‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 157 sur 210 · PAROI POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

PAROI POSTÉRIEURE

Elle est plus large que la paroi antérieure , et répond à l’apophyse mastoïde. On y trouve:

DES OI’.GANES DES SENS DE L’HOMME

r l’ouverture de communication avec les cellules mastoïdiennes ; 2° une saillie qui appartient à l’aqueduc de Fallope; 3" la pyramide, et h" une petite ouverture servant au passage de la corde du tympan.

1° L 'ouverture de communication avec les cellules mastoïdiennes , placée en haut de la paroi postérieure, est l’orifice d’un canal court et raboteux auquel succèdent les cellules. Celles-ci , dont le développement est en raison directe avec celui de l’apophyse mastoïde, existent à peine chez l’enfant, où l’on ne voit le plus souvent qu’une petite cavité. Chez l’adulte, et surtout chez le vieillard , elles sont multiples, se prolongent dans la portion pierreuse du temporal, quelquefois jusqu’au-dessus du conduit auditif interne, et occupent même, dans les cas rares, toute l’épaisseur de l’apophyse mastoïde, dont les parois sont alors très minces. Elles communiquent les unes avec les autres, et forment à l'oreille moyenne une arrière-cavité que l’on a comparée avec raison aux sinus des fosses nasales.

2° La saillie de l'aqueduc de Fallope présente deux portions: l’une à peu près horizontale, située au-dessous de l’ouverture précédente, et faisant suite à la saillie déjà décrite sur la paroi interne ; l’autre verticale et plus rapprochée de la paroi externe que de l’interne. Ces deux portions sont réunies de manière à former une courbure à concavité antérieure.

3“ La pyramidee st une très petite éminence conique, à base implantée perpendiculairement sur la portion verticale de l’aqueduc de Fallope, à sommet tronqué , libre , tourné en avant et percé d’un orifice étroit, par lequel sort le muscle de l’étrier. Elle est creusée d’un canal , d’abord horizontal comme elle, et plus large au niveau de sa base ; puis vertical et parallèle à l’aqueduc de Fallope audevant duquel il est placé et aveclequel il communique. Ce canal, qui renferme le muscle de l’étrier, le filet nerveux et les vaisseaux qui s’y rendent , se termine, d’après les uns , par un cul-de-sac , d’après les autres, comme je l’ai vérifié moi -même, par un ou deux petits trous situés en dedans du trou stylo-mastoïdien.

Constamment la pyramide est unie à la partie postérieure du promontoire par deux filaments osseux ou deux petits canaux , au-dessous desquels on voit une excavation comprise entre la saillie verticale de l’aqueduc et la paroi interne, au niveau de la fenêtre ronde; celte excavation a reçu le nom de fosse tympanique ou fossette sous-pyramidale.

U" Ouverture de la corde du tympan. — Celle-ci, à peine appréciable, est placée au-dessous et eu arrière de la pyramide; elle s’ouvre au moyen d’un conduit particulier dans l’aqueduc de Fallope, près du trou stylo -mastoïdien.

PAKOl ANTÉRIEURE.

Cette paroi très étroite répond à l’angle rentrant formé par la portion pierreuse et la portion écailleuse du temporal.

Elle présente: 1° le trou de sortie de la corde du tympan, 2" la fissure de Glaser, 3° et h° deux orifices superposés, séparés l’un de l’autre par une lamelle mince, recourbée, appelée bec de cuiller, et enfin quelques petits trous qui établissent la communication avec le canal carotidien.

1° h' orifice de sortie de la corde du tympan , situé le long de la paroi externe, appartient à un petit conduit placé au-dessus de la fissure de Glaser, dirigé obliquement en bas et en avant, et allant se terminer par une ouverture étroite, en dehors de la trompe d’Eustache, derrière l’épine du sphénoïde.

2° La fissure de Glaser, fente oblique comme le conduit précédent , est formée par la soudure incomplète de l’apophyse vaginale avec la portion pierreuse du temporal ; elle laisse passer le muscle antérieur du marteau, l’apophvse grêle du marteau et quelquefois même la corde du tympan.

