‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 87 sur 241 · STRUCTURE DES GANGLIONS NERVEUX · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES GANGLIONS NERVEUX

Les ganglions nerveux sont constitués par une substance propre, par une enveloppe et par des vaisseaux.

La substance propre résulte du mélange intime de deux parties: 1° de filets nerveux; 2° d’une substance spéciale.

Quelle est la disposition de ces fibrilles nerveuses ?

D’après Scarpa, les filets nerveux qui aboutissent aux ganglions se divisent dans leur épaisseur en un grand nombre de filaments de plus en plus minces pour constituer un épanouissement sous forme de touffes ou de plexus. Ces dernières divisions se réunissent ensuite, deviennent des filaments de plus en plus gros et constituent les filets nerveux qui émanent de ces ganglions, C’est dans les mailles des filaments nerveux que se trouve la substance spéciale.

Cette disposition permet de supposer que les filets nerveux convergents donnent exactement la somme des filets divergents. On peut d'autant mieux admettre cette manière de voir qu’elle s'appuie sur les observations de micrographes modernes , tels que Henle et Valentin.

Les corpuscules ganglionnaiwes qui constituent la substance spéciale sont des éléments microscopiques interposés par groupes aux fibres nerveuses des ganglions.

Une tranche très-mince de ganglion, examinée au microscope, montre qu'au milieu d’une trame de fibres conjonctives trés-minces, entremèlées de vaisseaux capillaires, se trouvent des corpuscules ou cellules dont le diamètre serait, selon Henley, de 0°",04 à 0"",005 et qui affectent des formes variées, rondes, ovales, unipolaires, bipolaires ou multipolaires, '

Les ganglions spinaux sont pourvus, pour la plupart, de cellules bipolaires revêtant deux formes distinctes : les unes, les plus nombreuses, sont pourvues de deux prolongements diamétralement opposés, lesquels se continuent, d'une part, avec une fibre nerveuse périphérique, et de l’autre, avec une fibre de la moelle épinière ; les autres ont leurs pôles du mème côté et dirigés vers la périphérie. Les ganglions sympathiques, au contraire, possèdent des cellules multi-

DES NERFS CRANIENS. 159 polaires qui se continuent avec les branches nerveuses qui y aboutissent.

D'après Ehrenberg, les globules des ganglions nerveux seraient analogues à ceux de la substance grise du cerveau.

M. Mandl distingue seulement les corpuscules ganglionnaires de ceux de la substance grise par une couche solidifiée de substance grise amorphe qui les enveloppe.

Valentin admet une ressemblance entre les‘corpuscules des ganglions et ceux de la substance grise cérébrale, quant au type de la cellule enveloppante, de la cellule incluse et des nucléoles ; mais il trouve des différences pour le contenu du noyau et de la nucléole.

MM. Robin et Gosselin ont examiné au microscope le ganglion cervical supérieur et la substance grise d’un lapin récemment tué. [ls ont trouvé une ressemblance entre les corpuscules, dans la matière amorphe qui les entoure, et dans la forme de leurs diverses parties constituantes : mais ils ont constaté une différence dans le volume des corpuscules cérébraux, qui sont beaucoup plus petits, et dans le contenu, qui à une apparence moins grenue.

L’enveloppe qui revêt les ganglions est de nature celluleuse, et se continue avec le névrilème des nerfs ganglionnaires. Des prolongements minces partent de sa face interne, et divisent la substance propre en plusieurs lobules.

Les artères et les veines trés-nombreuses qui pénètrent ces ganlions viennent des vaisseaux voisins,

DES NERFS CRANIENS.

On comprend sous la dénomination de nerfs encéphaliques ou craniens les cordons nerveux qui émergent de l’encéphale et sortent par les trous de la base du crane. (Il est bon de se rappeler que le bulbe crânien est une des parties constituantes de l’encéphale.) Chacun de ces nerfs étant double, c’est-à-dire se trouvant de chaque côté de la

‘ligne médiane, on les compte par paires, d'avant en arrière; leur

nombre est déterminé d'après les classifications admises par les anatomistes.

Willis divise les nerfs craniens en neuf paires, distinguées suivant l’ordre de leur origine, par les noms numériques de première paire (nerfs olfactifs); deuxième paire (nerfs optiques); troisième paire (nerfs moteurs oculaires communs); quatrième paire (nerfs pathétiques, nerfs trochléateurs); cinquième paire (nerfs trijumeaux, nerfs

trifaciaur); sixième paire (nerfs moteurs oculaires externes): septième paire, divisée en portion dure (nerfs faciaur, portion molle, nerfs auditifs où acoustiques) ; huitième paire, divisée en glosso-pharyngiens, pneumogaslriques (nerfs vagues), accessoires de Willis (spinaux); neuvième paire (grands hypoglosses).

