‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 201 sur 210 · NERFS ET CORPUSCULES DE PACINI · texte numérisé non relu

NERFS ET CORPUSCULES DE PACINI

La peau reçoit un grand nombre de filets nerveux qui se divisent et s’anastomosent de plus en plus, de manière à former des plexus dans l’épaisseur du derme.

Si l’on suit un de ces filets, on le voit tantôt diminuer de volume par l’émission successive des ramuscules qu’il fournit, tantôt se renfler peu à peu par l’addition de filets anastomotiques; enfin, réduit à ses dernières fibrilles, il se perd dans un faisceau voisin en décrivant une anse ou une arcade étroite.

J’ai indiqué précédemment comment les fibrilles se comportaient à l’égard des papilles; mais il ne sera peut-être pas sans intérêt d’examiner leur mode de terminaison dans ce qu’on appelle les

corpuscules de Pacini ou de Vutcr.

Ces petits corps existent en grand nombre à la paume des mains, à la plante des pieds, et principalement sur le trajet des nerfs collatéraux palmaires et plantaires, auxquels ils sont appendus par un pédicule ; on les trouve aussi sur quelques nerfs articulaires et intercostaux et dans le plexus mésentérique du chat. Leur forme est plus ou moins ovale; leur diamètre varie de 1/2 à 2 millimètres; ils sont presque transparents et marquésau centre d’une ligne blanchâtre faisant en quelque sorte suite au pédicule. Celui-ci est formé par le névrilème, et renferme une artériole, une veinule et une fibre nerveuse.

Le corpuscule se compose d’une cavité centrale entourée de trente ou soixante capsules membraneuses renfermant des noyaux, emboîtées les unes dans les autres et constituées par le déplissementdu névrilème. Parmi ces capsules, les pl us externes conservent la forme ovoïde etsont séparées les unes des autres par un liquide transparent, les plus internes sont cylindriques et intimement accolées entre elles. La cavité centrale est remplie d’un liquide transparent au milieu duquel pénètre la fibre nerveuse.

Celle -ci est plus fine et plus pâle que dans le pédicule; tantôt elle se termine par une extrémité renflée, tantôt elle se divise en deux ou trois branches également renflées à leur extrémité; quelquefois elle se bifurque au sortir du pédicule, et chaque branche se rend séparément dans un corpuscule.

On ignore jusqu’à présent quels sont les usages des petits renflements que je viens de décrire, et si je me suis étendu ici sur les détails de leur organisation, c’est surtout pour permettre au lecteur de les rapprocher des corpuscules découverts par Wagner et Meissner dans les papilles du toucher; peut-être, en effet, ont-ils avec ces derniers un lien de parenté quedes travaux ultérieurs rendront plus évident.

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