‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 42 sur 210 · SUBSTANCE GRISE DES CIRCONVOLUTIONS · texte numérisé non relu

SUBSTANCE GRISE DES CIRCONVOLUTIONS

La couche de substance grise qui revêt les circonvolutions est striée, et semble, aux yeux d’Herbert Mayo , constituée par des fibres implantées sur la substance blanche.

Malphigi, Boerhaave, Vieussens et autres anatomistes, regardent la superficie du cerveau comme formée par un amas considérable de petites glandes intermédiaires aux extrémités des artérioles et aux fibres blanches, desquelles partiraient des canaux excréteurs qui seraient tout simplement les fibres nerveuses canaliculées ( vascula nervea de Malpighij.

Ruysch nie l’existence de ces glandes, et donne à la substance grise ou corticale du cerveau une texture purement vasculaire.

La plupart des anatomistes modernes reconnaissent aujourd’hui dans la substance corticale , indépendamment des vaisseaux, des corpuscules dont la nature n’est pas encore bien déterminée.

Il suffit d’examiner attentivement une tranche de circonvolution pour reconnaître principalement sur le lobe occipital que la substance grise est formée de deux couches grises , séparées 1 une de l’autre par une couche blanche. Vicq d’Azyr, qui avait observé cette disposition, l’a désignée sous le nom de ruban rayé.

M. Cazauvieilh admet trois couches dans la substance grise des circonvolutions : une profonde, gris plomb; une moyenne, d’un blanc sale, et une superficielle, d’un gris blanchâtre.

M. Baillarger a reconnu dans la substance grise ou corticale des circonvolutions six couches.

La première, la plus centrale , est grise, la deuxième blanche, la troisième grise, la quatrième blanche, la cinquième grise, et la sixième blanche.

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

Chacune de ces couches se voit à l’œil nu dans beaucoup de cas. La diaplianéité des couches de la substance grise et l’opacité de la substance blanche sont un moyen facile de les distinguer l’une de l’autre, à l’aide d’un procédé employé par cet auteur. Ce procédé consiste à placer une lame très mince de substance grise, coupée verticalement, entre deux verres réunis avec de la cire pour prévenir tout mouvement. Ainsi disposée, on l’examine par transparence à la lumière d’une lampe. On reconnaît alors , en allant de dedans en dehors , qu’elle est alternativement diaphane et opaque. Cette disposition a fait assimiler la substance grise des circonvolutions à un ruban gris rayé de trois raies blanches.

M. Baillarger nie l’existence, dans les circonvolutions, d’une matière jaune nommée par quelques auteurs couche interstitielle , qui résulterait elle-même d’un mélange intime des deux substances blanche et grise. Pour lui , la surface du cerveau est dépourvue de la substance grise , appelée improprement substance corticale; il la croit formée seulement par une matière plus en rapport avec la substance médullaire , et il prouve son assertion par l’intégrité de la couleur blanche superflcielle, qui demeure entière alors que la substance corticale est fortement colorée. Ce fait pathologique donne la raison des colorations cadavériques partielles et par petites couches, qu’on observe dans la substance grise ou corticale.

Le même auteur a observé dans la substance corticale un certain nombre de fibres blanches , coniques, à grosse extrémité dirigée en bas. Très flexueuses et en grand nombre au sommet des circonvolutions, ces fibres deviennent plus rares et plus courtes à mesure qu’on descend vers le fond des anfractuosités, où elles disparaissent presque complètement comme dans le cerveau du mouton. 11 n’admet pas la juxtaposition des substances blanche et grise, dont la réunion aurait lieu au sommet des circonvolutions par un grand nombre de fibrilles.

M. Baillarger a trouvé dans les trois couches blanches de la substance corticale deux rangées de fibres verticales. Un grand nombre de ces fibres lui ont paru émaner de la matière blanche centrale. En quittant celles-ci , elles traversent, en s’amincissant, la première couche qui est grise et transparente , puis se renflent à travers la deuxième couche qui est blanche et opaque , diminuent de nouveau dans la troisième couche qui est grise, et se rendent une seconde fois dans la quatrième couche qui est blanche. Le même auteur n’est pas éloigné d’admettre des fibres qui appartiennent aux couches ou lames blanches intermédiaires, indépendantes de la substance médullaire centrale.

Les auteurs diffèrent entre eux sur le mode d’union de la substance blanche avec la substance grise.

Malphigi veut qu’il y ait à la surface du cerveau pénétration réciproque entre les fibres canaliculées de la substance médullaire et la substance corticale, dans l’épaisseur de laquelle ces fibres prennent naissance.

Vieussens ne voit qu’une simple adhérence mutuelle des deux substances.

Red n’admet qu’une simple superposition et nie toute connexion entre les deux substances.

Les vaisseaux sanguins se ramifient dans les substances médullaire et corticale ; mais ceux de cette dernière sont bien plus nombreux.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

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