PIGMENT
La coloration noire du nègre et la teinte brune de quelques régions de la peau du blanc sont dues à un appareil particulier, le pigment , répandu dans la partie la plus profonde de l’épiderme.
Le pigment est constitué par des cellules renfermant au centre un noyau clair et transparent, autour duquel viennent se grouper les granules pigmentaires, qui remplissent plus ou moins complètement la cavité cellulaire.
Ces granules sont de petites lamelles de forme ovalaire, transparentes, si on les voit isolées les unes des autres, mais d’une couleur jaunâtre, jaune rougeâtre ou noirâtre, lorsqu’il y en a plusieurs ensemble. Elles s’amassent autour du noyau, de manière à l’envelopper de toutes parts et à le cacher complètement; une substance visqueuse sert probablement à les maintenir en place et constitue plus tard la membrane cellulaire et le liquide qui sépare celle-ci des granules. Cependant, le plus souvent le liquide manque, et la membrane cellulaire, très mince, est confondue avec son contenu. Cette disposition des cellules pigmentaires, admise par Henle et la plupart des micrographes, est contredite par Purkinje, suivant lequel les granules seraient placés à l’extérieur de la cellule. Ces petits corps, quand on les sépare les uns des autres, sont animés d’un mouvement moléculaire très vif ; d’après Schwann, ils seraient même susceptibles de se mouvoir dans le liquide de la cellule.
Les cellules ont une forme arrondie, lorsqu’on les examine dans les régions colorées de la peau du blanc, où elles sont en petite quantité ; mais chez le nègre, où elles existent en grand nombre, superposées les unes aux au très, elles s’aplatissent, se déforment, deviennent hexagonales ou polyédriques.
Filles ne constituent pas une couche parfaitement distincte entre le derme et l’épiderme, ainsi que l’avait pensé M. Flourens: on les trouve, il est vrai, en majeure partie à la surface du derme, et principalement dans les sillons inter-papillaires, mais elles se placent aussi entre les jeunes cellules de l’épiderme.
G. Breschet et Boussel de Yauzème croyaient que la matière colorante de la peau était fournie par des organes glanduleux particuliers ( appareil chromatogene) , mais les recherches ultérieures ont démontré qu’il n’en est pas réellement ainsi. Les cellules pigmentaires se reproduisent et se transforment commeles cellules épithéliales. Les plus jeunes repoussent les plus anciennes, à mesure que celles-ci s’éloignent du derme, elles s’aplatissent davantage, leurs granulations pâlissent, puis disparaissent tout à fait, et il ne reste plus qu’une lamelle analogue aux lamelles épidermiques.
Cette régénération continuelle du pigment peut être entravée, lorsqu’à la suite d’une blessure, le derme a été détruit trop profondément ; c’est ce qu’on observe chez les nègres, dont les cicatrices, d’abord blanches, ne revêtent qu’à la longue la couleur noirâtre.
Chez les individus de la race caucasique, les taches de rousseur sont dues à la présence du pigment, mais on ignore s’il en est de même pour la teinte basanée de ceux qui sont sans cesse exposés aux ardeurs du soleil; peut-être n’y a-t-il là, comme le dit Henle, qu’une modification chimique de l’épiderme.
DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME