CONFORMATION INTÉRIEURE ET STRUCTURE
Après avoir soumis le cervelet à des coupes verticales et horizontales, il est très-aisé de voir qu’il est formé de deux substances, dont l'une grise, périphérique ou corticale, et l’autre blanche, centrale et médullaire. La densité plus considérable de celle-ci lui permet de résister à une assez forte pression. Celle-là, au contraire, est molle, et
se détache ordinairement avec les membranes, à la suite de la putréfaction ou de la macération du cervelet.
Quelques anatomistes, parmi lesquels on peut citer Rolando, admettent encore une troisième substance jaunâtre dont la majeure partie se trouve entre les deux précédentes, et dont une petite quantité s'aperçoit vers le centre de la substance blanche : on l'appelle couche intersticielle. D'une densité assez grande, elle demeure intacte, alors que la grise a déjà subi une putréfaction.
La substance corticale domine sur la substance médullaire. La première, très-vasculaire, est considérée par M. Baillarger comme formée par la superposition de couches alternativement blanches et grises.
Substance blanche centrale.—KÆlle se présente au centre du cervelet sous la forme d’un noyau blanc considérable constitué par la substance médullaire. Des côtés et du sommet de ce noyau dont la forme ressemble, sur une section verticale du cervelet, à un triangle à base tournée en avant, et à sommet dirigé en arrière, émergent quinze ou seize branches, dont les unes sont ascendantes ou descendantes, et les autres, horizontales. Ces branches deviennent les noyaux d’autant de lobules, et se divisent en rameaux et ramuscules de plus en plus petits.
Ona comparé ces diverses ramifications de la substance blanche aux branchages d’un arbre dépouillé de ses feuilles ; de la le nom d’urbre de vie qui lui a été donné.
Comme ces ramifications n’ont pas le même volume partout, car celles qui sont placées sur la partie moyenne du cervelet sont plus minces que celles qui se trouvent sur le côté, on a, pour cette raison, appelé les premières arbre de vie du lobe moyen ou du vermis (arhor vite vermis), lequel s’unit à la valvule de Vieussens ; et les secondes sont désignées sous le nom d'arbre de vie des lobes latéraux du cervelet (arbor vite cerebelli), lequel se joint avec les pédoncules cérébelleux correspondants.
Les lobules sont les portions comprises entre les sillons les plus profonds, qui aboutissent de la périphérie aux côtés ou au sommet du noyau central médullaire.
Les segments sont des divisions des lobules par des sillons moins profonds. Chacun d'eux est formé d’un rameau de substance blanche entouré par les deux substances jaune et grise.
Les lames sont les subdivisions des segments par des sillons encore plus petits.
Enfin, on nomme lamelles les subdivisions des lames, indiquées par les sillons les plus courts.
Les ramuscules et les expansions les plus déliées de la substance blanche sont entourées d’un double feuillet de substance grise et jaune.
Au centre du noyau blanc de chacun des lobes du cervelet se trouve le corps rhomboidal. C'est un corps ovoïde, denticulé, qui rappelle la forme de l’olive du bulbe rachidien, est considéré par quelques anatomistes comme l’olive du cervelet, et appelé noyau denticulé (nucleus dentatus seu corpus rhomboideum seu cèliare). La couche de la substance médullaire qui enveloppe immédiatement le corps rhomboidal, s'appelle capsule. Son plus grand diamètre est antéropostérieur ; il est oblique de dehors en dedans, d'avant en arrière et de haut en bas, plus rapproché de la région supérieure que de la région inférieure, Son extrémité antérieure (voy. pl. 14, fig. 6) correspond aux angles latéraux du quatrième ventricule, et présente un orifice qui le fait communiquer avec la substance grise qui revêt la paroi antérieure de ce ventricule. Le corps rhomboïdal est constitué par une substance propre dont la couleur est d’un gris jaunâtre ; il ressemble beaucoup aux corps olivaires du bulbe crânien.
Si l’on cherche à écarter les lobules les uns des autres, sur un cervelet convenablement durci par l'alcool, en procédant de la périphérie au centre, on voit la Séparation de chacun d'eux s'effectuer jusqu'à la portion la plus épaisse du corps rhomboidal, où ils s’incurvent. Les uns, ascendants, se rendent à la région supérieure; les autres, descendants, à la région inférieure. Les derniers sont presque horizontaux et aboutissent à la circonférence.
En opérant sur un lobule, on divise alors le feuillet pédonculaire qui fait suite à ce lobule en lames juxtaposées. Chacune de ces lames peut être subdivisée encore en lamelles secondaires, tertiaires, etc.
Il résulte donc que le noyau central médullaire est constitué, comme un livre, par un grand nombre de feuillets juxtaposés ou superposés,, dont un des bords correspond au noyau central, où ils sont fortement serrés les uns contre les autres, et dont l’autre bord est à la périphérie, où ils sont écartés.
Chaque feuillet est formé par l’agglomération d’un grand nombre de fibres parallèles entre elles. Ces fibres ne sont elles-mêmes qu'une réunion de fibres primitives tubulaires remplies d’un liquide analogue à celui que l’on trouve dans les autres fibres primitives constituant les différentes parties du centre nerveux.
Ces fibres sont très-minces, ont un contour simple, et deviennent facilement variqueuses.
La substance blanche du cervelet s’unit avec les trois paires de pédoncules de cet organe; la substance grise du noyau rhomboidal se compose des corpuscules ganglionnaires de moyenne grandeur, qui sont pourvus de deux à cing prolongements. Parmi ces corpuscules passent des fibres nerveuses qui se rendent du noyau blanc central du corps rhomboidal vers la substance blanche périphérique.
Substance grise périphérique. — Elle est constituée par une couche extérieure pale, et une couche profonde plus foncée, cette dernière se compose d'un groupe de noyaux et des plexus de fibres médullaires, émergeant de la substance blanche du cervelet. La couche externe, au contraire, est formée en dehors de globules ganglionnaires très-considérables, au milieu desquels pénètrent les fibres médullaires de la couche précédente. A la superficie de celle-ci, se trouve un plan très-mince de substance grenue, entremélée de globules ganglionnaires très-petits et de noyaux.