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CONFORMATION EXTERIEURE

(Pzaxcne XVI.)

Préparation. — Le cerveau reposant sur la convexité, soulevez d'une main le cervelet, de manière à l’écarter du cerveau, vous observez entre ces deux organes une espèce de cul-de-sac revêtu par la pie-mère, qui est très-épaisse et très-vasculaire sur ce point. Enlevez cette membrane avec précaution, vous découvrez alors la portion transversale de la fente cérébrale de Bichat. En écartant et en soulevant les lèvres de cette fente, vous rencontrez plus avant les tubercules quadrijumeaux et la glande pinéale, qui demeure quelquefois adhérente à la toile choroidienne ; faites ensuite avec un bon scalpel à longue lame une section perpendiculaire ou oblique, qui, passant au devant des tubercules quadrijumeaux, se termine sur les pédoncules cérébraux, un peu au devant de la protubérance : vous séparez ainsi du cerveau le cervelet et la moelle allongée, qui sont réunis entre eux. La séparation étant obtenue, vous dépouillez complétement et avec soin le cervelet de la pie-mère, pour ne pas entraîner la substance grise, unie intimement à cette membrane par une multitude de prolongements cellulo-vasculaires. Sans cette précaution, l’ablation de cette substance, déjà si facile, serait inévitable, surtout si l’organe éprouvait un commencement d’altération ou de ramollissement.

Situation. — Le cervelet est cette partie de l’encéphale qui est située à la partie postérieure et inférieure de la cavité crânienne, dans les fosses occipitales inférieures, au-dessous du cerveau dont il est séparé par la tente, et en arrière de la protubérance annulaire.

Volume. — Le volume du cervelet de l'adulte est proportionnellement plus considérable que celui de l'enfant. Chez le premier, il est au cerveau comme 1 est à 7 ou 8, et constitue environ la huitième partie de l’encéphale; chez le second, et particulièrement chez le nouveau-né, la proportion est de 1 à 20. Gall et Cuvier prétendent que le cervelet de la femme est proportionnellement plus volumineux que celui de l’homme ; les observations de M. Leuret contredisent cette assertion. Le cervelet des autres espéces animales est, proportionnellement au cerveau et au corps, moins volumineux que celui de l’homme. Son poids est en moyenne de 137 grammes.

Forme. — Elle est celle d’un ellipsoïde symétrique, aplati de haut en bas, arrondi et plus mince a sa circonférence que dans son milieu. Son grand diamètre est transversal, et le petit, antéro-postérieur. On a comparé le cervelet à un cœur de carte à jouer, à sommet tronqué,

dirigé en avant, et à base tournée en arrière. Les anciens l’ont assimilé à deux sphéroïdes aplatis, et confondus par leurs points juxtaposés.

Moyens de fixité. — Le cervelet se joint en avant et en bas, à la moelle allongée par ses trois paires de pédoncules, et se trouve recouvert par les lobes postérieurs du cerveau, desquels il est séparé par la tente du cervelet.

Parfaitement symétrique, le cervelet est sillonné dans toute sa périphérie par des rainures plus ou moins profondes qui le divisent en trois lobes, et ceux-ci en segments, en lames et en lamelles. Deux de ces lobes sont latéraux, et s'appellent aussi hémisphères du cervelet ; le troisième constitue le lobe moyen. A la partie supérieure du cervelet, les deux hémisphères se confondent avec le lobe moyen, sans limites appréciables; en bas, au contraire, et vers le milieu, se trouve une excavation longitudinale, appelée échancrure médiane du cervelet (vallecula), qui isole du lobe moyen les lobes latéraux.

Le rapport du volume des lobes latéraux aux lobes médians diffère chez les hommes et les animaux. Chez les derniers, le lobe moyen est très-développé, et les lobes latéraux le sont à peine. Chez les premiers, le contraire a lieu : les lobes latéraux sont très-volumineux, et le lobe moyen est presque à l’état rudimentaire.

Gall appelle le lobe moyen la partie fondamentale du cervelet, par la raison qu'il précède l'apparition des lobes latéraux, et qu'on le rencontre dans tous les animaux vertébrés, pendant que les lobes latéraux, au contraire, qu’il nomme des parties de perfectionnement sont, en quelque sorte, le signe d’un rang plus élevé dans I’ échelle des êtres : c’est pour cette raison qu’ils sont plus volumineux chez les mammiféres, et offrent chez l’homme le plus haut degré de développement.

Consistance. — Dans le cervelet, la substance blanche ou médullaire est plus dure que dans le cerveau; la substance grise, au contraire, est beaucoup plus molle.

Le cervelet présente à considérer une face supérieure, une face inférieure et une circonférence.

Face ou région supérieure. — Elle offre, sur la ligne médiane, une éminence antéro-postérieure, divisée en anneaux par des sillons transverses, qui la font ressembler à un ver à soie, et qu’on appelle vermis supérieur.

Cette éminence appartient au lobe moyen du cervelet, et divise sa région supérieure en deux parties égales. Son extrémité antérieure, assez saillante, recouvre la valvule de Vieussens, les pédoncules céré-

‘CERVELET. 93 belleux supérieurs, et en partie les éminences postérieures des tubercules quadrijumeaux. Son extrémité postérieure, moins saillante que la précédente, n’atteignant pas la circonférence du cervelet, contribue à la formation de l’échancrure médiane de cet organe.

