, ouverture de Magendie qui conduit au quatrième ventricule. En renversant un peu le cervelet, d’arriére en avant, on trouve, après avoir détruit le canal de Bichat et quelques adhérences de la piemère, une fente transversale formée par l’extrémité postérieure du corps calleux et par quatre éminences qu'on nomme #ubercules quadrijumeaux. Gette fente change de direction de chaque côté et devient antéro-postérieure, en contournant le pédoncule cérébral correspondant, pour se continuer avec la scissure de Sylvius. Cett fente s’appelle grande fente cérébrale de Bichat ; elle est traversé par les veines de Galien par les prolongements de l’arachnoïde et de la pie-mère.

2° COUP D'ŒIL SUR LES PARTIES PROFONDES DE L'ENCÉPHALE, QU'ON PEUT VOIR A L'AIDE DE COUPES SIMPLES PRATIQUÉES, SOIT DE LA CONVEXITÉ VERS LA BASE, SOIT DE LA BASE VERS LA CONVEXITÉ.

Convexité. — Ilest bon de se rappeler que, par l’écartement des lobes cérébraux, on apercoit au fond de la scissure médiane le corps calleux, et sur les parties latérales les ventricules de ce corps. Si l’on enlève toute la portion supérieure de chaque hémisphère, en pénétrant dans cette excavation par une section qui, d’abord horizontale, remonte un peu de dedans en dehors, pour redescendre bientôt au même niveau, on découvre alors une surface horizontale, légèrement onduleuse, de forme ovalaire, dont la périphérie est constituée par la substance grise ou corticale des circonvolutions et le centre par un noyau blanc très-considérable de substance médullaire : c’est le centre ovale de Vieussens (voy. pl. 21, fig. 1), au milieu duquel se trouve le corps calleux, facile à reconnaître à la direction de ses fibres, qui sont transversales et croisées perpendiculairement par deux faisceaux de fibres qu'on nomme éractus médullaires longitudinaux ou nerfs longitudinaux de Lancisi.

De la circonférence du centre ovale de chaque côté émergent des prolongements blancs qui se dirigent en divergeant vers la périphérie du cerveau où ils sont entourés par la substance grise des circonvolutions,

Le corps calleux étant divisé avec la pointe d’un scalpel, par une incision qui longe chaque côté de la ligne médiane et les deux lambeaux latéraux renversés, on soulève ensuite la portion restante de ce corps, espèce de bandelette médiane; on découvre alors une cloison mince, translucide, triangulaire, placée de champ, adhérente à la face inférieure de cette bandelette, cloison qui sépare en avant, l’une de l’autre, deux cavités. Cette lame triangulaire est la cloison transparente où septum lucidum, et les deux cavités sont les ventricules latéraux. Si l'on détache la cloison de la portion du corps calleux restée intacte, on distingue, après avoir renversé les lambeaux ( voy. pl. 18, fig. 1), une petite fente formée par deux lamelles adossées du septum lucidum : cette fente est le ventricule du septum lucidum, ou fosse de Sylvius. Derrière et au-dessous, est une lame médullaire,

iangulaire et horizontale, à sommet simple en apparence, dirigée en avant et dont la base, en arrière, présente sur ses angles deux prolongements nommés piliers postérieurs, qui pénètrent dans la portion réfléchie des ventricules latéraux. Cette lame porte le nom de voute à trois piliers ; elle est longée, sur les côtés, par les plexus choroïdes, et concourt par son sommet à former les trows de Monro: deux petits orifices qui établissent une communication entre les ventricules latéraux et le ventricule moyen.

