CERVELET
CONFORMATION EXTÉRIEURE
Le cervelet est cette portion de l’encéphale qui est située à la partie postérieure et intérieure de la cavité crânienne, dans les fosses occipitales, au-dessous du cerveau, dont elle est séparée par la tente, et en arrière de la moelle allongée. Il a la forme d’un ellipsoïde aplati de haut en bas, arrondi dans son contour et plus mince sur les bords que dans son milieu ; son grand diamètre est transversal, et le petit antéro-postérieur. On l’a comparé à un cœur de carte à jouer, à sommet tronqué dirigé en avant et à base tournée en arrière. Les anciens l’ont assimilé à deux sphéroïdes aplatis et confondus par leurs points juxtaposés. Parfaitement symétrique, et recouvert par le cerveau et les méninges, le cervelet est sillonné, dans toute sa périphérie, par des rainures plus ou moins profondes, et formé de trois lobes: deux lobes latéraux et un lobe moyen qui les réunit entre eux. Sa circonférence offre sur la ligne médiane deux échancrures qui sont la terminaison d’une grande scissure, placée à la région inférieure : l’une, postérieure, est en rapport avec la faux du cervelet et la crête occipitale interne; l’autre, antérieure, embrasse la moelle allongée.
Trois substances composent son tissu : l’une blanche, médullaire et centrale, est entourée par la substance grise ou corticale périphérique; la troisième , qui est jaunâtre, est intermédiaire aux deux autres.
La substance médullaire du cervelet est plus consistante que celle du cerveau ; la substance grise est, au contraire, plus molle.
Le volume du cervelet de l’adulte est proportionnellement plus considérable que celui de l’enfant. Entre le cerveau et le cervelet de l’enfant le rapport est : : 1 : 20.
Gall et Cuvier prétendent que le cervelet de la femme est proportionnellement plus volumineux que celui de l’homme. Les observations deM. Leuret contredisent cette assertion.
Le cervelet des autres espèces animales est aussi proportionnellement moins volumineux que celui de l’homme.
M. Flourens considère le cervelet comme le siège exclusif du principe qui coordonne les mouvements de locomotion.
D’après Gall et M. Serres, il est l’organe de l’instinct de la propagation ou de l’amour physique.
On considère au cervelet une région supérieure, une région inférieure et une circonférence.
Cette planche représente la conformation intérieure et extérieure du cervelet.
Préparation. — Le cerveau reposant sur la convexité, soulevez d’une main le cervelet, de manière à l'écarter du cerveau, vous observez entre ces deux organes une espèce de cul de-sac revêtu par la pie-mère, qui est très épaisse et très vasculaire sur ce point. Enlevez cette membrane avec précaution, vous découvrez alors la portion transversale de la fente cérébrale de Bichat. En écartant et en soulevant les lèvres de celte fente, vous rencontrez plus avant les tubercules quadrijumeaux et la glande pinéale, qui demeure quelquefois adhérente à la toile choroïdienne ; faites ensuite avec un bon scalpel à longue lame une section perpendiculaire ou oblique, qui, passant au-devant des tubercules quadrijumeaux, se termine sur les pédoncules cérébraux, un peu audevant de la protubérance : vous séparez ainsi du cerveau le cervelet et la moelle allongée, qui sont réunis entre eux. La séparation étant obtenue, vous dépouillez complètement et avec soin le cervelet de la pie-mère, pour ne pas entraîner la substance grise, unie intimement à cette membrane par une multitude de prolongements cellulo- vasculaires. Sans cette précaution, l’ablation de celte substance, déjà si facile, serait inévitable, surtout si l’organe éprouvait un commencement d'altération ou de ramollissement.
Cette ligure montre la région supérieure du cervelet. Les tubercules quadrijumeaux sont conservés pour indiquer leurs rapports avec cet organe.
