‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 178 sur 210 · VAISSEAUX ET NERFS DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

VAISSEAUX ET NERFS DES FOSSES NASALES

Artères. — La pituitaire reçoit, par sa face adhérente, de nombreuses ramifications artérielles qui émanent de différentes sources. Ce sont les branches ethmoïdales antérieure et postérieure de Yophthalmique ; les branches sphéno-palatines, alvéolo-dentaires postérieures et supérieures, palatine et sous-orbitaire de la maxillaire interne ; enfin , le rameau de la sous-cloison de l’artère faciale.

Veines. — Elles accompagnent les artères et vont se rendre, par des troncs très volumineux , dans les veines ophthalmique , maxillaire interne et faciale.

Lymphatiques. — Arnold, Soemmerring, Bourgeryet d’autres anatomistes, ont fait représenter un beau réseau lymphatique sur la muqueuse des parois des fosses nasales; M. Cruveilhier dit l’avoir injecté en 1826.

M. Sappey , dont l’habileté dans ce genre de recherches est incontestée, soutient que la pituitaire est complètement dépourvue de lymphatiques; cependant je puis affirmer avoir vu ces vaisseaux injectés au mercure, de concert avec M. Jarjavay , agrégé à l’École de médecine de Paris.

Nerfs. — Ils viennent de deux sources : 1° de la première paire ou du nerf olfactif ; 2° de la cinquième ou du trijumeau.

Le nerf olfactif, après son passage à travers la lame criblée de l’ethmoïde , s’épanouit en réseaux sur la partie supérieure des parois interne et externe, ainsi que sur la voûte des fosses nasales. Le réseau de la paroi interne est plus considérable que celui de la paroi externe ; les filets qui les composent sont enveloppés par des gaines de la dure-mère et ne s’anastomosent jamais avec les nerfs de la cinquième paire.

Le trijumeau envoie , par l’intermédiaire des branches ophthalmique et maxillaire supérieure, plusieurs rameaux grêles, qui sont : le filet etlimoïdal du rameau nasal de l’ophthalmique , le sphéno-palatin externe et le sphéno-palatin interne ou naso-palatin ; enfin, quelques rameaux émanés des nerfs palatins se distribuent aussi sur la muqueuse de la paroi externe. Ces derniers, et les deux qui précèdent, sont une émanation du ganglion sphéno-palatin.

La plupart des physiologistes attribuent exclusivement au nerf olfactif la propriété de transmettre au cerveau les impressions des molécules odorantes; d’autres revendiquent cette prérogative pour les branches du trijumeau ; d’autres , enfin , réunissent ces deux opinions et prétendent que tous les nerfs qui se distribuent dans la muqueuse des fosses nasales concourent à la perception des odeurs.

Aujourd’hui on regarde généralement le nerf olfactif comme le nerf spécial de l’odorat; et l’on range sous la dépendance du trijumeau, la sensibilité générale, les sécrétions et la nutrition. Mais il est facile de comprendre qu’une altération de ce dernier, qui entraînerait un trouble des sécrétions ou de la nutrition de la pituitaire, et dessécherait par exemple celte membrane, nuirait évidemment à l’olfaction , de telle sorte que l’olfactif et le trijumeau, bien que doués de propriétés différentes, sont nécessaires tous les deux à la perception des odeurs.

Développement. — Dans les premiers temps de la vie, les fosses nasales ont une cavité simple , beaucoup moins anfractueuse et moins considérable que chez l’adulte ; les sinus n’existent pas et les cornets sont très petits. La pituitaire, très mince, quoique très vasculaire, forme au niveau de l’ouverture du sinus maxillaire un bourrelet épais , qui sert probablement à tapisser ultérieurement cette cavité, à mesure qu’elle s’agrandit.

Dans la série animale le développement et la forme des fosses nasales sont subordonnés à la perfection de l’odorat et au mode de respiration dans l’air ou dans l’eau. Ainsi, chez les poissons, on trouve deux cavités terminées en cul-de-sac et tapissées par une pituitaire plus ou moins

DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

plissée ; l’eau pénètre dans ces cavités et y amène les molécules odorantes , soit en suspension , soit en dissolution. Chez les oiseaux et les reptiles, on observe deux conduits ou cornets ouverts à leurs deux extrémités. Le nez des mammifères se rapproche davantage de celui de l’homme et présente même des anfractuosités plus profondes et plus nombreuses. Les cornets sont surtout remarquables par les formes bizarres qu’ils affectent : chez les herbivores , le cornet inférieur se dédouble à son bord libre et se partage en deux lamelles contournées en sens opposés ; chez les carnivores, le cornet inférieur ressemble à l’arbre de vie du cervelet; en môme temps les nerfs olfactifs de ces animaux sont très développés.

Usages. — Les fosses nasales renferment le sens de l’odorat ; leurs anfractuosités, leurs cavités, leurs cornets, leurs méats, donnent plus d’étendue à la membrane pituitaire, qui constitue la partie la plus importante de l’appareil olfactif, et présente ainsi des points de contact plus multipliés pour les molécules odorantes.

Le mécanisme de l’olfaction est facile à comprendre. L’air qui pénètre dans les fosses nasales, au moment de l’inspiration , arrive chargé de molécules odorantes et les applique contre la pituitaire ; celle-ci les retient dans le mucus dont elle est imbibée, les dissout peut-être, et les met en rapport avec les ramifications du nerf olfactif, qui transmet les diverses impressions à l’encéphale. L’introduction de l'air dans les fosses nasales et l’humidité de la muqueuse sont nécessaires pour la production des sensations olfactives. En effet, les corps même les plus odorants, placés près des narines, ne sont pas sentis pendant l’expiration ou si l’on retient son haleine; et si l’on veut recevoir vivement l’impression d’une odeur agréable , ou flairer une substance dont l’odeur est légère, on ferme la bouche et l’on fait par le nez des inspirations courtes, fréquentes et par secousses , afin de donner plus de rapidité à l’air qui pénètre ; en outre , tout le monde a remarqué combien l’odorat et le goût sont émoussés au commencement du coryza, quand la pituitaire est sèche et enflammée. Bien qu’on ne perçoive pas les odeurs pendant l’expiration , celle-ci n’est pourtant pas inutile à l’olfaction , car elle nettoie, elle balaie en quelque sorte les fosses nasales et leur permet ainsi de conserver leurs fonctions dans toute leur intégrité.

L’odorat réside presque uniquement dans la partie supérieure des fosses nasales, là où se distribuent les ramifications du nerf olfactif; les autres parties, y compris les sinus et les cellules ethmoïdales , ne sentent point.

Le sens de l’odorat, placé à l’entrée des voies respiratoires et digestives, a la double mission d’explorer à la fois les qualités de l’air que l’on doit inspirer et celles des substances alimentaires; il sert aussi, comme nousle verrons plus loin, à compléter en quelque sorte les sensations gustatives. Chez l’homme, il est plus ou moins développé , suivant les individus , les âges, les sexes, les tempéraments ; il peut se perfectionner par l’exercice , comme on le voit pour les parfumeurs; mais il s’émousse aussi par l’abus des odeurs et par l’usage des substances irritantes, comme le tabac. Chez les animaux , il offre des variétés remarquables. Certains insectes paraissent attirés par des odeurs particulières, les uns par celles des fleurs, les autres par celles des viandes en putréfaction. Les oiseaux et les reptiles semblent presque dépourvus d’odorat. Les mammifères, et principalement les carnassiers, ont généralement un nez très fin , mais qui ne peut percevoir , en quelque sorte , que les émanations des matières animales ; la plupart ne sont pas impressionnés par l’odeur des fleurs: on peut pourtant citer comme exception les chats , qui ont un goût prononcé pour l’odeur de la valériane.

Les fonctions des fosses nasales ne se bornent pas seulement à l’olfaction et à la respiration; ces cavités servent encore à l’excrétion des larmes, qu’elles reçoivent du canal nasal, et à la parole, dans la production des sons nasaux.

Dessiné d'après nature par Leveille

Préparé par LliClOViC

Iroplemercier Paris

ORGANES DE L’ODORAT OU DE L’OLFACTION

PlitAl IIE 85.

Elle montre les parties constituantes du nez.

Préparation. — Les figures 1 et 2 ne demandent aucune indication importante. Les follicules sébacés qu’elles reproduisent s’aperçoivent même sur le vivant. Pour les mettre dans toute leur évidence sur le cadavre il faut soumettre le nez à une macération de quelques semaines dans une solution faible d’un acide quelconque. Les figmes 3 et h, 5, G et 7 s’obtiennent en enlevant la peau mince qui recouvre les unes, la peau, les muscles et le tissu cellulaire qui masquent les autres. Seulement il conviendrait de tirer les cartilages du nez en sens opposé, afin de pouvoir examiner leurs limites exactes. La figure 8 appartient à la préparation des fosses nasales à laquelle je renvoie.

FIGURES 1 et 2.

Ces deux figures sont destinées à faire voir la conformation extérieure du nez et les nombreux follicules sébacés que sa couche cutanée renferme.

lîxgjBieaBitm «Be-ss fiigsis'em 1 et 2.

a, a. Rainure demi-circulaire se confondant inférieurement avec le sillon naso-labial. — b, b. Dos du nez. — c, c. Lobe du nez. — d, d. Racine du nez. — e, e. Narines ou ouvertures elliptiques creusées dans la base du nez. — f. Sous-cloison. — g, g. Ailes du nez.