Bichat a divisé les nerfs craniens : 1° en nerfs du cerveau (o/factifs et optiques) ; 2° en nerfs de la protubérance (moteurs oculaires communs, pathétiques, lrijumeaux, moteurs oculaires externes, faciaux et auditifs); 3° en nerfs de la moelle allongée (g/osso-pharyngiens, pneumogastriques, spinaux et hypoglosses). Cette division n’a pas été adoptée parce que l’origine des nerfs y est déterminée d’une manière inexacte.

La classification physiologique des nerfs, fondée sur la différence des foyers d’émergence, et proposée par Ch. Bell, renferme plusieurs catégories.

A l’une répondent les nerfs des sensations spéciales (o/factif, optique et auditif). L'autre comprend seulement un nerf de sensibilité générale (portion ganglionnaire du trijumeau), qui, d'après cet anatomiste, distribue la sensibilité à la tête, à la face, et à toutes les parties qu’elles contiennent. A la troisième catégorie appartiennent les nerfs du mouvement volontaire (moteur oculaire commun, moteur oculaire externe et hypoglosse).

Enfin, la quatrième catégorie réunit les nerfs du mouvement respiratoire (pathétique, facial, glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal), dont l’origine serait sur les côtés de la portion médullaire prolongée dans le crâne, et que Ch. Bell appelle colonne respiratoire, parce que, selon lui, elle serait en communication avec tous les nerfs qui président aux phénomènes de la respiration.

J. Müller fait trois classes des nerfs encéphaliques ou craniens : 1° Les nerfs purement sensitifs ou des sensations supérieures : tels sont l’olfactif, l'optique et l'acoustique. 2° Les nerfs mixtes, à racine double. Ge sont : le frijumeau, le glosso-pharyngien, le pneumogastrique, l'accessoire de Willis, et, chez plusieurs mammifères, le grand hypoglosse. 3° Les nerfs principalement moteurs, à racine simple. Ce sont : le nerf moteur oculaire commun, le pathétique, l'abducteur et le facial.

M. Longet divise les nerfs craniens en trois classes. La première classe renferme les nerfs de sensations spéciales (l'o/factif, l'optique et l'auditif. La deuxième classe contient les nerfs de sensibilité générale (portion ganglionnaire du trijumeau), le glosso-pharyngten, et

DES NERFS GRANIENS. 164 le pneumogastrique. Dans la troisième classe il range les nerfs qui président à la fois aux mouvements volontaires et respiratoires : le moteur oculaire commun, le pathétique, le masticaleur (portion ganglionnaire du trijumeau), le moteur oculaire externe, le facial, lé spinal, et le grand hypoglosse.

Sæmmerring a divisé les nerfs crâniens en douze paires. Il a fait de la septième paire de Willis la septième paire (nerf facial) et la huitième paire (nerf auditif). La huitième paire est devenue à la fois la neuvième paire (g/osso-pharyngien), la dixième paire (preumogastrique), et la onzième paire (accessoire de Willis ou spinal). La douzième paire est constituée par le grand hypoglosse.

Cette dernière classification qui sépare les uns des autres les nerfs des différentes fonctions, comme, par exemple, le nerf facial, nerf du mouvement, du nerf auditif, qui est au contraire un nerf de sensibilité spéciale, lesquels ont été anciennement rangés dans Ja même paire, par la raison anatomique qu'ils passent dans le mème canal osseux (conduit auditif interne), cette classification, dis-je, est presque généralement adoptée. Aussi, nous allons en présenter le tableau suivant :

Paires. Paires,

re Nerfs olfactis. 7° Nerfs faciaux.

2° — optiques. 8° — auditifs.

3° — moteurs oculairestommuns, 9° — glosso-pharyngiens. he — pathétiques. 10° — pneumogastriques.

5° — trijumeaux. 44° — accessoires de Willis. 6° — moteurs oculaires externes. 12° — hypoglosses.

ORIGINES ET TRAJET INTERCRANIENS DES DOUZE PAIRES DE NERFS, C'EST-A- DIRE DEPUIS L'ENCÉPHALE JUSQU’AU NIVEAU DE LEUR PASSAGE PAR LES TROUS DE LA BASE DU CRANE.

(PLaxcme XV.)

Préparation. — Ficure 1. — Cassez le crâne préalablement dénudé de ses parties molles; coupez les nerfs au milieu de leur longueur, sur la portion comprise entre l’encéphale et la base du crâne ; isolez l’encéphale avec précaution et placez-le sur la convexité afin d'étudier en même temps l’origine de ces nerfs sur l’encéphale et sur la base du crâne.

