VAISSEAUX DE LA PEAU
1° Vaisseaux sanguins. — Les branches artérielles et veineuses pénètrent en grand nombre dans la peau, et y forment par leurs anastomoses deux réseaux : l’un profond ou sous-dermique , l’autre superficiel.
Les artérioles qui viennent de traverser les aponévroses se répandent dans le tissu cellulaire souscutané, se divisent, s’anastomosent et constituent d’abord un réseau capillaire à larges mailles autour des follicules pileux, des glandes sudorifères et des cônes graisseux. Elles montent ensuite dans l’épaisseur du derme, s’anostomosent encore autour des glandes sébacées, et se réunissent enfin vers la face superficielle en un réseau très serré. De celui-ci partent des anses capillaires qui s’élèvent jusqu’au sommet des papilles. On admet dans chaque anse une branche artérielle et une branche veineuse. Il n’y a qu’une anse pour les petites papilles ; dans les grosses, au contraire, îe capillaire artériel fournit de chaque côté plusieurs ramifications qui se continuent également avec des ramifications veineuses.
Il est difficile, dans les dernières divisions vasculaires, de distinguer les capillaires artériels des capillaires veineux, mais ceux-ci sont reconnaissables dans le tissu cellulaire sous-cutané par leur volume plus considérable; de plus, ils se jettent dans les veines superficielles, tandis que les capillaires artériels font suite aux artères situées toujours plus profondément.
Les vaisseaux sanguins donnent au derme sa coloration rosée ; leur quantité n’est pas la même partout ; les réseaux les plus serrés s’observent principalement à la face, à la paume des mains, à la plante des pieds, aux organes génitaux, là où l’on trouve un grand nombre de papilles, et où il se fait des sécrétions abondantes.
2° Vaisseaux lymphatiques.— On décrit dans la peau deux réseaux de vaisseaux lymphatiques ; l’un superficiel, très serré dans certaines régions, situé à la surface du derme, au-dessus des capillaires sanguins ; l’autre profond, sous-dermique, à mailles plus larges, d’où partent des lymphatiques qui se rendent aux ganglions.
Pendant longtemps on a méconnu la présence de ces vaisseaux dans l’enveloppe cutanée, et même encore à présent quelques anatomistes, sans nier positivement l’existence des réseaux, disent que ceux obtenus par les injections sont produits par l’infiltration du mercure dans les sillons inter-papillaires. Cependant les recherches de Mascagni, Haase, Panizza, et les travaux de MM. Fohmann, Breschet et Roussel de Vauzème, Bonamy et Sappey, semblent devoir nous inspirer toute confiance.
Ce dernier surtout a étudié avec soin la distribution des lymphatiques. D’après lui, ces vaisseaux formeraient leurs réseaux les plus fins et les plus serrés dans les régions riches en glandes (sudorifères et sébacées) et en papilles, c’est-à-dire à la paume des mains, à la plante des pieds, aux parties génitales, sur les facçs latérales du nez, etc., etc. Il a vu aussi des ramifications très déliées monter dans l’intérieur des grosses papilles, et s’y diviser de manière à constituer un petit réseau, disposition qui rappelle à la rigueur celle des capillaires sanguins dans les mêmes organes.