DI1 GLOBE OCULAIRE
Le globe oculaire est la partie essentielle de l’organe de la vision. Considéré dans son ensemble, il représente une vésicule à peu près sphérique, formée par l’emboîtement de plusieurs membranes remplies d’humeurs plus ou moins fluides.
A la partie postérieure de l’œil aboutit le nerf optique qui s’exprime à travers le crible que présente en cet endroit la sclérotique, pour se continuer avec la rétine. Par sa face antérieure pénètrent les rayons lumineux qui se réfractent dans les humeurs transparentes, et vont peindre sur la rétine, expansion nerveuse destinée à en recevoir l’impression, l’image des objets d’où ils émanent.
Forme et diamètres. — La forme du globe oculaire a été comparée à celle d’une sphère à laquelle serait juxtaposé en avant un segment d’une sphère plus petite. Il résulte des travaux de Krause que cette comparaison n’est pas rigoureusement exacte. En effet, la surface de l’œil qui correspond à la sclérotique est aplatie au niveau de l’insertion des muscles droits, ainsi qu’en avant et en arrière de cette insertion ; cet aplatissement peu marqué, il est vrai, n’est pas également sensible au-dessous de chacun des muscles droits. L’étude des différents diamètres de l’œil permet en outre de constater que cet organe, lorsqu’on fait abstraction de la courbure plus grande de la cornée, présente une double compression qui a lieu suivant le sens d’action de ses muscles droits et obliques. La forme du globe oculaire serait donc plutôt celle d’un ellipsoïde.
On considère à l’œil plusieurs diamètres, l'un vertical, l’autre transversal, d’autres obliquement dirigés ; les seuls qui offrent quelques particularités remarquables sont les diamètres antéro-postérieurs au nombre de deux, et plus particulièrement désignés sous les noms d'axe de l’œil et axe du nerf optique.
L’axe de l’œil est encore appelé axe optique, parce que la direction de l’œil est suivant cette ligne lorsque les objets sont le plus nettement perçus. Son extrémité antérieure répond au centre de la convexité de la cornée, son extrémité opposée répond au milieu de la face postérieure de la sclérotique; la longueur de cet axe est à peu près de 2û millimètres. La courbure plus ou moins prononcée de la cornée doit nécessairement modifier cette dimension.
L’axe du nerf optique est étendu du centre de la cornée au point où le nerf optique pénètre la sclérotique. Son extrémité postérieure est située en dedans et au-dessous de l’extrémité correspondante de l’axe visuel, avec lequel il forme par conséquent un angle ouvert en arrière.
Situation et moyens de fixité. — Le globe de l’œil est logé dans l’orbite ; il occupe la partie antérieure de cette cavité et se rapproche plus de la paroi interne que de la paroi externe, du plancher que de la voûte. Un intervalle de 2 centimètres à 2 centimètres 1/2 sépare sa région postérieure du trou optique. Sa circonférence antérieure déborde la base de l’orbite, surtout en dehors, à cause de 1 obliquité de cette base. Il est maintenu en position par les paupières et les muscles obliques, en avant; en arrière, parles muscles droits , le nerf optique et l’aponévrose orbitooculaire. Aucun de ces moyens de fixité n’entrave les mouvements que l’œil est susceptible d’exécuter; les uns au contraire facilitent ces mouvements, d’autres les déterminent : aussi l’œil peut-il se mouvoir autour de ses axes, se porter en avant, en haut, en bas et même en arrière.
T olume et poids. — Le volume de l’œil est proportionnellement plus grand chez le fœtus et le nouveau-né que chez l’adulte. Les variations individuelles, peu marquées, ne sont le plus souvent qu apparentes ; elles tiennent principalement à la largeur de l’ouverture palpébrale , et à la longueur du repli de la conjonctive qui atteint la sclérotique sur un point plus ou moins éloigné de la cornée. C est à ces dernières conditions qu’on doit donc rapporter les dénominations de grands et petits yeux.
Le volume de 1 œil a été porté par Krause il 1/3 du pouce cube, et son poids à 6 ou 7 grammes.
ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX
Suivant quelques anatomistes, le poids et le volume de l’œil seraient un peu plus grands chez l’habitant des pays chauds que chez l’habitant des contrées qui possèdent un climat tempéré.
Rapports. — En avant, le globe oculaire est en rapport avec les paupières qui le protègent et l’abritent contre l’action trop vive de la lumière ; en arrière et latéralement, avec le nerf optique, une épaisse couche graisseuse, les muscles droits et obliques, les vaisseaux et les nerfs de l’orbite. Il est séparé de ces derniers organes par l’aponévrose orbito-oculaire qui se moule sur lui et lui fournit un point d’appui très résistant. Un tissu cellulaire séreux analogue à une membrane synoviale et destiné à faciliter les mouvementsde l’œil, s’interpose entre la convexité de cet organe et l’aponévrose orbito-oculaire. Une disposition semblable , mais encore plus apparente, existe au niveau de la conjonctive.
Structure. — L’œil étant à la fois un instrument d’optique et un organe de sensibilité spéciale présente dans sa structure des parties en rapport avec le double usage auquel il est destiné. Plusieurs membranes qui sontd’autant moins épaisses qu’elles sont plus profondes, se superposent pour circonscrire un espace divisé en deux portions et rempli par des humeurs transparentes.
Des membranes, les unes fibreuses, déterminent et maintiennent la forme de l’œil: ce sont la sclérotique et la cornée ; les autres vasculaires, également au nombre de deux, répondent plus particulièrement, la choroïde à la sclérotique, l’iris à la cornée ; enfin une dernière membrane (la rétine), de nature nerveuse et destinée a recevoir l’impression delà lumière, est appliquée à la face interne de la choroïde.
Les humeurs ou milieux réfringents sont d’avant en arrière, l’humeur aqueuse contenue dans une membrane particulière (membrane de Demours), le cristallin et sa capsule, l’humeur vitrée et son enveloppe ou membrane hyaloïde.
C’est dans cet ordre d’énumération que nous allons décrire les caractères extérieurs, la nature et les usages de ces différentes parties.
t. — MEMBRANES FIBREUSES.