‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 58 sur 210 · PLEXUS CERVICAL PROFOND · texte numérisé non relu

PLEXUS CERVICAL PROFOND

A. Branches antérieures.

1° Branches descendantes. — Elles sont au nombre de deux à quatre; ordinairement elles viennent des deuxième et troisième paires cervicales ; quelquefois elles viennent aussi de la quatrième. J’ai vu plusieurs fois un filet nerveux fourni par la première cervicale et le ganglion cervical supérieur. Toutes ces branches se dirigent en bas et en dedans, en dehors de la veine jugulaire interne, et s’anastomosent les unes avec les autres pour constituer un tronc plus volumineux [voy. 7, 12 et 18, fig. 2, pl. 40). Celui-ci descend en avant et en dedans entre le sterno-mastoïdien et la veine jugulaire interne, quelquefois entre cette veine et l’artère carotide primitive, se réfléchit en haut au niveau du tendon de l’omoplat-hyoïdien et s’anastomose en arcade vers la branche descendante de l’hypoglosse, avec laquelle il forme l’anse nerveuse de l’hypoglosse [voy. 26, fig. 2, pl. 40). Cette anse, plexiforme, à concavité supérieure, donne naissance, par sa convexité, à des rameaux destinés à tous les muscles de la région sous-hyoïdienne, moins le thyro-hyoïdien, savoir : Tomoplat-hyoïdien, le sterno-hyoïdien, le sterno-thyroïdien. L’omoplat-hyoïdien reçoit deux rameaux, l’un ascendant pour son ventre supérieur, l’autre descendant pour son ventre inférieur. Les rameaux du sterno-hyoïdien et du sterno-thyroïdien longent ces muscles jusqu’à leur insertion inférieure. On voit très souvent l’anse nerveuse s’anastomoser avec le nerf phrénique, malgré l’assertion contraire de M. Longet et de quelques autres anatomistes.

2“ Branches anastomotiques avec l’hypoglosse, le pneumo-gastrique et le ganglion cervical supérieur, [voy. 3, 4, 5, 6, fig. 2, pl. 40). — Nous avons déjà signalé plus haut deux ou trois de ces branches qui se dirigent, de l’anse nerveuse formée par les deux premières paires, les unes vers l'origine, les autres vers la terminaison de l’hypoglosse, et forment entre elles une espèce de plexus d’où partent quelques filets pour le pneumo-gastrique. Quant aux anastomoses avec le ganglion cervical supérieur, elles se font à l'aide de grosses branches grisâtres, dont le nombre est variable, et qui vont, les unes du ganglion vers l’anse nerveuse des deux premières paires ; les autres de l’extrémité inférieure du ganglion ou de son cordon de communication vers les branches antérieures de la troisième et de la quatrième paire.

3° Branches musculaires . — De la convexité de l’anse nerveuse des deux premières paires et de

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

la troisième, on voit naître de petits rameaux qui s’enfoncent profondément derrière les muscles grand et petit droits antérieurs de la tête dans lesquels ils se perdent.

B. Branches moyennes.

Nerf phrénique ou diaphragmatique { voy . 18, fig. 2, pl. 40). — Ce nerf est ordinairement formé par trois racines qui lui viennent des troisième, quatrième et cinquième paires cervicales [voy. 19, tig. 2, pl. 40). Assez souvent il reçoit une quatrième racine de la seconde paire, plus rarement de la première et du ganglion cervical supérieur. Quelquefois la sixième cervicale lui donne un petit filet ; nous avons déjà vu qu’il communique fréquemment avec la branche descendante de l’hypoglosse.

Devenu plus volumineux par l’admission successive de toutes ces racines, le phrénique se dirige obliquement en bas et en avant, en contournant en demi-spirale le scalène antérieur, se place en arrière de la veine jugulaire interne, de l’artère carotide primitive, du pneumo-gastrique et du grand sympathique, et franchit l’ouverture supérieure de la cavité thoracique entre la veine et l’artère sous-clavière. Dans le thorax, il s’accole au péricarde, contre lequel il est maintenu par la plèvre du médiastin antérieur, et arrive au diaphragme, dans lequel il se perd.

Les deux nerfs phréniques diffèrent l’un de l’autre par la longueur, la situation et les rapports. Le gauche contourne la pointe du cœur avant d’arriver au diaphragme, et, pour cette raison, surpasse en longueur le droit, qui longe la base du cœur et gagne le diaphragme, dont la voussure est plus haute de ce côté qu’à gauche, à cause de la saillie du foie. Le phrénique gauche est situé sur un plan plus postérieur que le droit ; il accompagne le tronc veineux brachio-céphalique gauche, tandis que le droit longe la veine cave supérieure. Ces deux nerfs offrent des différences de volume à peiné sensibles.

A la région cervicale, le nerf phrénique donne des branches anastomotiques arciformes au grand sympathique; il communique par des anastomoses transversales, soit avec le cordon de communication des ganglions cervicaux supérieur et moyen, soit avec le ganglion cervical moyen. Avant de pénétrer dans le thorax, il reçoit du ganglion cervical inférieur un gros fdet, que j’ai souvent rencontré dans mes dissections, et que M. Cruveilhier dit n’avoir jamais vu.

Dans le thorax, il s’anastomose avec des filets du sous-clavier. J’ai vu plusieurs fois ce nerf donner quelques filets très grêles au péricarde. Sur le diaphragme, les deux phréniques se divisent en un grand nombre de filets divergents qui se perdent les uns entre le muscle et la plèvre; les autres traversent les fibres musculaires et se répandent entre le diaphragme et le péritoine ; ces derniers et surtout ceux du côté droit, s’anastomosent avec quelques branches émanées du plexus solaire, qui enlacent les artères diaphragmatiques inférieures. Il n’est pas rare de voir les deux phréniques s’anastomoser transversalement au devant des piliers du diaphragme.

Page 1