La voûte à trois piliers étant divisée transversalement en deux portions et ies lambeaux renversés, on remarque au-dessous (fig. 3) une lame membraneuse, triangulaire, prolongement de la pie-mère extérieure, qui se continue de chaque côté avec les plexus choroïdes : c’est la toile choroïdienne. Enfin, l’ablation de celle-ci permet à l'œil de pénétrer jusque dans une petite cavité oblongue (voy. pl. 17, fig. 1), située sur la ligne médiane, qu'on nomme ventricule moyen ou troisième ventricule; elle est traversée un peu en avant de sa partie moyenne, par une espèce de pont, de couleur grisâtre : c’est la commissure grise. Cette cavité est limitée en avant par l'extrémité antérieure de la voûte à trois piliers, qui se bifurque en cet endroit pour former les deux piliers antérieurs de cette voûte. Si l’on écarte légèrement ces piliers, on voit qu'ils sont croisés en avant à angle droit, par un faisceau de fibres blanchatres et cylindriques, appelé commussure antérieure. Quand on soulève la portion postérieure et la plus épaisse du corps calleux, appelée bourrelet, on voit au-dessous une fente qui est la portion transversale de la grande fente cérébrale de Bichat. L’ablation du bourrelet découvre les veines de Galien qui traversent cette fente. Sur les côtés et un peu en arrière du troisième

ENCÉPHALE. 51 ventricule, on remarque deux saillies ovoïdes, convergeant en avant : ce sont les couches optiques ; en avant et en dehors de celles-ci sont deux renflements piriformes, d’un gris plus foncé, à grosse extrémité tournée en avant: ce sont les corps striés ; ils sont séparés l’un de l'autre par un sillon demi-circulaire qui reçoit la /ame cornée. Audessous de celle-ci on voit la bandelette demi-circulaire.

Si nous enlevons, en raclant avec l'extrémité aplatie du manche du scalpel, le noyau intraventriculaire du corps strié, nous découvrons la face supérieure de l'épanouissement pédonculaire du cerveau, qu’on appelle la couronne rayonnante de Reil (corona radialis Reilii). Après avoir ensuite détruit cette dernière, nous apercevons un noyau gris logé à l'extérieur des ventricules du cerveau : c'est le noyau extraventriculaire du corps strié ou noyau lenticulaire de la scissure de Sylvius (nucleus lentiformis fossæ Sylou).

Les couches optiques, les corps striés, les lames cornées et les bandelettes constituent la parot inférieure du plancher des ventricules latéraux.

En arrière des couches optiques, les ventricules latéraux se prolongent plus ou moins dans le lobe occipital du cerveau pour former une cavité appelée digitale ou ancyroïde. La cavité digitale présente sur les parois interne et inférieure une saillie quelquefois double, nommée ergot de Morand ou petit hippocampe. En soulevant légèrement les extrémités postérieures des couches optiques, on voit les ventricules latéraux se réfléchir pour se prolonger dans le lobe sphénoidal et constituer (pl. 18, fig. 2) l’éfage inférieur des ventricules latéraux. La paroi supérieure de cet étage, constituée par la face inférieure des couches optiques, offre de chaque côté deux petits renflements grisàtres désignés sous le nom de corps genouillés et distingués en znterne et en externe, le premier plus petit que l’autre. La paroi inférieure et interne de cet étage porte une saillie appelée corne d’ Ammon, ou grand hippocampe, dont le bord concave est surmonté d’une lamelle médullaire à laquelle a été donné le nom de corps bordé, et mieux corps bordant (fimbria seu corpus fimbriatum). Sous le corps bordant se trouve une bandelette grisâtre denticulée appelée corps godronné (fascia dentata Tarini).

Entre les extrémités postérieures des couches optiques et immédiatement en arrière du troisième ventricule, sont (pl. 17, fig. 1) quatre éminences désignées sous le nom de ¢ubercules quadrijumeaux. Les deux tubercules antérieurs s’appellent nates et les postérieurs testes. Un corps grisâtre, conoïde, placé sur la ligne médiane, sépare l’un de

l’autre les tubercules antérieurs : c'est la glande pinéale ou conarium ; elle est fixée aux couches optiques par deux tractus blanchâtres se dirigeant d’abord horizontalement de cette glande aux couches optiques ; ensuite, changeant de direction, ils marchent d’arrière en avant, bordent le troisième ventricule et constituent les pédoncules antérieurs de la glande (haben). Par un léger renversement de la glande pinéale, on découvre au-devant et au-dessous d’elle, un faisceau de fibres blanches, dirigées transversalement d’une couche optique à l’autre : c’est la commissure postérieure. Derrière les tubercules postérieurs ou festes, on rencontre une portion de la face supérieure du cervelet. Une échancrure pratiquée sur cet organe, au point correspondant aux nates, laisse voir une lame grisâtre, mi-transparente : c’est la valvule de Vieussens ; elle se continue de chaque côté avec un faisceau médullaire blanc, qui se dirige du cervelet vers les £estes. Ce faisceau constitue les pédoncules supérieurs du cervelet ou processus cerebelli ad testes.