Pour découvrir le nerf optique et le globe oculaire, enlevez la voûte de l’orbite par une section horizontale, triangulaire, dont le sommet répond au trou optique et la base à l’arcade orbitaire. Cela fait, détachez le périoste, le nerf frontal, les muscles droits supérieurs de l’œil, l’élévateur de la paupière supérieure et l’amas de graisse qui s’y trouve.

Ficures 4 et 2. — Ayant pour objet l'étude de la première paire des nerfs craniens (nerfs olfactifs), depuis Je bulbe ethmoïdal, jusqu’à leur terminaison,

il faut diviser par une section verticale, antéro-postérieure, la moitié antérieure de la base du crâne, en passant en dehors de l’apophyse crista-galli et de la cloison des fosses nasales. Vous obtenez, d’une part, la paroi interne des fosses nasales (cloison), de l’autre, la paroi externe.

Plongez les pièces dans un bain d'acide azotique étendu d’eau, afin de solidifier le nerf et le rendre plus apparent. Décollez et renversez la membrane pituitaire, vous verrez les nerfs sur le lambeau renversé; ou bien enlevez la moitié de l'épaisseur de la membrane pituitaire, et les divisions du nerf resteront en place entre cette membrane et le périoste.

Première paire (nerfs olfactifs, nerfs ethmoidaux).

La première paire émerge de la partie postérieure du /obule antérieur (frontal) du cerveau, traverse d’arriére en avant l’anfractuosité des nerfs olfactifs et constitue dans la gouttière ethmoïdale une espèce de ganglion ou de bulbe, d’où partent des filets qui s’épanouissent dans la muqueuse de la partie supérieure des fosses nasales.

Considérés dans leur extrémité centrale et leur trajet intracranien, les nerfs olfactifs sont des nerfs à part, dont le véritable caractère west pas encore connu. Aux yeux des anciens, ce n'étaient point des nerfs, mais de simples prolongements du cerveau qu’ils appelaient caronculæ seu processus mamillares olfactorti, destinés a servir de couloir aux mucosités de cet organe.

Quelques anatomistes ont fait des nerfs olfactifs la première paire des nerfs crâniens. Aujourd’hui, ils sont regardés comme une dépendance de l’encéphale, comme le vestige des lobes olfactifs des animaux ; et la dénomination de nerfs olfactifs est réservée seulement aux filets nerveux qui, émergés du bulbe ethmoidal, s’épanouissent dans la membrane pituitaire.

Origine apparente. — L'origine apparente des nerfs olfactifs est dans le cerveau. Ce caractère les sépare des autres nerfs : ce sont les seuls nerfs cérébraux proprement dits.

Chacun naît par trois racines, une grise et deux blanches. La racine grise est un mamelon ou renflement pyramidal situé sur la circonvolution la plus postérieure du lobule antérieur, au-devant de la substance perforée de Vicq d’Azyr. Ce renflement ou bulbe grisâtre, trèsvisible quand on renverse le nerf d’avant en arrière, se prolonge comme une traînée linéaire de substance grise, sur le bord supérieur du nerf.

Les deux racines blanches ont plutôt l'apparence de stries, et sont distinguées en externe et en interne.

La racine externe, grêle, longue, curviligne, située dans la scissure

DES NERFS CRANIENS. 163 de Sylvius, au-devant de l’espace perforé de Vicq d’Azyr, émerge du lobule moyen du cerveau. Elle est quelquefois double ; d’autres fois, après s'être divisée en deux parties, elle se réunit de nouveau, enfermant de cette manière une petite surface elliptique.

La racine interne, courte et plus épaisse, naît du lobule antérieur, sur l'extrémité postérieure de la circonvolution la plus interne, et marche en avant et en dehors pour se réunir à la racine longue. On trouve quelquefois deux ou trois stries blanches dont le nombre et la direction sont variables, qui traversent la substance perforée et s’interposent à ces racines.

Origine réelle. — D’après les uns, les nerfs olfactifs proviennent de la moelle allongée ; d’autres les font venir du corps calleux, des corps. restiformes et de la corne d’Ammon. Enfin, il y en a qui les font venir, avec M. Cruveilhier, de la commissure antérieure, où les racines internes se réunissent à la manière des nerfs optiques,

Le nerf olfactif, né par les racines blanches et le renflement gris (renflement ou bulbe d'origine), se rétrécit immédiatement, se loge dans l’anfractuosité antéro-postérieure du lobule frontal, et répond à la lame criblée de l’ethmoïde, à la partie antérieure de laquelle il offre un renflement ou bulbe de terminaison, appelé bulbe ethmoïdal, analogue au renflement ou bulbe d’origine.

Inférieurement, le nerf olfactif est aplati; si on le renverse, ou si on le coupe en travers, on reconnaît qu'il est prismatique et triangulaire. Ses deux faces latérales concaves répondent aux circonvolutions qui limitent l’anfractuosité antéro-postérieure. Son bord supérieur n’est qu'une traînée linéaire de substance grise qui unit le renflement d’origine au renflement de terminaison, et est recouvert par la piemere qui tapisse l’anfractuosité correspondante. L’arachnoide passe sous sa face inférieure et la maintient appliquée contre le lobule aniérieur.

Bulbe terminal ou renflement ethmoidal. — Les nerfs olfactifs, après avoir convergé l’un vers l’autre, forment une espèce de bulbe olivaire cendré (¢uberculum cinereum de Sœmmerring), occupant la souttière ethmoidale. Le volume du bulbe terminal, très-variable, présente chez l'adulte un cinquième, et chez les enfants, un tiers de la longueur totale du nerf correspondant, et renferme dans son intérieur, particulièrement chez les animaux, une petite cavité. Ce renflement, d’une consistance très-molle, résulte de l'agglomération des filaments blanchatres qui constituent le nerf olfactif et entre lesquels s interpose de la substance grise ou cendrée, analogue à la substance

des ganglions ; ilest l’origine des nerfs olfactifs proprement dits, qui traversent les trous de la lame criblée de l’ethmoide.

Deuxième paire (nerfs optiques, voy.pl.20, tig. 4, et pl. 25, lig. 5).

Elle nait de chaque côté, par deux racines, des corps genouillés interne et externe, communiquant eux-mémes par deux petits faisceaux blanchatres plus ou moins apparents aux tubercules quadrijumeaux. Ges racines constituent par leur réunion une espèce de bandelette mince et large qui contourne le pédoncule cérébral et longe la portion antéro-postérieure de la grande fente cérébrale! de Bichat. Au devant du pédoncule, le nerf s’arrondit, se dirige en avant et en dedans pour s'unir et former avec celui du côté opposé le chiasma ou commissure. |

Du chiasma émergent les nerfs optiques. Ceux-ci se portent en en avant et de dedans en dehors, vers les trous optiques, qu'ils traversent conjointement avec les artères ophthalmiques.

Nous voyons, par ce qui précède, que l'appareil optique se compose des tubercules quadrijumeaux, des corps genouillés en communica tion avec les premiers à l’aide des racines, de la bandelette, du chiasma, des nerfs optiques, enfin, d'après quelques anatomistes, des couches optiques elles-mêmes.

Le chiasma est en rapport, en arrière, avec le duber cinereum, en avant et en haut, avec une lame mince, demi-transparente, la lame sus-optique qui est surtout visible lorsqu'on renverse le chiasma d'avant en arrière.

La disposition anatomique des nerfs optiques n’est pas la meme pour tous les auteurs : les uns veulent qu’il y ait un véritable cronsement de ces nerfs sur la ligne médiane ; les autres regardent le chiasma comme le résultat d’un accolement ou tout au plus dun mélange des fibres de chaque nerf optique, sans entrecroisement ; les modernes admettent un entrecroisement partiel qui aurait lieu de la manière suivante: les fibres les plus externes se dirigeraient de la bandelette vers le nerf optique du même côté ; les fibres les plus internes se dirigeraient de la bandelette d’un côté vers celle du côté opposé, en formant des anses ; les fibres moyennes d’un côté iraient s entrecroiser avec celles du côté opposé (voy. fig. 5).

Nous voyons alors que l’entrecroisement des nerfs optiques s’effectue principalement aux dépens des fibres moyennes, et que les fibres externes et internes ne s’entrecroisent pas.

DES NERFS CRANIENS. 165

Troisième paire (nerfs moteurs oculaires communs ; pour cette paire et les suivantes, voy, pl. 24, fie. 2).

Leur dénomination de nerfs moteurs oculaires communs vient de ce qu'ils se distribuent à la plupart des muscles de l'œil, Chacun naît dans l’espace interpédonculaire, de la partie interne du pédoncule cérébral, par plusieurs filaments très-déliés que l’on peut poursuivre dans l’épaisseur du pédoncule, les uns jusqu'au prolongement du faisceau antéro-latéral de la moelle (faisceau moteur), les autres jusqu'au locus niger de Semmerring. Au point dimmergence, ce nerf est large, aplati, formé de plusieurs filets ténus et distincts, et entouré par les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure. Au delà de ces artères, il est arrondi, dirigé en haut, en avant et en dehors, passe au-dessous de l’apophyse clinoïde postérieure, traverse la dure-mère, se rend dans le sinus caverneux et de là dans lorbite,

Quatrième paire (nerfs pathétiques).

Le nerf pathétique (nerf trochléateur) est le plus grêle des nerfs craniens. Il est réservé exclusivement au muscle grand oblique de l'œil, et a été ainsi appelé parce qu'il est destiné à exprimer l'amour et la pitié. L'origine apparente de ce nerf a lieu immédiatement derrière les tubercules quadrijumaux, sur la valvule de Vieussens, par une ou plusieurs racines molles et fragiles (pl. 44, fig. 3).

On se rappelle que la valvule de Vieussens n’est elle-même qu'un prolongement du faisceau antéro-latéral de la moelle allongée (/aisceau moteur).

Au delà de son origine, le nerf pathétique marche transversalement en dehors, contourne le pédoncule cérébral avec l'artère cérébelleuse supérieure, se dirige en avant vers l’apophyse clinoïde postérieure, et pénètre dans le pertuis de la dure-mère, situé au point d’entrecroisement des extrémités de Ja grande et de la petite circonférence de la tente du cervelet.

Cinquième paire (nerfs trijumeaux).

Le nerf trijumeau (trifacial, nerf sympathique moyen) naît sur la limite du pédoncule cérébelleux moyen et de la protubérance, entre les faisceaux supérieur et moyen des fibres transverses de cette dernière, par un gros cordon nerveux formé lui-même de deux racines bien distinctes, dont l’une est beaucoup plus grosse que l’autre.

La première, nommée grosse racine, ganglionnaire ou sensitive, traverse la substance grise ét les fibres transverses de la protubérance, et pénètre dans l’épaisseur du bulbe crânien, où son origine a lieu (voy. pl. 15, fig. 5) par trois ordres de racines. Les unes antérieures, vont d’arrière en avant, entre kes fibres de la face inférieure de la protubérance et la portion cérébelleuse du corps restiforme pour s’anastomoser avec le nerf auditif. Les autres, postérieures, passent sous la substance grise de la paroi antérieure du quatrième ventricule, pour se continuer avec le faisceau intermédiaire du bulbe (faisceau antéro-latéral). Enfin, les dernières se continuent avec le corps restiforme dans l'épaisseur duquel on peut les suivre jusqu'au bec du calamus scriptorius.

La seconde, petite racine, non ganglionnaire, est constituée par plusieurs faisceaux gréles qui émergent de la protubérance en haut et en arrière de la grosse racine, et paraît se continuer, d’après M. Longet, avec la portion du cordon antéro-latéral de la moelle allongée qui traverse la protubérance annulaire.

Le nerf trijumeau se dirige en haut, en dehors et en avant, s’engage dans une dépression du bord supérieur du rocher, laquelle est convertie en un canal par un repli de la dure-mère. Là, ce nerf descend en avant et en dehors, où les filets de la grosse racine s’écartent et s’entrelacent pour se rendre à la concavité d’un renflement gris, jaunâtre, semi-lunaire, nommé ganglion semi-lunaire ou de Gasser. La petite racine est au contraire étrangère à la formation de ce ganglion.

Cette disposition permet de voir une analogie entre le nerf de la cinquième pairé et les nerfs spinaux, qui ont comme nous le verrons plus loin les uns des racines ganglionnaires (racines sensitives), lés autres des racines non ganglionnaires (racines motrices),

Sixième paire (nerfs moteurs oculaires externes).

Le nerf moteur oculaire externe a son origine dans le sillon intermédiaire à la protubérance et au bulbe crânien, par plusieurs racines qui forment, au niveau des pyramides antérieures, deux faisceaux distincts. Le faiscéau interne naît du bord inférieur de la protubérance ; le faisceau externe, plus gros, naît de la partie supérieure et externe de la pyramide antérieure. Ces deux faisceaux se réunissent en un seul cordon, tantôt immédiatement après leur origine, tantôt dans le sinus caverneux seulement, Ce nerf marche en avant et en divergeant,

DES NERFS GRANIENS. 167 entre la protubérance annulaire et la gouttière basilaire ; arrivé au niveau du tiers supérieur de cette gouttière, il traverse la dure-mère et va se loger dans le sinus caverneux accolé à l'artère carotide interne pour se rendre ensuite dans la cavité orbitaire.

Son origine réelle n’est pas encore bien déterminée.

Septième paire (nerfs faciaux, portions dures de la septième paire de Willis).

L'origine apparente du nerf facial est dans la fossette de l’éminence olivaire (fossette latérale du bulbe), qui termine l'extrémité supérieure du sillon de l’olive et du corps restiforme, au-dessous de la protubérance, entre les nerfs moteur oculaire externe et auditif, Au point d’émergence, ce nerf a l’apparence d’un cordon fasciculé un peu aplati, qui s’arrondit bientôt, contourne le bord inférieur et convexe de la protubérance sur les limites du pédoncule cérébelleux moyen, se dirige en avant, en dehors et en haut, et s'engage avec le nerf auditif et le nerf intermédiaire de Wrisberg dans lé conduit auditif interne.