Explication de la figure 1 •
Séparée des lobules postérieurs du cerveau par la tente du cervelet, celle région ollre sur la ligne médiane, 1, V éminence vermiculaire supérieure (processus vermiformis superior). Celte éminence antéro-postérieure est une dépendance du lobe médian du cervelet et divise la région supérieure en deux parties égales : elle est sillonnée par des rainures transversales et annulaires qui lui donnent l’aspect d’un ver à soie. Son extrémité antérieure, plus marquée, recouvre la valvule deVieussens, les processus cerebelli ad lestes, et un peu les deux tubercules postérieurs (lestes). Son extrémité postérieure n’arrivant pas jusqu’à la circonférence du cervelet, elle concourt à former en arrière, 2, l'échancrure médiane du cervelet.
De chaque côté de l’éminence vermiculaire supérieure, celle région présente un plan incliné en bas et en dehors, et est sillonnée par des rainures curvilignes, à concavité antérieure , et de plus en plus grandes d’avant en arrière. La profondeur de ces rainures ou sillons n’est pas la même; de là sa division en lobules, segments, lames et lamelles. Les sillons les plus profonds et les plus largesse continuent d’un côté à l’autre , sans être interrompus par le vermis supérieur. Les autres sillons , plus petits et superficiels, semblent se terminer sur le vermis supérieur et ne se continuent pas d’un côté à l’autre. — 3. Tubercules quadrijumeaux.
Elle représente la région inférieure du cervelet. Le bulbe crânien est coupé à sa base, pour mettre à nu le vermis inférieur. La protubérance et les pédoncules sont conservés, pour faire voir les rapports de ces organes avec le cervelet.
Explication «le la ligure 2.
Cette région est convexe et en rapport, sur les côtés, avec les fosses occipitales inférieures de la base du crâne, sur lesquelles elle se moule, et sur la partie médiane, avec le bulbe crânien qui est logé dans l’échancrure médiane du cervelet ; elle est divisée en deux moitiés latérales, arrondies , qu’on a appelées lobes ou hémisphères du cervelet, par, 1, la grande scissure médiane du cervelet : c’est une large dépression antéro-postérieure ( val lecula ) faisant suite, en arrière, à l’échancrure qui reçoit la faux du cervelet ; en avant, cette scissure se termine par une large gouttière qui reçoit la moitié postérieure de la moelle allongée. Elle présente au fond, 2, l 'éminence vermiculaire inférieure , vermis inferior ou ( processus vermiformis inferior): c’est une éminence colloïde, antéro-postérieure et sillonnée transversalement. Son extrémité postérieure ou base est dirigée en bas, proémine dans le fond de l’échancrure médiane postérieure et se continue avec l’éminence vermiculaire supérieure, pour constituer le vermis postérieur. Son extrémité antérieure, ou sommet, regarde en haut et fait saillie dans le quatrième ventricule, jusqu’au-dessous de la valvule de Vieussens. Chaque côté de l’éminence offre un prolongement dirigé transversalement dans l’épaisseur du cervelet et est recouvert entièrement par le lobule correspondant (lobule tonsillairej du vermis inférieur.
La réunion du vermis inférieur, du vermis supérieur et du vermis postérieur constitue le lobe médian du cervelet, qtieGall a appelé partie fondamentale du cervelet, parce qu’il existe chez tous les vertébrés, et qu’il précède l’apparition des lobes latéraux.
En dehors de celte scissure et de l’éminence vermiculaire, on aperçoit la face inférieure des lobes latéraux ou hémisphères du cervelet, lesquels ne sont en quelque sorte que des parties de perfectionnement qui appartiennent aux mammifères seulement, et dont le développement devient considérable, surtout chez l’homme. Ces lobes sont arrondis et sillonnés aussi par des rainures qui paraissent interrompues sur la ligne médiane.
Nous verrons dans la troisième figure, que la communication a lieu, entre les deux lobes du cervelet, par les prolongements latéraux du vermis inférieur.
Les sillons les plus profonds divisent le cervelet en lobules. Les lobules qui avoisinent le bulbe crânien sont, 3, 3, les amygdales ( lobules tonsillaires). Placés en dehors du bulbe crânien, ces lobules se dirigent d’avant en arrière; leur extrémité postérieure, renflée, dépasse le niveau de la face inférieure du cervelet et s’engage en partie dans le trou occipital ; leur extrémité antérieure, plus petite et arrondie en mamelon, proémine dans le quatrième ventricule, de chaque côté de l’extrémité inférieure du vermis inférieur; le côté interne contribue
ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME
à former l’échancrure médiane du cervelet; le côté externe est séparé des autres lobules par un sillon assez profond. Deux pédoncules blancs, dirigés en dehors et en arrière, jusque sur les prolongements latéraux du vermis inférieur, les retiennent au cervelet. — 4, 4. Lobules du nerf vague, espèce de touffe située sur le pédoncule moyen du cervelet auquel elle adhère. Eu dehors des lobules tonsillaires et au-dessous des lobules du nerf vague, on voit de chaque côté d’autres lobules concentriques et de plus en plus grands, à mesure qu’on approche de la partie postérieure de la circonférence. Le nombre total de ces lobules est d’environ huit à neuf de chaque côté. — 5. Bulbe crânien coupé au niveau de sa base. Cette coupe montre, 6, la section des pyramides, 7, id. des olives, et, 8, des corps restiformes. — 9. Protubérance annulaire se continuant de chaque côté avec le cervelet parles pédoncules moyens. Elle présente, 10, la grosse et la petite racine de la cinquième paire; 11, la sixième paire; 12 , la portion dure et la portion molle de la septième paire, et son nerf intermédiaire.
Cette figure est la continuation de la région inférieure et a pour objet de montrer complètement le vermis inférieur et ses prolongements mis à nu par le renversement d’arrière en avant du bulbe crânien, et par un léger écartement des hémisphères du cervelet.
Les lobules tonsillaires sont enlevés pour montrer les valvules de Tarin.
Explication de 1» figure 3.
i. Le vermis inférieur, plus saillant et plus distinct que le vermis supérieur, offre à considérer quatre prolongements. — 2, 2. Les prolongements latéraux : ils pénètrent dans les lobes latéraux du cervelet avec lesquels ils se confondent, et auxquels ils forment une espèce de commissure qui les réunit entre eux. — 3. Le prolongement postérieur: il est renflé, et occupe le fond de l’échancrure postérieure. — 4. Le prolongement antérieur : il marche en s’effilant d’avant en arrière, et se termine par un petit renflement appelé éminence mamillaire (luette on tubercule lumineux du quatrième ventricule), qui pénètre dans le fond du quatrième ventricule, jusqu’au niveau de ses angles latéraux et au-dessous de la valvule de Vieussens. Cette éminence donne naissance, de chaque côté, aux, 5, 5, valvules de Tarin: ce sont deux replis semi-lunaires, minces , demi-transparents, qu'on a comparés aux valvules sygmoïdes de l’aorte. Le bord antérieur, concave , est libre et plus épais que le reste ; l’extrémité interne se continue avec la luette ; l’extrémité externe remonte en dehors , entre l’échancrure antérieure du cervelet et le bulbe crânien , et se continue avec les touffes ou lobules du nerf vague. La face inférieure de ces valvules est recouverte parle lobule tonsillaire , qui doit être enlevé pour la bien voir. Sa face supérieure, légèrement concave , forme un cul -de-sac avec la paroi postérieure du quatrième ventricule.
L’ensemble de ces diverses parties a été comparé au voile du palais. L’extrémité antérieure du vermis inférieur serait la luette, les valvules de Tarin , les piliers, les lobules tonsillaires, les amygdales, et l’espace compris entre la luette, les bords libres de la valvule de Tarin, le bulbe crânien et le quatrième ventricule, constituerait l’isthme du gosier.