FIGURES 3 et 4.

Couche musculaire du nez.

]Exg»!icats«î!iB des figures 3 et A.

a. Muscle pyramidal. — b, b. Triangulaire (pinnal transverse).— c. Myrliforme (pinnal radié). — d. Élévateui de l’aile du nez et de la lèvre supérieure. — e. Naso-labial.

FIGURES 3, G, 7 et 8.

Charpente osseuse, cartilagineuse et fibreuse du nez.

B'IxgBléesul ion «Be ces ligasees.

«, a. Os propres du nez. — b, b. Apophyses montantes des os maxillaires. — c, c. Cartilages latéraux du nez. — d, d, d. Cartilages des narines, repliés sur eux-mêmes (voy. fig. 6el7) ; ils offrent chacun deux branches, c, branche externe, et /', branche interne. — g, g, g. Cartilage de la cloison ; il remplit l’espace triangulaire qu’interceptent h, la lame perpendiculaire de l’elbmoïde, et i, le vomer. — j. Lames cartilagineuses supplémentaires. — k. Lame fibreuse remplissant l’intervalle qui existe entre les cartilages latéraux et les cartilages des narines. — l. Repli de la peau formant l’aile du nez.

DES OROANES DES SENS DE L’HOMME

PLAItHE 86.

Charpente osseuse des fosses nasales et leurs arrière- cavités ou sinus.

Préparation.— Sciez la base du crâne, d’avant en arrière, tout près de la partie moyenne et sur les côtés de l’apophyse crista-galli, de manière que la scie passe à côté de la cloison sans l’endommager, et vous obtiendrez les parois externe et interne des fosses nasales, représentées par les figures 1 et 2.

Enlevez les cornets supérieur et moyen ainsi que la lame plane qui est formée par la réunion de ces deux cornets, échancrez la partie antérieure du cornet inférieur, et vous mettrez à nu les cellules ethmoïdales, les sinus et le canal nasal, tels qu’ils sont représentés par la figure 3.

Les mêmes cellules et les mêmes sinus seraient à découvert par l’ablation de l’os planum de l’ethmoïde et par une section perpendiculaire et antéro-postérieure pratiquée sur le côté externe de la face, depuis la voûte de l’orbite jusqu’au milieu des alvéoles, ainsi qu'on le voit figure h.

Enfin on complétera la préparation des fosses nasales en exécutant une coupe verticale et transversale, qui divisera les fosses nasales en deux parties, antérieure et postérieure, au niveau de la grosse molaire. Ce dernier procédé procure l’avantage de montrer tout l’ensemble des fosses nasales ainsi que les communications des méats avec les cellules et les sinus.

Paroi interne des fosses nasales.

Fxjilieation «le la figure 1.

a. Apophyse crista-galli se continuant avec b, la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. Cette lame offre, vers sa partie supérieure, des gouttières et des petits canaux qui se continuent avec les trous de la lame criblée, pour loger les ramifications internes du nerf olfactif. — c. Vomer. — d. Échancrure triangulaire remplie, dans l’état hais, par le cartilage triangulaire.

Paroi externe des fosses nasales.

Explunlion «le la figure 2.

a. Cornet supérieur ou cornet de Morgagni. — b. Cornet moyen ; ces deux cornets appartenant à l’ethmoïde sont confondus en c, une lame plane un peu inégale, sur laquelle on remarque des gouttières dégénérant en petits canaux pour loger les divisions externes du nerf olfactif. — d. Cornet inférieur à la partie antérieure duquel on rencontre l’orifice inférieur du canal nasal. — e. Méat inférieur. — f. Méat moyen au fond duquel on trouve : g, l’ouverture de communication avec le sinus maxillaire ; h, l’ouverture de communication avec les cellules antérieures de l’elhmoïde, et par le moyen de celle-ci, avec*, le sinus frontal. — j, Méat supérieur dans lequel il existe une ou deux ouvertures qui communiquent dans les cellules postérieures de l’ethmoïde et dans le, le sinus sphénoïdal. — l. Trou sphéno-palatin.

Paroi externe des fosses nasales destinée à faire voir les sinus et les cellules ethmoïdales.

Explirntioai «le la figure 3.

a. Cellules ethmoïdales postérieures. — b. Cellules ethmoïdales antérieures ; les postérieures n’ont aucune communication avec les antérieures ; les premières s’ouvrent dans le méat supérieur, les secondes dans le méat moyen. — c. Sinus sphénoïdal. — d. Sinus frontal. — e. Infundibulum établissant la communication du méat moyen avec le sinus frontal. — f. Sinus maxillaire. — g. Canal nasal. — li. Trou sphéno-palatin.

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