Son origine réelle a lieu sur les prolongements du faisceau intermédiaire du bulbe (faisceau antéro-latéral). D'après M. Cruveilhier, ce nerf commence dans l'épaisseur de la protubérance par deux faisceaux ou racines. Le faisceau interne émerge de la protubérance sur les côtés de la ligne médiane; l’autre a son origine en dehors du côté | du cervelet,

| Huitième paire (nerfs auditifs, portions molles de la septième paire),

Le nerf auditif est le plus mou de tous les nerfs et a presque deux fois le volume du nerf facial. 11 offre deux racines bien distinctes : l’une, antérieure, commence dans la /ossette latérale du bulbe cränien (fossette de l’éminence olivaire), en dehors du nerf facial, au-dessus du glosso-pharyngien, au-dessous du pédoncule cérébelleux ; l'autre, | postérieure, contourne horizontalement la partie postérieure du corps restiforme, arrive sur la paroi antérieure du quatrième ventricule, où elle s’épanouit en filaments blancs qui contrastent avec la Substance grise de cette paroi, et forment plusieurs des barbes du calamus scriptorius (pl. 13, fig. 2 et 6), | Nous avons vu plus haut qu'il y aurait une troisième racine qui tire son origine de la grosse racine de la cinquième paire.

Ce nerf monte en dehors, au devant du lobule du cervelet appelé

lobule du nerf vague, pour pénétrer conjointement avec le nerf facial et le nerf de Wrisberg dans le conduit auditif interne,

Neuvième paire (nerfs glosso-pharyngiens, premières portions de la hnitième paire),

Le nerf glosso-pharyngien naît par plusieurs filets (de cinq à huit) qui émergent des corps restiformes, au-dessus du pneumogastrique, au-dessous du nerf auditif. Chacun de ces filets est le produit de la réunion de deux ou trois filaments convergents. Les filets du glossopharyngien sont les plus élevés et ne peuvent être distingués à leur origine de ceux du pneumogastrique. D'une ténuité extrême, ils sont tous renfermés dans leur névrilème au moment où ils surgissent de la moelle et se réunissent en un ou deux cordons pour traverser la partie la plus antérieure du trou déchiré postérieur.

Dixième paire (nerfs pneumogastriques ou nerfs vagues, deuxièmes portions de la huitième paire),

Le nerf pneumogastrique a son origine dans le bulbe crânien, sur le corps restiforme, au-dessous du glosso-pharyngien et au-dessus du nerf spinal, sur la ligne des racines postérieures des nerfs spinaux par huit à douze filets qui se réunissent en un seul cordon, lequel, parallèle au glosso-pharyngien et au spinal, s'engage dans le trou déchiré postérieur.

Onzième paire (nerfs spinaux, accessoires de Willis, troisièmes portions de la huitième paire).

Le nerf spinal naît par deux groupes de racines : 1° des parties latérales de la région cervicale de la moelle, intermédiaire aux racines antérieures et aux racines postérieures des nerfs cervicaux, derrière le ligament dentelé ; 2° du bulbe crânien.

Le premier groupe de ces racines (racines cervicales ou intercervicales), prend son origine immédiatement au devant des racines postérieures des nerfs du cou, depuis la première jusqu’à la cinquième paire cervicale. Chez le bœuf les racines se poursuivent jusqu'à la septième paire de nerfs, et je les ai vues descendre, chez le chat, jusqu’à la première paire lombaire.

Le deuxième groupe de ces racines (racines bulbaires du nerf spinal, filets restiformes, à cause du lieu précis de leur origine), monte dans toute la hauteur de l'intervalle qui se trouve entre les racines du pneumogastrique et les racines postérieures de la première paire, et établit la continuité entre ces deux ordres de racines,

DES NERFS CRANIENS. 169

Ses filets bulbaires inférieurs sont ascendants, les supérieurs sont horizontaux et ont des connexions intimes avec le pneumogastrique. Ces derniers forment un petit groupe distinct du groupe cervical de ces mêmes nerfs qui devient horizontal en dehors, recoit au moment où il s'engage dans le trou déchiré postérieur, un filet du pneumogastrique, et se confond avec le premier groupe ou en reste isolé.

Trajet vertébro-crämen. — Très-ténu en bas et constitué par un seul filet, rarement par deux, le nerf spinal monte verticalement sur les côtés de la région cervicale de la moelle épinière, qu’il longe jusqu’au niveau de la première paire cervicale. Là, il s'éloigne de la moelle, se porte en dehors et un peu en arrière, augmente de volume par l’accolement successif de nouveaux filets, croise perpendiculairement la partie latérale du trou occipital, sur laquelle il se réfléchit par une courbure à concavité inférieure, traverse le trou déchiré postérieur, et sort du crâne avec le nerf pneumogastrique, en dedans et en arrière duquel il est placé.

