CONSIDÉRÉ EN GÉNÉRAL
Les nerfs sont des espèces de cordons, les uns d’un blanc mat, les autres gris, qui établissent des relations entre l 'axe médullo-encéphalique (cérébro-spinal), et les autres parties constituantes de l’organisme.
Organes de transmission du sentiment et du mouvement, les uns président à la sensibilité, les autres à la motilité.
Les nerfs du sentiment forment deux séries : l’une comprend les nerfs de la sensibilité générale : tels sont ceux qui transmettent les sensations du froid, de la chaleur, de la douleur, etc.; l’autre renferme les nerfs de la sensibilité spéciale : tels sont ceux qui, dans les appareils de la vision , de l’ouïe, de l’odorat et du goût, transmettent les diverses impressions de ces organes.
Les nerfs de mouvement constituent deux ordres. Les uns président aux mouvements volontaires: ce sont ceux qui animent les organes de l’appareil musculaire de la vie de relation; les autres sont destinés au mouvement involontaire : ce sont ceux qui , dans l’appareil musculaire de la vie nutritive, communiquent le principe du mouvement péristaltique des intestins et proviennent du grand sympathique.
Bichat a fait de tous les nerfs deux classes. Dans l’une il a rangé les nerfs qui sont sous l’influence de la volonté et de la conscience (nerfs de l’axe médullo-encéphalique) , et qu’il nomme nerfs de la vie animale ou de relation ; l’autre embrasse les nerfs soustraits à l’influence de la volonté et de la conscience, qu’il appelle nerfs de la vie organique ou végétative. Ces derniers constituent le système nerveux ganglionnaire ou grand, sympathique .
Les nerfs de Y axe médullo-encéphalique (nerfs de la vie animale), au nombre de quarante paires pour les uns et de quarante-trois paires pour les autres, surgissent symétriquement de chaque côté et marchent par paires. On les a divisés en nerfs médullaires ou spinaux, qui émergent par les trous de conjugaison de la colonne vertébrale; en nerfs encéphaliques ou crâniens , dont la sortie a lieu par les trous de la base du crâne.
Chaque nerf a une extrémité centrale, une extrémité périphérique et une portion médiane ou trajet. L’extrémité centrale est l’origine même du nerf, c’est-à-dire le point de communication ou de conjugaison avec l’axe médullo-encéphalique.
L’origine des nerfs est apparente ou réelle. L’origine apparente est le point extérieur du centre médullo-encéphalique d’où émerge le nerf.
L’origine réelle est dans la profondeur même du centre médullo-encéphalique; mais le point précis de cette origine est encore à trouver.
Le trajet d’un nerf se fait dans la cavité vertébro-crânienne même et hors de cette cavité. L’étendue du trajet est variable, et la distribution des nerfs hors de cette cavité diversement compliquée. Presque tous les nerfs communiquent avec le grand sympathique. Simples dans leur distribution si les organes qu’ils desservent sont simples, ils sont au contraire compliqués si les parties sont complexes ; c’est alors qu’ils communiquent entre eux , se séparent pour se réunir de nouveau, et forment ainsi des entrelacements appelés plexus.
La division des nerfs se fait par séparation ou par émergence, et leur distribution dans tel ou tel organe est déterminée d’avance. De là l’impossibilité qu’un nerf puisse en suppléer un autre. Il
ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME
n’en est pas de même d’un vaisseau artériel, dont la ligature n’empêche pas le liquide contenu d’arriver au même organe par des voies collatérales.
La terminaison des nerfs est variable comme la nature des organes dans lesquels elle a lieu. Ainsi : à la peau , elle s'effectue dans les papilles ; dans la langue, elle présente une particularité qu’il est bon de noter ; les dernières divisions nerveuses offrent de petits renflements d’où se détachent des filaments d’une grande ténuité, qui vont se perdre dans les papilles de cet organe. Dans les muscles, la terminaison se fait par filaments très déliés, très longs et curvilignes, que l’œil nu ou armé du microscope ne peut plus suivre.
MM. Prévost et Dumas admettent la terminaison des filets nerveux en anses dans l’épaisseur des muscles et rejettent la terminaison périphérique. Les extrémités centrifuges, en revenant sur ellesmêmes, forment un tout avec la portion centripète.
Chaque nerf est un plexus qu’enveloppe une gaine fibreuse commune, résultant de l’anastomose d’une multitude de petits cordons nerveux d’une grosseur inégale.
Deux parties fondamentales constituent un nerf : 1° la substance nerveuse proprement dite, 2° l’enveloppe ou gaine fibreuse désignée sous le nom de névrilème.
Chacun des petits cordons ou filets, indépendamment de la gaine névrilématique commune, est pourvu aussi d’un névrilème propre qui paraît être de nature fibreuse, et constitué au centre par de la substance nerveuse proprement dite.
Le mode d’union , de subdivision et d’anastomose des canaux névrilématiques est le même que. celui des petits cordons nerveux eux-mêmes.
Le tissu fibreux constitue les canaux névrilématiques et fait suite au névrilème de la moelle épinière.
La substance propre des filets nerveux est un assemblage de fibres creuses, d’une ténuité extrême, llexueuses, parallèles et juxtaposées, d’une couleur blanc de lait , libres dans toute la longueur du nerf et pouvant être isolées les unes des autres.
Fontana , Remak et Purkinje prétendent que chacune des fibres élémentaires, cvlindroïdes, est formée de deux tubes. Le plus petit, uniforme, central, est constitué par une membrane particulière, transparente . homogène, et contient une humeur blanchâtre, oléagineuse; le tube extérieur paraît être formé d’une substance de nature celluleuse.
Ehrenberg et les micrographes les plyis habiles admettent deux ordres de tubes nerveux primitifs. 1° Les uns, renflés en vésicules de distance en distance, nommés par Ehrenberg tubes variqueux ou articulés , sont remplis à l’intérieur d’une matière particulière, transparente, qu’il appelle liquide ou fluide nerveux.
Le diamètre de ces tubes est de «à tjVt de millimètre ; ils sont de plus en plus petits du centre à la périphérie du cerveau, aussi leurs nodosités sont-elles à peine visibles dans la substance grise ; on les trouve surtout dans les nerfs de sensibilité spéciale et dans l’axe médullo-encéphalique.
2° Les autres, uniformément cylindriques dans leur trajet, droits et non renflés, sont remplis d’un liquide peu transparent, blanc, visqueux , qui s’écoule facilement sous forme de globules. Ehrenberg les appelle tubes cylindriques ; on les rencontre spécialement dans les nerfs sensitifs et moteurs du système nerveux de la vie animale.
M. Leuret ne reconnaît qu’un seul ordre de fibres, fibres rectilignes.
D’après M. Mandl, les fibres les plus grosses appartiennent aux nerfs du mouvement, et les fibres les plus ténues aux nerfs sensitifs.
AINATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX