‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 187 sur 210 · AO · texte numérisé non relu

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partie, comme nerf spécial de la gustation, me semble pouvoir être contestée, ainsi que nous le verrons tout à l’heure.

3° La portion linguale du glosso-pharyngien se divise constamment en deux branches, l’une interne et l’autre externe. La première, plus considérable, se distribue dans la muqueuse de la base de la langue, et envoie des filets aux papilles caliciformes. La seconde se prolonge en avant sur le bord delà langue et se voit à l’oeil nu, jusqu’au quart antérieur de cet organe.

On regarde habituellement le glosso-pharyngien comme le nerf de sensibilité tactile et gustative de la base de la langue; mais l’existence de la branche externe, qui pourrait peut-être, à l’aide d’un verre grossissant, être poursuivie jusqu’à la pointe, méfait pencher vers l’opinion de Panizza, suivant lequel le glosso-pharyngien serait le nerf spécial delà gustation.

à0 La corde du tympan, branche de communication du lingual avec le facial, envisagée tour à tour comme une émanation de l'un ou de l’autre de ces deux nerfs, fait partie du lingual au delà du ganglion sous-maxillaire. Chez l’homme, il est impossible de l’en séparer, passé ce renflement, sans solution de continuité; mais chez certains animaux (cheval, mouton, porc), d’après M. Demarquay, elle s’isole facilement du lingual et se perd dans la muqueuse de la face dorsale.

Les opinions sont nombreuses et contradictoires sur les fonctions de cette branche nerveuse. Bellingeri la regarde comme destinée à transmettre à l’encéphale les impressions gustatives; Biffi etMorganti en font un rameau de sensibilité tactile, opinion que M. Duchesne a de nouveau mise à l’ordre du jour, par suite de l’application directe de l’électricité sur la membrane du tympan. Enfin, M. Cl. Bernard prétend que la corde du tympan n’est qu’une branche motrice ajoutée au nerf lingual ; qu’elle se perd dans les fibres longitudinales supérieures, mais qu’elle joue toutefois un rôle important dans la gustation, en imprimant aux papilles une sorte d’érection, comme le disait Haller, qui leur permette de s’emparer des molécules sapides et de rendre leur appréciation instantanée.

5° Le nerf que j’ai désigné sous le nom de rameau lingual du facial s’anastomose autour et dans l’épaisseur du muscle stylo-pharyngien, avec le glosso-pharyngien; il se distribue dans les fibres musculaires subjacentes à la muqueuse delà base de la langue [muscle lingual longitudinal superficiel).

Il a pour usage de faire raccourcir la langue dont il recourbe la pointe en haut et en arrière. Il me semble qu’il pourrait exercer sur la gustation l’influence que M. Bernard attribue à la corde tlu tympan, vu qu’il se distribue manifestement à la face dorsale de la langue, tandis que la corde du tympan n’v arrive jamais directement. D’après les recherches de M. Davaine, la paralysie de ce rameau aurait pour résultat une imperfection dans la prononciation des lettres linguales.

6° Rameau lingual du laryngé supérieur. Après qu’il a traversé la membrane thvro hyoïdienne, le larvngé supérieur de chaque côté fournit un ou plusieurs rameaux grêles qui s’insinuent sous la muqueuse de la base de la langue, en dedans du glosso-pharyngien, et s’y perdent.

C’est par cette petite branche du pneumo-gastrique qu’on explique les rapports sympathiques qu’il y a entre la langue et l’estomac; c’est à elle que l’on rapporte le sentiment de dégoût et l’envie de vomir que l’on éprouve, si l’on titille la base de la langue; enfin, on pense encore que l’impression produite sur les filets du laryngé supérieur ou du glosso-pharyngien, par la présence du bol alimentaire sur la base de la langue, provoque les mouvements de déglutition.

7° Les filets linguaux du grand sympathique émanent du plexus inter-carotidien et s’eidacent autour de l’artère linguale, qu’ils accompagnent dans l’épaisseur de la langue. Ils président à la .nutrition de cet organe et aux sécrétions.

Il me reste encore à signaler de nombreux petits ganglions que Remak a trouvés sur l’expansion des nerfs de la langue, tant sur les filets destinés à la substance charnue que sur ceux qui s’épanouissent dans la membrane muqueuse. Avant que j’aie eu connaissance de la découverte de ce savant et habile anatomiste, j’ai vu, à l’œil nu, sur les dernières divisions du nerf lingual, des renflements d’où partaient des houppes de filaments qui se rendaient dans les papilles des bords de la langue.

A l’aspect de tant de nerfs d’origines si différentes, réunis dans un si petit organe, doit-on s’étonner si la langue possède à la fois des fonctions si nettes et si variées, des mouvements si prompts et en même temps si précis, des sensations si vives et si délicates, des sympathies si rapidesetsi nombreuses.

ORGANES DU GOUT

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