Ce nerf constitue avec la moelle et le nerf pneumogastrique, un triangle rectangle dont le côté interne est la moelle, le côté externe le spinal lui-même, et le côté supérieur le pneumogastrique. Il forme, tant dans sa portion intracrânienne que dans sa portion extracranienne, une courbe parabolique à sommet contigu au trou déchiré postérieur.

Douzième paire (grands hypoglosses),

Le grand hypoglosse a son origine dans le sillon intermédiaire aux olives et aux pyramides, par une série linéaire de filets réunis en deux groupes bien distincts, qui passent dans le trou ou canal condylien antérieur, où ils sont séparés l’un de l’autre par une bride de la duremère, et forment un seul cordon arrondi au moment de sortir du canal.

TRAJET EXTRACRANIEN DES NERFS ENCÉPHALIQUES, DEPUIS LES TROUS DE LA BASE DU CRANE JUSQU’A LEUR TERMINAISON.

Première paire (nerfs olfactifs, nervi olfactorii), (Voy. pl 25, fig. 2 ct 3.)

Apres avoir fait connaitre le trajet de chacun des nerfs olfactifs, depuis son origine jusqu’à la lame criblée de los ethmoïde, où il se termine par un renflement, nous allons montrer maintenant les véri-

tables filaments olfactifs, c’est-à-dire la portion de chacun de ces deux nerfs qui s'étend depuis ce renflement jusque dans l'épaisseur de la membrane muqueuse pituitaire.

Gette portion des nerfs qui n’est bien connue que depuis la description faite par Scarpa, prend son origine à la face inférieure du bulbe ethmoïdal, traverse immédiatement les canaux de la lame criblée de l’ethmoïde, et se divise comme eux au sommet des fosses nasales, en trois ordres de filets entourés par une gaîne de la duremère.

Parmi ces filets, les uns, moyens, disparaissent presque aussitôt sur la muqueuse qui tapisse la portion horizontale de la voûte des fosses nasales; les autres se dirigent en bas, en divergeant, sur la face externe et la face interne des fosses nasales.

Les rameaux externes s’anastomosent entre eux sous forme de plexus

ou réseau, et s'étendent jusqu'au cornet moyen; les rameaux internes, plus gréles, forment un plexus à mailles moins serrées que celles du plexus externe et descendent jusqu’à la partie moyenne de la cloison. Toutes ces divisions se perdent dans la mémbrane pituitaire, par un réseau de filaments déliés et très-rapprochés, qui se trouvent d’abord entre le périoste et la muqueuse nasale, ensuite dans la couche superficielle de cette muqueuse. j

Structure. — La portion intracranienne des nerfs olfactifs renferme dans sa partie médullaire des fibres minces semblables à celles du cerveau. Le liséré gris qui couvre le bord supérieur de cette portion du nerf, se compose de substance finement granuleuse, et de corpuscules ganglionnaires apolaires. Les bulbes olfactifs offrent la même texture que la substance grise des centres nerveux ; ils renferment, en effet, des corpuscules ganglionnaires de deux sortes, les uns petits, les autres, plus grands et multipolaires qui sont entremélés de fibres trèsminces.

On peut donc conclure avec raison que la bandelette des nerfs olfactifs et les bulbes, eu égard à leur texture, sont les prolongements du cerveau.

Les faisceaux de filets nerveux provenant du bulbe de terminaison, et se rendant dans les fosses nasales, se composent de fibres nerveuses pales, grenues et recouvertes de noyaux allongés ayant 0"",003. D'après toute vraisemblance, ces fibres proviennent du bulbe de terminaison.

Usages — Privé de toute sensibilité générale, le nerf olfactif a été considéré, depuis lantiquité, comme étant destiné à transmettre à

DES NERFS CRANIENS. 171 l'encéphale l'impression des odeurs sur la membrane pituitaire. De cette manière, il appartient donc aux nerfs de sensibilité spéciale,

M. Magendie s’est efforcé de démontrer que le nerf trijumeau prend une part dans les fonctions de ce sens, et même, chez quelques animaux, remplace complétement le nerf olfactif.

Cette assertion semble confirmer les observations pathologiques et l'examen cadavérique de sujets privés de ce nerf, et qui, cependant, ont joui, durant leur vie, du sens de l olfaction.

Dans ces derniers temps, M. Claude Bernard, aprés avoir soumis a un examen critique les observations des anciens auteurs, n’est pourtant parvenu à aucune conclusion définitive à l'égard de ce nerf, comme on peut s'en convaincre en lisant ses Lecons sur le système nerveux (1858, t. I, p. 238).