3" et h" Les deux ouvertures que l’on voit encore sur la paroi antérieure delà caisse dépendent: la supérieure, du conduit du muscle interne du marteau , l’inférieure de la trompe d’Eustache. Ces deux canaux sont superposés de telle sorte, qu’on les a comparés à un canon de fusil double. }

L e premier, réduit à sa partie antérieure, sur la face externe du rocher, à un simple sillon, se | change bientôt en un canal séparé de la trompe d’Eustache par une lame osseuse très mince. Audevant de la fenêtre ovale , il se termine par une extrémité coudée en rapport avec la réflexion

ORGANES DE L’OU(E

fin muscle interne du marteau, et formant avec la paroi interne un angle presque droit. La saillie qui en résulte a reçu le nom de bec de cuiller ; sur le squelette elle présente rarement un canal complet: presque toujours sa moitié antérieure et externe est détruite par la macération.

TUOMPE D’EÜSTACHE.

La trompe d’Eustache, ou conduit guttural de l’oreille, est un canal long de 2 1/2 à h centimètres, qui s’étend obliquement de haut en bas, d’arrière en avant et de dehors en dedans, depuis la paroi antérieure de la caisse du tympan jusqu’à l’ouverture postérieure des fo ses nasales, au niveau du cornet et du méat inférieurs.

Elle est placée, en partie dans l’angle rentrant formé par la réunion de la portion écailleuse avec la portion pierreuse du temporal , en partie dans le pharynx. Ses rapports principaux sont : en haut, avec le canal du muscle interne du marteau , avec le trou déchiré antérieur et le bord postérieur du sphénoïde; en bas, avec le canal carotidien et les muscles péristaphy I ins interne et externe ; en dehors, avec le bord postérieur du sphénoïde et l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde ; en dedans , avec le constricteur supérieur et la muqueuse du pharynx.

A peu près rectiligne dans toute son étendue, elle se recourbe en dedans et s’évase à son extrémité antérieure, pour constituer le pavillon. Sa forme est celle d’un tube aplati, présentant une coupe elliptique. Sa capacité, moins considérable à son orifice postérieur qu’à son orifice antérieur, diminue à partir de ces deux points extrêmes , jusqu’à la réunion de la portion osseuse avec la portion fibreuse, où on ne lui trouve guère que 1 millimètre de largeur et 3 de hauteur.

On lui considère deux portions, l’une osseuse, l’autre fibro -cartilagineuse.

La portion osseuse est d’abord un canal complet, long de 1 à 2 centimètres , qui dégénère ensuite en une gouttière comprise entre le rocher et l’extrémité postérieure de la grande aile du sphénoïde [suture pétro-sphénoïdale et rainure de la trompe d’Eustache).

La portion fibro-carlilagineuse est constituée, en bas et en dehors par une lame fibreuse , en haut et en dedans par une lamelle cartilagineuse faisant saillie à l’intérieur du pharynx. La membrane fibreuse se compose de fibres d’apparence ligamenteuse, et donne attache en bas et en arrière au muscle péristaphylin interne.

La lamelle cartilagineuse est triangulaire, pliée en gouttière, plus large, plus épaisse et d’une coloration plus jaunâtre en avant qu’en arrière. Elle s’attache à l’extrémité antérieure rugueuse de la portion osseuse, au sommet du rocher, à la substance cartilagineuse qui bouche le trou déchiré antérieur et à la base de l'aile interne de l’apophyse ptérygoïde. Le muscle péristaphylin externe s’y insère en bas et en dehors, en se contractant simultanément avec le péristaphylin interne; il peut, suivant la remarque d’Haller, dilater la trompe. L’extrémité antérieure ou base de la lamelle est fixée en dehors, au bord postérieur et à la face interne de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, elle forme la lèvre interne et une partie de la lèvre externe du pavillon , dont l’orifice reste toujours béant.

D’après quelques anatomistes , il entre dans la composition du cartilage de la trompe deux lamelles superposées: l’une, interne, plus longue, plus large et plus épaisse, qui va de la portion osseuse jusqu’au pavillon; l’autre, externe, qui se termine plus en arrière. Ces deux lamelles sont réunies l’une à l’autre par du tissu ligamenteux.

Une muqueuse, prolongement de celle des fosses nasales et de celle du pharynx, tapisse à l’intérieur toute la trompe d’Eustache; cette membrane, épaisse, vasculaire et pourvue d’épithélium vibratile au niveau du pavillon, devient plus pâle, plus mince, et se recouvre d’épithélium pavimenteux , à mesure qu’elle s’approche de la caisse. Sa continuité avec les muqueuses nasale et pharyngienne explique comment on peut éprouver de la gêne, delà douleur dans l’oreille et quelquefois même de la surdité, dans la pharyngite et le coryza intenses.