De chaque côté de l’éminence vermiculaire supérieure, la face supérieure du cervelet constitue un double plan incliné, dont chacun a une direction de haut en bas et de dedans en dehors, et se distingue par des sillons concentriques curvilignes à concavité antérieure, et d'autant plus longs qu’on les examine plus en arrière. Leur profondeur n’est pas égale partout, et de cette disposition résulte la division du cervelet en lobules, segments, lames et lamelles. Les sillons les plus profonds et les plus larges traversent l'éminence vermiculaire supérieure, pour se rendre de chaque côté aux lobes latéraux. Les sillons moins profonds et plus petits paraissent se terminer sur cette éminence, et ne la traversent pas, par conséquent, pour se rendre d’un lobe à l’autre.

Face inférieure. — Convexe, elle répond de chaque côté aux fosses occipitales inférieures de la base du crane, sur lesquelles elle se moule, et sur la partie médiane elle est en rapport avec le bulbe cranien.

Cette face est divisée en deux moitiés latérales et arrondies, appelées lobes ou hémisphères du cervelet, par un sillon médian (vadlecula Reilii) antéro-postérieur, qui se prolonge en arrière jusqu’à |’échancrure postérieure du cervelet, dans laquelle est logée la faux du cervelet, et en avant, se confond avec une large excavation qui renferme la moitié postérieure du bulbe cranien.

Vers le milieu du fond de ce sillon, se trouve le vermis inférieur, c'est-à-dire une éminence conoide antéro-postérieure, coupée transversalement par des sillons, dont l'extrémité postérieure ou base, dirigée en bas, fait relief dans l’échancrure médiane postérieure du cervelet, et après s’y être unie avec l’éminence vermiculaire supérieure, forme le vermis postérieur, et dont l’extrémité antérieure, ou sommet, plus petite, mais plus saillante, se termine dans le quatrième ventricule, sous la valvule de Vieussens. C’est la combinaison des vermis inférieur, supérieur et postérieur, qui constitue le lobe médian du cervelet, que Gall appelle, comme nous l'avons dit, partie fondamentale.

En dehors de cette scissure et de l’éminence vermiculaire inférieure, on aperçoit la face inférieure des lobes latéraux ou hémisphères du cervelet. Ceux-ci sont arrondis et sillonnés par des rainures qui paraissent être interrompues sur la ligne médiane, mais qui, en réalité, se

joignent dans l’échancrure antéro-postérieure du cervelet, par lintermédiaire des prolongements latéraux de l’éminence vermiculaire inférieure.

La face inférieure de chaque lobe du cervelet est divisée par de profonds sillons en lobules dont ceux qui avoisinent le bulbe crânien s appellent amygdales ou lobules tonsillaires. Ces lobules, d’une forme conoïde, se dirigent d'avant en arrière, en divergeant, possèdent une extrémité postérieure renflée, qui dépasse le niveau de la face inférieure du cervelet, et pénètre en partie dans le grand trou occipital, et une extrémité antérieure, moins volumineuse, arrondie, en mamelons, et plus rapprochée de la ligne médiane, proémine dans le quatrième ventricule de chaque côté de l'extrémité antérieure de léminence vermiculaire inférieure. Le côté interne de chaque lobule tonsillaire forme, conjointement avec le côté interne du lobule du côté opposé, l'échancrure médiane du cervelet. Son côté externe est séparé par un sillon assez profond d’un autre lobule voisin appelé cunéiforme.

En dehors de celui-ci, plus près de la circonférence, et le long du bord postérieur, se trouve un troisième lobule nommé semi-lunaire. Enfin, sur la limite du pont de Varole et des pédoncules cérébelleux moyens, et dans le voisinage des nerfs pneumogastriques, nous voyons un petit lobule du cervelet désigné sous le nom de lobule du nerf vague, touffe ou flocculus.

D’après cela, on voit que chaque lobe du cervelet se compose de quatre lobules, dont chacun est formé par plusieurs segments et lamelles parallèles. En renversant le bulbe crânien d’arrière en avant, et en écartant l’un de l’autre et en refoulant en dehors les lobules tonsillaires, on découvre très-bien les parties constituantes du vernis inférieur, ainsi que des lames très-minces et demi-transparentes, qu'on appelle valvules de Tarin. En effet, le vermis inférieur, devenu ainsi plus apparent, offre quatre prolongements, sous forme de croix, c’est-à-dire un postérieur, un antérieur et deux latéraux. Les latéraux pénètrent dans les lobes latéraux du cervelet auxquels ils forment une commissure qui les réunit entre eux.

Le prolongement postérieur renflé occupe le fond de léchancrure médiane postérieure du cervelet.

Le prolongement antérieur se dirige en avant et en haut en s’amincissant, et se termine par une petite saillie appelée ren/lement mamelonné, ou luette (uvula cerebelli), lequel pénètre dans le fond du quatrième ventricule, sous la valvule de Vieussens, et s'étend jusqu'au

CERVELET. 95 niveau des angles latéraux de cette cavité. C’est de ce renflement que part de chaque côté la valvule de Tarin.

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