‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 177 sur 210 · MEMBRANE MUQUEUSE PITUITAIRE · texte numérisé non relu

MEMBRANE MUQUEUSE PITUITAIRE

La membrane pituitaire, appelée aussi membranes de Schneider , du nom de l’auteur qui l’a le premier décrite, revêt les parois des fosses nasales, y compris les cornets et les méats, et s’enfonce même dans les sinus sphénoïdaux, frontaux, maxillaires, et dans les cellules ethmoïdales, en y présentant toutefois des modifications notables. Elle se continue en avant, par l’intermédiaire des narines, avec la peau du nez et de la lèvre supérieure, avec la conjonctive au moyen du canal nasal, des points et des conduits lacrymaux, et avec la muqueuse de la voûte palatine par le canal palatin antérieur ; en arrière elle se continue également avec la muqueuse de la trompe d’Eustache, du voile du palais et du pharynx.

Dans son trajet compliqué, la pituitaire elface la plupart des saillies et des dépressions qui existent sur le squelette, rétrécit certaines ouvertures, comme celles des sinus, en bouche même quelques autres, comme le trou sphéno-palatin et les trous de la lame criblée de l’ethmoïde, allonge les cornets et diminue la largeur des méats. Aussi l’aspect des fosses nasales est-il bien différent suivant qu’on les examine à l’état frais ou sur le squelette.

On considère à la pituitaire deux faces, l’une libre et l’autre adhérente.

Surface libre. — La face libre, d’une coloration rose foncée, d’un aspect velouté, molle, est criblée de trous, surtout nombreux vers la partie moyenne de la cloison et de la paroi externe. Ces trous sont les orifices des follicules mucipares, et l’on peut en faire sortir, en pressant, une grande quantité de mucus.

On trouve encore sur cette face plusieurs ouvertures, qui sont : 1° L’orifice inférieur du canal nasal, situé au-dessous de l’extrémité antérieure du cornet inférieur, et autour duquel la muqueuse forme une valvule, une sorte de repli semi-lunaire déjà décrit page 252.

2° Dansl’infundibulum, à la partie supérieure du méat moyen, on voit les orifices du sinus frontal, des cellules ethmoïdales antérieures et du sinus maxillaire. Ce dernier, déjà rétréci sur le squelette par l’ethmoïde, l’os unguis, le palatin et le cornet inférieur, est encore diminué en arrière par un repli que forme la pituitaire en s’adossant à elle-même, au moment où elle pénètre dans le sinus.

Cetle ouverture n’est plus alors qu’une petite fente, dirigée d’avant en arrière, de 3 à 5 millimètres de longueur, située à la partie antérieure et supérieure du méat moyen, et cachée au fond d'une rainure profonde due à la jonction du maxillaire supérieur avec l’ethmoïde. Quelquefois, outre cette ouverture normale, il en existe encore une ou deux autres supplémentaires, situées plus en arrière. Jourdain et Bordenave remarquent que l’orifice du sinus est placé de telle sorte que le mucus de cette cavité ne peut tomber dans les fosses nasales pendant la station verticale, mais seulement lorsqu’on est couché et qu’on incline la tète du côté opposé.

3° Dans le méat supérieur, au-dessous et à la partie antérieure du cornet de Morgagni, s’ouvrent les cellules ethmoïdales postérieures, et tout à fait en arrière le sinus sphénoïdal, dont l’orifice est rétréci par la muqueuse et quelquefois complètement bouché; le sinus est alors revêtu par une membrane indépendante de la pituitaire.

4° En avant, à 3 centimètres environ derrière le bout du nez, on voit l’ouverture du canal palatin antérieur, le plus souvent oblitérée par la muqueuse et indiquée seulement par une légère dépression.

Dans les sinus, la face libre de la pituitaire est plus pâle et plus lisse que dans les fosses nasales, bien quelle soit également pourvue de cils vibratiles ; elle présente aussi un moins grand nombre de trous.

Surface adhérente. — Elle est entièrement unie au périoste et au périchondre, aussi a-t-on considéré la pituitaire comme une membrane fibro -muqueuse. Cependant, d’après Huschke , elle se distingue facilement du périoste par sa coloration et par une couche de follicules qui l’en sépare. L’adhérence que contractent ces deux membranes, déjà considérable dans les fosses nasales, l’est encore davantage dans les sinus.

Structure. — On décrit dans la pituitaire deux feuillets, l’un muqueux, l’autre fibreux, qui n’est autre que le périoste et le périchondre , des follicules mucipares , des vaisseaux et des nerfs.

1° Feuillet fibreux. — Étendu sans aucun intermédiaire sur les os et les cartilages, ce feuillet est renforcé à la voûte des fosses nasales par les nombreuses gaines fibreuses que la dure-mère envoie aux nerfs olfactifs. Très adhérent au feuillet muqueux, surtout dans les sinus, il est moins intimement uni aux os dans ces dernières cavités que dans les fosses nasales.

T Feuillet muqueux.— Séparé du précédent par les glandes mucipares, ce feuillet est très vasculaire et très épais dans les fosses nasales, principalement sur le cornet inférieur; dans les sinus , il est plus pâle, plus mince, moins vasculaire et moins pourvu de nerfs. Sa surface est couverte d’épithélium vibratile , analogue à celui qu’on trouve dans toute la longueur des voies respiratoires.

D’après Henle, l’épithélium stratifié de la face interne du nez fait place au niveau de l’ouverture antérieure des fosses nasales, à l’épithélium vibratile, qui s’étend dans les cellules ethmoïdales , les sinus , le canal nasal , la trompe d’Eustache, le cul-de-sac supérieur du pharynx ,et sur la face postérieure du voile du palais. Il est formé de cellules cylindriques ou ovalaires de 1/73 de ligne de longueur, implantées perpendiculairement à la surface de la muqueuse. Ces cellules sont fixées par leur extrémité étroite , et libres par leur extrémité la plus large, qui est arrondie ou renflée, et surmontée de cils au nombre de trois à huit. M. Gosselin a vu, sur des suppliciés, les cils vibratiles du sinus maxillaire conserver leurs mouvements encore quarante-huit heures après la mort ; et d’après les observations de M. Giraldès, ils peuvent persister jusqu’à soixante heures après la mort.

3° Les follicules , que la macération prolongée dans de l’eau acidulée met en toute évidence, forment au-dessous du feuillet muqueux une couche de 1/2 ligne à 1 ligne d’épaisseur.

Ils sont très nombreux sur la partie moyenne de la cloison et de la paroi externe, à la partie postérieure des méats et sur le repli muqueux de l’entrée du sinus maxillaire, où , par leur rapprochement, ils simulent une glande. D’après Krause, on trouve dans le sinus maxillaire des glandes mucipares de 1/45 à 1/7 de ligne de long.

Les follicules sont destinés à sécréter une humeur appelée morve ou mucus des fosses nasales.

Ce mucus est blanchâtre, inodore , d’une consistance visqueuse, peu soluble et d’un goût légè-

ORGANES DE L’ODORAT OU DE L’OLFACTION

renient salé. Sa quantité , qui est plus considérable dans l’enfance et dans la vieillesse , que dans l’àge adulte, en hiver qu’en été, augmente beaucoup dans le larmoiement et dans le coryza.

Son usage est d’entretenir la pituitaire dans un état d’humidité nécessaire à l’olfaction et suffisant pour arrêter à sa surface les corps étrangers que l’air entraînerait dans les poumons pendant l’inspiration.

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