‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 197 sur 210 · ANNEXES DE LA PEAU · texte numérisé non relu

ANNEXES DE LA PEAU

GLANDES SÉBACÉES.

Ce sont de petites glandes de la grosseur d’un grain de millet, placées dans l’épaisseur du derme et sécrétant une humeur particulière appelée sébum.

On les trouve sur toute la surface du corps, à l’exception de la paume des mains et de la plante des pieds ; presque partout elles accompagnent les poils ; celles mêmes des paupières, des ailes du nez et de l’aréole du mamelon, sont en rapport avec un duvet très fin, et il n’y a qu’a la couronne du gland et aux petites lèvres où l’on ne puisse pas démontrer la présence des poils. Elles sont généralement plus nombreuses dans les régions les plus velues, comme au péricrâne, à la face, aux parties génitales; les plus développées se voient au pourtour des ouvertures naturelles.

Ces glandes ne descendent jamais aussi profondément dans l’épaisseur du derme que les follicules pileux et les glandes sudorifères.

Chacune d’elles est formée de petites vésicules ovoïdes, en nombre variable de trois à douze, groupées autour d’un conduit excréteur commun, et réunies en une seule masse, par du tissu cellulaire. Les vésicules rétrécies en forme de goulot à l’endroit où elles s’abouchent dans le tube commun, sont constituées par une membrane amorphe, tapissée à l’intérieur par des petites cellules. Le conduit excréteur est revêtu a sa face interne par un mince prolongement de l’épiderme qui se continue avec les cellules des vésicules. Ce conduit s’évase a son orifice externe, et s’ouvre vers l’extrémité supérieure du follicule pileux qu’il accompagne, de manière à verser son contenu entre le poil et sa gaine; cependant, aux petites lèvres et a la couronne du gland, il doit correspondre immédiatement à la surface de la peau.

On voit toujours deux ou plusieurs glandes sébacées autour d’un follicule pileux, et elles sont généralement d’autant plus développées, que le poil est plus petit.

Leur produit de sécrétion semble destiné à entretenir la souplesse de la peau et à oindre les poils. Sa composition n’est pas la même dans les différentes régions: ainsi au nez , il consiste en une matière inodore, amorphe et granulée, renfermant des gouttelettes de graisse et des petites cellules épithéliales détachées des parois des vésicules: aux organes génitaux , c’est une substance d’odeur forte, ammoniacale et pénétrante, qui se pourrit très promptement et prend place d’après ses principes constituants, entre l’oxyde caséique et le musc.

J ai indiqué ailleurs comment la matière sébacée pouvait s’accumuler dans la glande, la distendre et apparaître a I extérieur sous la forme de points colorés en noir par la poussière; ces points s aperçoivent souvent en grand nombre sur les ailes du nez, et si l’on presse latéralement la saillie qui leur correspond, on fait sortir la matière sébacée sous la forme d’un petit vermisseau.

GLANDES SUDORIFÈRES.

Bien qu’elles aient été indiquées par beaucoup d’anatomistes, et particulièrement par Malpighi, c’est surtout aux recherches de Breschet et Roussel de Vauzème en France, Purkinje, Vendt et Wagner en Allemagne, que nous devons la connaissance exacte de l’appareil sudatoire ( appareil diajmogène).

La situation des glandes qui composent cet appareil est dans l’épaisseur du derme, plus souvent même dans le tissu cellulaire sous dermique et toujours au-dessous des glandes sébacées.

On les rencontre dans toute l’étendue de la peau, mais leur présence se decele plus aisément a la paume des mains et à la plante des pieds, où a l’aide d’une simple loupe on peut voir leurs orifices placés régulièrement entre les papilles. Dans les autres régions, ces orifices sont moins appa-

ORGANES DU TACT OU DU TOUCHER

rents et irrégulièrement disposés, pourtant on ne les trouve nulle part aussi nombreux et aussi larges qu’au creux de l’aisselle.

Dans chaque glande on distingue la pelote ou la glande proprement dite et le conduit excréteur; mais ces deux parties sont formées par un même tube en cul-de-sac, qui s’enroule à son extrémité inférieure de manière à constituer une petite masse de grosseur variable.

La pelote a l’apparence d’un grain jaunâtre ou jaune rougeâtre, à surface inégale et bosselée, a peine visible au milieu des cellules adipeuses qui l’environnent et qui unissent ces différents replis.

Le conduit excréteur, toujours simple à son orifice externe, quelquefois double au moment où il se dégage de la pelote, d’après l’opinion de MAL Giraldès et Wagner, monte perpendiculairement vers la surface de la peau. Dans le derme, il décrit des flexuosités d’autant plus prononcées que la glande est plus volumineuse; au niveau des papilles il se redresse; dans l’épiderme il redevient flexueux et se contourne en spirale; les tours de spire sont plus nombreux et plus serrés dans les couches épaisses d’épiderme, aussi peut-on surtout les observer à la paume des mains et à la plante des pieds. Dans ces dernières régions, le conduit gagne l’épiderme en traversant le petit sillon intermédiaire à deux papilles accouplées.

Le tube qui constitue la glande sudorifère n’est pas partout également calibré, son diamètre augmente insensiblement depuis son extrémité en cul-de-sac jusqu’à l’endroit où il devient conduit excréteur ; alors il se rétrécit peu à peu jusqu’au stratum de Malpighi, pour s’élargir de nouveau en se rapprochant de la surface de la peau et se terminer par un orifice infundibuliforme.

Il n’offre pas non plus les mêmes dimensions dans toutes les glandes ; on évalue son diamètre, en moyenne, à un ou deux dixièmes de millimètre, mais il devient trois ou quatre fois plus considérable dans les grosses glandes de l’aisselle, dont les tubes sont très longs, et décrivent dans la pelote un plus grand nombre de replis.

Chaque tube sudorifère est constitué par une membrane externe, fibreuse, très mince, et par une membrane interne formée elle-même dedeux couches de cellules polygonales, semblables à celles de l’épiderme. La membrane externe est une dépendance du derme, elle se continue avec la surface des papilles et s’arrête au niveau de l’épiderme; un réseau très serré de capillaires sanguins l’environne; dans les grosses glandes, d’après Koelliker, un peu de tissu fibreux sert, aussi à réunir les circonvolutions de la pelote. La membrane interne, fournie par l’épiderme, s’étend dans toute la longueur du tube; seulement ses cellules sont plus molles, moins aplaties et moins adhérentes entre elles dans la portion sécrétante que dans le conduit excréteur; au-dessus du derme elle forme à elle seule les parois du tube. Lorsqu’on sépare l’épiderme du derme, elle abandonne la membrane fibreuse et apparaît comme un long tractus blanchâtre.

Les glandes de l’aisselle possèdent encore, indépendamment des deux membranes dont je viens de parler, une couche de fibres musculaires organiques. Koelliker a rencontré les mêmes fi lires, mais moins développées et occupant seulement le fond du cul-de-sac, dans les glandes de l’aréole du mamelon, du scrotum, du mont de Vénus, des grandes lèvres et du pourtour de l’anus.

Les glandes sudorifères sécrètent la sueur. A l’état ordinaire cette humeur est produite en petite quantité et se volatilise aussitôt formée; mais sous l’influence d’une longue course, d’une émotion morale ou d’un état pathologique, elle sort en telle abondance, qu’elle se répand sur la surface de la peau. Examinée dans les tubes qui la renferment, elle est liquide, incolore, et c’est à peine si l'on y rencontre quelques corpuscules semblables a ceux du mucus et quelques lamelles d’épiderme; dans les glandes de l'aisselle, elle est plus riche en granulations et presque solide; par sa consistance elle se rapproche du contenu des glandes cérumineuses de l’oreille, glandes dont la forme et la structure sont d’ailleurs identiquesavec celles desglandessudorilères. La sueur qu’on a recueillie est un liquide limpide, tantôt acide, tantôt alcalin, inodore dans l’état normal, d’une odeur particulière et quelquefois urineuse dans les maladies: elle se compose en grande partie d’eau (9/10), de matières grasses, d’urée et de quelques sels, parmi lesquels on doit citer surtout le sel marin; on y trouve aussi des lamelles d’épiderme provenant sans nul doute des parois internes des tubes sécréteurs.

35Zi

DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

PHANÈRES. '

On désigne ainsi toutes les productions de la peau qui font saillie à sa surface; il y en a deux

espèces: les ongles et les poils .

Page 1