Les recherches physiologiques de M. Bifi semblent ramener à l’idée que le sens de l’olfaction appartient plutôt aux bulbes olfactifs, ce que confirment en quelque sorte les observations de M. Pressa et de quelques autres physiologistes cités par M. Longet.

Toutefois, cette dernière opinion ne peut être admise sans réserve, comme le prouve le fait d’une malade chez laquelle, malgré le manque de ce bulbe olfactif, le sens de l’olfaction existait dans son intégrité.

En un mot, on ne peut produire aucune affirmation sous ce rapport, quoique, si l’on s’appuie sur la vraisemblance, le nerf olfactif puisse être considéré comme doué d’une sensibilité spéciale, Cette dernière hypothèse mérite d'autant plus d’être prise en considération, que l'impression olfactive réside seulement dans la partie supérieure de la membrane muqueuse nasale, c’est-à-dire précisément à l'endroit où le nerf olfactif se ramifie, quand, au contraire, la partie inférieure, celle où se trouve le nerf trijumeau, ne possède aucune sensibilité spéciale.

En s'appuyant sur ce dernier fait, MM. Todd et Bowman distinguent dans la muqueuse deux parties, dont une olfactive, et l’autre respiratoire. La première, la supérieure, tapissée d’un épithélium à cils vibratiles, répond aux ramifications du nerf olfactif ; la seconde, Vinférieure, dépourvue de ces cils, renferme les divisions nerveuses de la cinquième paire,

Deuxième paire (nerfs optiques, nervi optici). (Voy. pl. 25, fig. 1.)

Chacun de ces nerfs se dirige obliquement de dedans en dehors et d'arrière en avant, du chiasma vers le trou optique, traverse ce dernier

conjointement avec l'artère ophthalmique qui lui est subjacente, et décrit dans lorbite une courbure à concavité interne, pour se porter presque directement à la partie postérieure interne et inférieure du globe de l'œil. Au moment où il atteint la sclérotique, il présente un rétrécissement ou mieux une sorte de collet, et se divise en un grand nombre de filaments qui s'expriment au travers d’une lame criblée de la sclérotique, traversent la choroïde en formant dans la profondeur de l’ceil un petit renflement mamelonné appelé papille, de la circonférence de laquelle émergent des fibres sous forme de rayons, dont l'ensemble constitue la rétine. |

Depuis le chiasma jusqu’au trou optique, le nerf est entouré d’une double gaine de la pie-mère et de l’arachnoïde. Cette dernière membrane l’abandonne à l’entrée du trou optique et est remplacée par une enveloppe plus forte de la dure-mère ; celle-ci l'accompagne jusqu'au globe de l'œil, où elle se continue avec la sclérotique et donne attache par sa face postérieure aux quatre muscles droits de l'œil,

Dans l'orbite, le nerf, séparé des muscles droits et obliques par une grande quantité de tissu adipeux, est en rapport, en dehors et en arrière, avec le ganglion ophthalmique ; ensuite, il est entouré par les vaisseaux et nerfs ciliaires, et les autres vaisseaux et nerfs de l'orbite.

Dans toute sa longueur, le nerf optique est perforé par un canal central pour le passage de l'artère et de la veine centrale de la rétine, En outre, dans ce petit canal se trouverait un petit filament nerveux sur lequel Tiedmann a le premier fixé l'attention.

Structure. — Les nerfs optiques, étant doués d’une sensibilité spéciale, se rapprochent, quant à leur structure, des nerfs olfactifs déjà connus, et des nerfs auditifs que nous allons décrire, et qui sont tous trois considérés avec raison comme des prolongements du cerveau. Ces trois paires de nerfs, en effet, renferment des fibres semblables à celles du cerveau, tant sous le rapport du diamètre que sous celui d’affecter plus vite une apparence variqueuse.

Entre ces fibres, se trouve cette même substance grise, avec les petits corpuscules ganglionnaires semblables à des noyaux, laquelle forme la couche superficielle de la substance corticale du cerveau.

Usages. — Les nerfs optiques, insensibles aux excitants généraux. comme par exemple, lorsqu'on les soumet à une brûlure, ainsi que l’a fait M. Claude Bernard, possèdent la propriété de provoquer la sensation de lumière à chaque excitation, pourvu que leur liaison avec iencéphale ne soit pas interrompue. Les nerfs optiques servent donc

DES NERFS CRANIENS. 173

exclusivement à transmettre à l’encéphale l'impression des rayons lumineux sur la rétine. Ces nerfs appartiennent ainsi, comme les nerfs olfactifs, à la classe des nerfs de sensibilité spéciale. D'ailleurs, la description plus détaillée de leurs propriétés, et de la part qu’ils prennent dans le phénomène de la vision, trouvera place plus loin dans la description de ce sens.

Page 1