Immédiatement en arrière des tubercules quadrijumeaux et sur l'extrémité antérieure des pédoncules supérieurs du cervelet, on apercoit de chaque côté un relief légèrement grisâtre, espèce de bandelette triangulaire : c’est ce qu'on désigne sous le nom de ruban ou ganse de Reil, ou de faisceau triangulaire latéral de l’isthme, d’après M. Cruveilhier. Le côté externe ou base de chaque ruban triangulaire répond au sillon latéral de la moelle allongée; le côté supérieur est contigu aux tubercules quadrijumeaux postérieurs; et son côté inférieur fait relief sur le pédoncule supérieur du cervelet correspondant.

Si l’on écarte l’un de l’autre les hémisphères du cervelet, préalablement divisé par une section verticale antéro-postérieure, on arrive dans une petite cavité losangique appelée quatrième ventricule, dont le bulbe crânien et la protubérance constituent la paroi antérieure, le cervelet et la valvule de Vieussens la paroi postérieure. Ce ventricule communique avec le troisième au moyen d’un canal qui passe sous les tubercules quadrijumeaux et qu'on appelle aqueduc de Sylvius.

Nous venons de montrer les parties profondes de l’encéphale susceptibles d’être mises à nu par le simple écartement; ensuite, nous avons découvert d’autres parties au moyen des coupes simples pratiquées horizontalement de la convexité vers la base; nous allons nous occuper à présent des parties profondes de l’encéphale, qu'on peut mettre également à nu, soit par le simple écartement, soit par des coupes faciles, mais en procédant de la base vers la convexité.

Base. — Nous avons déjà dit plus haut que dans le fond de la scis-

ENCEPHALE. » 53 sure de Sylvius, et à son côté externe, se trouve l’insula de Reil, ou le lobule de la scissure de Sylvius.

4° Par l ablation de la partie inférieure des lobules moyen et postérieur du cerveau, par une coupe oblique qui, commençant dans la scissure de Sylvius, va se terminer en arriére par la grande fente cérébrale de Bichat, nous découvrons complétement l’insula, |’ étage inférieur du ventricule latéral correspondant, ainsi que la bandelette du nerf optique et les corps genouillés. Cette partie de l’étage inférieur du ventricule latéral a été remplie par la corne d’Ammon, le corps bordant et le corps godronné, et a été enlevée au moyen de la coupe indiquée.

2° Après avoir coupé horizontalement les circonvolutions dont l’insula est parsemée, il est aisé de voir un noyau gris, assez considérable, d’une forme lenticulaire (nucleus lentiformis), qu'on peut considérer comme la partie extra-ventriculaire du corps strié.

Dans l'épaisseur de ce noyau existe un faisceau de fibres blanches, d’une forme cylindrique, d’un volume d’une plume de corbeau, qui se rend d’un noyau à celui du côté opposé. C'est ce faisceau ou cordon qu’on désigne sous le nom de commissure antérieure du ventricule moyen.

3° Après avoir détruit ce noyau et cette commissure par le raclement au moyen d'une lame aplatie quelconque, nous découvrons de grosses fibres blanches rayonnantes, qui constituent la face inférieure de l'épanouissement du pédoncule du cerveau, ou de la couronne de Reil.

Après la destruction de ces fibres blanches, nous découvrons de nouvéau une substance grisâtre, qui n’est autre chose que la partie intraventriculaire du corps strié. Il en résulte évidemment que le noyau extraventriculaire est séparé du noyau intraventriculaire du corps strié par l'épanouissement pédonculaire.

4° En enlevant le cervelet et la moelle allongée au moyen d’une coupe pratiquée sur les pédoncules cérébraux, la base du cerveau est complétement mise à nu. C’est alors qu’en pratiquant une coupe sur la ligne médiane entre-les pédoncules cérébraux, sur la lame perforée médiane, entre les tubercules mamillaires, sur le tuber cinereum et lentrecroisement des nerfs optiques, on divise de cette manière la base du cerveau en deux parties égales.