Usages. — La trompe d’Eustache n’a pas seulement pour usage de donner issue aux mucosités tympaniques; les expériences physiologiques ont prouvé qu’elle servait encore à rendre les sons moins sourds, et qu’en permettant à l’air de la caisse de rester en équilibre avec l’air extérieur, elle s opposait à une tension trop considérable de la membrane du tympan, soit en dehors, soit en dedans.

DES OROANES DES SENS DE L’HOMME

OSSELETS DE L’oUÏE.

La cavité tympanique renferme quatre petits os. le marteau, X enclume, l’os lenticulaire et Y étrier, qui sont réunis entre eux par des ligaments propres, et articulés de manière a former un levier brisé et angulaire, étendu de la membrane du tympan à la fenêtre ovale. Ces os sont recouverts par la memlrane muqueuse de la caisse, qui constitue leur principal moyen de fixité ; ils sont mis en mouvement par un petit appareil musculaire.

Marteau. — Cet os, appliqué perpendiculairement sur la face interne de la paroi externe du tympan, a été divisé en trois parties principales: la tête, le col et le manche.

La tête, généralement arrondie et convexe, placée au-dessus de la membrane du tympan, est la partie la plus volumineuse. Elle s’articule en arrière avec l'enclume, à l’aide d’une petite facette encroûtée de cartilage, à la fois convexe et concave.

Le col, ou portion étranglée, supporte immédiatement la tête. Il est obliquement dirigé en bas et en avant, et surmonté en avant d’une apophyse longue et grêle [apophyse grêle de llaw , apophyse antérieure) réduite souvent à un simple ligament qui s’introduit dans la fissure de Glaser et fournit des points d’insertion au muscle antérieur du marteau.

Le manche , ou manubrium , fait suite au col, avec lequel il forme un angle obtus saillant en avant et en dehors. Cette saillie est habituellement décrite sous le nom d’apophyse externe ou courte; elle repousse un peu en dehors la membrane du tympan. Au-dessous d’elle, le manche descend obliquement en dedans et en arrière et se termine à peu près au centre de la membrane du tympan, par une extrémité arrondie et légèrement courbée en dehors. Son côté externe excavé est fixé au feuillet moyen de la membrane du tympan ; son côté interne courbé en sens inverse est recouvert par la muqueuse tympanique, et donne attache immédiatement au-dessous de l’apophyse antérieure au muscle interne du marteau.

Enclume. — Placée en arrière et en dedans du marteau, l’enclume ofire un corps et deux branches, l’une supérieure, l’autre inférieure. Le corps, aplati de dehors en dedans, concave à sa face interne, convexe à sa face externe, est creusé en avant pour s’articuler avec la tête du marteau , en arrière il se continue avec les deux branches.

La branche supérieure , horizontale, grosse, courte et conoïde, s’engage par son sommet dans l’ouverture des cellules mastoïdiennes.

La branche inférieure, verticale, plus grêle, plus longue que la précédente, et un peu recourbée à son extrémité inférieure, descend parallèlement au manche du marteau. Son sommet s’articule avec l’os lenticulaire; il est terminé d’après les uns par une pointe, d’après les autres par une petite fossette.

Os lenticulaire. — C'est un grain osseux, arrondi, intermédiaire à l’enclume et à 1 étrier. Quelques anatomistes le considèrent comme une épiphyse de l’enclume à laquelle on le trouve presque toujours soudé; d’autres au contraire en font un petit os particulier, et lui décrivent deux portions: 1° le pédicule, qui fait corps avec la branche verticale de l’enclume; 2" le chapiteau, dont la lace externe est concave, tandis que la face interne convexe s’articule avec l’étrier.

Etrier. — Situé horizontalement au-dessous de l’enclume, au niveau de la tenètre ovale, ce petit os, dont la figure rappelle l’instrument qui lui donne son nom, présente une tête, un col, deux branches courbes et une base.

La tète, très petite et arrondie, s’articule en dehors avec l’os lenticulaire, au moyen d une lacette concave.

Le col est un étranglement placé entre la tête et les branches; il donne attache en arrière au muscle de l’étrier.

Les branches, l’une antérieure, l’autre postérieure, se regardent parleur concavité; 1 anterieuie est la plus courte et la moins courbée.

La base est aplatie de dehors en dedans et de même forme que la fenêtre ovale qu elle bouche assez exactement. Elle laisse entre elle et les branches un espace ogival occupé par une membrane

ORGANES DE L’OUtE.

s’insérant par sa circonférence dans une cannelure de la face concave des branches et dans un petit sillon creusé le long du bord inférieur de la base.

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