‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 54 sur 241 · USAGES DU CERVELET · texte numérisé non relu

USAGES DU CERVELET

L'action du cervelet est un des phénomènes les plus singuliers de la physiologie. Les nombreuses expériences de M. Flourens, plusieurs fois vérifiées, paraissent établir que le cervelet est le siége exclusif du principe qui coordonne les mouvements de locomotion.

dn effet, lorsqu’on détruit le cervelet couche par couche, les animaux perdent progressivement la faculté de coordonner leurs mouvements.

En leur enlevant les couches superficielles du cervelet, leurs mouvements deviennent discordants ; ensuite, à mesure qu'on pratique des coupes plus profondes, ces mouvements deviennent plus incertains et chancelants. Enfin, en détruisant les dernières couches, on voit s'anéantir la faculté de combiner les mouvements isolés nécessaires à la marche, à la course, etc., et le pouvoir de se transporter d’un endroit à l’autre ; en un mot, les animaux peuvent encore exécuter des mouvements, mais ils sont devenus impuissants à les diriger.

Les observations pathologiques faites sur l’homme par MM. Romberg, Valleix, Sandras et autres physiologistes, semblent confirmer le mème fait. En outre, M. Hillairet a fixé l’attention, en 1859, sur les vomissements violents dont la répétition fréquente peut faire distin guer les maladies du cervelet des autres affections de l’encéphale.

Il semble également que la maladie décrite par M. Duchenne (de

Boulogne), sous le nom d’ataxie locomotrice progressive, ne soit autre chose que la souffrance du cervelet, comme on peut le conclure des recherches de M. le docteur Guillaume Lubelski, qui a lu à ce sujet un mémoire à la Société des médecins polonais de Paris.

D’après Galles et M. Serres, le cervelet serait l'organe de l'instinct de la propagation ou de l'amour physique, ce que cependant ni de récentes expériences, ni les observations pathologiques (Combett) ne paraissent confirmer.

De tous ces faits, nous pouvons conclure que, malgré notre connaissance incomplète des fonctions du cervelet, il convient de le ranger parmi les parties les plus importantes du centre nerveux.

(Cerebrum.)

(Prancue XVII.)

Préparation. — Figure 1. — Le corps calleux étant mis à nu par l’ablation de toute la portion des hémisphéres qui le recouvrent, enlevez successivement sa portion médiane, la voûte à trois piliers et la toile choroidienne. Découvrez aussi la face supérieure du cervelet, en enlevant les parties correspondantes du cerveau; divisez le lobe médian du cervelet et la valvule de Vieussens par une section verticale antéro-postérieure; écartez les unes des autres les portions divisées, vous voyez alors tout le plan reproduit par cette figure.

Ficurr 2. — Le cerveau reposant sur la convexité, soulevez et écartez le lobule sphénoidal ou moyen du lobe antérieur ou frontal, vous voyez au fond la scissure (scissure de Sylvius) qui sépare les deux lobules, un petit lobule triangulaire surmonté de petites circonvolutions, 4 sommet libre tourné en bas, à base dirigée en haut, et confondu avec les lobules frontal et sphénoidal : c’est insula de Reil, ou lobule du corps strié. Si vous enlevez d'abord, par une coupe horizontale, toute la portion de la base du cerveau qui masque Yinsula et toute celle qui dépasse le niveau des bandelettes des nerfs optiques, vous découvrez alors un noyau d’un gris rougeatre, pointillé de blanc : c’est le noyau extraventriculaire du corps strié; vous mettez à nu aussi la commissure cérébrale antérieure. L’ablation de ce noyau vous laisse voir une petite excavation, dont le fond est formé d’un plan de fibres grosses, rayonnantes, blanches, entremélées d’une substance grisâtre; c’est une partie de la face inférieure du pédoncule correspondant du cerveau. Ce plan de fibres sépare Yun de l’autre les noyaux intra et extraventriculaires de chacun des corps striés.

Le cerveau proprement ‘dit est cette portion de l’encéphale quiremplit la plus grande partie de la cavité cranienne. Il est le renflement

le plus considérable de l'axe médullo-encéphalique. Regardé tour à tour comme l’origine ou l'épanouissement de la moelle épinière, il tient intimement à celle-ci, et au cervelet par la moelle allongée.

Forme. — Elle est celle d’un segment d’ovoide irrégulier, plus renflé vers le milieu qu'en avant et en arrière, mais à extrémités antérieures plus développées et plus arrondies que les extrémités postérieures qui sont à peu près terminées en pointes. Du reste, cette forme est celle de la cavité crânienne, sur laquelle elle se moule, et se trouve, par conséquent, comme cette cavité, régulièrement convexe en haut, vers sa voûte, et alternativement convexe et concave vers sa base. Le cerveau est creusé dans toute son étendue par des sillons profonds et sinueux, qu'on désigne sous le nom d’anfractuosités (sulci), entre lesquels se trouvent des saillies oblongues, onduleuses, semblables par la forme, aux circonvolutions intestinales et qui portent, pour cette raison, le nom de circonvolutions cérébrales (gyr2).

Dimensions. — Le cerveau de l’adulte a, en moyenne, une longueur de 16 à 47 centimètres, une largeur de 15 à 16, à l'endroit de son plus grand développement, et une hauteur de 44 à 42.

Volume et poids. — Le volume et le poids du cerveau sont considérablement plus grands chez l’homme que chezla femme. Le cerveau de l’homme pèse 1302 grammes, et forme les six septièmes de tout l’encéphale ; celui de la femme ne pèse que 1478 grammes, et en constitue les cing sixièmes. Cette étendue considérable du cerveau est le caractère distinctif le plus marqué de l'organisme humain. Aucun animal, par rapport au poids du corps, ne possède un cerveau aussi développé que celui de l’homme. Semmerring affirme également que le rapport du cerveau aux nerfs craniens est plus grand chez l’homme que chez les animaux. Le cerveau diffère aussi, quant au poids et au volume, dans les différentes époques de la vie. Ainsi, chez les enfants, le cerveau est proportionnellement plus développé que tous les autres organes. Chez les vieillards, il diminue de volume et s’atrophie même progressivement (atrophia senilis).

On considère au cerveau une conformation extérieure et une conformation intérieure. Comme la première a été déjà l’objet d'une étude spéciale dans le chapitre qui traite de la manière d'étudier Yencéphale, sauf les circonvolutions, nous allons nous occuper ici seulement de la conformation intérieure, ainsi que des rapports des parties du cerveau avec la moelle allongée, la moelle épinière et le cervelet.

Le cerveau se compose de deux parties d’une forme ovalaire, appe-

CERVEAU. 103 lées hémisphères, et de portions intermédiaires, dont les unes mettent en communication ces hémisphères (commissures) et dont les autres les isolent (cloison transparente et ventricule moyen). Le cerveau renferme des cavités dont les unes sont placées dans chacun des hémisphères cérébraux, et portent le nom de veniricules latéraux, et dont les autres se trouvent au niveau de jonction de ces hémisphères, et le long de la ligne médiane : celles-ci sont appelées ventricules moyens. Dans les cavités encéphaliques se trouvent des renflements qui font saillie, et en forment les parois. Ces renflements sont : les couches optiques, les corps striés, les cornes d’Ammon, et les ergots de Morand. A travers l'épaisseur des deux premiers de ces renflements passent des fibres blanches qui sont les prolongements des pédoncules cérébraux.

Nous allons aborder immédiatement la description 1° des ventricules; 2° des renflements ; 3° des commissures; et procédant ainsi de la profondeur vers la périphérie, nous allons terminer par les cireonvolutions cérébrales.

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