5° Cela étant fait, lorsqu’on écarte l’une de l’autre ces deux parties de la base ou hémisphères, on pénètre par le plancher dans le ventricule moyen, au fond duquel nous rencontrons d’abord la toile cho-

roïdienne ; ensuite, la face inférieure de la voûte aux trois piliers, remarquable par des fibres médullaires blanches, ayant trois directions différentes, à savoir: transversale, oblique et longitudinale. C'est précisément cette disposition des fibres qui a reçu le nom de lyre de David (/yra Davidis seu psalterium).

En anéantissant la votite, nous découvrons la face inférieure du corps calleux, qui se montre surtout ici sous la forme de tricorne de chaque côté. En enlevant ensuite de chaque côté le noyau intraventriculaire du corps strié par l’action de racler, nous apercevons alors

le rapport qui existe entre le corps calleux et l'épanouissement des pédoncules du cerveau.

3° ÉTUDE PARTICULIÈRE DE TOUTES LES PARTIES QUI CONSTITUENT LE CENTRE NERVEUX, AINSI QUE LEURS CONNEXIONS RÉCIPROQUES, FAITE AU MOYEN DES COUPES COMPLI- QUÉES, EN PROCEDANT DE LA MOELLE ÉPINIÈRE VERS L'ENCÉPHALE.

Nous diviserons, comme tous les anatomistes, l’encéphale en trois parties ou segments : 1° la moelle allongée; 2° le cervelet; 3° le cerveau. La séparation du cervelet et du cerveau est indiquée naturellement par une scissure profonde et horizontale, intermédiaire à ces deux organes, dans laquelle se trouve la tente du cervelet. Il n’en est pas de même de la moelle allongée; ses limites ne pouvant être fixées d’une manière aussi rigoureuse, elles sont purement arbitraires. Aussi, la dénomination de moelle allongée est une expression qui a été employée indifféremment par les auteurs pour désigner des objets si divers, qu'il en est résulté une grande confusion pour I’ étude.

Haller appelle moelle allongée le bulbe rachidien seulement. Aux yeux de certains anatomistes, la moelle allongée comprend le bulbe crânien, la protubérance annulaire, les pédoncules, les tubercules quadrijumeaux, les couches optiques, les corps striés ; en un mot, toutes les parties contenues dans la cavité crânienne, le cerveau et le cervelet exceptés. D’autres, et c’est le plus grand nombre, désignent sous le nom de moelle allongée la réunion du bulbe, de la protubérance annulaire, des pédoncules cérébraux et cérébelleux ; enfin, toutes les parties blanches ou médullaires placées à la base de l’encéphale.

J'adopte volontiers cette dernière division, qui me semble plus rationnelle et plus conforme à I’ étymologie du mot. La dénomination de moelle allongée a été donnée à ces organes, à cause sans doute de

MOELLE ÉPINIÈRE. 55 leur coloration, qui est celle de la moelle épinière, c'est-à-dire qu'ils sont, comme celle-ci, blancs à lextérieur et gris à l’intérieur ; et aussi parce que ces organes, privés comme elle de circonvolutions et d’anfractuosités, se prolongent dans la cavité crânienne. Cette division permet de réunir sous un mème titre le bulbe erdnien et Pisthme de Vencéphale, dont l’ensemble constitue la moelle allongée du plus grand nombre des auteurs.

Nous allons maintenant aborder l’étude de la moelle épinière ; ensuite, les parties constituantes de la moelle allongée ; enfin, fixer l’attention sur leurs connexions réciproques, et entreprendre la description du cerveau, du cervelet, ainsi que les rapports existant entre toutes ces parties du centre nerveux.

Le système de la moelle épinière étant simple, ne renfermant pas des organes multiples, nous permet d'aborder la description détaillée de cette portion du centre nerveux, sans considération préliminaire, comme nous l'avons fait pour lencéphale.

B. — MOELLE EPINIERE.

(Medulla spinalis.) DEPOUILLEE DE SON NEVRILEME OU PIE-MERE.

(Praxcmes XII et XIII.) 4

Préparation. — FIGURES 1 et 2. — Après avoir isolé la moelle pourvue de son névrilème, par les procédés déjà décrits, on la dépouille complétement, soit à la manière d’une anguille (voyez Préparation de la pie-mère rachidienne), soit en enlevant sa membrane propre, lambeaux par lambeaux, au moyen d’une incision longitudinale faite un peu en dehors du sillon médian. Afin de ne pas endommager la moelle, on détache avec beaucoup de précaution la pie-mère, qui lient à celle-ci par une multitude de prolongements fibro-vasculaires.

Pour faire cette préparation avec succès, il est indispensable d’avoir une moelle très-fraîche.

FiGure 3. — On se procure une moelle aussi fraiche que possible et dépouillée de son névrilème, que l’on fait macérer plusieurs jours dans l'alcool affaibli, pour la durcir un peu, lui donner de la consistance et une certaine élasticité. On divise d’abord, avec l'instrument tranchant, la moelle en deux moitiés, par une section faite dans les trois quarts inférieurs de la commissure ; on complète la séparation jusqu’au collet du bulbe par de légères tractions en sens inverse. On sent alors une résistance plus grande due a un entrecroisement de fibres sur ce point. Cet entrecroisement est ce qu’on a appelé aussi décussation. Chacune des moitiés doit être divisée également en trois cordons ou faisceaux, au moyen de deux sections faites dans les deux sillons collaté-

raux antérieurs et postérieurs; on termine la séparation par le déchirement, jusqu’au niveau de l’entrecroisement ; on écarte ensuite l’une de l’autre les pyramides : on voit alors une légère déviation du sillon médian. Si l’on agrandit l’écartement, on observe que chaque pyramide est formée de deux portions : l’une interne, plus grande, se continue avec le cordon latéral ou moyen du côté opposé, pour produire avec le cordon latéral de l’autre côté Ventrecroisement ; l’autre portion externe, plus petite, se continue avec le cordon antérieur du même côté, sans s’entrecroiser.

La moelle épinière est cette portion du centre nerveux médulloencéphalique qui est logée dans le milieu du canal vertébral dont elle occupe les régions cervicale et thoracique.

Forme. — Elle a la forme d’une tige cylindroïde, légèrement aplatie d'avant en arrière, symétrique, alternativement renflée, blanchatre, sillonnée dans la longueur et sert à l'implantation des racines des nerfs rachidiens ; elle se continue, en haut, avec l’encéphale dont elle est considérée, par les uns, comme l’origine, et par d’autres comme la terminaison, en bas, elle se termine par un sommet mousse, appelé cône médullaire, duquel se détache le filet médullaire (/flum terminale), qui se prolonge en bas dans la petite cavité infundibuliforme du ligament caudal; celui-ci, conjointement avec la queue de cheval, occupe les régions lombaire et sacrée, jusqu’à la fin du canal vertébral.

Vers le troisième mois de la vie intra-utérine la moelle s'étend jusque dans le sacrum, et même, jusqu'au coccyx. Mais à partir de cette époque, la colonne vertébrale continue de croître, pendant qu’au contraire le développement de la moelle épinière se trouve arrêté. De cette manière, après la naissance, la moelle se prolonge seulement jusqu'à la première ou la deuxième vertèbre lombaire.

Limites. — Les limites supérieures de la moelle sont encore un sujet de controverse : les uns la placent au trou occipital ou à l’entrecroisement des pyramides ; les autres au sillon qui sépare le bulbe de la protubérance. Ces deux opinions sont le plus généralement adoptées ; mais les limites de la moelle sont purement arbitraires, car elle ne finit pas plus au trou occipital qu’au sillon de la protubérance. Aussi, l'opinion de Vesale, qui fait commencer la moelle aux couches optiques, serait-elle également fondée. Cette dissidence des auteurs m’autorise à reproduire la tige médullaire telle qu’elle est dans l’atlas, sans me préoccuper de ses limites véritables.

Les limites inférieures de la moelle ne sont pas non plus les mêmes pour tous les anatomistes. Ces différences sont quelquefois individuelles, ou tiennent en partie à la position qu'on a donnée au sujet,

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